Commanderie de Sours

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement et Canton: Chartres-Sud-Est — 28

Domus Hospitalis Sours
Domus Hospitalis Sours

Cette commanderie est nommée dans le Livre-Vert Commanderie du Pays Chartrain. Elle se composait au XIVe siècle des maisons du Temple de Sours, de Chartres, d'Arville, de La Boissière, de Mondoubleau, de Blois et de celle de l'Hôpital d'Ablainville.

On l'appela ensuite commanderie de Sours et d'Arville, ou tout simplement de Sours, par la raison que sous les Hospitaliers, Sours fut toujours le chef-lieu de la commanderie, quoique le Commandeur résidât le plus souvent à Arville ou à Chartres. Au nombre des membres qui, d'après le Livre-Vert, composaient cette commanderie, on ajouta ensuite ceux moins importants sans doute, qui provenaient d'anciennes maisons du Temple ou de l'Hôpital supprimées dans le Pays chartrain, le Vermabois et le Blesois. C'étaient les domaines des maisons du Temple de Voves, d'Ouarville et de La Bourdinière, l'Hôpital de Châteaudun, l'ancien Temple de Brou, l'ancien Hôpital d'Ouzenain, la terre et seigneurie du Gros-Chêne, le Temple de Beauchêne-les-Matras, ceux de Savigny-sur-Braye, de Belle-Lande et de Villetroche; et enfin l'Hôpital de Blois.

La maison de Sours avait été fondée par les Templiers à la fin du XIIe siècle, grâce à la générosité d'Alice, comtesse de Blois.

Portail de Sours
Portail de Sours

Des lettres de l'an 1192, de Louis, comte de Blois et de Clermont, confirmées par le roi Philippe-Auguste, nous apprennent que lui, ses frères et soeurs, ont approuvé et amorti la donation faite par « Adelicia », leur mère, veuve de Thibaut, comte de Blois, ancien sénéchal de France, aux frères de la chevalerie du Temple, de son habitation de Sours, « herbergamentum suum de Soiis », avec la chapelle, l'étang, le moulin, les prés, les censives des champs, la mairie et la justice du lieu, et en outre de sa terre du Champ de Festu, « terrain suam de Campo de Festuce », concédée pour l'entretien du luminaire de la dite chapelle.

Un mandement de Regnaut, évêque de Chartres, du mois de mars 1201, lance l'excommunication contre tous ceux qui voudraient empêcher les Templiers de jouir paisiblement des biens à eux donnés ci-dessus. Le même prélat articule semblable peine contre quiconque s'opposerait à l'exécution de deux autres donations faites par la dite comtesse: l'une en faveur du curé de Saint-Germain de Sours, d'un champ appelé « Lumboel » de Belhomert, « de Bellomari », de son champart de Sours au Beaulieu, « Bello loco », avec sa métairie de Berchères, « medietatem suam, de Bercheriis (Berchères-la-Maingot) », occupée par Gauthier; et l'autre, au profit des moines de Josaphat, de sa terre d'Ormois et de Vavelle, « terram suam de Umbrellis et Favellis (Ormois, commune de Dammarie) » avec la métairie que Robert du Chemin, « de Chemino », faisait valoir.

En 1195, les Templiers réunissaient à leur domaine de Sours, Bonville et ses dépendances, « Bounvillam cum appenditiis suis (Bonville, commune de Gellainville) », que leur avait donné Robert de Chartres, « de Carnoto », du consentement de sa femme et de ses enfants, avec le cens d'avoine à lui du tous les ans, par ses hommes de Gellainville, « Gillenville. » Louis, comte de Blois, confirma et amortit la même année, comme seigneur dominant, cette donation, en abandonnant aux Templiers tous ses droits, sous la réserve toutefois de l'eau ou de la rivière de Saint-Martin, « excepta aqua sancti Martini », et du fief de Gaudefroy de Gaudene, « de Gaudena. »

Chapelle de Sours
Chapelle de Sours

Guillaume, vidame de Chartres, s'était croisé au commencement du XIIIe siècle. Il tomba malade à Saint-Jean-d'Acre. Les Templiers touchés de ses vertus, et par reconnaissance aussi de la donation qu'il leur avait faite en 1204, de deux muids de grain à prendre chaque année dans son grenier de Genervile (commune de Sours), le reçurent dans leur confraternité et l'admirent au bénéfice de leurs prières.

Après la chute des Templiers, au moment où les Hospitaliers étaient appelés à recueillir leur héritage et à prendre possession de la Maison de Sours, le Grand-Prieur de France, qui était Simon le Rat, fit dresser un état des biens et revenus de cette Maison. Cette pièce écrite en latin, porte la date de 1313. Elle nous fait connaître que la Maison de Sours avait des cens ou rentes foncières, qui s'élevaient à 40 livres six sols en argent, et à 19 muids de blé et d'avoine qu'on recevait à diverses époques de l'année, à Sours, à Epernon, « Sparnonem », à Gallardon, « Galardonem », à Chartres, à La Bourdinière (commune de Saint-Loup), « Bourdinariam », à Mainvilliers, « Maninvillam », à Bois-de-Mivoye (commune de Dammarie), « Boscum medie vie », à Generville (commune de Sours), « Gennevillam », à Brétigny (commune de Sours), « Bretigniacum », à Louville (Louville-la-Chenard), « Loervillam », à Chandre (au nord de Sours, carte de Cassini), « Chantes » et à Cherville (commune de Oinville-sous-Auneau), « Cathervillam. »

Le domaine de la commanderie comptait alors 45 muids de terre à semence, situés à Sours, « apud Sorros », et à Bonville; 15 muids de pareille terre à Bucé (à une lieue sud de Berchères, carte de Cassini), « apud Buissel » et à Nuisement (commune de Nonvilliers-Grandhoux); quelques pièces de vigne et de pré et plusieurs maisons à Chartres dont nous parlerons ci-après.

