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Saint-Gilles, Visite générale

Commanderie de La Vernède

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Vernède
Domus Hospitalis Vernède

Frère Joseph-François de Piolenc, du 3 janvier 1751 au 17 juin 1757.
Après la mort du grand prieur Octave Galéan, le conseil de l'Ordre, tenu à Malte, conféra le prieuré de Saint-Gilles au grand commandeur, frère Joseph-François de Piolenc, commandeur de Bordeaux et d'Espalion, et lui expédia les lettres de provisions, le 3 janvier 1751, en vertu desquelles il prit possession du grand prieuré par procureur, le 9 mars suivant. Le sous-procureur Bernard Reynes, secrétaire de l'Ordre, habitant Toulouse, fut mis en possession de l'hôtel prieural par le -bailli André de Grille, qui en fit rédiger procès-verbal par Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel et secrétaire (1).
1. Archives des Bouches-du-Rhône. Ordre de Malte. Chapitres, collations et professions (1668-1774), vol. xxv.

Il avait été reçu dans l'Ordre le 8 novembre 1684. Il naquit à Aix le 11 avril 1681. Il était fils de Joseph-François de Piolenc, conseiller du roi au Parlement de Provence, et de Madeleine de Forbin-Oppède. La famille de Piolenc est originaire du Languedoc, et fort ancienne dans la ville du Saint-Esprit (Pont-Saint-Esprit). Thomas de Piolenc qui la transplanta en Provence, où il fut fait procureur général en ce Parlement dès l'an 1539, était fils de Guillaume de Piolenc, seigneur de Saint-Julien-de-Peirolas et de Montaigu, et petit-fils 'autre Guillaume de Piolenc, qui acquit la terre de Montaigu l'an 1465. Piolenc porte de gueules, à six épis de blé d'or, posés, trois, deux, et un, à la bordure engrelée d'or, Cimier, un phénix d'or sur son bûcher enflammé de gueules, avec cette devise ; Campi tui replebuntur ubertate (1).
1. L'état de la Provence dans sa noblesse, par M. l'abbé R. D. B., tome II, pages 459 et 462.

Le 4 novembre 1751, frère Joseph Paul de Gautier Valabre, commandeur de Cavalet, et frère Honoré-François-Xavier de Grille d'Estoublon, chevalier profès, furent nommés commissaires par un décret du grand maître et son sacré conseil daté de Malte le 23 juin 1751, pour procéder à la vérification des améliorissements faits à la commanderie de la Vernède, par frère Henri de Robin Beauregard, chevalier et commandeur moderne de la Vernède, ayant pour procureur M. Trophime Viollier, au Parlement de Provence, demeurant en la ville de Saint-Gilles. Henri de Robin avait déjà obtenu un bref daté du 11 septembre 1719, qui le dispense de la résidence. Les commissaires susdits prennent pour leur secrétaire Me Antoine Roger, notaire à Saint-Gilles, l'un des secrétaires de l'Ordre, et procèdent à la susdite vérification ; ils partent d'Arles, passent au pont de Saint-Gilles et se rendent sur la dite commanderie de la Vernède, située dans le terroir de la ville de Notre-Dame-de-la-Mer, en deçà de la rivière du Petit-Rhône, distant de la ville de Saint-Gilles d'environ cinq lieues.

Cette commanderie se compose d'un bâtiment pour le fermier et de trois corps de terre différents, le 1er appelé de la Vernède où il y a en terres labourables pour environ cent setiers de semences avec un contenue d'herbages, où se nourrissent autour de 300 bêtes à laine, le tout contigu, confrontant du levant au couchant et septentrion la brassière du Rhône mort et du midi le terroir de l'abbaye de Valmagne.

Le second corps est un clos d'herbages appelé la Cavalerie, qui était autrefois uni avec le tènement appelé de la Vernède et qui en est présentement séparé par le canal royal servant au transport de sel des salins de Peccays, lequel herbage s'étend le long du canal et confronte les étangs.

Le troisième corps d'herbages est celui appelé le Clamadors, qui éloigné d'environ demi-lieue de la métairie de la Vernède, dans lesquels herbages et ceux de la Cavalerie se peut nourrir environ 800 bêtes à laine, lequel Clamadors confronte de toutes parts les terres de l'abbaye de Valmagne.

Tous les susdits domaines étaient jouis noblement par l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Francs et exempts de dîmes, tailles et autres charges quelconque.

Les réparations s'élèvent à la somme de 2.150 livres, 13 sols depuis le 1e mai 1747, que le commandeur Henri de Robin de Beauregard est entré en rente jusqu'au 1e novembre de l'année 1751, ce qui fait 4 années et demie. En 1751, cette commanderie est affermée à rente sûre à sieur Louis Volpellière de Marsillargue, Jean Maistre de Saint-Laurent et Guillaume Ollivier se Saint-Gilles solidairement, 4110 livres de rente annuelle, par contrat du 2 novembre 1747 reçu par Me Roger, notaire du dit Saint-Gilles ; outre laquelle rente, les fermiers sont tenus de faire récurer, à leur frais, la roubine de Silvéral pour le tiers concernant la commanderie.

Les charges s'élèvent à la somme de 613 livres, 13 sols, 31 deniers, resté du net au commandeur 3.496 livres, 6 sols, 9 deniers (1).
1. Archives particulières de la famille Bœuf-de-Gorsse, papiers, feuilles volantes.

La grande commanderie fut donnée à frère Charles de Vignes Parisot, commandeur de Saint-Gilles. Il ne jouit que très peu de temps de cette dignité. Il mourut à Malte, le 12 avril suivant. La grande commanderie fut donnée à frère Antoine Dauphin.
Piolenc était à Paris, lorsqu'il fut nommé grand prieur.
Il vint peu de temps après, à Arles, y tint le chapitre de cette année 1751, et retourna ensuite à Paris. Il nomma, avant son départ, son lieutenant, frère Joseph-Paul de Gautier Valabre, commandeur de Cavalès, qui administra le grand prieuré, pendant les six ans de séjour à Paris du grand prieur.
Celui-ci mourut dans la capitale, le 17 juin 1757.
Les minutes des notaires nous fournissent quelques actes qui furent passés, durant les six ans d'administration du grand prieur Joseph-François de Piolenc.

Ainsi, le 23 mai 1751, Messires Claude Joseph et Pierre-Henry de Castellane, frères, chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et commandeurs administrateurs de la commanderie de Sainte-Anne, arrentent la grand-Cabane, chef et membre de ladite commanderie de Sainte-Anne, situé au terroir de Fourques, à Jacques Guion, ménager du lieu de Garons, au diocèse de Nîmes, pour six ans et à moitié fruit (1).
1. Etude de Me Aurillion, notaire à Saint-Gilles ; — registre de Roser, notaire, de 1749 à 1755, folio 189.

Le 4 novembre 1851, Pierre Picard, laboureur de Saint-Gilles, reconnaît à Messires Alexandre Mottet, infirmier, François Eyssautier, syndic, prêtres de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et collégiats de Saint-Gilles, une terre acquise par ledit Picard de Messire Thomas Pons, juge de la baronnie de Lunel, et située au-dessous du portail de Saint Martin, confrontant du midi le chemin qui va du portail Saint-Martin au portail vieux de Nimes, de bise le moulin à vent de Paul Turral et la dougue de la muraille vieille de Saint-Gilles (2).
2. Etude de Me Aurillion, notaire à Saint-Gilles ; — registre de Roger, notaire, de 1749 à 1752, folio 206.

Le 11 juillet 1751, sieur Antoine-Michel Bourrely, bourgeois, habitant de la ville de Marseille, procureur dument fondé de Messire frère Nicolas de Montolieu, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Capète, par acte de procuration, reçu par Me Salomé, notaire de la ville de Marseille, le 16 juin dernier, de son gré et en ladite qualité, baille à titre d'arrentement, rente sûre et prix d'argent, à Jean et Antoine Langlois, frères, ménagers, habitants de Saint-Gilles, la commanderie de Capète, consistant en bâtiments, terre cultes, incultes, bois, pieds et herbages, et généralement tout ce qui en dépend pour 5 ans, à raison de 10.200 livres, par chaque année. L'acte a été fait et récité à Saint-Gilles, dans le logis où pend pour enseigne le cheval blanc, en présence de Me Trophime Viollier, avocat, juge du grand prieuré de Saint-Gilles et y habitant, et de Me Antoine Roche, notaire royal, habitant à Fourques, soussignés avec parties et Pierre Rocquelain, notaire royal dudit Saint-Gilles, soubsigné (1).
1. Etude de Me Gallois, notaire à Saint-Gilles ; — registre de Rocquelain, notaire de 1748 à 1752, folio 337.

L'inondation du Rhône de 1755 causa de grands dégâts dans les commanderies situées sur ses bords : une grande partie du domaine du mas d'Argence fut ensablée, et depuis cette inondation il intervint un arrêt du conseil portant formation d'un seul corps, dans la ligne depuis Beaucaire jusqu'à Silvéréal, que la direction de ce corps est attribuée à M. l'Intendant du Languedoc, et que la répartition de ce que chaque contribuable devra supporter des dépenses annuelles n'était pas encore réglé en 1761, quoique différents ingénieurs de la Provence aient déjà procédé à la vérification des biens qui formeront ce corps (2).
2. Archives particulières de la famille Bœuf-de Gorsse. Visites générales du grand prieuré de Saint-Gilles, année 1761, 1e volume in-folio, folio 5v.

L'inondation de 1755 fut une des plus terribles ; M. Véran d'Arles nous en décrit ainsi les ravages: « En 1755, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les eaux du Rhône, mêlées à celles de la Durance sortirent de leur lit, emportent plusieurs chaussées, renversèrent cinq arches de l'aqueduc du canal Craponne et inondèrent tout le Trébon et le plan du Bourg - A six heures du soir, 1e novembre, les eaux, arrêtées par le pont du Crau et l'aqueduc de Craponne, se réunir aux eaux du fleuve supérieur de la ville d'Arles avec une telle impétuosité que les chaussées au-dessus de Trinquetaille furent emportées, et l'île de Camargue ne fut plus qu'une vaste mer, - « Ce débordement fut si terrible qu'il reversa plus de la moitié des arches de l'aqueduc de Craponne qui avait résisté le matin, détruisant de fond en comble le pont de Crau, emporta, hommes, bestiaux ; plusieurs quartiers de la ville de Trinquetaille furent inondés. Les maisons avaient deux, trois, quatre et quelques-unes jusqu'à dix pieds d'eau. Ce fut vers les neuf heures et demie du soir (1e décembre), lorsque l'aqueduc de Craponne eut été presque complètement renversé, que les eaux du Rhône commencèrent un peut à diminuer. - Cet affreux débordement fit périr plusieurs personnes qui se trouvaient à la campagne, 9.840 bêtes à laine, 226 mules ou chevaux, 316 bœufs ou vaches, détruisit les chaussées du territoire d'Arles pour une somme de 413.560 livres, et les ponts pour 97.799 livres, et toutes les pertes furent évaluées à un million de livres. - Il fut établi que l'élévation des eaux au-dessus du quai, était d'un pied neuf pouces, c'est à dire qu'elles furent de cinq pouces plus élevées que les eaux de l'an 1745 » (1).
1. Notes de M. Veran d'Arles. - Archives de la Fabrique de Saint-Gilles. - M. Mazer, table des preuves de l'Histoire de Saint-Gilles, page 20.

Le Grand-Prieur était tenu de payer une pension annuelle au collège de Saint-Gilles et aux six collégiats qui le composaient: nous trouvons en effet, dans la déclaration suivante au paiement de cette pension : « 22 février 1757, a été en sa personne, Messire François Eyssautier, prieur du collégiat du Grand-Prieuré de Saint-Gilles, ordre de Malte, et syndic du collège, lequel, à la prière et réquisition du sieur Jacques Brun, négociant, habitant dudit Saint-Gilles, a déclaré que, en conséquence des mandats des 20 et 22 juillet 1754, le premier signé frère Mottet, infirmier, et le second frère Therras, collégiats dudit Saint-Gilles, écrits de leurs propres mains et dument contrôlés, que Ledit sieur Brun a exhibés et a présentés audit même Eyssautier, ledit sieur Brun a remis et délivré au collège et aux six collégiats qui le composent, dénommés dans lesdits mandats, le prix de 72 setiers bled, - mesure d'Arles, deubs aux dits collégiats pour la pension annuelle que Monsieur le grand prieur doit payer audit collège, chaque jour et fête Sainte-Madeleine, et dont le sieur Scipion, son fermier, était chargé par son bail à ferme pour ladite année 1754, ledit Messire Eyssautier ne se rappelant point le prix du bled, croyant seulement qu'il se portait à la somme de 480 livres, de laquelle déclaration ledit Brun nous a requis acte pour lui servir et valoir que de raison » (1).
1. Etude de Me Gallois, notaire à Saint-Gilles ; — registre de Me Teissonnier, notaire, de 1756 à 1760, folio 202.

En 1753, 30 avril, eut lieu la visite générale du grand prieuré de Saint-Gilles. Elle est contenue in extenso dans le livre XLV des visites générales de ce grand prieuré ; nous donnons ici ce qui concerne la visite de la commanderie de la Vernède et celle de la maison de Saint-Gilles.
La visite générale de la commanderie de la Vernède dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Henri de Robin de Beauregard, eut lieu le 1e mai 1753. Elle fut faite par frère Joseph-Paul de Gautier de Valabre, commandeur de Cavalet, lieutenant du grand prieur de Saint-Gilles, et Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel, commissaires et visiteurs généraux de partie des commanderies dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission à eux donné par illustre et vénérable seigneur, frère Joseph-François de Piolenc, grand prieur dudit Saint-Gilles, commandeur de Bordeaux et de la Capelle, datée de Paris, 17 décembre 1752, enregistrée au commencement du verbal de visite de la Favillane. Lesdits visiteurs, après avoir fini la visite de la commanderie de Capette et ses dépendances, firent celle de la Vernède, possédée par frère Henri de Robin de Beauregard, située dans la province de Provence et dans le terroir de la ville de Notre Dame-de-la-Mer, dans la petite île de Camargues, éloignée dudit Capette d'environ une lieue et de la ville de Saint-Gilles de trois et demie. Cette commanderie est affermée pour cinq ans à partir de 1753 aux sieurs Pierre Mathieu du Caylar et François Chapel de Saint-Laurent, moyennant la rente sûre de 4.100 livres, par eux sous-fermée au même prix à Jean Maistre.
Les revenus de ladite commanderie sont donc de : 4.100 livres.
Les charges de l'Ordre sont de : 610 livres, 05 sols.
Il reste donc au commandeur : 3.489 livres, 95 sols.

Suivent les ordonnances touchant la visite de cette commanderie pour les réparations à faire et les conclusions de cette visite qui ont été signées et scellées du cachet des armes du commissaire, le 15 mai 1753 (1).
1. Archives particulières de la famille Bœuf-de-Gorsse. Papiers, feuilles volantes.

