Les cartulaires

Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay

12 - Chassaing Augustin Domus Hospitalis
L'histoire générale de l'ordre religieux et militaire de Saint-Jean de Jérusalem ou des Hospitaliers a été écrite souvent. Qui ne sait les exploits héroïques de cet ordre illustre, les mémorables services qu'il a rendus à la chrétienté contre l'islamisme dans ses trois étapes, la Palestine, Rhodes et Malte ?

En revanche, son organisation territoriale et administrative — par laquelle il se rattache directement à notre histoire provinciale — n'a appelé l'attention des érudits que de nos jours, et pour certaines contrées de la France, le Velay, par exemple, cet intéressant sujet est encore à peu près complètement neuf.

Il y a quelques années, dans un savant article sur les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem du Puy, M. de Lagrevol, conseiller à la cour de cassation, signalait l'existence, aux archives du Rhône, dans le fonds de Malte, d'importantes chartes sur les Templiers et les Hospitaliers du Velay et, en en publiant quelques spécimens, exprimait le voeu que ces chartes fussent toutes éditées un jour et mises à la portée des érudits.

Guidé par cette indication, et tout disposé à répondre au souhait de l'éminent magistrat, j'obtins, grâce à l'aimable obligeance de mon excellent confrère et ami M. Guigue, archiviste en chef du Rhône, communication du fonds des commanderies du Velay, et je formai un recueil de 114 chartes originales que j'offre aujourd'hui au public.
Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Augustin Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers Ordre de Saint-Jean de Jérusalem du Velay. Picard Editeur Paris 1888

Année 1888


Cartulaire et Chartes de la Commanderie de l'Hôpital d'Avignon

4 - Hollard Claude-France Domus Hospitalis
Introduction :
Parmi les nombreux actes conservés de la commanderie de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem d'Avignon, au sein de l'immense fonds du prieuré de Saint-Gilles, un cartulaire du XIIIe siècle regroupe des actes témoignant des débuts et du développement de l'institution dans le cadre très précis de la ville d'Avignon et de son terroir. Cette unité de lieu est l'originalité de ce cartulaire par rapport à ceux de l'Hôpital de Trinquetaille et du prieuré de Saint-Gilles, déjà publiés, plus abondants mais plus dispersés.

A l'homogénéité du cadre topographique s'ajoute une unité institutionnelle, puisque la période couverte par le cartulaire (1185-1245) s'inscrit tout entière dans le temps de la commune d'Avignon. Bien qu'il n'y ait pas de conjonction apparente entre l'histoire politique de la ville et celle des hospitaliers, il m'a paru intéressant, en complétant l'édition du cartulaire par celle des chartes qui n'y avaient pas été retenues, d'aller jusqu'en 1251, date de la prise de pouvoir des comtes sur la ville et de la fin de la commune.

Au début de ce siècle, le cartulaire avait attiré l'attention de L.H. Labande, et il en avait fait une édition3, qui, pour des raisons non élucidées, a disparu ; il en reste quelques pages imprimées à la bibliothèque municipale d'Avignon.

Cartulaire et chartes constituent une source importante de l'histoire de l'Hôpital et de celle de la ville où ils s'inscrivent.
2-271-05899-6


Cartulaire de Trinquetaille

3 - Amargier P.-A. Domus Hospitalis
Dans le répertoire de la série H des Archives départementales des Bouches-du-Rhône décrivant les parchemins et papiers du grand prieuré de Saint-Gilles des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1), figure, sous la cote 56 H 3.217, le cartulaire dit « Authentique de Trinquetaille » (Authenticum praeceptoriae Sancti-Thomae de Trencatalliis, titre calligraphié sur la page de garde par une main du XVIIIe siècle.) Parmi les archives composant le fonds d'une exceptionnelle richesse conservé jusqu'à l'époque révolutionnaire à la maison priorale d'Arles, recueillies ensuite par le dépôt de Marseille (66, rue Saint-Sébastien), ce cartulaire constitue une pièce de choix. C'est pourquoi, il importait de le mettre à la disposition du public. Monsieur Georges Duby, dans les années 1959-1960, alors professeur à Aix-en-Provence, dirigea d'abord dans ce sens les travaux de deux de ses élèves, Messieurs Guy Cochennec et Jean-Noël Alata, puis me confia le soin de mener à bien la présente édition qui, grâce à son patronage, peut enfin voir le jour.