Chapelle de Sours
Commanderie de Sours

Une très-grande partie de ces terres aurait été usurpée et perdue au XVe siècle, car leur nombre était bien diminué d'après le procès-verbal de visite prieurale de 1495, qui s'exprime ainsi: « Audict lieu de Sours a ung villaige de C a VIxx feuz qui sont de la jurisdicion de plusieurs seigneurs. Le Commandeur a jurisdicion basse dessus IX ou X feuz qui sont ses hommes. Dedens ledict lieu, la commanderie a une maison base, fort vielle, où le fermier faict sa demourance. Plus y a de LXXX à C arpens de terre du domaine qui sont bailliés à quatre fermes qui doivent de prouffict chascun an, XX muis de grain, II tiers froment, I tiers avoine, en ce comprinses les terres de Warville (Ouarville), Orsonville (Ossonville, commune d'Ouarville) et Bonville. »

Au siècle dernier, le domaine de Sours comprenait 28 muids de terre labourable. Dans la cour de la maison, se trouvait la chapelle dédiée à la Sainte Famille, desservie par le vicaire de Sours qui y disait la messe un jour par semaine.

La commanderie possédait encore à Sours une maison appelée le Clos-Pilier; à Gellainville, la métairie de Bonville, et sur Berchères, celle de Bucé avec une trentaine de muids de terre.

La maison de Sours avait, en 1373, un revenu de 187 livres 10 deniers. Ce revenu montait en 1757, à 4.400 livres, et en 1783, à 10.200 livres.

Noms des Commandeurs de Sours
1334. Frère Jehan Daguenet.
1356. Frère Gilbert de Seau.
1364. Frère Thomas de Waleran, alias Verberan.
1382. Frère Vincent d'Ayne.
1416. Frère Jehan Bordault, alias Bridault.
1440. Frère Jehan du Bois.
1469. Frère Guillaume Poissonnyer.
1483. Le chevalier Emery d'Amboise, Grand-Prieur de France.
1506. Le chevalier Germain Loulier.
1509. Le chevalier Jehan d'Aunoy ou d'Aulnay.
1547. Le chevalier Jérôme de Hombelières, trésorier général de l'Ordre.
1535. Le chevalier Louis de Dormans.
1563. Le chevalier Claude de Lyons.
1573. Le chevalier Jehan de Gonnelieu.
1608. Le chevalier Gédéon de Joigny, dit Bellebrune.
1622. Le chevalier Jehan-François de Vion-Tessancourt.
1634. Le chevalier Jean Desguets de la Potinière.
1638. Le chevalier Gilles Bernard de Courmesnil.
1651. Le chevalier Jehan Angorran de Claye.
1655. Le chevalier François de Bupière de Survye.
1665. Le chevalier Gilbert d'Elbene, bailli, grand-croix.
1674. Le chevalier Guillaume du Fay.
1687. Le chevalier Jean de Montmorin de Saint-Herem, capitaine des galères du Roi.
1690. Le chevalier François du Monchel de Martinvast.
1699. Le chevalier Jean-Baptiste de Briconnet.
1740. Le chevalier Jean-Baptiste d'Arbouville, capitaine des galères du Roi.
1716. Le chevalier de Rogres de Champignelles.
1732. Le chevalier Jean-Antoine de Thumery de Boissise.
1748. Le chevalier Alexandre Loubert de Martinville.
1753. Le chevalier Gabriel de Briqueville de la Luzerne, maréchal-de-camp des armées du Roi.
1762. Le chevalier d'Osmont.
1764. Le chevalier Joseph de Hennot de Theville.
1775. Le chevalier Charles du Roux de Varennes.
1783. Le chevalier Charles-François de Cacheleu-Baromesnil.

Voir la Maison du Temple de Sours par Abbé Charles Métais

 

Domus Hospitalis Chartres

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Chartres, Canton: Chef-lieu de cantons — 28


Domus Hospitalis Chartres
Domus Hospitalis Chartres

Les Templiers avaient un assez grand nombre de cens ou de rentes foncières sur des maisons en la ville de Chartres. La plupart de ces cens leur avait été donnée à la fin du XIIe siècle, par Guillaume de Chartres. Ce seigneur, dégoûté des plaisirs du monde, s'était enrôlé sous la bannière des chevaliers du Temple pour aller combattre en Terre-Sainte; et là, se trouvant au moment de mourir, il avait donné à l'Ordre dont il faisait partie, cent sols de cens à recevoir à Chartres sur divers héritages dans la rue du Châtelet, « in vico Casteleti. » Robert, comte de Chartres, son frère, ignorant cette donation, avait disposé du même cens envers sa soeur, à qui il l'avait donné en dot. Les Templiers consentirent à renoncer au legs qui leur avait été fait, au moyen d'un autre cens que le comte Robert leur accorda sur des maisons dans la rue Neuve, « in vico novo », en leur abandonnant en outre tout ce qu'il possédait à Bucé, « in villa Busillei », sauf ses fiefs, ainsi qu'il est dit dans ses lettres de l'année 1193.

Les Templiers possédaient à Chartres plusieurs maisons qui sont mentionnées dans la déclaration de 1313. La principale était la maison de Beauvoir, « domus de Bellovidere. » Cette maison était située dans la rue des Jacobins. Elle leur avait été donnée par Simon, seigneur de Chevreuse, ainsi qu'il résulte des lettres du chantre de l'église de Chartres, du mois de janvier 1197.

