Temple d'Agen ou de Brulhes ou Temple-sur-Lot

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement: Villeneuve-sur-Lot, Canton: Le Livradais - 47


Domaine de L'Hôpital de Temple-sur-Lot
Domaine de L'Hôpital de Temple-sur-Lot

Membres : Salvaignas (?) ; Saint-Sulpice ; Saint-Jean de l'Herme ; Saint-Germain ; Saint-Capris ; Dominipech ; Sainte-Foy-de-Jérusalem ; Sainte-Quitterie d'Agen.

§ 1. — Temple de Brulhes
Dans la portion de la vicomté de Brulhois, comprise entre le Lot et la Garonne, les Templiers possédaient dès les premiers temps de leur établissement dans le Midi, un vaste territoire, situé dans les environs de la place de Montpezat. Ce fut au centre de ce fief, sur les bords de la rivière du Lot, qu'ils jetèrent les fondements d'un formidable donjon, qui prit le nom de Temple de Brulhes et où les Maîtres des maisons de l'Ordre dans l'Agenais s'empressèrent de transporter leur résidence. Comme nous avons pu déjà le voir ailleurs, une conséquence toute naturelle suivit de près l'érection du château ; autour des murailles du Temple de Brulhes vinrent se ranger petit à petit les maisons des habitants des campagnes voisines ; peu de temps après, une ville se trouva tout naturellement formée et prit le nom du château qui la protégeait.

Les Templiers, dans la dernière partie du XIIIe siècle, résolurent de favoriser ce mouvement de formation, en construisant une bastide, ou plutôt, en fortifiant la ville déjà existante. Un extrait de charte non daté nous apprend qu'un traité de paréage fut conclu en cette occasion entre le Roi et le commandeur. Le premier se chargea des frais de fortifications de la nouvelle bastide, moyennant la cession par les Templiers de la moitié de leur basse juridiction sur ce territoire, des oblies qu'ils y percevaient, des droits de four, de boucherie, de leude et de péage (1). Bientôt après la bastide s'éleva entourée de sa muraille et commandée par le fort du Temple, malgré les protestations du seigneur de Montpezat, qui prétendait sa juridiction sur ces lieux (2).

Les archives du Temple de Brulhes contiennent une charte très intéressante que nous ne pouvons passer sous silence, quoiqu'elle ne rentre pas précisément dans le cadre de cette étude. C'est le traité de paix, d'amor e paria, conclu entre les habitants de Lectoure, représentés par leurs consuls, d'une part, et, de l'autre, par l'archiprêtre de la Plume et le bailli de Brulhois, agissant au nom des habitants de toute la vicomté ; traité, qui devait mettre fin à quelqu'une de ces guerres interminables, si fréquentes à cette époque non seulement de royaume à royaume, mais encore de province à province et de ville à ville. Les consuls de Lectoure promettent que, si un de leurs concitoyens faisait à l'avenir du tort à quelque habitant du pays du Brulhois, ils le feraient loyalement réparer dans le délai de 15 jours, serment que répètent les représentants du parti opposé. A cette charte sont encore suspendues les attaches des sceaux du consulat de Lectoure, du Prieur de Lairac et du bailli du Brulhois, (les sceaux ont malheureusement disparu (3).

Rentrant dans l'histoire proprement dite de la Commanderie, nous signalerons une importante donation, qui vint vers la fin du XIIIe siècle augmenter considérablement l'importance du domaine et surtout des revenus des Templiers.
Le 5 mai de l'année 1288, le seigneur Guillaume Amanieu de Castelmauron, damoiseau, s'était rendu au Temple de Brulhes pour se dessaisir en faveur du commandeur, Bernard de la Selve, de la seigneurie qu'il avait sur quelques parties du territoire des Templiers, de tout droit de péage qu'il prélevait tant sur terre que sur eau, de l'impôt du passage, qu'il percevait de moitié avec le monastère de Fontgrave, sur la rivière du Lot, des dîmes des chapelles de Saint-Gervais et de Saint-Avit, etc. Le généreux seigneur fut reçu, à sa demande donat de la maison et les Templiers lui promirent la sépulture, après sa mort dans leur église, « plus 5 messes par an, pour le repos de son âme en l'honneur des 5 plaies de Notre-Seigneur (4). »

Liste des Praeceptors Templiers du Temple de Brulhes ou d'Agen.
1161. Jourdain de la Contraria.
1256. Pierre Boyer.
1281. Raymond de Cantamerle.
1288-1290. Bertrand de la Selve.
1298. Guillaume de Bernard.