« La maison et collège du grand prieur appelé Saint-Jean, aux faubourgs de la ville de Saint Gilles, en Languedoc, diocèse de Nîmes, distant d'Arles d'environ trois lieues, consiste en une église collégiale, dédiée sous le titre Saint-Jean-Baptiste, nostre patron, servie par six prestres collégiats, religieux du même Ordre, deux diacres et deux sacristains, et située dans l'enclos de la maison. »

« Le tabernacle est en bois noir doré, façonné avec quantité de belles figures en relief, estant doublé audedans, fermant avec serrure et déposé sur le mestreautel. Le Saint Sacrement repose dans un ciboire d'argent doré aux armes de feu grand prieur de Forbin, une croix en lotton, six chandeliers, dont quatre aux armes du feu grand prieur de Forbin et d'un devant d'autel damas blanc flury aux armes de M. le grand prieur de Lussan, et au bas dudit autel un marchepied bois blanc, aux costés duquel sont deux grands chandeliers fert et une lampe posée à un auvent de fer à la muraille. »

« Au-dessus dudit autel il y a un ciel au dais camelot rouge avec ses franges de même. Et au dernier dudit autel y a une petite distance d'une muraille de demi buget et à chaque côté une porte de bois blanc façonnée où les collégiats chantent en temps d'hivers. »

« Au-devant dudit autel est le chœur avec des bancs à siège et des accoudoirs tout autour, du costé droit la chaire prieuralle, se fermant ledit chœur avec un balustre mesme bois et sa porte à la clef, à costé duquel balustre, est la chière du prédicateur aussi bois de sapin, fort honorable et au mitan dudit chœur, est un pupitre bois d'aube fermant à clef, dans lequel y avons trouvé un sautier et un graduel et deux vieux sautiers, un antiphonaire et un autre graduel. »

« Nous avons aussi veu et visité la chapelle de Notre-Dame, qui est du costé de l'Evangile dans ladite Eglise, ensemble son autel orné de sa pierre sacrée, une nappe, un devant d'autel et au-dessus un tableau ou rétable du baptesme de Notre-Seigneur par Saint-Baptiste aux armes du feu seigneur, grand prieur de Beaujeu, avec son portrait, se fermant icelle chapelle aussi avec un balustre et sa porte bois à la clef. »

« Quant au corps de ladite Eglise, il est en forme longue, le presbitaire voûté et tout le reste de la nef couvert avec bois et tuiles, le baer (bas) pavé avec bars, y ayant diverses fenestres vitrées en bon estat. »

« Autour de ladite Eglise y a de bancs avec ais bois de sapin. Sur l'entrée un beau bénitier marbre jaspé sur trois pieds de fer avec son rond ou cercle aux armes du feu seigneur, grand prieur de Venterol, qui est enseveli dans la cour sous un beau tombeau et épitaphe du même marbre ; encore y a un beau confessionnal, en sorte que ladite église se trouve en bon état, se fermant avec une bonne porte double sous la clef, au-dessus est un petit clocher ouvert à deux fenestres et deux jolies cloches. »

« Nous avons visité sa sacristie à costé du chœur, laquelle est voûtée et bordée, estant en forme carrée, y ayant un autel bois et quelques petites armoires pour tenir les calices, voiles et autres choses de l'ordinaire, icelui du mitant fermant à clef et les autres avec rideaux, son marchepied de bois blanc et à côté un agenouilloir servant aux prêtres pour se préparer, au-dessus duquel est le tableau ou catalogue des fondations de messes avec l'ordonnance au pied pour l'observation d'icelle. »

« Ornements de la dite église : Un grand garde-robe bois blanc contenant deux calices et patènes d'argent, l'un avec une croix au pied sans armes doré, et l'autre aux armes de la religion, c'est-à-dire écartelé, et un crucifix sur le pied ; un encensoir avec ses chaines, navette et cueiller le tout argent aux armes du seigneur grand prieur de Forbin, de très beaux ornements dont il serait trop long de décrire. »

« Nous nous sommes ensuite transportés à une vieille église, qui estait du temps des Templiers, dédiée sous le titre Notre-Dame du Temple, située dans un autre enclos devant la dite maison prieurale, laquelle se trouve profanée et ruynée par les guerres de la religion prétendue réformée, depuis les guerres civiles, ainsi qu'il est fait mention par les dernières visites. »

« Les collégiats nous ont dit qu'ils jouissent de la rente des cent et dix loquis que feu frère Charles Allemand de Rochechinard, grand prieur de Saint-Gilles et fondateur des dits six collégiats, leur bailla et assigna à prendre annuellement sur le magnifique office Saint-Georges de Gênes, laquelle peut revenir, selon que le dit office fait valoir six autres fondations, environ deux cents et quelques livres. »

« Nous nous sommes transportés à la maison prieurale autrement appelée l'habitation du seigneur, grand prieur, entourée d'une haute muraille, composant un grand quartier, comme salle, 6 chambres, antichambres, galerie, cabinet, cuisine, grenier, offices, cellier, écuries et ferme, laquelle nous avons trouvé en bon état, ensemble l'autre quartier de l'habitation du rentier. »

« Dans le susdit enclos et proche le quartier des dits frères collégiats est un fort beau pigeonnier en forme de tour ronde qu'avons trouvé bien peuplé et en bon état. Suit l'inventaire des immeubles. »

« Sommes allés au grand jardin de la longueur de 50 cannes d'un côté et 37 de l'autre, entouré de hautes murailles dans lequel il y a un puits à roue ; proche et contre lequel jardin il y a un autre jardin séparé seulement par une muraille de 25 cannes en carré, entouré de murailles hautes ; et en dernier lieu un autre petit jardin, appelé des collégiats, de 15 cannes de long et 8 de large, aussi clos de murailles. »

« Sommes allés au moulin à vent à Saint-Gilles, situé environ 500 pas d'icelui collège, bâti de pierres de taille en forme de tour ronde. »

« Nous sommes transportés dans Saint-Gilles à la maison de ville du grand prieur, composée de deux membres bas et trois hauts, couverts de bois et tuiles à deux pentes, tirant 13 cannes de long et 4 de large, sur la porte de laquelle sont les armes de la religion et tout contre d'icelle y a une terrasse assez grande, close par une muraille en pierres de taille de la hauteur d'environ douze pans avec un puits. » (1)
1. Archives des Bouches-du-Rhône. — Visites générales du grand prieuré de Saint-Gilles, 1753. Livre XLV.

Grand prieuré de Saint-Gilles
« Chaque collégié a un petit appartement, ou pour mieux dire une petite maison ; ils logeaient et mangeaient autrefois en communauté : mais ils obtinrent la liberté de vivre en particulier ; bien entendu qu'il dépendra toujours du grand prieur de les obliger à reprendre cet usage. Ils ont plusieurs meubles d'état qu'ils se partagèrent lors de la séparation et qu'ils convertirent en un capital ; il dépend du grand prieur de nommer à ces places des prêtres conventuels ou des frères d'obédience.

La maison prieurale, jadis château des grands prieurs, ne sert dès à présent qu'à loger les fermiers et à serrer leurs grains. Tout auprès il y a un très beau pigeonnier, appartenant au grand prieur, dont il permet l'usage aux collégiés ; il est en forme de tour ; il y a un très grand jardin et un petit à côté pour l'usage du grand prieur et un troisième pour les collégiés. Vis-à-vis l'église collégiale, il y avait autrefois l'église de Notre-Dame du Temple, qui est profanée depuis longtemps et dont on a transporté le service dans la collégiale. Dans la ville de Saint-Gilles, il y a une petite maison assez logeable pour un particulier. Le grand prieur a la quatrième partie du péage, qui se lève au port de Saint-Gilles sur le Rhône.

Le domaine consiste en plusieurs terres dans le terroir de Saint-Gilles, qui sont jouies noblement par notre Ordre.
Les prêtres collégiés ont pour leur entretien les revenus qui suivent et qu'ils se partagent entre eux sans distinction :
Une pension sur la banque Saint-Georges à Gênes, laissée par le grand prieur d'Allemand Rochechinard de : 350 livres.
Sur le corps des Segonnaux d'Arles provenant d'un bien, legs fait par le grand prieur frère Jacques de Manas : 45 livres.
M. de Chiavari d'Arles pour l'intérêt d'un fond laissé par le grand prieur frère Pierre d'Esparbès-Lussan, plusieurs censives à Saint-Gilles et son terroir, Montfrin et Theziers : 100 livres.
Quelques directes à Générac : 31 livres.
Le grand prieur leur donne chaque année 4 quartiers : 1.332 livres.
Plus à la récolte, 72 doubles mesures d'Arles et 10 en fagots de bois.
Ils possèdent un pré situé au quartier de Negue Saume à Saint-Gilles et l'étang de Coute, situé dans le terroir de la Capette, avec les mélades et crémades en dépendants, où ils ont fait une martellière avec le fond d'une fondation du grand prieur Pierre Venterol.
Le grand prieur leur donne encore pour l'entretien des meubles d'Etat : 150 livres.
Pour l'entretien de la sacristie au sacristain : 100 livres.
La ferme de l'Etang avec les fermes en dépendant rapporte : 1.025 livres.
Le pré rend : 15 livres.
Le grand prieur leur laisse la jouissance des deux jardins dit en dessus, comme aussi des mûriers qui sont dans l'enclos de la collégiale, le tout rend : 165 livres.
Total pour les collégiés : 3.313 livres.

Commanderie de Sainte-Luce

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13


Domus Hospitalis Sainte-Luce
Domus Hospitalis Sainte-Luce

Frère Henri-Augustin de Piolenc 28 juillet 1757 — 5 mai 1773.
Henri-Augustin de Piolenc, commandeur de Bordères et Peyrolles, succéda à son frère François-Joseph de Piolenc, le 28 juillet 1757.
Il était né à Aix le 6 avril 1687 ; il fut mis en possession du grand prieuré, le 7 novembre 1757, à dix heures du matin, par Paul-Augustin de Rolland de Réauville, commandeur de Favillane.
Plusieurs chevaliers de l'Ordre étaient présents : Joseph-Charles de Tressemanes, commandeur d'Aix, économe et procureur général de l'Ordre pour le grand prieuré ; le chevalier de Grille d'Estoublon ; le chevalier de Valabres, commandeur de Cavalès ; le chevalier de Gaillard, commandeur de Poët-Laval (1) ; le chevalier Joseph de l'Estang Parade, ainsi que le secrétaire Joseph-Antoine Raybaud, archivaire du grand prieuré (2).
1. Chrysostome de Gaillard d'Agoult a eu quelques rapports avec Arles, dont il a étudié avec beaucoup de goût les antiquités. Il possédait un médaillier, riche en monnaies de cette ville, qui a été perdu. C'est lui que l'abbé Bonnemant appelle « religieux irreligieux » Il mourut à Malte après 1789.
2. Archives des Bouches-du-Rhône. — Ordre de Malte. — Chapitres, collations et professions (1668-1774). Vol. XXV.


Le 2 mai 1759, il fit, en habit de cérémonie, la visite de la chapelle de Sainte-Luce, voisine de son habitation. C'était un religieux capucin qui la desservait. Il le reçut au son de la cloche. Le grand prieur était accompagné d'Antoine Raybaud, prêtre conventuel, du représentant du commandeur de la commanderie de Sainte Luce appartenant à Jean-Baptiste Durand-Sartous, ainsi que d'un secrétaire, Mathieu-Antoine Beuf. Il trouva la chapelle en état, à la réserve de quelques articles.

« L'abbé Bonnemant qui vivait à cette époque écrivait, au contraire, dans ses précieux Mémoires, qu'elle était très indécemment et très pauvrement décorée, ce qui est ordinaire, ajoutait-il, à celles qui sont possédées par ces trop riches religieux. »

L'année suivante, le 21 avril, il recevait entre ses mains la profession de Joseph-Auguste de Porcellet, assisté de Paul-Augustin de Rolland de Réauville, de Nicolas de Cabre Roquevaire, Honoré-François-Xavier de Grille d'Estoublon, commandeur d'Argence, et de Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel. La messe fut dite par l'abbé Alexis Jourdan, aumônier du grand prieur, pendant laquelle le chevalier Paul de Piolenc le revêtit des éperons dorés (3).
3. Pierre Paul de Piolenc, qui était né le 21 mars 1715, mourut à Avignon, le 30 décembre 1776.

La principale noblesse d'Arles prit part à cette cérémonie : Les de Grille, les de l'Estang, les de Giraud, les Ginestous, les Perrin de Joncquières, les de la Tour, les de Vernon. Le secrétaire Mathieu Beuf rédigea le procès-verbal de cette fête religieuse.

Auguste de Porcellet était né le 25 octobre 1702. Après sa profession il obtint la commanderie d'Astros qu'il quitta ensuite pour régir celle, de Saint-Thomas de Trinquetaille. Il mourut à Beaucaire, dont il était originaire, le 9 juillet 1786, et fut inhumé dans l'église de Saint-Pierre de Campublic, près de Beaucaire, qui était une dépendance de son ancienne commanderie d'Astros. L'abbé Bonnemant qui nous donne ces détails ajoute : « Le trésor de l'Ordre n'a pas gagné à sa mort. Le commandeur de Porcellet était d'une bonté peu commune ; l'esprit d'économie n'était pas son caractère. L'Ordre s'était saisi de son revenu, et il l'avait réduit à la pension ; il est mort sans avoir eu le temps de satisfaire ses créanciers. (1) »
1. Nobiliaire, verbo Porcellet.

Les années suivantes, le grand prieur présida plusieurs cérémonies de profession. Le 26 février 1763, ce fut celle de Joseph-François de Caumont. L'aumônier Louis Raoux de la Tour dit la messe. Pierre-Paul de Piolenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, mit les éperons d'or aux pieds du récipiendaire. A cette fête religieuse assistèrent, avec le secrétaire Beuf, le chevalier de Rolland de Reauville, le chevalier de Porcellet, commandeur d'Astros, le chevalier de Grille, commandeur d'Argence, le chevalier de Giraud et plusieurs notables, parmi lesquels un Varadier de Saint-Andiol, un Curtillon d'icard, un de Giraud, un de Perrin, un Bouchaud de Bussy.

Le 3 mai 1764, ce fut celle de Raymond Modène de Pomerols. Il fut chaussé des éperons d'or par son neveu François Cirice de Raimond Modène de Pomerols, à la messe dite par l'aumônier particulier du grand prieur, Louis Raoux de la Tour. Le chevalier de Rolland de Réauville, le chevalier de Veynes, commandeur de Capette, le chevalier de Piolenc, commandeur du Bastit, le chevalier de Parade, le chevalier de Grille d'Estoublon, Florans de Saint-Estève, de Chiavari Cabassole, notable d'Arles, et le secrétaire Beuf étaient présents à cet office.