Ils en avaient une autre dans la rue Vasselotte, « in vico Vasselote », et une troisième où était leur four, appelée la maison du Four, « domus Furni », dans la rue Berchot, « in vico Berchot. »

La maison de Beauvoir servit longtemps de résidence au commandeur de Sours, surtout pendant les guerres des XIVe et XVe siècles. Il cessa de l'habiter, lorsqu'il alla au commencement du XVIIe demeurer dans la maison d'Arville qu'on venait de rebâtir. La maison de Beauvoir fut alors louée à diverses personnes, et elle se trouvait en assez mauvais état à l'époque où les Carmélites vinrent s'établir à Chartres dans une maison touchant à celle des Hospitaliers. Le nouveau couvent proposa à ces derniers l'achat de leur maison. Il en offrit en 1631, 6.000 livres, prix qui ne fut pas agréé. En 1631, l'offre fut élevée à 9.000 livres sans plus de succès. Le Roi et la Reine qui s'intéressaient beaucoup au nouvel établissement des Carmélites, écrivirent à Malte pour faire connaître au Grand-Maitre le désir qu'ils avaient de voir terminer cette affaire. Malgré cela, la vente ne fut conclue qu'en 1659, et pour le prix de 11.000 livres. Dans la cession étaient compris tous les droits de cens, justice et seigneurie que les frères de l'Hôpital pouvaient avoir dans la ville de Chartres.

 

Domus Hospitalis Voves

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Chartres, Canton: Voves — 28


Domus Hospitalis Voves
Domus Hospitalis Voves

L'ancienne maison du Temple de Voves fut désignée, après que les Hospitaliers en eurent pris possession, sous le nom de maison de « l'Hopitau », ainsi qu'elle est mentionnée dans le procès-verbal de la visite pricurale de 1495: « La ferme du Temple de Vausves, aujourd'hui l'Hopitau, où y a chappelle, fondée de saint Jehan, chargée tous les moys d'une messe et où a III ou IIII cens arpens de terre et maison pour le fermier et toute jurisdicion. »

La maison de Voves fut détruite pendant les guerres du XVe siècle. Une partie des terres fut réunie à la maison de Sours, et une autre partie donnée à cens et à rente perpétuelle.

 

Hôpital d'Ouarville

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Chartres, Canton: Voves — 28


Hôpital d'Ouarville
Hôpital d'Ouarville

M. de Lespinois, dans son Histoire de Chartres, ne donne que quelques notes tirées de diverses sources, sur l'existence dans le Pays chartrain des Ordres du Temple et de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem. Il cite les noms au XIVe siècle, de deux commandeurs de l'Hôpital d'Ouarville. Nous doutons que Ouarville ait été le siège d'une commanderie. Il y avait bien à Ouarville comme à Ossonville et à Auneau, plusieurs domaines qui appartenaient alors aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le domaine de Ouarville était la métairie de la Maison-Rouge. Il ne paraît pas avoir eu jamais d'autre commandeur que celui de Sours.

Les bâtiments de la Maison-Rouge n'existaient plus au XVe siècle, car nous voyons par le procès-verbal de visite de l'année 1495, que les terres qui en dépendaient, avaient été réunies, comme celles d'Ossonville, au domaine de Sours.

 

Domus Hospitalis La Bourdinière (La Bourdinière-Saint-Loup)

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Chartres, Canton: Illiers-Combray — 28


Domus Hospitalis La Bourdinière
Domus Hospitalis La Bourdinière

Le Temple de La Bourdinière est situé, sur la carte de Cassini, au nord-est de Saint-Loup. Il en est fait mention dans des lettres du mois de septembre 1286, par lesquelles le Prieur du Chapitre de La Bourdinière reconnaît avoir vendu au commandeur de la maison de la chevalerie du Temple de Sours et de tout le Pays chartrain, « Templi de Sors et de toto Chartrain », la rente d'un setier de blé sur la terre du Temple, situé près de La Bourdinière, « in terra de Templo sito juxta Bordineriam », pour le prix de cent sols.

La terre de La Bourdinière appartenait depuis longtemps aux Templiers, car nous avons trouvé une charte de Robert, comte de Chartres, de l'année 1208, où nous voyons qu'il s'était élevé alors une contestation entre lui et les frères du Temple au sujet de cette terre.

Au XIVe siècle, le Temple de La Bourdinière avait disparu. Le Livre-Vert nous apprend que les terres qui en dépendaient, avaient été données à cens ou à rentes perpétuelles, que le commandeur d'Arville faisait recevoir chaque année.

 

Domus Hospitalis Châteaudun

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton: Châteaudun — 28


Domus Hospitalis Châteaudun
Domus Hospitalis Châteaudun

Un historien du Pays chartrain, V. Chevard, dit qu'il y avait à Châteaudun une commanderie de l'Ordre de Malte. En effet, nous avons trouvé qu'il se trouvait dans cette ville, au commencement du XIIIe siècle, une maison de l'Hôpital où résidaient un commandeur et plusieurs frères de l'Ordre, prêtres; ce qui doit faire supposer que cette maison avait plus qu'une chapelle, mais bien une église à desservir. C'est au moins ce qui résulte d'une charte de Gaudefroy, vicomte de Châteaudun, de l'année 1208, par laquelle il confirme la donation faite par Robert le Voyageur, « Robertus Viator », aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, d'une rente de deux setiers de grain à prendre sur son moulin du « Vivier », pour être apportés chaque année le jour de la Saint-Rémi dans la maison de l'Hôpital de Châteaudun, « in domo Hospitalis Castriduni. » Les témoins de cette charte étaient Guillaume, commandeur de la dite maison, « magister domus dicti Castriduni », Gervais, Godefroy prêtres, et Robert, frères du dit Hôpital.

Cette maison a été par la suite vendue ou supprimée, car on ne trouve aucun document autre que celui que nous venons de citer, qui la mentionne.