 

Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem

Comme nous pouvons le constater par les titres que prenaient les commandeurs du Temple de Brulhes, ils jouissaient d'une sorte de suprématie sur les maisons de l'Ordre de la contrée, et cet établissement était devenu le centre d'une circonscription administrative, désignée sous le nom de baillie d'Agenais. Nous avons vu plus haut dans l'étude sur les commanderies de Castelsarrasin et de Golfech, que cette prérogative amena dans la suite une guerre dans le sein même de l'Ordre et comment le chevalier Bernard del Thor, commandeur hospitaliers de Brulhes (1358-1372), ayant revendiqué à titre de successeur des Maîtres de la baillie d'Agen, le membre de Golfech, s'en était emparé par la violence et fut obligé par le Grand-Maître à le restituer au commandeur de Castelsarrasin. Malgré cet échec, la commanderie du Temple de Brulhes ne laissait pas que d'être importante, surtout lorsque plus tard on lui adjoignit l'hôpital de Salvaignas (?) et ses nombreuses dépendances.

Une discussion contre « noble et puissant homme, Honorat « de Savoie, comte de Villars et seigneur de Montpezat, » qui disputait au commandeur la haute justice de la ville de Dominipech, fut terminée par une sentence du Présidial d'Agen, qui, le 15 novembre 1557, consacra les droits de l'Ordre sur cette juridiction (5).

Grâce à la force de ses murailles, le Temple de Brulhes, situé loin des places protestantes, paraît avoir été préservé de tout désastre pendant la période des guerres religieuses.
Toutefois, si nous n'avons pas à enregistrer la dévastation de la commanderie, nous pouvons constater que l'esprit de révolte et d'insubordination avait commencé à se propager parmi la population. Profitant de l'absence des commandeurs, retenus au-delà des mers par le service de la religion, les vassaux s'émancipaient, peu à peu ils oubliaient leurs devoirs ; des abus menaçaient de se transformer en droits, grâce à la prescription. Aussi quand messire Denys de Polastron la Hillière, commandeur de la Cavalerie, de Bordères, et du Temple de Brulhes et ambassadeur de l'Ordre auprès du Saint-Siège, voulut à son retour en France, visiter sa commanderie de l'Agenais, fut-il surpris à la vue de ses paysans parcourant ses forêts, « avec des quantités de chiens, lévriers et furets, » les mains armées d'arquebuses, et chassant tout comme de nobles seigneurs. Le chevalier tenta inutilement d'interposer son autorité, pour remédier à ces abus ; ses vassaux se mutinèrent et des bandes révoltées allèrent dévaster ses récoltes. Effrayé de ces symptômes, le commandeur réclama la protection royale contre ses turbulents vassaux ; le 12 mars 1625 le roi Louis XIII chargeait Jean Rigal, commandeur de Goutz, d'aller placer sur la terre et juridiction du Temple de Brulhes les panonceaux fleurdelisés (6).

Les archives font encore mention d'une affaire assez étrange qui vint, vers la même époque, solliciter l'intervention de ce même Commandeur. Vers le milieu du XVIe siècle, le pape Paul IV avait autorisé et encouragé la fondation à Rome d'un hôpital, appelé du Saint-Esprit-en-Saxe, et destiné à servir d'asile aux enfants trouvés. Grâce à la protection pontificale, cet établissement ne tarda pas à devenir prospère ; des donations dans les différents pays de la catholicité vinrent accroître son importance et l'Ordre religieux qui s'y fonda pour le service des pauvres tâcha de calquer son organisation sur celle de l'Ordre de Saint-Jean. Des Commanderies furent constituées par lui dans divers pays, notamment à Montpellier. Sur ces entrefaites arriva dans nos contrées un personnage, nommé Olivier de Latran de Laterrade, qui prit les titres de chevalier du Saint-Esprit-de-Saxe, commandeur de Montpellier et visiteur général de son Ordre en France ; il parcourait le pays, recevant les vœux des personnes qui témoignaient le désir de se consacrer à Dieu et aux pauvres de son hôpital. Non content de cela, il fit signifier à divers commandeurs de Malte dans le Midi, une bulle du pape Grégoire XV, qui adjugeait à l'hôpital du Saint-Esprit plus de 200 établissements appartenant à d'autres Ordres. Le Temple de Brulhes était compris dans cette liste. Muni de cette pièce, il fit mettre sous le séquestre les biens qui lui étaient adjugés par la bulle. Malgré l'assurance de ses prétentions et la bulle qui les appuyait, le sieur de la Terrade ne parvint pas à convaincre ceux qu'il voulait dépouiller.