Le 22 avril 1766, il admit aux vœux Charles Secret Bruguières de Marvejols, avec l'aide de son aumônier de la Tour. Parmi les assistants on remarquait Puimoisson, Nicolas de Cabre Roquevaire, commandeur de Millau, Joseph-Antoine Raybaud prêtre conventuel, Pierre Brunet, chapelain conventuel novice, et Pierre-André Francony, notaire et secrétaire de l'Ordre.

La cérémonie de profession de Gaspard-Louis de Tulle Villefranche, qui sera un jour le dernier grand prieur, fut présidée cette fois par Honoré-François de Grille d'Estoublon, commandeur de Beaulieu, le 20 avril 1768. Raoux de la Tour dit la messe pendant laquelle Joseph-Guillaume-François-Gabriel de L'Estang-Parade, commandeur de Capette, mit les éperons d'or aux pieds du récipiendaire. Le célèbre marquis de Méjanes, seigneur d'Albaron, et plusieurs autres nobles assistaient à la cérémonie ainsi que le chevalier de Rolland-Réauville, le chevalier de Piolenc, commandeur d'Avignon, Joseph-Antoine Raybaud et le secrétaire Beuf.

Ce n'est pas non plus le grand prieur qui présida la cérémonie de profession de Louis-Dominique de Gras de Préville, qui eut lieu le 22 janvier 1771, mais bien Guillaume-François-Gabriel de l'Estang-Parade, commandeur de Palliers. Le nouveau chevalier fut armé des éperons d'or par son frère René, à la messe dite par Jacques Blain, prêtre conventuel de l'Ordre, commandeur de Narbonne. Nombre de chevaliers assistèrent à cette fête, le chevalier de Grille d'Estoublon, le chevalier de Rolland de Réauville, le chevalier de Piolenc, commandeur d'Avignon, le chevalier de Gaillard, commandeur de Poët-Laval ; quelques gentilhomme étaient aussi présents parmi lesquels un Grille d'Estoublon et un Bouchard de Bussy, ainsi que le prêtre Joseph-Antoine Raybaud et le notaire Beuf qui servit de secrétaire. (1)
1. Archives des Bouches-du-Rhône. — Ordre de Malte. — Chapitres, collations et professions (1668-1774). Volume XXV.

C'est pendant qu'il était grand prieur, que mourut à Arles, où il était retiré chez son neveu, le marquis de Grille, Honoré-François-Xavier, surnommé le Bailly de Grille. Il fut le dernier rejeton d'une branche cadette de sa famille, qui était originaire de Gènes. Il embrassa le parti des armes et parvint aux plus hautes dignités. A la bataille de Fontenoy il était capitaine des grenadiers à cheval du roi, sa compagnie fut décimée, six soldats seulement furent sauvés.

Le roi Louis XV en faisait beaucoup de cas, il le nomma lieutenant-colonel et comme il ne pouvait occuper aucune place dans l'Ordre, parce qu'il n'avait point fait de vœux, il obtint pour lui le bailliage de Manosque. Il mourut en 1767.

La même année, le 24 novembre, fut enseveli dans la chapelle du grand prieuré à Arles, Gaspard-Hyacinthe de Grille, chevalier grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, lieutenant général des armées du roi, âgé de près de quatre-vingts ans. (1)
1. Hôtel du grand prieuré de Saint-Gilles à Arles par M. l'abbé Chailan, curé d'Albaron.
— Bulletin de la société des amis du vieil Arles, N° 3, 4 et 5, année 1904.


Aussitôt après sa nomination au grand prieuré de Saint-Gilles, le frère Augustin de Piolenc voulut se rendre un compte exact des commanderies dépendantes de son grand prieuré ; dans ce but, il fit dresser un état de toutes les commanderies, de leur revenu et des noms de leurs titulaires. Nous en donnons ici un résumé d'après le manuscrit n° 341 de la bibliothèque Méjanes d'Aix. Années 1757 et 1758.

Commanderie de Capette

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Capette
Domus Hospitalis Capette

Cette commanderie, qui faisait anciennement partie du grand prieuré, est démembrée en 1643 et érigée en commanderie.
Elle est située en Languedoc le long du petit Rhône, à deux lieues de Saint-Gilles, et consiste seulement en son chef, dit le mas ou les terres de Capette, près duquel il y a une chapelle sous le nom de Notre-Dame de l'Etoile, où le commandeur est obligé de faire dire la messe, fêtes et dimanches, pour la commodité des métairies du prieuré. Le bâtiment est commode pour l'usage des fermiers, et le domaine est composé de plusieurs terres ensemencées, de quelques prés, herbages et de deux bois, le tout est joui noblement par notre Ordre aux juridictions haute, moyenne et basse, le commandeur nommant un juge juridictionnel, greffier, etc... Il a le droit de faire paître, en certains temps de l'année, ses bestiaux dans les bois dudit prieuré et aux herbages de Silvegodesque, membre du prieuré.
Cette commanderie rend net environ : 9.000 livres.

Charges locales et de l'Ordre.
Au trésor pour responsions, capitations, vaisseaux : 553 livres, 16 sols, 6 deniers.
A la, caisse commune pour les procès contre le clergé : 15 livres, 3 sols, 11 ddeniers.
A l'archivaire du prieuré : 9 livres.
Décimes au roi : 185 livres, 13 sols, 8 deniers.
Pour le service de la chapelle : 150 livres.
Il paie sa quote-part pour l'entretien des chaussées du grand prieur suivant la répartition qui se fait tous les ans, qui monte tantôt plus, tantôt moins, le 20e : 139 livres, 6 sols, 1/2 deniers.
Il paie encore à un garde terre : 72 livres.
La taxe d'autrefois pour cette commanderie est de : 640 livres.
Par conséquent le quint qui peut être mis en pension est de : 110 livres.
La taxe faite à la création des vaisseaux : 78 livres.
Revenu net : 9.000 livres.
Commandeur, frère Joseph de Veynes de Prayet, 64 ans.

Membre. La Vernède

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis La Vernède
Domus Hospitalis La Vernède

Revenu net : 3.000 livres.
Commandeur, frère Louis-Anne de Catelan, 39 ans.
Cette commanderie faisait anciennement partie de celle de Saint-Pierre de Salliers ; en fut démembrée en 1645 et érigée en commanderie. Elle consiste seulement au chef-lieu, qui est le mas ou le tènement de la Vernède, situé dans la petite île de la Camargue, terroir de Notre-Dame de la Mer, à sept lieues d'Arles, où il y a un petit bâtiment pour loger le fermier et les bestiaux, et un petit appartement fort simple pour le commandeur. Le domaine consiste en terres en semences, herbages et bois ; tout auprès, sont deux autres herbages nommés la Cavalerie et Clamadour.
Le tout joui noblement et peut valoir de revenu net environ 3.000 livres ; charges 554 livres, 7 sols, 4 deniers.

Membre. Argence

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13


Domus Hospitalis Argence
Domus Hospitalis Argence

Cette commanderie faisait anciennement partie du grand prieuré et en fut démembrée, le 28 mars 1634, par décret du conseil et fut nommée la commanderie d'Argence, qui ne consiste qu'en son chef situé à une lieue d'Arles, terroir de Fourques. Toutes charges payées, le revenu net est de 2.000 livres.
Revenu net en 1758 2.500 livres.
Commandeur, frère Honoré-François-Xavier de Grille d'Estoublon, 53 ans.

Membre. Cavalès

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Cavalès
Domus Hospitalis Cavalès

Revenu net en 1758. 6.500 livres.
Commandeur, frère Joseph-Paul de Gautier Valabre, 52 ans.
Cette commanderie faisait également partie du grand prieuré, et en fut démembrée en 1643. Elle est située en Languedoc, dans le terroir et à demi lieue de Saint-Gilles et comprend un appartement pour le fermier et un pour le commandeur. Elle rend quitte 3.000 livres.
Extrêmement détruite, cette commanderie a été remise par les soins de M. de Villages.
Revenu du grand prieuré de Saint-Gilles en 1758 16.554 livres, 17 sols, 11 deniers.
Grand prieur, Me Henri-Augustin de Piolenc Beauvesin, 71 ans, (page 217 du manuscrit n° 341, Bibliothèque Méjanes d'Aix)

Commanderie d'Astros

Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Vidauban - 83


Domus Hospitalis Astros
Domus Hospitalis Astros

Elle est divisée en deux parties :
1e partie — Astros
— Dans le diocèse de Fréjus, près de la ville de Lorgues, le chef est le château d'Astros ; métairie du Pist à 600 pas du château, le long de la rivière d'Argent, métairie de l'Iscle, à un quart de lieue du Pist.

Membre. Saint-Pierre de Campublic

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30


Domus Hospitalis Saint-Pierre de Campublic
Domus Hospitalis Saint-Pierre de Campublic

2e Partie — Saint-Pierre de Campublic.
— Ce membre est en Languedec, à une lieue de la ville de Beaucaire, diocèse d'Arles.
Il y a une chapelle de dévotion dédiée à Saint-Jean-Baptiste, Saint-Pierre et Saint Roch, où on dit la messe, fêtes et dimanches, depuis la croix de mai jusqu'à la croix de septembre, moyennant 36 livres que donne le commandeur.
Il y a dans ladite chapelle deux tombeaux de commandeurs, à un desquels il y a une inscription en lettres difficiles à lire.
Le commandeur prend la dîme de tout, conjointement avec l'archevêque d'Arles, dans un quartier du terroir de Beaucaire, mais le roi prend auparavant la 4e partie du total.
A 30 pas de cette chapelle, il y a des masures de l'ancienne tour et château de Campublic, qui était entouré de fossés, auprès desquels il y a une métairie servant à loger le fermier et ses bestiaux, plusieurs terres en semence et un deffens.
Le commandeur a plusieurs censes et directes, portant lods dans la ville de Beaucaire et son terroir.

Membre. Métairie Les Perpresses

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30


Domus Hospitalis Perpresses
Domus Hospitalis Les Perpresses

Elle est à demi-lieue de celle ci-devant, c'est un logement pour le fermier et ses bestiaux, autour duquel il y a quelques terres en semence jouies noblement par notre Ordre.

Membre. Métairie de Las Grenouillères

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Beaucaire - 30


Domus Hospitalis Grenouillères
Domus Hospitalis Grenouillères

Elle est à demi-lieue de Perpresses et est à peu près la même chose. Les deux métairies sont unies et forment le membre de Languedoc.
Ibidem, page 63 du manuscrit.

Membre. Sainte-Anne d'Argence

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Sainte-Anne d'Argence
Domus Hospitalis Sainte-Anne d'Argence

Sainte-Anne d'Argence ou Grand'Cabane d'Argence
C'était auparavant un membre du grand prieuré, qui en fut détaché, le 10 décembre 1668, et donné à la Langue par frère Verdelin, grand commandeur, pour fournir à la nourriture des chevaliers qui mangent à l'auberge. Il est situé en Languedoc, le long du Petit-Rhône, dans le terroir de Fourques ; il consiste en une métairie servant de logement au fermier et à ses bestiaux, connu sous le nom de la Grand Cabane d'Argence. Le domaine est composé d'un jardin, de terres en semences, herbages et bois de haute futaie.
Le membre peut valoir environ 5.000 livres.

Membre. Moulins de Saint-Gilles et Mas des Auriasses

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis des Auriasses
Domus Hospitalis des Auriasses

C'est un membre dépendant de Sainte-Anne, qui consiste en douze terres en semence, nommées les grandes et petites Auriasses ; un moulin qui est à cent pas de la Collégiale, dont les engins et attraits appartiennent à l'Ordre, le tout joui noblement.
Le membre peut valoir environ : 10.200 livres.
La taxe faite à la création des vaisseaux est de : 5.100 livres.
Les charges du dit membre : 1.140 livres, 5 sols.
Total des charges : 6.240 livres, 5 sols.
Le revenu net est de : 3.960 livres, 5 sols.
Administrateurs : MM. les chevaliers François-Henri-Auguste de Catelan et Claude-Joseph de Catelan frères, qui ont ce membre de Sainte-Anne à vie, en survivance l'un de l'autre, pour la somme de 2.400 livres payables le premier mai de chaque année et 1.200 livres le jour de Noël pareillement.
Auguste a 45 ans.
Claude-Joseph, 56 ans.

Commanderie de Saint-Pierre de Saliers

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Saliers
Domus Hospitalis Saliers

Elle est presque toute dans le terrain d'Arles. Le chef est dans l'ile de Camargue, le long du petit Rhône, à deux lieues et demie de cette ville, et consiste en une chapelle de dévotion dédiée à saint Pierre, où le commandeur, sans y être obligé, fait dire la messe, fêtes et dimanches, moyennant 200 livres, en un ancien château ou maison seigneuriale pour le logement du commandeur que M. de Grimaldy, actuellement jouissant, a mis en état de service, une ménagerie pour le fermier et ses bestiaux, un logement pour le garde terre, un beau jardin, un pigeonnier, un moulin à vent avec un logement pour le meunier et un pour le peseur de la farine.
Le domaine est d'une très grande étendue, tout uni et composé de plusieurs terres en semence, herbages, paluds, pêcherie, le tout joui noblement. Le commandeur a des directes sur les faisses de Beaujeu, terres enclavées dans celles de sa commanderie, sur les mas de Borel, de Vachier et de Figarès ; ce dernier est entouré des terres du commandeur et lui fait une cense de 20 setiers de blé.

Membre. Mas de la Cabanette

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Cabanette
Domus Hospitalis Cabanette

Il est près du port de Saint-Gilles à un quart de lieue de Saliers, il consiste en un bâtiment assez vieux pour le fermier et ses bestiaux, des terres en semence et des herbages, le tout joui noblement.

Membre. Métairie d'Aurisset

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Aurisset
Domus Hospitalis Aurisset

Ce membre est à demi-lieue du chef et consiste en un logement pour le fermier et ses bestiaux, plusieurs terres en herbages.

Membre. Mas de la Vigne

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Vigne
Domus Hospitalis Vigne

Situé à un quart de lieue d'Aurisset, consiste au logement du fermier et plusieurs terres.
Tous les membres sont affermés ensemble 2.750 livres et moitié des grains qui s'y recueillent ; ce qui dans les bonnes années doit être considérable par la quantité de terres en semence dont ils sont composés, et naturellement dans quelques années le revenu sera plus fort par la raison des grands défrichements qu'y fait actuellement le commandeur de Grimaldy, de plusieurs terres qui auraient été endommagées par le Rhône, le long duquel est située cette commanderie et ensuite abandonnée par les anciens commandeurs ou leurs procureurs.

Membre. Boimeaux



Domus Hospitalis Boimeaux

Le commandeur est seigneur en troisième partie du terroir de Boimeaux, sur lequel il a directe, droit de tasque (1) et de lod sur tous les biens en dépendant.
Il est actuellement en procès avec le troisième pour raison de ces droits, ou partie qu'il s'est approprié comme faisant fond à la dépouille d'un ancien commandeur qui les avait reconnus, et par session d'un chevalier à qui la Langue les avait accordés sa vie durant.
1. Droit féodal analogue au droit de champart, c'est-à-dire qui se payait en nature et sur le champ même, elle tenait quelquefois lieu de cens et était dans certains pays du quart, ou du cinquième, ou du vingtième de la récolte et on l'appelait pour ce motif droit de quatre, ou de cinquain, ou de vingtain, parce qu'il était d'une gerbe sur vingt.