 

Domus Hospitalis La Boissière

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton: Châteaudun — 28


Domus Hospitalis La Boissière
Domus Hospitalis La Boissière

Le Temple de La Boissière était situé dans la banlieue de Châteaudun, au bas du Raffaux, paroisse de Saint-Valérien: (Probablement située Rue des Fouleries à Châteaudun, il y existe une chapelle de La Boissière). Nous avons le titre de cette fondation; ce sont des lettres de Thibaut, comte de Blois, grand sénéchal de France, de l'an 1183, par lesquelles il confirme et amortit la donation que Gaudefroy de l'Isle, « de Insula », avait faite, par amour de Dieu aux frères du Temple de sa maison de Châteaudun, « domum suam de Castriduno », avec des vignes, pour en jouir seulement après sa mort. Il est dit en outre que cette donation a été faite libre et exemple de toutes charges, et avant que la commune de Châteaudun fût établie, « antiquam Castriduni communia haberetur. »

En 1198, l'abbé et les religieux de Bonneval vendaient aux Templiers leurs vignes de La Boissière, « vineas de Buxeria », qui dépendaient de leur prieuré de Châteaudun.

On trouve plusieurs donations faites à la maison du Temple de La Boissière au commencement du XIIIe siècle; l'une en 1248, par un sieur Richard Harenc, avec l'approbation de Gaudefroy, vicomte de Châteaudun, des planches, « planchas », qu'il avait à Châteaudun, touchant à la prairie des Templiers de La Boissière; l'autre en mai 1224, par un chevalier Philippe de la Brosse, « de Brocea », Eudes et Paulin, ses frères, de 12 sols de rente annuelle sur la Harengerie de Châteaudun, « in Harenchagio de Castroduni. »


Domus Hospitalis La Boissière
La Boissière en 1849, peinture de Ricois. Image Morreau

Vers le milieu du XIIIe siècle, un grave différend s'éleva entre les Templiers et Jean de Châtillon, comte de Blois, qui, les accusant d'usurper ses droits, fit saisir toutes leurs propriétés dans l'étendue de la châtellenie de Châteaudun. Une reconciliation s'opéra ensuite, et par ses lettres datées de l'année 1257, le comte de Blois donna main-levée de la saisie qu'il avait ordonnée, en accordant aux Templiers l'entière et libre disposition de leurs biens, et notamment de leur maison de La Boissière et de ses dépendances, avec tous droits de justice et de seigneurie, mais à la condition qu'ils ne pourraient faire aucune construction autour de leur habitation, si ce n'est pour leur usage personnel, et que dans la ville de Châteaudun comme à La Boissière, ils n'auraient pas le droit de vendre leurs vins en détail, mais seulement en gros.

La maison de La Boissière possédait une belle chapelle, dédiée à la sainte Vierge, où l'on disait encore la messe, un jour par semaine, à la fin du siècle dernier. Elle avait aussi deux moulins sur la rivière du Loir, avec une quarantaine d'arpents de pré et de terre arable.

Plusieurs membres dépendaient de la maison de La Boissière, l'ancien Temple de Brou, l'Hôpital d'Ouzenain, la terre de Veillez et d'autres domaines qu'on trouvera ci-après.

Ancien Commandeur de La Boissiere
1451. Frère Adam du Fai.

 

Domus Hospitalis Brou

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton: Brou — 28


Domus Hospitalis Brou
Domus Hospitalis Brou

Les Templiers possédaient une maison à Brou, au commencement du XIIIe siècle, avec d'autres biens situés en divers lieux, qui relevaient du fief d'un seigneur nommé Jean de la Bruyère.

Par suite d'une contestation qui s'était élevée entre eux, au sujet de leurs droits respectifs, les prieurs de Sainte-Geneviève et de Saint-Eloi de Paris furent choisis pour arbitres, et par leur sentence rendue en l'année 1217, il fut reconnu que Jean de La Bruyère ne pouvait prétendre aucun droit sur les maisons du Temple de Brou, « super domos Templi de Broellio », situées au vieux marché de cette ville, et acquises autrefois par les Templiers, des auteurs du dit Jean.

Ces maisons ne faisaient plus partie du domaine de la commanderie à la fin du XIVe siècle.

 

Domus Hospitalis Ouzenain

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton: Bonneval — 28


Domus Hospitalis Ouzenain
Domus Hospitalis Ouzenain

Il y avait à Ouzenain (sur la rivière de l'Ozane, au nord de Bonneval) une maison de l'Hôpital dont on ne connaît pas l'époque de la fondation. Cette maison n'existait plus au XVe siècle. Il restait seulement la chapelle qui était située sur le chemin conduisant d'Ouzenain au bois Pichart. Des lettres de frère Jean du Bois, commandeur de Sours, du 18 mai 1453, concédèrent à un nommé Perin Loste, laboureur à Ermenonville-la-Grande, la jouissance viagère pour lui et ses enfants, « d'une chappelle nommée l'Hôpital d'Ozenain, avec tout le lieu, cour, jardins, terres labourables et non labourables, appartenant audit Hospital d'Ozenain, près Bonneval, » au fermage annuel de 25 sols tournois, six conins et six poules, à la charge d'entretenir et de faire desservir la chapelle, plus de rebâtir la maison en dedans quatre ans.

La maison reconstruite ne dura pas longtemps; elle avait disparu au commencement du XVIe siècle. La commandeine retirait en 1504, des terres et de la chapelle d'Ouzenain, un revenu de 7 livres 40 sols tournois, déduction faite de toutes charges. La chapelle était appelée alors, chapelle Saint-Jean-d'Aigrefin.

 

Domus Hospitalis Veillez

Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Châteaudun, Canton: Cloyes-sur-le-Loir, Commune: Boisgasson — 28


Domus Hospitalis Veillez
Domus Hospitalis Veillez

Des lettres de l'officiai de Chartres, du mois de janvier 1378, portent que Colin de Villiers, fils de Robert, a donné, entre autres biens, aux frères de la chevalerie du Temple, sa maison sise à Veillez (probablement Veilliez, carte de Cassini), paroisse de Langey dans la censive de l'abbé de Saint-Avit, avec toute la terre qui en dépendait.