Les autorités civiles et religieuses furent saisies de plaintes contre lui. Les preuves de son imposture et de la fabrication de cette bulle par un faussaire ayant été suffisamment établies, Olivier de la Terrade fut renfermé dans les prisons de Fort-l'Evêque. C'est là « qu'à travers les grilles de son cachot » lui fut communiquée par les délégués pontificaux une bulle du cardinal Jean Garsia « vicaire général pour le fait des hôpitaux », par laquelle il lui était interdit de prendre le titre de Commandeur du Saint-Esprit et de conférer l'habit de l'Ordre à personne (22 juin 1626) (7).

Réunie vers le commencement du XVIe siècle à la Commanderie de la Cavalerie, celle de Brulhes n'en fut détachée qu'au milieu du siècle suivant. On lui adjoignit à la même époque l'ancienne Commanderie de Salvaignas (?) (Hospitaliers), qui avait été fondue dans celle de Golfech (Templiers). Cette adjonction rendit au Temple de Brulhes son ancienne importance. Ses dépendances étaient nombreuses dans les environs ; c'étaient :
Dominipech, paroisse située dans la juridiction de Montpezat.
Sainte-Quitterie d'Agen et son annexe, Sainte-Foy de Jérusalem.
Salvaignas (?).
Saint-Sulpice de Ribalède.
Saint-Jean de l'Herme.
Saint-Caprais.
Saint-Jean de Villedieu.

Donnons avant de terminer la description du fort du Temple, telle qu'elle nous est fournie par le procès-verbal de la visite de 1669 :
« Plus pocède et jouit au dict lieu du Temple ung grand et beau chasteau bien logeable ; il est attaché par ses murailles à ung fort entouré de murailhes ; dans lequel fort y a 30 maisons ou logettes ; sur le portail duquel fort y a une garite grande et fort eslepvée, bastye de bricques, pour la deffence d'icelle ; et tout le dict fort est entouré d'une murailhe de bricques, appartenante au Commandeur. » « Au coing duquel fort y a une grande tour bastye de bricques ; laquelle tour appartient au Commandeur ; quantes fois on y faict le service de pigeonnier, et, en temps de guerre, elle sert pour la deffense du fort, estant situé en ung lieu fort avantageux pour ce faire. Dans le dict chasteau, en montant au hault du degré, on y rencontre une petite tour, autour d'une chambre faicte en cul de lampe, et une garite qui défend l'entrée du dict fort et flanque le chasteau, qui va respondre à une autre des dictes tours, qui est sur le coing du chasteau ; d'où l'on entre aussy dans l'autre tour, qui est sur la porte du dict chasteau ; laquelle le défend avec les autres tours qui se flanquent l'une à l'autre ; sur lequel hault du chasteau, y a quelques petites chambres que les habitants tiennent pour y entrer en temps de guerre... (8) » 1. Archives de Brulhes, L. VI.
2. Archives de Brulhes, L. VI.
3. Pièces justificat. n° LVII.
4. Archives de Brulhes, L. XVI.
5. Archives de Dominipech, L. I.
6. Archives de Brulhes, L. VI.
7. Archives de Brulhes L. IX.
8. Archives de Brulhes, L. XVI.

 

§ 2. — Sainte-Quitterie d'Agen

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Cantons: Agen - 47


Hôpital de Sainte-Quitterie d'Agen
Hôpital de Sainte-Quitterie d'Agen

A une époque que nous ne pouvons préciser, les Templiers fondèrent un établissement dans la ville même d'Agen. Près de l'église Sainte-Quitterie, dont le dîmaire et la seigneurie spirituelle leur avait été donnés dès le principe, s'élevait la masse sombre d'un vieux donjon crénelé ; leur autorité s'étendait de là sur tout le quartier entourant leur enclos et désigné dans les vieux cadastres sous le nom du Temple. A peine la construction du château de Brulhes eut-il fourni aux Templiers une résidence plus à leur convenance, qu'ils s'empressèrent de s'y fixer, abandonnant leur fief de Sainte-Quitterie, qui ne forma plus qu'un membre de la nouvelle Commanderie.