Membre. Le petit Frigoulet

Il est situé dans le terroir de Boimeaux et consiste en une directe sur un bien du petit Frigoulet et autres terres autour, pourquoi l'on doit faire une pension de 3 livres et 6 lapins ; il y a longtemps qu'on en a point fait de reconnaissance.

Membre. Le Baron

Il consiste en un droit de deux onzièmes sur ce qui se retire du péage du dit lieu, qui est un village en Camargue.

Membre. Maison d'Arles

Elle est sise dans la rue de Saint-Jean et à côté de l'église prieurale de ce nom. Elle est très grande et très logeable et sera très commode, quand les réparations, que le commandeur y a destinées, seront finies. Elle vise sur le Rhône, avec écuries, remise, etc.

Membre. Coussoux

Il en a deux dans la Crau d'Arles nommés Menudelle et Les Tapies, qui sont de grand espace de terrain pierreux, où il croît des herbes propres à nourrir des bestiaux pendant l'hiver.
Il y en a deux autres nommés Valignette et Ventillon, qui sont dans le terroir de Fos, et les fermiers de Saliers ont aussi le dit droit, de même que dans la crau d'Arles, dans le temps permis aux habitants.

Membres. Fos et Saint-Mitre des Martigues. - Bourdiguede Seguret (1).

On appelle bourdigue des canaux qui sont dans la mer aux Martigues et dans lesquels en certain temps de l'année on plante des cannes en palissades pour pouvoir retenir et arrêter les poissons qui sortent de l'étang de Berre pour aller à la grande mer.
Le commandeur en a un, mais par la négligence de ses prédécesseurs, qui l'avaient abandonné, il est en fort mauvais état, et ne peut, quelque soin qu'on y donne, rendre quelque chose de longtemps.
En 1758, revenu net. 14.000 livres.
Commandeur, François-Antoine de Blacas d'Aups Vérignon, 58 ans.
1. Il y a des ruines et masures d'une ancienne église, d'un moulin et plusieurs directes et censives avec droit, de lods aux lieux de Fos, Saint-Mitre et Martigues.
Charges de la commanderie
Autrefois pour responsions, capitation et vaisseaux : 1.419 livres, 16 sols, 6 deniers.
Caisse commune pour les procès contre le clergé : 33 livres, 8 sols.
A l'archivaire du prieuré : 9 livres.
Décimes au roi : 428 livres, 6 sols, 4 deniers.
Pour le service de la chapelle de Saliers : 200 livres.
A l'archevêque d'Arles Gages du garde terre Vingtième : 609 livres, 5 sols, 9 deniers.
La commanderie de Saint-Pierre de Saliers était autrefois une des plus considérables de la langue pour le revenu, aussi la taxe du trésor, vu l'état auquel elle était déchue, le revenu est de :
5.700 livres, dont la cinquième partie est 1.140 livres, brut, à quoi sont portées les pensions.
La taxe faite à la création des vaisseaux est de 14.014 livres.
Grand prieuré de Saint-Gilles.
Ibidem, n° 341, page Il du manuscrit, année 1757. (Voir ut supra, page 14.)

Membre. Générac, diocèse de Nîmes

Ce membre, situé en Languedoc à une lieue et demie de Saint-Gilles, consiste en un château et maison seigneuriale flanquée de tours avec bastions et portail et à côté un fort joli village dont le grand prieur est seigneur, y faisant exercer la justice par un viguier, un juge, un procureur juridictionnel et un greffier ; il y a dans le village un pigeonnier et un puits à roue avec jardin lui appartenant.
Le domaine consiste en plusieurs terres jouies noblement par notre Ordre, où le grand prieur entretient un garde-chasse ; il a aussi nombre de censives et directes.
Le membre est arrenté 850 livres.

Membre. Grand mas d'Argence, diocèse d'Arles

Terroir de Fourques, les herbages 750 livres, les récoltes de blé à moitié (Voir ut supra).

Membre. La Fosse, diocèse de Nîmes

Ce membre est situé dans le terroir et à demi lieue de Saint-Gilles, et consiste au bâtiment du fermier et à un autre pour le terraillon ordinaire du grand prieuré, plusieurs terres labourables jouies noblement par notre Ordre avec juridiction moyenne et basse au terroir de la Fosse ; la haute appartient à l'abbé de Saint-Gilles.
Les herbages dudit membre sont arrentés 3.200 livres et le tiers des grains francs de semence.

Membre. Canavère

Ce membre est éloigné de celui de la Fosse de demi lieue, il consiste en une grosse tour qui sert de logement au fermier avec quelques terres labourables et plusieurs incultes, qui sont herbages et marais jouis noblement avec juridiction moyenne et basse ; la haute est au seigneur de la Motte.

Membre. Daladel et Courtel

Ce membre est situé d'une lieue et demie de la ville d'Aigues-Mortes, et il consiste au logement du fermier, terres labourables, herbages, paluds et marais, le tout joui noblement avec juridiction haute, moyenne et basse, le grand prieur y nommant un juge procureur et greffier.

Membre. Saint-Jean de La Pinède

Ce membre est situé à une lieue de Daladel et consiste au logement du fermier, plusieurs terres cultes et incultes, herbages, bois de pin, le tout joui noblement avec juridiction haute, moyenne et basse ; il y a sur ce membre un capital de bestiaux composé de chevaux, juments, moutons. Il y a un carcan devant la porte de la maison pour marque de la juridiction.

Membre. Selve Godesque

Ce membre peu éloigné de celui de la Pinède, consiste en un terroir tout uni, de deux lieues de circuits, contenant des herbages, étangs et marais jouis noblement par notre Ordre avec juridiction haute, moyenne et basse.

Membre. Aigues-Mortes

Ce membre consiste seulement en un jardin et une maison dans la ville d'Aigues-Mortes.

Membre. Listel

Ce membre situé à une lieue et demie d'Aigues-Mortes, consiste en un tout uni, d'une lieue et demi de circuit et herbages et pâturages et tout auprès est le salin de Saint-Jean où se fait le sel, le tout joui noblement par notre Ordre.
Ibidem, n° 341, page 14 et 15 du manuscrit.

Membre. Vitroles

Labaronnie de Vitroles, dépendant de la commanderie de Gap, doit foi et hommage au grand prieur en la maison d'Arles. La bannière de l'Ordre doit être exposée à la plus haute tour du château, en signe d'hommage, ce qui n'a pas été fait depuis longtemps.
En 1758, Me Henri-Augustin de Piolenc Beauvesin, âgé de 71 ans, étant grand prieur de Saint-Gilles, le grand prieuré rend aujourd'hui, charges prélevées de :
16.554 livres, 17 sols, 11 deniers, (1).
En 1312, lors de la suppression des Templiers, la commanderie de Saint-Gilles fut démembrée : on en détacha plusieurs parties, dont on forma quatre commanderies :
1° Commanderiede Saliers ; on y ajouta Clamador, situé dans l'île de Camargue, qui appartenait à la commanderie du Temple de Montpellier.
2° La commanderie de Montfrin.
3° La commanderie de Générac.
4° La commanderie de Saint-Pierre de Campublic et des autres domaines que les Templiers possédaient à Beaucaire. (2)
1. Bibliothèque Méjanes, d'Aix. Manuscrit n° 341.
Bibliothèque Méjanes, d'Aix. Manuscrit n° 843. Provence, recueil K.
2. Bibliothèque Méjanes, d'Aix. Manuscrit n° 858, page 218.


Commanderie de Sainte-Luce

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13


Domus Hospitalis Sainte-Luce
Domus Hospitalis Sainte-Luce

Le 2 mai 1759, le grand prieur de Provence et Saint-Gilles, Augustin de Piolenc, voulant commencer la visite générale de son grand prieuré et se trouvant en cette ville d'Arles en son hôtel prieural, résolut de le faire par la commanderie de Sainte-Luce, possédée par frère Jean-Baptiste de Durand Sartous, chevalier, bailly, grand-croix, grand commandeur de l'Ordre, et des membres qui se trouvent dans ladite ville d'Arles, dépendants de cette commanderie, et à cet effet il requiert frère Antoine Raybaud, prêtre conventuel de l'Ordre et chancelier du grand prieuré, de vouloir se joindre à lui pour la dite visite. A quoi satisfaisant, étant en compagnie de Me Mathieu-Antonin Beuf, notaire royal de cette ville, un des secrétaires de l'Ordre, il fait avertir Me Mathieu Beuf, aussi notaire royal de cette ville, procureur du seigneur commandeur de Sartous, de ses intentions, et s'étant rendu auprès de lui, il le requiert, moyennant serment, de lui dire en quoi consiste la commanderie de Sainte-Luce.
Il répond que cette commanderie consiste en son chef, qui est une chapelle sous le titre de Sainte-Luce et une grande maison la joignant située dans la ville d'Arles, servant pour le logement du commandeur avec les écuries en dépendants.
Plus à une petite maison qui touche la chapelle du côté du couchant.
Plus en plusieurs censives et directes dans la ville d'Arles et son terroir.
Plus en deux terres situées hors la ville et près la porte dite la Cavalerie.
Plus à la métairie appelée de l'Hôpital.
Plus à la métairie appelée de Paulon.
Plus à la métairie appelée la Bouscalière.
Plus à la métairie appelée de Boisviel.
Plus à la métairie et tènement appelés les Cabanes de Sainte-Luce.
Plus en sept coussons ou pâturages servant pour la nourriture du bétail menu situé dans le quartier de la Crau.
Suivent les ordonnances et le procès-verbal de visite datés du 2 mai 1759, signé par le bailly de Provence et de Saint-Gilles, et Antoine Raybaud, chancelier de l'Ordre, et scellés du cachet de leurs armes.
Le tout fait à Arles le 2 mai 1759 (1).
1. Archives particulières de la famille Beuf-de-Gorsse.
— Visites générales du grand prieuré de Saint-Gilles, tome I in-folio année 1761.


Membre. Malte

Le 30 juillet 1759, le frère Dominique-Agricole de Baroncelli-Javon, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Montsaunès, et frère Christophe Constans, prêtre conventuel du même Ordre, commandeur de Valdrôme, reçoivent de la part du vénérable grand prieur de Saint-Gilles, frère Henri-Augustin de Piolenc, commandeur de Bordères et de Peyrolles, la commission datée d'Arles, du 1er mai 1759, par laquelle ils sont nommés commissaires et visiteurs généraux pour faire la visite des biens situés en cette île de Malte, dans la ville Valette, dépendants de la commanderie de Nice, dont jouit le chevalier frère Louis de Franc Mongey, pour son premier échevissement, mais qui a été donnée à ferme à M. le chevalier frère Joseph-Gabriel d'Olivaris, sa vie durant, sous les conditions et clauses portées par la délibération de la noble langue de Provence du 24 avril 1754.
— Suit la teneur de la commission.
— Les commissaires choisissent pour secrétaire de la présente procédure, frère Etienne Prevot, prêtre conventuel et secrétaire de la vénérable langue de Provence, qui leur a dit que à Malte se trouve une maison, située rue de la Fauconner, dépendante de la commanderie de Nice, dont suit la description, et une autre maison située sur la route du Mandrage.
Ces maisons ont été fondées par M. le commandeur, frère Jean-Baptiste de Galéan Châteauneuf, ainsi qu'apert par son désapproprient fait à Syracuse, le 11 octobre 1634, déposé dans les archives de notre vénérable langue. Il y est dit que, dès qu'il n'aura plus de neveu, fils à son frère Marc Antoine, qui soient reçus dans l'Ordre, dès lors il entend et prétend que les susdites maisons et le jardin soient annexés pour toujours à la commanderie de Nice, à condition seulement que le commandeur protempore fera dire toutes les semaines deux messes de Requiem, l'une pour les âmes du purgatoire et l'autre pour son propre repos, en obligeant ledit commandeur de faire conster tous les ans à MM. les procureurs de la langue de Provence, comme quoi il a rempli ladite obligation.
Les maisons sont affermées : 195 livres.
A déduire pour les messes : 13 écus.
Reste net la somme de : 182 livres.
Les ordonnances et conclusion de la présente visite sont datées de Malte, le 30 juillet 1759.

Le grand maître, frère Emmanuel Pinto, a donné son témoignage aux signatures des deux commissaires, scellé de son sceau en cire noire où se trouve son portrait, en date du 1er août 1759, à Malte (1).
1. Archives particulières de la famille Beuf-de Gorsse, visite du grand prieuré de Saint-Gilles, 1 volume in-folio, à la fin du volume.

Le grand prieur de Provence et de Saint-Gilles, Henri Augustin de Piolenc, conseiller du roi, tint son chapitre provincial dans l'hôtel Saint Jean, à Arles, le 5 mai 1761, et demande des commissaires pour faire la visite de son grand prieuré et membre de Peyrolles, dont il jouit à titre de récupération. Sont nommés à cet effet : Frère Paul-Augustin de Rollan Réauville, commandeur de Puymoisson, et Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel, archivaire de l'Ordre. Ceux-ci choisissent M. Beuf pour leur secrétaire, prêtent serment, le 16 mai suivant, et requièrent sieur Jean Peyret, procureur dudit seigneur grand prieur, de leur dire en quoi consiste ledit grand prieuré de Saint-Gilles, ses membres et ses dépendances.
Et après avoir prêté serment, il leur déclare que ledit prieuré de Saint-Gilles consiste :
Premièrement en l'hôtel prieural Saint-Jean de la ville d'Arles à présent chef dudit grand prieuré, et un corps de bâtiment, des écuries, remises, grenier, basse-cour qui servait autrefois de jardin près la porte de la ville dite de Saint-Jean.
Au grand mas d'Argence et tènement d'icelluy.
En l'Eglise et maison prieurale Saint-Jean de Saint-Gilles, biens en dépendants ; et en une autre maison dans la ville de La Fosse.
Au mas et tènement de Canavère.
Au mas et tènement de Claire Farine.
Au mas et tènement du Daladel et Courtès.
Au membre de Selve Godesque et Tête-de-Loup.
Au mas et tènement de Saint-Jean de Pinède.
Au membre de Listel et Salins.
En une maison dans la ville d'Aigues-Mortes.
Au membre et seigneurie de Générac, terres et près en dépendant.
Et finalement au droite fief et hommage sur la baronnie de Vitrolles et ses dépendances, avec le droit de lods et quint à chaque mutation de la baronnie située en Provence dans la viguerie de Sisteron.
Les commissaires commencent par la visite de l'hôtel prieural et vont, le 16 de mai, faire celle du mas d'Argence, distant d'environ deux lieues de la ville d'Arles, situé dans le terroir et juridiction de Fourques. Le procès-verbal de la visite est fait et signé le 29 mai suivant.