La maison ayant été incendiée au XVIe siècle, les 24 arpents de terre qu'elle comptait, furent donnés en 1593, en arrentement perpétuel, à diverses personnes.

Plusieurs autres petits domaines dépendaient encore de la maison de La Boissière:
1. — La métairie de « Villorsel », paroisse de Villamblain (Loiret) dont les bâtiments n'existaient plus au siècle dernier;

2. — La métairie de « La Rabillière » sur Saumery (commune d'Huisseau-sur-Cosson), qui était en ruine au XVIIee siècle;

3. — La métairie de « Vignes et d'Ouzouer-le-Marché » qui disparut également, et dont les terres furent données à rentes perpétuelles en 1518.

Le revenu de la maison de La Boissière et de toutes ses dépendances était en 1783, de 5.000 livres.

 

Domus Hospitalis Arville

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Mondoubleau, Commune: oigny — 41


Domus Hospitalis Arville
Domus Hospitalis Arville

Arville était le siège d'une Maison du Temple que les Hospitaliers supprimèrent pour en faire un membre de la commanderie de Sours. On trouve des commandeurs d'Arville au commencement du XIIIe siècle. Robert d'Avelin, commandeur d'Arville, « preceptor Areville », et les deux frères du Temple, Laurent et Garin, qui habitaient avec lui cette maison, figurent comme témoins dans la charte de 1208, de Robert de Chartres, relative à La Bourdinière que nous avons citée plus haut.

Le Temple d'Arville, dont on ignore l'époque de la fondation, existait au XIIe siècle. Les Templiers étaient déjà établis à Arville, lorsque Hugues, vicomte de Châteaudun, par des lettres rédigées vers 1180, leur accordait le droit de conduire d'Arville dans ses bois pour y pâturer toute l'année, vingt de leurs vaches avec dix porcs.

Arville est nommé « Arida villa », dans une charte de l'official de Chartres, de l'an 1270, portant que Baudouin de Cornouailles et Culuende, sa femme, se sont donnés avec leurs biens à Dieu et à la maison du Temple de Jérusalem, selon les us et coutumes d'Arville, « secundum usus et consuetudines de Arida villa. »

Les guerres des XIVe et XVe siècles ruinèrent à plusieurs reprises la commanderie d'Arville. Nous avons trouvé un décret du vénérable Chapitre de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, rendu en 1410, à la sollicitation des habitants d'Arville, par lequel ceux-ci se trouvaient déchargés de la moitié des redevances dont leurs maisons étaient tenues envers l'Hôpital, et cela en considération des pertes que les Anglais leur avaient fait subir.

La visite prieurale de 1495 constate ainsi l'état de la maison d'Arville, alors membre de la commanderie de Sours: « Le membre d'Arville où a ung villaige de XXV ou XXX feuz, tous hommes de la Commanderie a toute jurisdicion et justice levée, où a une églize parochiale fondée de Notre-Dame, servie par ung frère chappelain, à présentation de Monseigneur le Grand-Prieur de France, et y a une maison de la commanderie fort vieille et demyte, et donne de prouffict en argent LVIIII livres VIII sols VI deniers III sestiers de meteil et IIII muis V sestiers d'avoinne. »

La maison d'Arville fut ensuite reconstruite. On trouvait là, au commencement du XVIIe siècle, un beau château entouré de fossés, avec un parc de 80 arpents de terre, en jardins, prairies, garennes, etc., tout le long du chemin qui mène d'Arville au Gault.

Le domaine comprenait en outre, à Arville:
1. — La ferme de « La Provenderie » (105 arpents) tenant au château;
2. — La métairie de La « Colasserie » (64 arpents), tenant à la Provenderie;
3. — La métairie de « Louche-la-Pierre » (17 arpents), au bout de la garenne d'Arville;
4. — La métairie de « L'Atre-Guillaume » (18 arpents), à cent pas de la Garenne.
Il y avait encore à La Chapelle-Guillaume à une lieue et demie d'Arville: 5. — La métairie de « La Pinterie »;
6. — Aux Etilleux la métairie de « La Chenaie »;
7. — A Melleray, près Montmirail, une métairie dont les bâtiments n'existaient plus au XVIe siècle;
8. — A Saint-Mexent, à six lieues d'Arville, la métairie du Temple;
9. — Au Gault, la ferme de « La Gravasière. »
10. — Un fief appelé le fief du Chesnes, relevait de la commanderie. Il était situé sur le territoire d'Arville, et se composait d'une métairie avec onze setiers de terre près du chemin conduisant à Soudoy. Il appartenait en 1398 à Jean Lhuillier.

La terre et seigneurie d'Arville avec ses dépendances, était affermée en 1757, 1.400 livres; et en 1783, 3.700 livres.

Anciens Commandeurs d'Arville. Sous les Templiers
1208. Robert d'Avelin.
1209. Hugo Marcq.

Anciens Commandeurs d'Arville. Sous les Hospitaliers
1332. Frère Jehan Le Tort, prêtre.

Voir la Maison du Temple d'Arville par Abbé Charles Métais

 

Domus Hospitalis Mondoubleau

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Mondoubleau — 41


Domus Hospitalis Mondoubleau
Domus Hospitalis Mondoubleau

Il n'y avait pas longtemps que les Templiers étaient installés à Mondoubleau, lorsque Godefroy, vicomte de Châteaudun et seigneur de Mondoubleau, pour favoriser leur établissement, leur accorda par ses lettres qui portent la date du mois de juin 1205, le droit d'avoir un four dans leur maison, une halle pour y tenir marché, sans pouvoir toutefois y vendre des grains, des chevaux ou des bestiaux. Il leur donna en outre l'usage de ses bois, et leur permît de faire entrer dans sa châtellenie ou d'en faire sortir tout ce dont ils pouvaient avoir besoin sans payer aucun droit.