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Description :
Ce beau volume de 41 cm sur 29 se présente sous une reliure de basane brune, façon XVIIIe siècle avec dos à cinq nerfs. Il est formé de 11 quaternions (à moins que les dédoublant, on préfère en dénombrer 22), marqués au verso des folios 8, 16, 24, etc. ... (In calce) jusqu'aux folios 61, 69, 77, 85, des réclames « a-b-c... h-j-k-L. » Chacun de ces cahiers est constitué de quatre grandes feuilles de parchemin pliées en deux, ce qui donne 8 folios, au total donc 88. S'il n'en reste que 85, c'est que par suite d'accidents divers survenus en cours de rédaction, trois folios ont été supprimés; demeure la trace de leur existence, sous forme d'onglets repérables aux folios 33-34, 41-42, 44-45. Deux colonnes couvrent chaque page. Réglées pour contenir 44 lignes, elles mesurent l'une et l'autre 9 cm 1/2 de large sur 29 cm 1/2 de haut. Les marges latérales sont de 4 cm; la marge inférieure est d'environ 7 cm, la supérieure de 3; l'espace ménagé entre les deux colonnes est de 1 cm 1/2.
1. Répertoire de la série H (56), Grand Prieuré de Saint-Gilles des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, établi par Edouard Baratier et Madeleine Villard, Marseille 1966, page 124.

Facture :
Le travail a été confié vraisemblablement au cours de l'année 1212, aux scribes d'un atelier notarial arlésien et exécuté de façon exemplaire. La belle graphie, sobre, robuste, quoique parfois un peu rugueuse — nous ne sommes qu'à l'aube de l'âge classique du notariat — d'une remarquable homogénéité de main, d'un bout à l'autre de l'ouvrage n'offre aucune difficulté sérieuse de lecture. Les actes se succèdent à la suite, sans intervalle, séparés simplement par un titre rubriqué, la lettre initiale étant également peinte au minium, parfois discrètement ornée.

Les clercs chargés du déchiffrement des chartes originales se sont acquittés eux aussi de leur tâche avec le plus grand soin. Pour plus de trente, sur la totalité des pièces figurant dans le cartulaire, nous avons retrouvé dans le fonds de l'Ordre de Malte originaux ou copies d'originaux (2). La confrontation avec la copie montre à suffisance que la fidélité de transcription est pleinement satisfaisante.

Plusieurs actes figurent en doublets, par exemple le nº 69 qui est un compendium du nº 70, le nº 279 une reprise à quelques expressions près du nº 29, avec en sus au nº 87 une notice brève. Indice enfin du soin apporté au travail, la pièce nº 78 ayant été transcrite avec quelques omissions, elle fut complétée, une fois que le copiste ou son mentor s'aperçut de la bévue, au nº 81.

L'orthographe est bien entendu flottante, on le constate particulièrement quand on passe de l'original à la copie et ceci de façon toute singulière en ce qui regarde les noms propres, c'est ainsi que Rognonas se rencontrera orthographié au hasard : Ronnonas, Runnunat, Ronnonaz, ou même Rongnonas.

2. Voici la liste des pièces dont subsiste l'original. Dans chaque cas la notice précédant les actes donne en référence le numéro de la liasse où est conservé cet original aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône : 5, 7, 22, 47, 49, 53, 64, 91, 95, 117, 132, 137, 143, 147, 155, 161, 162, 165, 170, 211, 214, 223, 224, 236, 241, 242, 252, 292, 294, 298, 305.

Editions : Publications Universitaires des Lettres et Sciences Humaines d'Aix-en-Provence.
Année 1972