Membre. Saint-Gilles

Les 16 et 18 du même mois de mai 1761, fut faite la visite de l'église et maison prieurale de Saint-Gilles et maison dans la ville de Saint-Gilles. Les commissaires accompagnés de M. Beuf, leur secrétaire, et du sieur Peyret, procureur du seigneur grand prieur de Piolenc, se rendent du grand mas d'Argence en la ville distante dudit mas d'Argence, d'une grande lieue.
Ledit sieur Peyret dit aux commissaires que ledit membre consiste en l'église collégiale Saint-Jean de Saint-Gilles, habitation des prêtres collégiaux et maison prieurale.
Plus à une glacière, un pigeonnier et mûriers de la cour.
Plus à une terre dite de Negou-Saumou.
Plus en un grand enclos entouré de murailles des côtés du midi, couchant et nord, et qui est vis-à-vis la maison prieurale.
En une vigne dite la Vignasse, au gré dudit Saint-Gilles, de la contenance de sept salmées.
Et enfin à quelques terres dans le terroir dudit Saint-Gilles.
Et en une maison dans l'enclos de ladite ville.

Arrivés devant la porte de l'église, les deux commissaires, en habit décent et rochet, ont été reçus au son des cloches par frère Ange Terras, collégiat, accompagné de Me Mathieu de Guirauden et Pons de Dieu, prêtres séculiers desservant ladite église à la place des frères Raybaud, capiscol, et Prévot, collégiat, absents, frère Mottet, infirmier, étant malade, frère Eyssautier étant décédé ce-jourd'hui, et Me Maillé desservant pour frère Blain, sacristain, étant également malade. Le frère Terras présente l'eau bénite aux commissaires et remet au frère Raybaud l'étole, et les conduit processionnellement au pied du maître autel, chantant l'hymne Veni Creator et ensuite le Pange lingua. Après la bénédiction du Très Saint-Sacrement donné par le frère Raybaud, les commissaires font la visite, dont le procès-verbal est à peu près pareil à celui de 1753, sauf qu'on a constaté l'existence d'une tenture de tapisserie de Bergame, en six pièces, et de trois autres qui ne sont point tendues, servant pour le Jeudi-Saint, et de quatre tapis de Turquie, et de deux pierres sépulcrales sur le pavé du sanctuaire, où se trouvent ensevelis deux grands prieurs.

La porte d'entrée de l'église est au couchant, en pierre de taille avec des sculptures anciennes. La fermeture de la porte a été faite à neuf par feu Me le grand prieur, en bois de noyer, doublée avec des panneaux et peinte à l'huile en dedans et en dehors, avec ses ferrements nécessaires. Il y a un tambour de bois d'aube en entrant.
Les vases sacrés et argenterie ont été présentés aux visiteurs par Me Pons de Dieu, chargé du soin de la sacristie depuis la maladie de Me Maillé :
1° Deux calices avec leur patène, argent doré en dedans, un sans armoiries et le second aux armes de feu frère Bec, sacristain dudit collège.
2° Un ostensoir d'argent avec son croissant doré, garni de ses cristaux, dans un étui, le même qui était ci-devant à Arles.
3° Une croix processionnelle plaquée d'argent doré, aux armes de feu Me le grand prieur de Lussan.
4° Une lampe d'argent avec sa chaîne, la même qui était ci-devant à Arles.
5° Un encensoir avec sa navette et cueillère d'argent aux armes de feu Me le grand prieur de Forbin, ci-devant à Arles.

Le surplus de l'argenterie dudit collège ayant été transporté à Arles sur la réquisition du vénérable grand prieur moderne, lors duquel transport et changement de vaisselle ou argenterie, il a été dressé un inventaire de remise et chargement, en date du 7 mai dernier, signé par le vénérable grand prieur et par frère Terras, collégiat, lequel inventaire a été représenté en originaux deux commissaires généraux, qui se réservent de pourvoir par leurs ordonnances à la rémission dudit inventaire dans les archives de l'Ordre, après leur avoir observé que le vénérable grand prieur a requis le transport et changement de ladite argenterie pour qu'elle fût plus en sûreté et qu'on s'en servit avec plus de décence, l'église du grand prieuré à Arles étant le chef-lieu, celui de la résidence du vénérable grand prieur actuel et le lieu où se tiennent les vénérables chapitres et assemblées de l'Ordre.

Suit l'inventaire des ornements, après lequel les collégiats disent aux commissaires par qui ils ont été pourvus de leur bénéfice, en quoi consistent leurs obligations et quel est leur revenu.
Les frères Mottet et Terras répondent que M. le grand prieur de Saint-Gilles est leur supérieur et qu'il a droit de collation et nomination de toutes les dignités et places dudit collège, lorsqu'elles viennent à vaquer.

Ledit frère Alexandre Mottet leur a dit avoir été pourvu de place d'infirmier dudit collège, qui est la première, par feu M. le chevalier Grimaldy, commandeur de Saliers, procureur général du seigneur grand prieur de Grimaldy, son oncle, par provisions du 24 décembre 1729, enregistrées aux archives du grand prieuré, le 10 mai 1730, qu'il leur a représentées, par lesquelles il a été affecté à ladite place, la maison qu'il occupe présentement audit collège et où les commissaires sont, qui est la première à main gauche en entrant et la même qui fut bâtie par frère Etienne d'Authier.

Le frère Ange Terras leur a dit avoir été pourvu par son A. E. monseigneur le grand maître, heureusement régnant, le 27 novembre 1743, enregistrées aux actes du chapitre, le 4 mai 1744, et qu'il occupe la maison qui lui est affectée.

Me Mathieu de Girauden, prêtre desservant dans ladite collégiale, leur a dit faire le service de frère André Raybaud, capiscol, qui est la troisième place et qui fut pourvu par son A. E. monseigneur le grand maître Dom Emmanuel Pinto, heureusement régnant, dans le mois de novembre 1749, et que ses provisions sont enregistrées aux actes du chapitre de 1750, ledit frère Raybaud étant actuellement en couvent.

Me Pons de Dieu leur a dit servir pour frère Etienne Prévot, secrétaire de la vénérable Langue de Provence, actuellement en couvent, pourvu de ladite place par Son A. E. monseigneur le grand maître par provisions du mois de mars 1750, enregistrées aux actes du chapitre de la même année, et qu'il occupe la maison affectée audit bénéfice qui est celle du rez-de-chaussée, après celle de l'infirmier.

Lesdits frères Mottet et Terras leur ont dit que M. Bernard Maillé dessert pour frère Jacques Blain, actuellement en couvent, qui fut pourvu de la place de sacristain, qui est la seconde dudit collège, par provisions du feu vénérable grand prieur de Foresta Collongue du 9 mars 1736, enregistrées dans les actes du chapitre du 8 mai de ladite année, et qu'il occupe la maison qui lui est affectée.

Ensuite lesdits frères Mottet et Terras ont dit et déclaré que le vénérable frère Charles Allemand de Rochechinard, grand prieur de Saint-Gilles, fonda ledit collège par acte du 3 mai 1506, reçu par Me François Lerice, notaire de Valence, et institua quatre prêtres collégiats et deux diacres, outre et par-dessus l'infirmier et le sacristain, qui étaient établis longtemps auparavant, qu'en faisant cette institution, il les chargea de chanter tous les jours les heures canoniales et célébrer, tous les dimanches et fêtes de Notre-Dame aussi bien que les samedis, une grande messe à diacre et sous-diacre, et d'aller en procession à la chapelle de Notre-Dame du Temple, située dans un enclos qui est vis-à-vis la maison prieurale, laquelle chapelle ayant été détruite et profanée depuis le temps des guerres civiles et de la religion prétendue réformée, lesdits prêtres collégiats avaient transféré le service, qui devait s'y faire suivant ladite fondation, dans l'église prieurale et dans la chapelle de Saint-Jean ; cette fondation fut confirmée par le chapitre général tenu à Rodes sous S. E. Monseigneur le grand maître Eméric d'Amboise, le 1er février 1509 ; que le vénérable frère Jacques de Manas, grand prieur de Saint-Gilles, fonda une messe tous les jours, qu'il les obligea de dire dans la chapelle de Saint-Jean, suivant l'acte de fondation du 15 janvier 1535, reçu par Me Jean d'Auguières, notaire de la ville d'Arles, laquelle messe ils acquittent à l'autel de ladite chapelle.

Comme aussi qu'ils sont tenus de dire deux messes chaque semaine, savoir une le mercredi et l'autre le vendredi, et encore une grande messe des morts avec les vêpres de même, le 25 du mois de novembre de chaque année, jour du décès du vénérable frère Pierre d'Esparbès de Lussan, grand prieur de Saint-Gilles, le tout pour le repos de l'âme dudit feu sieur grand prieur, qui en fit les fondations par les actes des 27 septembre 1614, notaire Me Jean Raybaud, et 26 août 1620, notaire Me Melchior Raybaud.

De plus que les exécuteurs testamentaires du vénérable frère Claude Durre Venterol, grand prieur de Saint-Gilles, passèrent contrat de fondation, notaire Me Jean Raybaud, du 5 août 1637, d'une grande messe de mort avec l'absoute une fois chaque mois, et deux messes basses de mort chaque semaine, une le lundi et l'autre le vendredi ; que lesdits collégiats sont obligés de dire une grande messe de mort à la chapelle prieurale de Saint-Jean d'Arles, le lundi après le premier dimanche de mai de chaque année, jour de la célébration du chapitre, le tout pour le repos de l'âme dudit seigneur grand prieur Venterol.

Les revenus dudit collège s'élèvent à la somme de : 3.571 livres en argent, 72 sétiers blé, 2 minots de sels et 600 fagots bois, lesquels revenus sont partagés en parties égales entre l'infirmier, le sacristain et les collégiats, en vertu des concordats passés entre eux devant Me Raybaud, notaire, aux années 1626 et 1634 et approuvés par les chapitres provinciaux et par Messieurs les visiteurs, généraux.

Frère Alexandre Mottet, infirmier, a son logement à gauche, en entrant dans le collège, bâti par défunt frère Etienne d'Authier, qui est bien en état, avec un jardin joignant du côté du levant, clos de murailles, au fond duquel se trouve une salle, que ledit frère Mottet y a fait faire bâtir pour sa commodité.

Frère Jacques Blain, conventuel, sacristain, a le sien au fond de la cour à droite en entrant dans l'église, y ayant aussi un jardin sur le derrière qui est joignant, ce logement est en état et est occupé par Me Bernard Maillé, prêtre séculier, actuellement malade, et qui dessert à la place du sieur Blain.

Frère Raybaud, capiscol, et frère Terras ont leur appartement dans le même corps de logis où est celui de feu frère Eyssautier, et où l'on monte par un degré commun dont la porte est dans l'angle dudit bâtiment derrière l'église, sur laquelle porte sont les armes de M. le grand prieur de Rochechinard, la cuisine, le salon à manger et la dépense, qui étaient autrefois communs, dépendants de l'appartement affecté à la place dudit feu frère Eyssautier. Ledit frère Terras a sa cuisine en tirant au couchant. Ledit frère Raybaud, capiscol, a sa cuisine entre l'appartement de frère Prévôt et le logement du clerc qui est dans le même corps de logis, laquelle est occupée par ledit Me de Guirauden ; et au-dessous de l'appartement affecté à la place dudit frère Eyssautier, il y a quatre caves dont l'une est au frère Mottet, infirmier, la seconde au frère Blain, sacristain, la troisième au frère Rabaud, capiscol, et la quatrième au frère Prévôt.
De ces trois appartements il n'y a que celui de frère Eyssautier qui ait un petit jardin du côté du midi et couchant, les autres n'en ayant point.
L'appartement dudit frère Etienne Prévôt est dans l'angle dudit bâtiment, entre le levant et le midi, prenant son entrée par la cour, avec un petit jardin joignant, confrontant celui de frère Mottet, infirmier.

Le pigeonnier en forme de tour ronde, qui est au fond de la cour, appartient au vénérable grand prieur ; il en jouit depuis quelques années, lesdits collégiats en ayant ci-devant joui par tolérance des prédécesseurs dudit seigneur grand prieur.
Près du pigeonnier est un puits qui est en bon état.

Les commissaires ont visité la galerie, la terrasse, les écuries, l'appartement occupé par le fermier, celui occupé par le jardinier, un enclos entouré de murailles situé au-devant du collège dont il est séparé par le grand chemin, où il y a un grand portail vis-à-vis celui du collège avec sa fermeture à clairevoie ; dans cet enclos se trouve l'ancienne église de Notre-Dame du Temple qui a été ruinée et profanée par les religionnaires du temps des guerres civiles, dont la porte est à présent murée, ledit enclos contenant environ trois salmées en semence, confrontant des deux côtés les grands chemins et d'autre part la roubine dite du Roi.

Ils ont aussi visité un pré situé au terroir de Saint-Gilles, appelé de Nego-Saumo, contenant environ trois émines, confrontant du levant et nord pré du sieur Laubin, du couchant la draille de Nego-Saumo, et du midi pré de M. Vidalon de la ville d'Arles.

Après ils ont visité une terre appelée le clos du Temple autrement dit la Vignasse, complantée en vignes depuis quelques années, située au grès, terroir dudit Saint-Gilles, en contenance d'environ sept charges en semence, confrontant du levant terre des hoirs de Jacques Ducros, du couchant terre des hoirs de Jean Agnès et du nord et midi terre de Fouque et autres, y ayant plusieurs amandiers plantés.

Plus une terre appelée le Véron, près la muraille, et enclos de la maison du grand prieuré, le chemin de Nego-Saumo entre deux, contenant environ une seterée en semence, confrontant du levant le grand chemin allant de Saint-Gilles au port, du midi pré dit de Mascaron, du couchant terre des hoirs de capitaine Barthélemy, et du nord chemin de Nego-Saumo.

Plus une terre appelée la Terre sur le derrière de la muraille du jardin des collégiats, contenant environ trois éminades en semence, confrontant des deux côtés les murailles dudit jardin, du couchant le chemin allant au port de la fontaine, et du nord terre des hoirs de Jean Vidalon.

Plus trois autres terres situées derrière la maison prieurale, autrefois pré, l'un appelé le pré long, et les deux autres appelés les prés du couvent, le tout bien entretenu et ménagé en père de famille.

Après quoi le sieur Peyret a conduit les commissaires et le secrétaire, M. Beuf, à la maison de la ville de Saint-Gilles, dépendante du grand prieuré, située dans l'enceinte de ladite ville, entre deux rues, y ayant une bassecour entourée de murailles, prenant son entrée du côté du levant, confrontant de trois côtés la rue et du levant Jean Laugier. Les commissaires sont entrés par une porte au bout du bâtiment, du côté du couchant, à plain-pied de la rue, dans une cave ou pièce voûtée de pierre de pastouire, prenant jour par une fenêtre à demi-croisée, donnant sur la rue du côté du midi. La fermeture de ladite fenêtre ainsi que celle de la porte sont en bon état ; ladite pièce ou cave servant aujourd'hui d'habitation a six cannes de longueur sur trois de largeur ; à droite en entrant et sur le fond il y a une cheminée dont le foyer a besoin d'être réparé, et au vis-à-vis de ladite porte d'entrée il y a une fenêtre avec sa fermeture en état, par laquelle on puise de l'eau dans le puits dont le rond est dans la cour de ladite maison, au-dessus.