En 1326, alors que les Hospitaliers se trouvaient en possession des biens du Temple, les bourgeois et les mansonniers de l'Hôpital demeurant en la ville, appelée anciennement « la ville du Temple de Montdoublel », furent affranchis et exemptés de tous droits de terrage, moyennant de payer à l'Hôpital un cens annuel de quatre deniers par arpent de terre et les dîmes. Cette mesure fut prise en vertu d'une décision du Chapitre général du Grand-Prieuré de France, tenu à Corbeil le mercredi avant la saint Jean-Baptiste en 1325.

La maison du Temple-lez-Mondoubleau, avec les 300 arpents de terre qui en dépendaient, était située à cinq quarts de lieue de Mondoubleau même, sur le chemin conduisant à La Fredonnière. Le Commandeur avait au dit lieu toute justice et seigneurie, avec la collation de la cure, comme on le voit dans le compte-rendu de la visite prieurale de 1495: « Au Temple-lez-Mondoubleau, le villaige dudit lieu est de XVI ou XX feuz, hommes de la commanderie à toute juridicion, ou a une églize parochiale fondée de Notre-Dame et de Sainct Jehan, servie par ung frère et y a une maison fort vieille et en ruyne, où ledit frère chappelain faict sa résidence et donne de prouffict adjoint avec Groschenne et Materas LXXXI livres IIII sols VIII deniers. »

Anciens Commandeurs de Mondoubleau
1332. Frère Jehan Daguenet.
1368. Frère Thomas de Walleran.
1472. Frère Pierre Lecteur, prêtre.
1476. Le chevalier Emery d'Amboise.

 

Hôpital Le Gros-Chêne

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Morée, Commune: Busloup — 41


Hôpital Le Gros-Chêne
Hôpital Le Gros-Chêne

La terre et seigneurie du Gros-Chêne était située dans la paroisse de Busloup. C'était un ancien domaine de l'Hôpital qui avait été réuni au XVe siècle au Temple de Mondoubleau, après avoir appartenu à la maison de l'Hôpital d'Ablainville.

Les Hospitaliers eurent dans le XIIIe siècle, au sujet de leur terre du Gros-Chêne, des démêlés avec un seigneur nommé Hugues Vallin. Une sentence arbitrale de l'abbé et du prieur de Sainte-Geneviève à Paris, du mois d'août 1209, régla la part que le seigneur Vallin devait avoir dans les cens dus à la seigneurie du Gros-Chêne, « de villa de Grosso Quercu » et concéda aux Hospitaliers seuls la justice du lieu, le terrage et le moulin de Palestrie, « et molendinum de Palestria », avec les mortuaires.

En 1210, nouveau procès avec Nevelon, seigneur de Freteval, « de Fracta valle », toujours relativement à la justice du Gros-Chêne. Regnaut, évêque de Chartres, et Manasses, évêque d'Orléans, furent délégués par le Saint-Siège pour régler ce différend. Les deux prélats après un mûr examen, décidèrent que le Gros-Chêne et Palestrie appartenaient à l'Hôpital qui devait y avoir la haute, moyenne et basse justice, excepté pour une partie de Palestrie, située sous le Plessis-d'Oursonval (?), « infra plesseium Ursonis de Valle. »

Le domaine du Gros-Chêne, qui comptait fort peu de terres mais beaucoup de censives au dit lieu, était affermé avec les droits seigneuriaux en 1757, 500 livres; et en 1783, 172 livres seulement.

 

Domus Hospitalis Beauchêne-lez-Matras

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Mondoubleau, Commune: Beauchêne — 41


Domus Hospitalis Beauchêne-lez-Matras
Domus Hospitalis Beauchêne-lez-Matras

La maison du Temple de Beauchêne, située dans la paroisse de la Beauchêne était une fondation de la fin du XIIe siècle. Elle fut construite dans une partie de la forêt de Vendôme. Des lettres de 1195, de Barthélemi de Vendôme, portent que ce seigneur accorda alors dans cette forêt aux chevaliers du Temple, quatre charrues de terre pour être cultivées, en un lieu appelé les Materas, « in loco qui vocatur aus Materat »; et comme les chevaliers s'étaient plaints de n'en avoir pas assez, Barthélemi en ajouta deux autres avec le bois nécessaire pour construire une maison, et le droit de mener paître leurs bestiaux dans une partie de la forêt.

Cette maison qu'on nommait dans l'origine le Temple des Materas, perdit beaucoup de son importance sous les Hospitaliers, au point qu'elle était réduite, dans le siècle dernier, à une simple métairie qui ne comptait plus qu'une quarantaine d'arpents de terre, affermés en 1757 80 livres.

 

Domus Hospitalis La Templerie

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Savigny-sur-Braye — 41


Domus Hospitalis Templerie
Domus Hospitalis Templerie

Avant d'être un membre de la commanderie de Sours, le Temple de Savigny avait été une dépendance de celui de Vendôme. Cette maison était située à deux lieues du Gros-Chêne, sur le chemin de la Poissetière, et avait été bâtie par les Templiers sur deux charrues de terre que Godefroy de Louardin, père de Jean, comte de Vendôme, avait données au commencement du XIIIe siècle, à la maison du Temple de Vendôme, « domui Templi de Vindocinio. » Comme il n'était pas dit dans quel lieu les deux charrues devaient se prendre, le comte Jean, par ses lettres de l'année 1210, les assigna aux frères du Temple, sur le territoire de Savigny, « in territorio de Savigny », au-delà de la haie de Chenevry, « ultra sepem de Chenevriz », en y ajoutant la justice et seigneurie.
Il ne restait plus du Temple de Savigny au siècle dernier, qu'une métairie avec une centaine d'arpents de terre, affermée en 1757, 60 livres.