Nous ne trouvons plus d'indication sur ce membre depuis l'époque de son adjonction au Temple de Brulhes jusqu'au XVIe siècle, sinon qu'il s'accrut en 1315 de tout ce que l'Ordre de Saint-Jean possédait dans le voisinage. En 1553, les consuls d'Agen entreprirent, au mépris des privilèges des chevaliers de Malte, de prélever les tailles sur les biens qu'ils possédaient dans la ville d'Agen et dans sa juridiction. Mais le Commandeur obtint à ce sujet des lettres de chancellerie du Parlement de Bordeaux ; les consuls durent se résigner et consacrer les immunités de l'Ordre, par une délibération, dont le procès-verbal fut déposé dans les archives (1).

Ne résidant plus depuis des siècles dans la ville d'Agen, les Commandeurs Hospitaliers du Temple de Brulhes cherchèrent à tirer le meilleur part possible de leur vieille église de Sainte-Quitterie, que les siècles et le délaissement menaçaient d'une ruine prochaine.
Nous trouvons dans les archives un accord conclu en 1601 entre Raymond de Gozon Mélac, Grand-Prieur de Toulouse, commandeur de la Cavalerie et du Temple de Brulhes, et le sindic de la confrérie des Pénitents d'Agen. Le chevalier autorisait ces derniers à faire leurs exercices de dévotion dans la chapelle de Sainte-Quitterie, à la condition de se charger de toutes les réparations (2). Vers le milieu du XVIIIe siècle, le Commandeur François de Pallavicini obtint du Grand-Maître l'autorisation de céder à l'évêque d'Agen l'église de Sainte-Quitterie, « qui ne rapportait rien à l'Ordre » pour y établir une maison de refuge autorisée par lettres patentes de 1746 : le prélat s'engageait, de son côté, à servir au Commandeur « une rente noble consistant en une croix d'or de la valeur de 85 livres ; » au-dessus de la porte du futur établissement s'élèvera la croix de l'Ordre, et, lors des visites de la Commanderie, les commissaires seront reçus au son des cloches par l'aumônier du couvent (1753)
1. Archives de Sainte-Quitterie, L. XII.
2. Archives de Sainte-Quitterie, L. XII.
3. Archives de Sainte-Quitterie, L. III.

 

§ 3. — Salvaignas (?)

Je ne peux pas localiser cet endroit
Dans le voisinage du Temple de Brulhes, s'élevait un antique donjon, au sommet duquel flottait l'étendard de l'Ordre de Saint-Jean. C'était l'hôpital de Salvaignas (?), dont les commandeurs exerçaient leur juridiction sur toute la circonscription de l'Agenais. Le plus ancien acte, que nous trouvons dans ses archives, n'est que de l'année 1235. C'est la charte par laquelle le seigneur Guillaume de Saint-Geniès se donnait avec tous ses biens, « à Dieu, au bon Monseigneur Saint-Jean et à son hôpital de Salvaignas (?) » ; donation qui fut reçue par Sans Arcis, « commandeur de Salvaignas (?) et des autres maisons de l'Ordre en Agenais (1). »
Un autre parchemin nous transporte ensuite devant le tribunal du chevalier, Blaise Lupi, viguier de Toulouse et nous montre Sans Anerii de Pins, damoiseau, donnant à Guillaume de Villaret, Grand-Maître de l'Ordre, ses droits sur Saint-Jean de Ferrand, sur Montcaprel, ainsi que le péage de Manerque (1298) (2).