A l'autre bout dudit bâtiment dudit côté du couchant, par une porte au rez-de-chaussée on entre dans un cellier voûté et éclairé par une fenêtre donnant sur la rue, la voûte est soutenue par un pilier au milieu ; la fermeture de la porte ainsi que celle de la fenêtre sont en bon état.

Au levant du bâtiment il y a une porte avec sa fermeture, serrure et ferrement en bon état, par laquelle porte on entre dans la cour et de suite dans les appartements qui sont au-dessus des pièces du rez-de-chaussée et qui se composent de trois chambres, l'une dans l'autre prenant entrée par deux portes au levant à plain-pied de la cour, y ayant une ancienne cheminée en pierres de taille, à la première desdites chambres, laquelle cheminée ainsi que son canon et manteau sont en mauvais état et semblent menacer ruine ; ladite chambre prend du jour par une fenêtre à croisière du côté du couchant.

Après la visite, les commissaires et visiteurs généraux, en compagnie dudit Me Beuf, leur secrétaire, se sont rendus à l'auberge où ils ont pris leur retraite et où pend pour enseigne le cheval blanc. S'étant renfermés dans leur appartement, ils ont mandé venir Mr Me Jean-François Troudet, maire perpétuel de la ville de Saint-Gilles, Mr Pierre d'Eymini, consul clavaire, sieur Antoine Conil, bourgeois, et Me Pierre Roquelain, notaire royal, tous de ladite ville de Saint-Gilles, le plus jeune âgé de 45 ans environ desquels ils se sont secrètement et séparément enquis, moyennant serment.

Ils répondent que le grand prieur de Saint-Gilles, frère Henri-Augustin de Piolenc, vit en bon religieux dans l'hôtel prieural Saint-Jean, à Arles, où il fait sa résidence, et que les collégiats remplissent leurs obligations. Le procès-verbal de visite est daté du 26 mai 1761.

Membre. La Fosse

Le 19 mai, les commissaires font la visite du membre de la Fosse, dépendante du grand prieuré, distant d'une lieue de la ville de Saint-Gilles.
La juridiction moyenne et basse appartient à M. le grand prieur et la haute à M. l'abbé de Saint-Gilles. Il n'y a point de procès, toutefois le sieur Peyret dit que sieur de Louvet, ci-devant possesseur de la terre de la Mothe, ayant prétendu obliger le fermier de la Fosse et autres, des domaines de l'Ordre, de lui payer un droit de péage pour les bestiaux qu'ils tenaient dans le domaine, il était intervenu un arrêt du conseil, le 28 septembre 1715, qui déclare ledit seigneur grand prieur, ses fermiers et domestiques exempts dudit droit de péage de la Mothe. Le procès-verbal de visite est daté du 27 mai 1761.

Membre. Canavère

La visite de Canavère eut lieu le 19 mai, le même jour que celle de la Fosse, dont il est distant d'une lieue, ainsi que celle des iscles de Vauvert et de Franquevaux. On a remarqué que le fossé dit de Saint-Jean, qui en fait la limite, doit toujours être bien entretenu, afin que les contestations, qui s'étaient autrefois élevées à l'occasion desdites limites, quand il était comblé, ne renaissent plus.
La juridiction moyenne et basse dudit domaine appartient au seigneur grand prieur, et la haute au seigneur de la Mothe.

Membre. Claire Farine

La visite de Claire Farine eut lieu le même jour après celle de Canavère, d'où il est distant d'une grande lieue. Le dit membre est situé dans le terroir de la Mothe. M. Peyret fait remarquer que le seigneur grand prieur y a la basse et moyenne justice, la haute appartenant au seigneur de la Mothe, et que le dit grand prieur payait autrefois au roi un droit d'Albergue de 18 livres, annuellement pour ledit membre, mais que Sa Majesté ayant permis l'affranchissement des dits droits aux particuliers, il aurait été payé, le 15 janvier 1711, la somme de 340 livres, pour ledit affranchissement.
Le procès-verbal de visite est daté du 27 mai.

Membres. Daladel et Courtet

Le 20 du même mois eut lieu la visite de Daladel et Courtet, distant de Claire Farine d'environ deux lieues, et situé dans une grande plaine partie marécageuse et couverte d'eau le tout joint, uni et contigu, confrontant du levant la terre de Selve Godesque appartenant au grand prieur, du midi la terre de la commanderie de la Vernède, la vieille brassière du Rhône mitoyenne entre deux, du couchant le tènement du petit Courtet, dépendant du chapitre de la sainte église d'Alais, fossé entre deux, et du côté du septentrion les paluds du seigneur Evêque d'Alais, qui avaient appartenu autrefois à l'abbaye de Psalmodi.

Le dit sieur Peyret dit que le dit domaine est possédé noblement par l'Ordre de Saint-Jean, franc et exempt de tailles, dimes et autres charges, avec toute juridiction haute, moyenne et basse, mère, mixte, imper qui est exercé par les officiers du grand prieuré qui sont:
M. Jean-Jacques Vergier, avocat de la ville de Saint-Gilles, juge.
Me Charles Seguin, notaire de Générac, procureur juridictionnel.
Sieur Guillaume Fabrègue, de Saint-Gilles, greffier.
Augustin Guinoir, sergent.
Le procès-verbal de visite est daté du 28 mai.

Membres. Selve Godesque et Tête de Loup

Le 20 mai eut lieu la visite de Selve Godesque et Tête de Loup, lequel membre consiste en un grand terroir tout uni en herbages et pâturages, étangs et paluds, contenant environ deux lieues de circuit, dit de Selve Godesque, confrontant du levant le terroir du mas de Liviers autrement de Barbentane et celui de Tête de Loup, du couchant le terroir de Pinède, du midi et de long en long terre de la commanderie de Capette et du nord les iscles de Vauvert et de Franquevaux, et en un autre terroir dit Tête de Loup joignant celui de Selve Godesque, consistant aussi en herbages, confrontant du levant terroir de Claire Farine, du midi l'ancien canal du Rhône dit le Rodanil ou vieux bourdigon, du couchant le terroir de Selve Godesque et du nord le terroir de Canavère et les iscles de Franquevaux.

Le sieur Peyret dit que les habitants des lieux de Vauvert, Massillargues et Saint-Laurent-d'Aigouze ont la faculté de faire dépaître leurs bestiaux dans la terre de Selvedogesque, et que ceux de Vauvert prétendent avoir le droit d'y chasser aux lapins depuis la fête de Saint-Martin d'hiver jusques au Carême, qu'ils ont en outre la faculté de pêcher dans les paluds dudit terroir, conformément aux arrêts intervenus à ce sujet et notamment par celui de 1644 par lequel il leur est inhibé d'abuser de leurs droits. Il a en outre déclaré que ledit domaine est joui noblement par l'Ordre, franc et exempt de dimes, tailles et autres charges, ledit seigneur grand prieur fait exercer la juridiction haute, moyenne et basse par ses officiers du grand prieuré ci-devant nommés.
Le procès-verbal de visite est daté du 28 mai.

Membre. Saint-Jean-de-Pinède

Le 20 mai eut lieu la visite de Saint-Jean-de-Pinède, attenant aux herbages de Selve Godesque et Tête de Loup. M. Peyret dit que ce qui est intéressant pour l'Ordre, c'est que dans tout le domaine et terroir de Pinède y est compris celui appelé de la Marque et cestière souteirane, suivant l'arrêt rendu entre M. le grand prieur et les consuls et la communauté de Vauvert au parlement de Toulouse, le 23 janvier 1643.
Le tout confronte du levant la Selve Godesque appartenant au grand prieuré, du midi le terroir de Saint-Laurent-d'Aigouze séparé de celui-ci par l'ancien canal du Rhône appelé le Rodanil, du couchant la font Pinède de l'évêque d'Alais appelé Psalmodi, et du nord les terroirs des lieux de Cailar et de Vauvert. Le grand prieur y fait exercer, par ses officiers ci-devant nommés, la juridiction haute, moyenne et basse. Les bestiaux sont au pouvoir de Henri Mazer, bourgeois de Saint-Gilles, fermier général du grand prieuré, suivant le bail à lui passé le 12 septembre 1758.
Le procès-verbal de visite est daté du 28 mai.

Membre. Saint-Jean-de-Listel

Le 20 mai eut lieu la visite des salins de Saint-Jean-de-Listel, distant d'une grande lieue de Saint-Jean-de-Pinède. Le sieur Peyret fait remarquer qu'au grand salin, près de Peccais, le sel se fait dans des tables dans lesquelles on fait ramasser l'eau qu'on puise dans des puits à roue, lesquelles tables sont entourées d'une chaussée palissadée avec des fagots de bois de tamaris, qui a été réparée par le vénérable grand prieur moderne, quoiqu'elle ait besoin encore de quelques réparations du côté du nord.

Ledit salin contient 16 rangées de compartiments appelée faisses ; chaque faisse est composée de cinq tables où l'on fait le sel ; il y a des compartiments en travers du côté du nord, appelés Tournadoux, où l'on fait couler lentement l'eau d'une division à l'autre, pour qu'elle prenne l'impression de la terre et du soleil, avant que de la dériver dans les tables des faisses où le sel se forme.

Du côté du midi on a vu une grande élévation de terrain où l'on met le sel en masse et entrepôts, lesquels ont été relevés et agrandis par le vénérable grand prieur Moderne ; on a vu aussi dix-neuf grosses masses de sel sur lesdits entrepôts.

Outre ledit grand salin, il y en a un petit au levant de celui-ci, appelé salinote, composé à peu près de forme triangulaire et compartie proportionnellement à sa situation, ayant son entrepôt du côté du midi où se trouvent cinq masses de sel.

Ladite salinote est également entourée d'une chaussée et levadons en bon état.
Il y a aussi une cabane tout près le puits à roue servant à l'usage des personnes chargées dans son temps de faire tout ce qui convient, tant pour mettre l'eau aux tables et compartiments que pour en retirer ensuite le sel.

Ledit salin et salinote confronte du levant le Rhône mort de la ville d'Aigues-Mortes, du midi brassière dite du Rhône vif où est construit le canal ou roubine dudit salin dit de Saint-Jean, passant au pied des entrepôts et servant à la voiture des sels, lequel canal a été récuré l'année dernière aux dépens dudit seigneur grand prieur.

Lesdits salins confrontent encore du côté du couchant les herbages de Listel, du nord des bas-fonds d'eau dudit Listel, appelés partènement, d'où l'on dérive lesdites eaux dans les puits à roue et de là dans les salins, lesquelles eaux ou partènements sont clos par deux chaussées nouvellement réparées, ayant encore besoin de quel qu'autre réparation en certains endroits, occasionnées sans doute par le battement des eaux lors des gros vents qui ont régné en dernier lieu.
Le procès-verbal de visite est daté du 28 mai.

Le 20 mai eut la visite de Listel attenant aux dits salins, consistant en terrain tout uni d'herbages et pâturages d'environ une heure et demie de circuit situé dans le terroir d'Aigues-Mortes, confrontant du levant le salin de Saint-Jean, du couchant les herbages aussi appelés de Listel, appartenant à la communauté d'Aigues-Mortes, du midi y ayant des bornes et limites entre les deux terroirs de Listel, de Saint-Jean et dudit Aigues-Mortes. Le procès-verbal de visite est daté du 28 mai.

Membre. Aigues-Mortes

Le 20 mai eut lieu la visite de la maison d'Aigues-Mortes composée d'une cuisine qui a deux portes d'entrée, l'une sur laquelle il y a une croix de l'Ordre, et l'autre donnant dans le jardin, la dite cuisine communique à un cellier séparé par une cloison de bois, laquelle cuisine étant d'environ quatre cannes en carrée, n'est ni carrelée ni bardée, y ayant une cheminée.
Du cellier on entre dans l'écurie séparée par une cloison de bois, elle a deux portes, l'une au midi donnant dans le jardin et l'autre sur la rue du côté du nord.
Au premier il y a deux chambres à deux fenêtres, et au-dessus un grenier à foin.
Le jardin a douze cannes de long sur sept de large, entouré de murailles avec un puits au milieu.
La maison et jardin confrontent du levant et midi maison et jardin du sieur Malbois, couchant et septentrion deux rues publiques. Les commissaires ont séjourné, le 21 mai, en la ville d'Aigues-Mortes à cause de la Fête-Dieu.
Le procès-verbal de cette visite est daté du 28 mai.

Membre. Générac

Le 22 mai, eut lieu la visite de Générac, distant de la ville d'Aigues-Mortes de quatre lieues, et qui consiste au château et maison seigneuriale, terres labourables, directes et autres droits.
Le château, qui est à quelque distance du village, est de forme carrée, flanqué de quatre tours avec une grande porte seigneuriale en pierres de taille.
Vis-à-vis de la dite porte dans la cour est l'entrée du château, et à gauche, en entrant dans ledit château, se trouve une cuisine voûtée et carrelée en brique prenant jour dans la cour par une fenêtre à deux battants avec sa fermeture, y ayant une cheminée. A gauche de la cheminée se trouve un office ou dépense vouté ou carrelé en briques de dix pans de long sur huit de largeur avec une petite fenêtre du coté de la cour. Toutes les salles du château sont décrites, ainsi que l'appartement du fermier.
Après la visite du château les commissaires sont venus au village et entrés dans l'église paroissiale, et y ayant fait leurs prières, ils ont vu le banc du seigneur grand prieur placé du côté de l'évangile tout contre la table de communion, en bois blanc couleur de noyer à deux places, fermant avec sa porte, le dossier surmonté des armes du vénérable grand prieur Moderne et tout auprès est celui des officiers de justice, dont le dossier est surmonté des armes de la religion.
Ils visitent ensuite une tour dans le village de forme carrée, ayant environ six cannes de hauteur et deux et demie de largeur à deux étages, servant de pigeonnier, y ayant les armes de M. le grand prieur de Lussan, et enfin toutes les terres dépendantes du grand prieuré, savoir terres de Chenevières, de la fontaine des allemands, la vigne des chiens au quartier de Malespine, une terre et pré au-dessous du château, une terre dite le jardin d'Aunol, terre au quartier du Puech Coucou, terre dite La Coste, grande pièce à la Moulières, terre dite le Pradas, terre située au chemin de Saint-Gilles, terre dite le Sablas, terre au quartier de la Roquette, terre dite du Gourd Laurier, terre dite la Marasquine, terre dite le Plantier.