 

Domus Hospitalis Belle-Lande

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Savigny-sur-Braye, commune: Epuizay — 41


Domus Hospitalis Belle-Lande
Domus Hospitalis Belle-Lande

La maison du Temple de Belle-Lande était située entre Mondoubleau et Vendôme, proche d'Epuize (carte de Cassini) d'Epuizay de nos jours. Pour remonter à son origine, il faut rappeler une charte de 1199, de Gaudefroy, vicomte de Châteaudun, par laquelle ce seigneur confirma la donation que Guillaume de Saint-Martin et Archembaud, « de Caramo », avaient faite aux frères du Temple, de tout ce qu'ils possédaient à Belle-Lande, « in Bella Landa », avec le droit d'usage dans leurs bois. Cette charte porte en outre, que les Templiers auraient trois arpents de terre pour construire leur maison, et vingt autres arpents où ils pourraient bâtir celles de leurs hommes. Quant à la terre qui resterait, elle serait cultivée, et la moitié du champart appartiendrait à la maison du Temple, dont les frères et les vassaux seraient affranchis de toutes tailles et corvées.

Les Templiers ne tardèrent pas à élever leur maison qui existait en 1212, lorsque Regnaut, évêque de Chartres, par des lettres de cette année même, déclara que, comme la forêt de Belle-Lande venait d'être défrichée pour être mise en culture, et qu'on y avait construit une ville, il s'agissait de savoir à qui, du commandeur du Temple ou du Curé d'Epuize, appartiendrait le droit de paroisse. L'évêque décida que, de deux années l'une, ce droit appartiendrait aux Templiers, et l'autre au curé, avec les oblations et les revenus de la cure.

A partir du XVIe siècle, il n'est plus fait mention de Belle-Lande, qui avait été aliéné ou converti en fief. Ce domaine était possédé en 1622, par Simon Binet et autres, à charge de payer chaque année à la Commanderie, 14 deniers de cens, 16 sols de rente et 22 boisseaux d'avoine.

Les Templiers possédaient encore dans le Vendômois, des établissements sur lesquels nous manquons de renseignements, soit parce qu'ils n'ont pas été dévolus aux chevaliers de l'Hôpital, ou que ceux-ci aient jugé à propos de les comprendre dans un prieuré autre que celui du Grand-Prieuré de France.

Au nombre de ces établissements, il faut citer la maison du Temple de Vendôme, dont il est fait mention dans une charte rapportée plus haut. L'abbé Simon, dans son Histoire de Vendôme et de ses environs, fait remonter l'existence de cette maison vers 1150, et en attribue la fondation à Mathilde ou Mahaut, fille unique de Henri Ier, roi d'Angleterre, veuve en premières noces de l'empereur Henri V, et en secondes noces de Geoffroy-le-Bel, fils de Foulques, comte d'Anjou et du Maine.

Cette princesse avait richement doté le Temple de Vendôme. Elle y avait fait construire une église sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, dans laquelle elle reçut la sépulture en 1166. Parmi les donations que les Templiers reçurent d'elle, nous citerons les plus importantes: d'abord une terre en dehors de la ville, au lieu dit le Temple, où elle fit élever un hôpital et une église pour les pèlerins qui allaient à Jérusalem, puis la terre et seigneurie du Gué-du-Loir, appelée la Bonne-Aventure, et un domaine assez considérable à Fréteval, à quatre lieues de Vendôme.

En 1223, pour favoriser l'établissement d'un couvent de cordeliers à Vendôme, les Templiers consentirent à abandonner leur maison et se retirèrent dans celle de l'Hôpital, hors de la ville, où ils demeurèrent jusqu'à la suppression de leur ordre.

Cette dernière maison et les biens qui en dépendaient, au lieu de passer alors en la possession des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, furent donnés on ne sait comment, à l'abbaye de Notre-Dame de l'Epeau, nommée de la Pitié de Dieu, et aux frères mineurs de Vendôme (Histoire de Vendôme et de ses environs, par l'abbé Simon. Vol. 3, page 85.)

D'après l'abbé Simon, les Hospitaliers auraient formé trois commanderies, avec les biens laissés dans le Vendômois par l'Ordre du Temple, savoir: la commanderie de Mondoubleau dont nous avons parlé, la commanderie d'Artins et celle de Villavard. Nous ferons observer ici que ces deux dernières commanderies, si elles ont réellement existé, n'ont jamais fait partie du Grand-Prieuré de France, et ont dû être comprises probablement dans le prieuré d'Aquitaine, près duquel elles se trouvaient situées.

 

Hôpitaux à Blois

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Blois, Canton: Chef-lieu de cantons — 41


Hôpitaux à Blois
Hôpitaux à Blois

Les historiens de cette ville ne nous disent rien des établissements du Temple et même de l'Hôpital qui s'y trouvaient autrefois. Les Templiers avaient à Blois plusieurs maisons. Celle où les frères de l'Ordre demeuraient, se nommait la maison de la Croix, « de Cruce », dans la grande rue, « in magno vico. » Ils en avaient une autre dans la rue de la Porte de Chartres; et une troisième, dans la Bretonnerie de Blois, « in Bretoneria Blesensi. » Ces indications nous sont données par des lettres du garde de la prévôté de Paris, expédiées en forme de vidimus, d'une charte de Garin, abbé du couvent de Sain-Liénard de Blois, datée du 4 août 1264, par laquelle celui-ci, au nom de ses religieux, renonçait au cens qui lui était dû sur les maisons des Templiers en cette ville. De leur côté, ces derniers déchargeaient le couvent de Saint-Liénard d'une rente qu'il leur devait sur ses prés de Fretteville, « de Fracta villai. »

En 1237, Hugues de Châtillon, comte de Blois, en échange d'un four que les Templiers lui avaient cédé, leur donna une renie de 8 livres 40 sols à prendre chaque année, sur la boucherie de la ville.