Le 3 mars 1264, le Grand-Prieur de Saint-Gilles, Féraud de Baras, et Ermengaud des Aguilhiers, commandeur de Salvaignas (?), octroyèrent « à leurs amés vassaux » de cette ville une charte de franchises. Nous avons déjà étudié un assez grand nombre de documents du même genre, et pouvons-nous contenter de passer rapidement sur celui-ci : signalons seulement, dans le code de justice criminelle, l'article qui prescrit l'ensevelissement du meurtrier au-dessous du corps de sa victime et dans les arrêtés contre les voleurs de récoltes, l'exemption en faveur des femmes enceintes, qui ont droit « d'entrer dans les vignes ou les jardins, d'y manger des raisins ou d'autres fruits et même d'en emporter dans leurs mains. » (3)

Citons parmi les bienfaiteurs de la maison de Salvaignas « noble dame Elydis du Val, dame du Val et de Saint-Etienne de Casson qui, considérant les services rendus dans tout l'univers par l'Ordre de Saint-Jean, » lui donne tout ce qu'elle possédait dans cette juridiction (21 juin 1401) (4). Tout le reste des archives de cette commanderie est encombré par les débats, les procès et les transactions entre les Hospitaliers et les chanoines de Saint-Caprais au sujet des dîmes de Salvaignas (5). Ces discussions se prolongèrent jusqu'à la fin du XVIe siècle, époque à laquelle le commandeur Pierre d'Esparbès acquit du chapitre les droits que ce dernier percevait sur Salvaignas, en échange de rentes qu'il céda sur le tènement de la Vigne (1594) (6).

Dans les dernières années du XVe siècle, Salvaignas perdit son titre de commanderie et fut réunie à Golfech ; comme nous l'avons vu plus haut, vers 1650, il fut adjoint à la nouvelle commanderie du Temple de Brulhes ; Sainte-Foy ; Saint-Jean de Ferrand ; Dominipech ; Saint-Caprais formaient ses plus anciennes dépendances ; on lui avait réuni dans la suite la petite commanderie de Saint-Sulpice de Ribalède.
Donnons en terminant la description du château de Salvaignas, telle que nous la trouvons dans le procès-verbal de la visite de la commanderie en 1669 :
« A Salvaignas, le commandeur a un chasteau, joignant l'esglise, avec trois tours du cousté du levant et du midy, qui servent de deffense pour le dict chasteau ; en l'une desquelles y a ung dégré ; et, à trois coings du dict chasteau, une guéritte à chascun, bastye de bois et de briques et couvertes de thuiles. A l'entrée du dict chasteau du cousté de l'esglise, y a un petit reduict appelé Rebelin (7). »
1. Archives de Salvaignas, L. I.
2. Saint-Jean de Ferrand, L.I.
3. Archives de Salvaignas, L. II.
4. Archives de Salvaignas, L. I.
5. Archives de Salvaignas, L. III.
6. Archives de Salvaignas, L. III.
7. Archives de Brulhes, L. XVI.

 

§ 4. — Sainte-Foy de Jérusalem

Département: Lot-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Agen, Commune: Pont-du-Casse, hameau: Bajamont - 47


Hôpital de Sainte-Foy de Jérusalem
Hôpital de Sainte-Foy de Jérusalem

Dans les environs immédiats de la ville d'Agen, les Hospitaliers de Salvaignas possédaient le château fort de Sainte-Foy de Jérusalem. Les Anglais, à qui le roi Philippe III avait cédé la possession de l'Agenais, s'empressèrent de s'y établir sur le pied de guerre et de s'assurer de l'occupation d'un certain nombre de places et de positions stratégiques. La citadelle de Sainte-Foy leur parut importante pour la protection des approches de la ville d'Agen. Aussi, sans avoir égard aux immunités de l'Ordre et aux réclamations du commandeur de Salvaignas, une garnison anglaise vint s'y établir. Malgré toutes ces précautions, les débuts de la guerre, qui éclata bientôt après, furent favorables à nos armes et le comte de Valois lieutenant du Roi en Languedoc, s'empara en 1325 de presque tout l'Agenais : en 1327 les Anglais, aidés par une partie de la noblesse du pays, ne conservèrent avec peine que quelques places et, entre autres, celle de Sainte-Foy ; ils offrirent aux Hospitaliers de la leur rendre, dans l'espoir sans doute de les attirer dans leurs intérêts. Mais, fidèle à la cause française, le commandeur de Salvaignas, Raymond Roger de Mirepoix, demanda à ce sujet les ordres de Robert Bertrand, seigneur de Briquebec, lieutenant du roi en Gascogne. Ce dernier par ses lettres datées de la Réole (8 septembre 1327) et scellées de ses armes, autorisa les chevaliers de Saint-Jean à reprendre possession de la place de Sainte-Foy, à la fortifier et à la peupler de nouveau, à la condition qu'elle resterait désormais sous l'autorité du roi de France (1).