Ce domaine est joui noblement par l'Ordre, franc et exempt de dimes, tailles et autres charges. Le grand prieur a la juridiction haute, moyenne et basse dans le dit lieu de Générac et son terroir qu'il fait exercer par ses officiers qui sont :
Me Jean-Jacques Vergier, avocat, viguier et juge.
Me Charles Seguin, procureur juridictionnel.
Me Guillaume Fabreguette, greffier.
Augustin Guinar, sergent.

Les amendes et confiscations appartiennent au dit Seigneur grand prieur, qu'il fait faire toutes les années au dit lieu des criés et proclamations pour la défense de la chasse et pour le paiement des droits seigneuriaux.

Le dit seigneur grand prieur est propriétaire de toutes les terres gastes, des hermes et vacants du dit terroir, il est permis aux habitants d'en rompre et défricher la quantité qu'il leur plait, en les tenant toutes fois sous la directe du dit seigneur grand prieur et pour cette permission la communauté de Générac lui fait une cense annuelle de 5 livres suivant la transaction du 10 août 1635, reçu par Me Louis Giraudy, notaire.

La communauté fait aussi une censive annuelle d'une poule pour raison de l'inféodation du four dudit lieu. Le grand prieur a aussi au dit lieu de Générac et son terroir plusieurs censives et directes portant lods en cas d'aliénation au cinquième denier, dont les reconnaissances furent renouvelées aux années 1754 et 1755 et les extraits d'icelles remis aux archives du grand prieuré.
Le procès-verbal de visite est daté du 29 mai.

Membre. Arles

Le 23 du même mois, eut lieu la visite de l'hôtel prieural d'Arles, aujourd'hui chef-lieu du grand prieuré ; les commissaires y ont trouvé le vénérable frère Henri-Augustin de Piolenc, grand prieur, et le dit sieur Peyret, son procureur. Dans le procès-verbal de la visite daté du 30 mai sont décrits en détail la chapelle et l'autel prieural.

Membre. Vitrolles

Le 2 juin 1761, les commissaires, sans se transporter au membre de Vitrolles, se font montrer par M. Peyret les papiers concernant la baronnie de Vitrolles et des dépendances ; et celui-ci leur déclare que le dit membre ne consiste qu'à un droit de fief et hommage que le seigneur grand prieur a sur cette baronnie, et à un droit de lods sur chaque mutation du dit fief et baronnie, dont les titres sont aux archives du dit grand prieuré. Voici les revenus et les charges du grand prieur :
Le sieur Peyret a déclaré que le grand prieuré de Saint-Gilles est actuellement affermé, par acte du 12 juin 1758, notaire Me Beuf, au sieur Henri Mazer pour trois années qui ont commencé au 1er mai 1759, à la rente de 35.500 livres payables 17.750 livres pour les maisons, salins et herbages en trois paiements égaux de 5.916 livres, 13 sols, 4 deniers aux 31 août, 31 décembre et 30 avril, et 17.760 livres pour les grains en deux paiements de 8.875 livres, les 15 août et 1er novembre.
Les revenus s'élèvent à la somme de : 35 500 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 10.763 livres, 13 sols, 9 deniers.
Il reste net au grand prieur la somme de : 21.736 livres, 6 sols, 3 deniers.

Les commissaires étant informés que Me Jourdan a été pourvu de la place de collégiat, vacante par la mort de frère Eyssautier, et qu'il a été procédé à la levée du scellé et à l'inventaire de sa dite dépouille, dont la plus grande partie est au pouvoir du dit Me Jourdan et surtout les meubles d'état, lui ont mandé de revenir auprès d'eux et sur leurs réquisitions, il leur aurait dit et déclaré que les meubles d'état à lui remis sont d'une valeur de 142 livres, 10 sols, desquels effets Me Jourdan s'en est chargé pour les représenter toutes les fois qu'il en sera requis, en foi de quoi il s'est signé, à Arles le 2 juin 1761.
Suivent les ordonnances des deux commissaires relatives aux divers membres visités.

La conclusion de cette visite générale du grand prieuré de Saint-Gilles et du procès-verbal est signée par le chevalier Rolland-Réauville, commandeur de Puimoisson, et frère Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel, commissaires délégués par illustre et vénérable frère Henri-Augustin de Piolenc, commandeur de Bordères et de Peyrolles, et scellée du cachet de leurs armes. Le tout fait et conclu à Arles, le susdit jour 5e juin 1761.
Ce procès-verbal contient 69 folios.
En tête se trouve les armoiries du grand prieur, frère Henri-Augustin de Piolenc, commandeur de Bordères et de Peyrolles (1).
1. Archives particulières de la famille Beuf-de Gorsse. — Visites générales du grand prieuré de Saint-Gilles, année 1761. 1 volume in-folio.

Le 26 juin 1762, frère Pierre-Paul de Piolenc, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Bastit et de Barbentane, et Messire Jean-Dominique Luponis, prêtre du diocèse d'Arles, y habitant, commissaires et visiteurs généraux nommés par illustrissime seigneur et vénérable frère Henri-Augustin de Piolenc, chevalier, bailly, grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur de Saint Gilles, conseiller du roi en tous ses conseils d'Etat et privé, commandeur des commanderies de Bordères et de Peyrolles, suivant la commission à eux adressée, datée d'Arles le 25 du courant, signée le chevalier de Piolenc, grand prieur de Saint-Gilles, contresignée par Thiers, secrétaire, et scellée du sceau de ses armes en cire d'Espagne rouge, aux fins de procéder à la visite de partie des commanderies dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, prêtent serment et le font prêter à Me Mathieu Beuf, notaire royal de la ville d'Arles, un des secrétaires de notre Ordre, choisi par eux pour rédiger leur procédure par écrit. Celui-ci enregistre leur commission et voulant tout de suite procéder au fait de cette commission, les visiteurs mandent sieur Antoine Maurizet, bourgeois dudit Arles, procureur d'illustre et vénérable frère Nicolas Roch de Villages La Salle, chevalier, bailly de Manosque, commandeur de la commanderie de Sainte-Luce, et lui demandent en quoi consiste ladite commanderie et le requièrent de la leur faire voir, suivre et visiter.

A quoi satisfaisant, il leur a dit que le vénérable grand prieur de Saint Gilles de Piolenc avait fait en personne la visite de l'église, maison et écuries que la commanderie de Sainte-Luce possède en cette ville d'Arles, ainsi qu'il conste du verbal sur ce dressé le 2 mai 1759, que le dit Maurizet leur a représenté, dans lequel il leur a fait voir la déclaration générale des biens et domaines dépendants de ladite commanderie qui fut fait alors au dit vénérable grand prieur, ne restant plus que de leur faire voir, suivre et visiter les membres qui ne l'ont pas été, ce qu'il a promis faire moyennant serment prêté en la forme ordinaire et aussitôt les commissaires généraux procèdent à la suite de la visite de la commanderie de Sainte-Luce et des divers membres qui en dépendent et que nous avons énumérés aux pages 32 et 33.

Le revenu général de la commanderie de Sainte-Luce s'élève à la somme de : 29.285 livres.
Les charges, à la somme de : 11.480 livres, 017 sols.
Reste net au commandeur la somme de : 17.804 livres, 19 sols, 5 deniers.

Suivent les ordonnances et la conclusion de la visite générale de la commanderie de Sainte-Luce. Dans cet avis de clôture il est relaté que cette commanderie est jouie actuellement par frère d'Albert Saint-Martin du Chaine, qui en a pris possession depuis le mois de mai dernier et qui en a été pourvu ensuite de l'émutition faite en sa faveur à cause du décès de frère Nicolas Roch du Villages La Salle, qui en était titulaire, lorsque les commissaires commencèrent à procéder à la visite de ladite commanderie. Ceux-ci ont signé et apposé le cachet de leurs armes, à Arles, le 7 juin 1763.

Le 22 novembre 1762, frère Pierre-Paul de Piolenc, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur du Bastit et de Barbentane, et Messire Etienne-André Baud, prêtre du diocèse de Nîmes, bachelier en droit civil et canon, bénéficier de l'église de Saint-Gilles, commissaires et visiteurs généraux de partie de commanderies dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission à eux donnée à Arles par le grand prieur de Piolenc, le 25 octobre dernier, enregistré au commencement du verbal de la visite de la commanderie de Capette, après avoir fini, le 20 du courant, la visite de la commanderie du plan de la Peyre et s'être rendus en la ville de Saint-Gilles, où ils ont séjourné le 21, à cause du dimanche, ils ont résolu de procéder à la visite de la commanderie de Sainte-Anne, démembrée du grand prieuré de Saint-Gilles pour la régale de Messieurs les chevaliers de Provence, par délibération de la vénérable Langue de 1645, autorisée par S. A. E. Monseigneur le grand maître et son sacré-conseil, régie à vie par Messieurs les chevaliers Daudé et Henri de Catelan frères, ensuite du contrat à eux passé le 8 juillet 1741, reçu par Me Jean-Baptiste Monetta, notaire de l'île de Malte, par Messieurs les procureurs de la vénérable langue de Provence, ensuite de ses délibérations et à ces fins ils ont fait avertir les dits sieurs chevaliers de Catelan et Messire Henri de Catelan, chevalier non profès, tant pour lui que pour son frère absent, s'étant présenté, ils le requièrent de leur dire en quoi consiste ladite commanderie de Sainte-Anne.

Membre. Sainte-Anne

Il répond qu'elle consiste premièrement en son chef qui est la métairie de Sainte-Anne, dite la Grand-Cabane d'Argence, terres, herbages et pâturage en dépendant.
Plus en une métairie nouvellement construite dans les terres labourives appelées grande et petite Auriasses tout près le port de Saint-Gilles. Et enfin en un moulin à vent situé hors et proche la ville de Saint-Gilles tout près la maison prieurale et où tous les fermiers du grand prieuré, des commanderies du démembrement et de celles à portées sont obligés de venir moudre aux termes de leurs baux.

Les commissaires visitent d'abord la métairie de Sainte-Anne dite la Grand-Cabane d'Argence, chef de la dite commanderie, éloignée du dit Saint-Gilles d'environ une lieue et demie, située dans la province du Languedoc, terroir de Fourques, confrontant du levant terres du grand mas d'Argence, du midi la rivière du Rhône, du couchant terres du mas de Marsanne et de la Reiranglade et du nord terres du mas de Broussan et de Maillan.

Le produit total du dit membre, affermé par acte du 3 février 1758 reçu par Me Vergier, notaire de Saint-Gilles, à Aurias Michel, François et Pierre Vidal, ménagers du lieu de Bellegarde, s'élève à la somme de 3.446 livres.

Attendu l'heure tardive, les commissaires se sont retirés en la ville de Saint-Gilles à leur retraite accoutumée.
Le procès-verbal est daté du 27 novembre.

Membre. Auriasses

Le 23 novembre, les commissaires sont partis de la ville de Saint-Gilles, en compagnie dudit Me Beuf, leur secrétaire, et dudit sieur chevalier de Catelan, pour se rendre au mas des Auriasses, dépendant de ladite commanderie de Sainte-Anne, située sur le bord du Rhône, proche le port et au terroir de Saint-Gilles, à un quart de lieue de ladite ville, éloignée de son chef d'une grande lieue.
Ce domaine, qui est autour du bâtiment construit à neuf par le chevalier de Catelan, confronte du levant et de long en long la rivière du Rhône, du midi les terres d'Antoine Vidalon, du couchant le chemin allant à la Fosse et du nord le grand chemin.
Le revenu net s'élève à la somme de 556 livres.
Le procès-verbal est daté du 27 novembre.

Membre. Saint-Gilles

Le 23 novembre, les commissaires font la visite du moulin de Saint-Gilles, dépendance de la commanderie de Sainte-Anne, situé près de la ville et sur le chemin allant de la ville au port, éloigné d'environ cent pas de la maison prieurale. Sur la porte du moulin, il y a les armes d'un ancien commandeur. Il est en très bon état ; la mouture se perçoit au six pour cent, ledit moulin n'étant point banal, les fermiers du grand prieuré et commanderie du démembrement y font moudre leurs grains aux termes des conditions de leurs baux.

Il est actuellement affermé à Antoine Vidalon, moyennant la rente annuelle de 250 livres. L'enquête, faite auprès de Me Antoine Roquelain, notaire royal, sieur Jean Jalaguier, bourgeois, et Jean Raimond, négociant, tous habitants de Saint-Gilles, le plus jeune âgé de 45 ans, dit que les dits sieurs chevaliers de Catelan résident en ladite ville de Saint-Gilles, y vivent très régulièrement et administrent en bon père de famille.

Le revenu général de la commanderie de Saint-Anne s'élève à la somme de : 5.752 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 5.073 livres, 11 sols, 8 denier.
Il reste net aux sieurs chevaliers Catelan : 670 livres, 8 sols, 4 deniers.
L'avis de clôture est daté du 27 novembre 1762.

Membre. Saint-Thomas de Trinquetaille

Le 6 juillet 1762, frère Pierre-Paul de Piolenc, commandeur de Bastit et de Barbentane, et maître Jean-Dominique Luponis, prêtre de la ville d'Arles, y habitant, visitent la commanderie de Saint-Thomas de Trinquetaille, jouie par vénérable frère Jacques Armand de Vachon de Belmont, bailly, grand-croix, commandeur dudit Saint-Thomas de Trinquetaille et de Marseille.

Sieur Antoine Lions, bourgeois de la ville d'Arles, procureur dudit baille de Belmont, leur dit que ladite commanderie de Trinquetaille consiste :
Premièrement, en une maison dans la ville d'Arles et en plusieurs censives, tant dans ladite ville d'Arles, son terroir, qu'à Saint-Martin de Castillon. Au mas et tènement du mas Thibert.
A celui de Mourrefrech.
Au membre de Gimeaux.
Au mas d'Authier.
En plusieurs Coussouls, situés dans la Crau, appelés le Luquier, Calissane, le Cougoul, Mouttet, Chatillon, Pallepastous, la Mendoule et Roumigouse.
En un herbage dit Lou Foumeras, au terroir de Notre-Dame de la Mer, le plus souvent couvert d'eau.
En un claux complanté de vignes, situé près le faubourg de Trinquetaille, où anciennement il y avait une église sous le titre de Saint-Thomas, apôtre, qui fut ruinée parles religionnaires.
Plus une autre terre complantée de mûriers, proche ledit enclos.
Et enfin, une terre au Trebon, proche la Cavalerie.

Les commissaires remarquent qu'au mas Thibert il y a une chapelle de dévotion, dans laquelle le bailly fait célébrer la sainte messe, tous les dimanches et fêtes de l'année, pour la commodité de son fermier et domestiques et sans aucune obligation, le service de ladite chapelle étant fait par un père récollet auquel on donne 180 livres, annuellement.
Ils visitent tous les membres dépendants de ladite commanderie dont le revenu général s'élève à la somme : de 26.452 livres.
Et les charges à la somme de : 11.656 livres, 1 sol, 35 deniers.
Reste net au commandeur : 14.795 livres, 18 sols, 95 deniers.