Outre cette rente, les chevaliers du Temple en possédaient une foule d'autres sur des maisons dans Blois et aux environs.

 

Domus Hospitalis Blois

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Blois, Canton: Chef-lieu de cantons — 41


Domus Hospitalis Blois
Domus Hospitalis Blois

Les Hospitaliers héritèrent plus tard de ces rentes qui augmentèrent beaucoup les revenus de la maison qu'ils avaient dans la même ville. Nous trouvons cette maison mentionnée dans une charte du châtelain de Blois, du mois de juin 1277, par laquelle celui-ci confirmait et amortissait une donation faite à la maison de « l'Hospitau de Blois », par Hervé de Souin et Marie, sa femme:

1. — D'une rente de deux muids de froment sur la « Gueignerie » du Plessis-Gordon.
2. — D'une moirée de terre en Vendômois, au terroir de « Baines ».
3. — De 4 arpents de vigne, au terroir « d'Arcangier », près des bois de « La Sopligière »; à Verrières et à Saint-Gervais-des-Prés.
4. — De maisons assises à « Borc-Maieu » (Bourg-Moyen).
« Et de tout le mesnage qui se trove en leur maison de Blois, après le décès des devant diz Hervé et sa femme, en coetes, coessins, tonneaux, cens, huchez, poz, paielles et en quecunques austres houstiz. »

Des diverses maisons qui avaient appartenu soit au Temple, soit à l'Hôpital dans la ville de Blois, il ne restait plus au siècle dernier que la maison de la Croix dans la Grande-Rue.

Plusieurs membres dépendaient de l'Hôpital de Blois: La ferme de Bordebure, près de Villejoint, située dans la paroisse de Villebaron et dont les bâtiments n'existaient plus au XVIIe siècle;

La ferme de Villefrouin, paroisse de la Magdeleine-Villefrouin, comprenant 130 arpents de terre, où la Gommanderie avait toute justice et seigneurie.

Et la Templerie de Villetroche dont il va être parlé.

 

Domus Hospitalis Villetroche

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Blois, Canton: Mer, Commune: Maves — 41


Domus Hospitalis Villetroche
Domus Hospitalis Villetroche

La maison du Temple de Villetroche, (Petite et Grande Villeroche carte de Cassini paroisse de Maves) existait vers le milieu du XIIIe siècle. Nous la trouvons mentionnée dans une charte de 1260, de Godefroy, abbé, et des frères du couvent de Marmoutier, par laquelle ces religieux vendaient dix arpents de terre aux frères du Temple de Villetroche, diocèse de Chartres, « fratribus militie Templi de villa Tronche carnotensis diocesis. »

La maison de Villetroche était située sur le chemin de Pontigron. C'était au siècle dernier une métairie qui comptait 147 arpents de terre.

Le revenu de l'Hôpital de Blois et de ses dépendances était, en 1757 de 4.600 livres; et en 1783, de 3.000 livres.

 

Hôpital Saint-Jean d'Ablainville

Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Blois, Canton: Ouzouer-le-Marché, Commune: Binas — 41


Hôpital Saint-Jean d'Ablainville
Hôpital Saint-Jean d'Ablainville

C'était une des rares commanderies que les chevaliers de l'Hôpital possédaient dans le pays chartrain, et qu'ils réunirent dans le XIVe siècle à celle de Sours, qu'ils venaient de recueillir de la succession des Templiers.

Le plus ancien titre qui mentionne l'Hôpital d'Ablainville, est une charte de 1212, de Thibaut, comte de Blois et de Clermont, par laquelle il déclare avoir donné aux frères de l'Hôpital de Jérusalem d'Ablainville, « fratribus Hospitalis Jerosolimitani de Ablenvilla », son bois de Savelon ou Sablon, « nemus Savelonii », pour les besoins de leur maison.

Par son testament de l'année 1227, Alice de Rouilliez, dame de Beaugency, légua aux frères de l'Hôpital la cinquième partie de son héritage, pour servir à reconstruire leur maison d'Ablainville. Elle leur donna en outre ses biens meubles, ses créances, ses vêtements, ses joyaux, à l'exception d'un grand anneau d'or avec une pierre non polie, « cum lapidice non polito », quelle réserva à ses héritiers; et comme les Hospitaliers l'avaient fait participer aux bienfaits spirituels de leur Ordre, elle promit de maintenir intégralement la donation et de ne choisir sa sépulture ailleurs que dans la chapelle de l'Hôpital.

La chapelle de la maison d'Ablainville existait encore au siècle dernier. Elle était dédiée à saint Jean-Baptiste, et on y disait la messe un jour par semaine.

L'ancienne commanderie d'Ablainville comprenait, d'après le Livre-Vert, plusieurs membres d'une certaine importance, et entre autres la ferme de Plainville sur la paroisse de Verdes, qui existait encore au siècle dernier avec 144 arpents de terre.

La terre du Gros-Chêne et l'Hôpital d'Ouzenain dont il est ci-devant parlé, en faisaient également partie.

Les domaines de l'Hôpital d'Ablainville et de Plainville étaient affermés en 1757, 2.000 livres.

Le revenu général de la commanderie de Sours ou du pays Chartrain était, en 1373, d'après le Livre-Vert, de 505 livres. Mais à cause des guerres et des malheurs du temps, ce revenu ne pouvait couvrir les charges du Commandeur. Il était encore plus bas en 1495, mais les charges étaient alors beaucoup diminuées, et il restait un actif de 344 livres. En 1583, nous le trouvons s'élever à 5.400 livres; en 1734, à 9.795 livres; en 1757, à 11.500 livres; en 1783, à 25.235 livres.
Ancien Commandeur d'Ablainville
1344. Frère Thomas de Walleran.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)