La paroisse de Sainte-Foy avait été déclarée annexe de Sainte-Quitterie d'Agen, et demeura unie à ce membre dans toutes les transformations qu'il éprouva dans la suite.
1. Archives de Sainte-Foy, L. I.

 

§ 5. — Saint-Sulpice de Rivalède (?). — Saint-Jean-Lherm

Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Toulouse, Canton: Pechbonnieu - 31


Domus Hospitalis Saint-Jean-Lherm
Domus Hospitalis Saint-Jean-Lherm

Je ne peux localiser cet endroitSaint-Sulpice de Rivalède (?) était une petite commanderie que l'Ordre de Saint-Jean possédait sur les bords de la rivière de la Leyde.
Après avoir eu, dès le principe, une existence propre, elle fut réunie, ainsi que son annexe J'ai mis une localisation en Haute-Garonne, je ne sais pas si elle est la bonne.Saint-Jean de l'Herme, à la commanderie de Je ne peux localiser cet endroitSalvaignas (?) vers le milieu du XIVe siècle.

Les documents peu nombreux que renferment ses archives, ne nous parlent que des discussions et quelquefois même des luttes qu'eurent à soutenir en plus d'une circonstance les chevaliers de Saint-Jean à Saint-Sulpice. Nous voyons tout d'abord Pierre de Belet, commandeur de Saint-Sulpice, en procès avec le sindic des habitants de Saint-Jean-de-l'Herme pour la fixation des droits de dîmes dûs par ces derniers ; discussion terminée par un arbitrage le 15 septembre 1287 (1).

A la suite sans doute d'autres difficultés, ou bien en présence des dangers que la guerre de Gascogne faisait courir à ses domaines, le commandeur de Saint-Sulpice obtint, en 1338, du Roi Philippe VI des lettres de sauvegarde « pour ses domaines, son église et son moulin de la Leyde (2). » Si cette mesure put préserver la commanderie pendant quelque temps son efficacité ne fut que provisoire, comme nous allons le constater.

La fin du XVe siècle notamment fut une époque troublée pour Saint-Sulpice de Ribalède. Il s'agissait encore cette fois des dîmes de Saint-Jean de l'Herme, qui étaient disputées au chevalier Bernard de Gros, commandeur du Temple du Breuil, par Etienne Carrière, prêtre, syndic de l'hôpital Sainte-Catherine de Villeneuve-d'Agen. L'affaire portée devant les tribunaux ecclésiastiques fut jugée en faveur de l'Hospitalier. Exaspéré de sa défaite, le sindic résolut de se charger lui-même du triomphe de sa cause, et, à la tête d'une vingtaine de complices, « armés et rembastonnés d'armes et harnois invisibles, » se jeta sur les domaines du commandeur, ravageant les moissons, dispersait et maltraitant les témoins de ses méfaits. Le 24 février 1479, le Parlement de Toulouse rendit, à la requête du chevalier de Gros, un arrêt d'ajournement contre les coupables. Mais cette, intervention de la justice ne fut pas suffisante pour clore cette période de luttes.

Ce même Commandeur s'établit le 11 septembre 1482 dans la maison qu'il possédait à Saint-Sulpice. A cette nouvelle deux de ses ennemis, Pierre Bernard et Arnaud Hébrart, anciens complices d'Etienne Carrière, dont ils avaient sans doute partagé les précédentes entreprises, trouvèrent l'occasion favorable pour mettre à exécution un complot préparé de longue main et se défaire d'un adversaire qui leur était particulièrement antipathique. La plainte adressée au Parlement par ce dernier, nous les montre « à la tête d'une troupe de trente ou quarante hommes, gens infâmes et dissolus, entre lesquelz le bourrel, ou exécuteur criminel de justice de Villenove d'Agenois », faisant invasion dant la maison de l'Hôpital. » « Iceulx se irruèrent contre le dict exposant et ses serviteurs et les prinrent aux cheveulx et leur tiroient et arrachoient les poils de la barde, en regnyant le nom de Dieu, et qu'ils les dampnifieroient de leurs, personnes. Et ledict Arnaut Ebrart tira son peinart hors de la gaigne, en disant, audict exposant : Ribaut crozat, per las plagas de Diu, aras moriras ! en lui voulant donner dudict peinart sur la teste. Et aussy ledict Pierre Bernart tira son espée, de laquelle par plusieurs fois, s'esforça tuer ledict exposant, ce qu'il eust faict, s'il ne se fust gardé. Et, en voulant mettre leurs mauvais desseins et propos à effect, prinrent à la gorge Astorg de Reysag et l'eussent estranglé, si ne fust que ledict exposant les en garda. Et non contents de ce, eschallèrent l'esglize, dans laquelle trouvèrent Bertrand de Lalane, serviteur dudict suppliant, et lui arrachèrent la plus grande partye des cheveulx de la teste, lui baillèrent plusieurs cops avec leurs bastons, tellement qu'il tomba en terre, et, lui estant en terre, aucun desdicts malfaicteurs lni donna ung estred'un espiot parmy le genoil et lui fit une grande playe, d'où issit grant effusion de sang... Ils prindrent, ruynèrent et emportèrent les males, espées, arbalestes, ung filest de chasse dudict exposant, estans dans ladicte esglize. »

Les coupables auteurs de cette agression se flattaient de l'impunité, en raison de leur parenté avec le lieutenant du sénéchal d'Agen ; poussant même plus loin leur audace, ils avaient fait, sommer par leur allié le Commandeur à venir rendre compte devant la cour, du sénéchal des violences qu'il aurait commises à leur égard, et emprisonner ses serviteurs. Mais la chancellerie du Parlement de Toulouse, par ses lettres datées de Bourg-Saint-Bernard (19 octobre 1472), annula la procédure commencée et cita les agresseurs à sa barre (3).
1. Archives de Saint-Jean-de-l'Herme, L. I.
2. Archives de Saint-Sulpice-Rivalède, L. I.
3. Archives de Saint-Sulpice-Rivalède, L. I.

 

Commandeurs

1° Liste des commandeurs hospitaliers du Temple de Brulhes ou d'Agen.
1312-1319. Bernard d'Arles.
1323-1325. Hugues de Lemosi.
1346-1317. Raymond de Labaut.
1348-1349. Bernard de Lautrec.
1358-1372. Bernard del Thor.
1372-1393 Raymond de Belpech.
1462-1473 Bernard de Vellac.
1475-1496. Bernard de Gros.
1498-1506. Tannequin de Bussel.
(De 1508 à 1650, réunion du Temple de Brulhes à la Cavalerie)
(En 1650, rétablissement de la Commanderie du Temple de Brulhes)
1630-1669. François d'Esparbès-Lussan.
1675-1681. Pierre du Pont de Gau.
1688-1689. Conrad de Raymond-Pomeyrol.
1693-1705. Jean de Guérin-Castelet.
1719-1720 Louis-Joseph du Gasc.
1723-1731. Octave de Galléan.
1737-1738 Charles de Vignes-Parizot.
1753-1756. François de Pallavicini.
1765-1766. François de Glandevès-Castellar.
1780-1788. Bernard de Polastron-la-Hillière.

2° Liste des Commandeurs de Salvaignas.
1235- 1235. Sans Arcis.
1148-1251. Jourdain de Saint-André.
1257. Arnaud de Boutenac.
1264-1284. Ermengaud des Aguilhiers.
1301-1306. Bertrand de Savignac.
1313-1322. Bérenger de la Selve.
1326-1327. Raymond-Roger de Mirepoix.
1358-1375 Bernard del Thor.
1376-1377. Jean de Bernard.
1401-1411. Bernard de Marrast.
1421. Jean de Durfort.
1449. Pierre de Montlezun.
1451-1481. Bernard de Vellac.
1483-1489 Erol d'Alaman.
1493-1495. Joan de Laincel.

3° Liste des Connuandeurs du membre de Dominipech.
1505 Pierre de Raffin.
1509. Hugues d'Albinh.

4° Liste des Comaiandeurs du membre de Saint-Jean de Ferrand.
1319. Wilhelm de las Colteras.
1500. Bertrand de Lassacomba.
1618. Jean Rigald.
1704. Honoré de Champoussin.
1718-1719. Jean d'Arrerac.

5° Liste des Commandeurs du membre de Sainte-Foy.
1478. François de Mayron.

6° Liste des Commandeurs de Saint Sulpice de Ribalède.
1287 Pierre de Belet.
1465. Durand de Rusta.
1495-1515. Robert de Durfort.
1478-1495 Bernard de Gros.
Sources: Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur: L. Sistac et J. Boubée (Toulouse): 1883