Ils font enfin la remarque que le mas d'Authier est servile à la dame abbesse de Saint-Césaire, aux Augustins, aux bénéficiers de Saint-Trophime, à l'hôpital Saint-Esprit d'Arles et au chapitre de Villeneuve-lès-Avignon, et leur paie une indemnité réglée annuellement à 28 livres, 4 sols, 85 deniers.
L'avis de clôture de la visite est daté du 14 juillet 1762.

Commanderie du plan de la Peyre

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Vauvert - 30


Domus Hospitalis plan de la Peyre
Domus Hospitalis plan de la Peyre

La visite du plan de la Peyre est faite, le 20 novembre 1762, par frère Pierre-Paul de Piolenc et Me Baud, prêtre du diocèse de Nîmes, dont la commission est signée par le grand prieur de Piolenc, le 25 octobre 1762.
La commanderie du plan de la Peyre est jouie par frère Jean-Joseph-Gabriel de Thomas Gignac, chevalier, commandeur du plan de la Peyre et de Cagnac, elle est située en Languedoc, terroir de la ville de Saint-Gilles, diocèse de Nîmes, le long du petit Rhône, éloignée de la Vernède d'un quart de lieue et de la ville de Saint-Gilles d'environ quatre lieues. Sieur Antoine Maurizet, bourgeois de la ville d'Arles, est le procureur dudit commandeur de Gignac, qui a dit que la commanderie du plan de la Peyre ne consiste qu'en un bâtiment et un tènement de terres labourables et herbages.

D'après l'enquête, le commandeur de Gignac fait sa résidence ordinaire en la ville d'Apt, en Provence, et vient de temps en temps à Saint-Gilles pour les affaires de sa commanderie. Il vit en bon religieux et administre sa commanderie en bon père de famille.
Le revenu général est de : 4 600 livres.
Les charges de : 1.257 livres, 14 sols, 5 deniers.
Le revenu net est de : 3.342 livres, 5 sols, 7 deniers.
L'avis de clôture est daté du 26 novembre 1762.

Membre. Petit mas d'Argence

Le 28 juin de la même année, les mêmes commissaires font la visite du petit mas d'Argence, possédé par frère Honoré-François-Xavier de Grille d'Estoublon, chevalier.
Ce petit mas d'Argence est situé dans la province du Languedoc, terroir de Fourques, diocèse de Nîmes, éloigné de la ville d'Arles d'une lieue et demie.
En l'absence du commandeur de Grille, sieur Pierre André, son fermier, a dit aux commissaires que ladite commanderie consiste en un bâtiment et en un domaine de terres labourables, rives, herbages, pâturages et bois, de saules.
Ce domaine avait été presque entièrement couvert de sable lors de l'inondation du Rhône, arrivée le 1er décembre 1755, et grâce aux soins du commandeur, la plupart de ce domaine est aujourd'hui en culture.
Le revenu de la commanderie est de : 1.904 livres.
Les charges sont de : 887 livres, 5 sols, 10 deniers.
Reste net au commandeur : 1.016 livres, 44 sols, 2 deniers.

Commanderie de La Vernède

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Arles, Canton: Saintes-Maries-de-la-Mer - 13


Domus Hospitalis Vernède
Domus Hospitalis Vernède

Les mêmes commissaires firent, le 19 novembre 1762, la visite de la commanderie de La Vernède possédée par frère Louis-Aimé de Catelan la Masquière. La Vernède est située dans la province de Provence, terroir de la ville de Notre-Dame de la Mer, dans la petite ville de Camargue,
éloignée de Capette d'environ une lieue, et de la ville de Saint-Gilles de trois et demie. Sieur Pierre Delpuech, fermier de ladite commanderie, a dit qu'elle consiste en la métairie et au domaine de terres labourables et herbages la joignant.
L'enquête nous apprend que le commandeur de Catelan fait sa résidence ordinaire en la ville de Toulouse, son âge avancé et ses infirmités ne lui permettant pas sans doute de résider sur sa commanderie et ayant obtenu dispense de résidence ; malgré cela ladite commanderie est en très bon état, grâce aux soins de M. le chevalier de Catelan, son cousin, à qui l'administration de la Vernède était confiée.
Le revenu général de la Vernède est de : 4.750 livres.
Les charges sont de : 610 livres, 15 sols.
Reste net au commandeur : 4.139 livres, 5 sols.
L'avis de clôture est daté du 25 novembre 1762.

Membre. La Favillane

Les mêmes commissaires ont fait, le 30 juin 1762, la visite de la Favillane, possédée par frère Joseph Toussaint de Chabrillant de Moreton, chevalier.
Cette commanderie est située au quartier du plan du bourg à environ cinq lieues de la ville d'Arles. Le sieur Maurizet, procureur de frère de Chabrillant, déclare que la dite commanderie consiste en son chef, qui est la métairie de la Favillane, et au tènement en dépendant, plus au tènement appelé de Porte Arnaud et en une censive de 3 livres 12 sols, que M. le conseiller de Faucon fait à la dite commanderie pour raison de la terre dépendante de son tènement du radeau appelé de la vigne, de la contenance de 25 setérées, relevant de la directe de la dite commanderie et dont la dernière reconnaissance fut renouvelée en faveur de M. le commandeur de Chalvet, reçu Me Beuf, notaire de cette ville, le 6 noveri1bre 1636.

Membre. Porte-Arnaud

Le 1er juillet 1762, les mêmes commissaires visitent Porte-Arnaud.
L'enquête nous apprend qu'on n'a vu qu'une fois à Arles le commandeur de Chabrillant, qu'il fait sa résidence ordinaire à Montélimar, qu'il vit en bon religieux et administre bien sa commanderie.
Le revenu de la Favillane est de : 5.055 livres.
Les charges sont de : 614 livres, 4 sols, 1 denier.
Reste net au commandeur : 4.443 livres, 5 sols, 85 denier.

Commanderie de Cavalet

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Cavalet
Domus Hospitalis Cavalet

Le 13 novembre 1761, frère Dominique-Gaspard Balthasar de Gaillard, chevalier profès, commandeur de Valence, et Joseph Ferraud, prêtre, desservant une place dans l'église collégiale de Saint-Gilles, visitent la commanderie de Cavalet, possédée par frère Joseph-Paul de Gautier de Valabre, chevalier, né le 9 décembre 1708. Ils partent de Bellegarde et arrivent à Cavalet, où ils trouvent le seigneur commandeur de Valabre, qui leur dit que ladite commanderie de Cavalet consiste en un seul membre situé dans la province du Languedoc, dans le terroir et juridiction de la ville de Saint-Gilles, d'où il n'est éloigné que d'environ demi-lieue, composé d'un logement pour le fermier, ses valets et bestiaux, et d'un second pour le commandeur, et a un tènement de terres labourables, pâturages et herbages.
Quant au domaine, il consiste en un tènement de terres labourables, où il se sème actuellement 50 salmées blé, et en pâturages et herbages de contenance d'environ 30 salmées, où il peut se nourrir 400 bêtes à laine, y ayant environ 4 salmées de pré et un bois de contenance de 4 salmées, dans lequel il y a diverses allées, où on coupe du foin. Cette commanderie a été démembrée du grand prieuré de Saint-Gilles, par délibération de la vénérable Langue de Provence, et a été bornée et limitée en 1742, et le verbal remis aux archives.
Elle est affermée à Mathieu Borneton, par acte reçu Me Rocquelain, notaire, le 18 juillet 1757, moyennant la rente de 4.300 livres.

D'après l'enquête, le commandeur de Valabre fait sa résidence sur sa commanderie, il vit en bon religieux et administre très bien sa commanderie. Le revenu de Cavalet est de : 4.300 livres.
Les charges sont de : 868 livres, 10 sols, 6 denier.
Reste net au commandeur : 3.431 livres, 9 sols, 6 deniers.
Le secrétaire du procès-verbal est Me Rocquelain, notaire à Saint-Gilles.
L'avis de clôture est daté du 14 novembre 1761.

Commanderie de Capette

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Saint-Gilles - 30


Domus Hospitalis Capette
Domus Hospitalis Capette

Le 18 novembre 1762, frère Pierre-Paul de Piolenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, et Messire Etienne-André Baud, prêtre du diocèse de Nîmes, bénéficiers de l'église collégiale de Saint-Gilles, font la visite de Capette, jouie par frère Joseph de Vignes, chevalier ; ils partent de Saint-Gilles pour se rendre à la commanderie de Capette, située dans la province du Languedoc, le long du petit Rhône, à environ trois lieues de ladite ville de Saint-Gilles.
Jean Michel, fermier de ladite commanderie, déclare que cette commanderie ne consiste qu'en la métairie et au tènement en dépendant. Là se trouve une chapelle touchant le bâtiment du côté du couchant, sous le titre de Notre-Dame de l'Etoile. Le commandeur est obligé d'y faire dire la messe, tous les dimanches et fêtes de commandement, pour raison de quoi le fermier paie, suivant son bail et en sus du prix de ferme, à Messire Bertaud, prêtre, la somme de 150 livres, chaque année ; suit l'inventaire du mobilier de la chapelle, au-dessus de laquelle et sur la muraille du midi se trouve un clocher à une ouïe avec sa cloche pour sonner la messe.
Le domaine consiste en un grand tènement de terres labourables où il se sème annuellement 50 salmées blé, mesure de Saint-Gilles, en des herbes et pâturages, où l'on peut nourrir environ 1.400 bêtes à laine, sans y comprendre le bétail de labour.

En deux bois, l'un appelé de L'Escale et l'autre dit de la Martellière, dont la coupe fut faite ensuite de l'arrêt du conseil de 1745, n'y restant que quelques baliveaux et beaucoup de broussailles ; et tout près du dit bois de L'Escale, il y a des prés appelés aussi de L'Escale, et en outre, il y a les prés dits de Ventabrennes, tous les deux le long de la chaussée, n'y ayant aucune roubine pour les arroser ; tout lequel domaine est joui et uni ensemble, il confronte d'une part et de long en long le Rhône, d'autre part le chemin qui est entre la métairie de Saint-Jean de Barbentane, autrement dit de Liviers, et la terre de la Loubatière tirant droit à Selve Godesque et Tête de Loup, d'autre part l'étang et palud dit de Coutte tirant droit à la torrade du burse et de là à la montille de l'Etoile, faisant la séparation du dit terrain de Capette d'avec le dit étang et palud de Goutte, suivant le rapport de bornage du 8 mai 1688, conservé dans les archives de l'Ordre, confirmé par délibération de l'assemblée provinciale du 9 novembre suivant, le dit domaine confrontant encore du couchant les paluds de la Souteiranne, qui appartiennent à M. le grand prieur de Saint-Gilles, d'autre part le tènement de Claire Farine, où il y a un fossé qui commence sur le bord de la chaussée, où était autrefois une martellière tirant en bas et en droite ligne du côté de la palud, ainsi que contient la terre labourable, et la faisant angle, achève d'enfermer le dit labourage jusqu'à la martellière, où il y a un autre fossé le long du bois, qui est la séparation de Claire Farine, qu'à l'extrémité du dit bois il y a un chemin qui sert de passage au bétail, qui dépait dans la Selve Godesque pour aller abreuver au Rhône, que dans le dit terroir de Capette passe une roubine, qui appartient aux collégiats de Saint-Gilles, servant à dériver l'eau du Rhône et la porter dans le dit étang de Coutte.

Le commandeur de Capette et ses fermiers ont la faculté de faire dépaitre, pendant toute l'année, dans les herbages de Selve Godesque dépendant du grand prieuré de Saint-Gilles, les bestiaux du dit tènement de Capette.
Le commandeur a la juridiction haute, moyenne et basse, mère, mixte et impère, qui est exercée par Messire Jean-Jacques Vergier, avocat en parlement, juge, Me Alexandre Faucher, procureur juridictionnel, et Jean Roger, greffier, tous de Saint-Gilles.

L'enquête nous apprend que le commandeur de Veynes fait sa résidence ordinaire à Valence et qu'on ne le voit à Saint-Gilles que pour les affaires de sa commanderie, qu'il administre très bien, et qu'il vit en bon religieux.
Cette commanderie est affermée audit sieur Michel, suivant le bail à lui passé le 10 juin 1760, notaire Me Michel, de Saint-Gilles, pour quatre ans qui finiront à Saint-Gilles 1764, à la rente sûre et certaine pour chaque année de : 10.710 livres.
Les charges s'élèvent à : 2.237 livres, 4 sols.
Reste net au commandeur : 8.472 livres, 16 sols.
L'avis et la clôture sont datés du 24 novembre 1762.

Commanderie de Saliers

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Arles - 13


Domus Hospitalis Saliers
Domus Hospitalis Saliers

Le 14 novembre 1763, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Saliers, jouie par vénérable frère Antoine de Blacas d'Aups, bailly, grand-croix de l'Ordre, né le 22 avril 1700.
Leur commission est signée par le grand prieur de Piolenc, contresignée par Me Giraud, son secrétaire, et datée d'Arles du 12 novembre 1763.
Me Mathieu Beuf, notaire royal de la ville d'Arles, procureur dudit bailly d'Aups, déclare que ladite commanderie consiste premièrement en son chef qui est la métairie de Saliers.
Au membre de la Cabanette.
Au membre d'Aurisset.
Au membre de la Vigne.
Au membre des Jasses du Baron.
En la maison d'Arles.
Au Bourdigon de Seguret dans l'étang du Martigue, proche la tour de Bouc.
En une censive de 20 cétiers blé sur le fief de Figarès.
En quatre coussouls en Crau, deux dans le terroir d'Arles appelés Menudelle et Ventillor, et deux dans le terroir de Fos appelés les Tapies et Valeignette.
En des directes au Martigue, à Fos et à Saint-Mitre.
En la coseigneurie pour un tiers du fief de Boismeaux.
Aux deux onzièmes du péage de la terre et seigneurie du Baron.
En des directes sur les Cartons (1) de la Furane, terroir d'Arles, qui sont établies par la transaction passée entre l'Ordre et la communauté d'Arles en 1673, et en quelques autres directes au terroir de Notre-Dame de la Mer.
1. Cartons, grandes et petites cabanes en Camargue.

C'est le 15 novembre que les dits commissaires, en compagnie de Me André Franconi, notaire de la ville d'Arles, leur secrétaire, et de Me Beuf, procureur du commandeur, partent d'Arles pour se rendre au grand mas de Saliers, éloigné de ladite ville d'environ deux lieues et situé par son terroir, dans l'île de la Camargue, au quartier de la Corrège.
Et y étant arrivés, le dit Me Beuf, sur leurs réquisitions, leur a dit que le dit chef consiste en une chapelle de dévotion, sans aucune obligation de service, en un bâtiment composé d'un logement pour le seigneur commandeur et de celui pour le fermier et écuries.
Suit l'inventaire de la chapelle et du logement du commandeur.
Quant au domaine, il consiste en un grand terroir contigu, composé de terres labourables, vignes, herbages, paluds et pêcheries. On y sème environ 330 setiers de tous grains, on y nourrit, tant dans les herbages du dit membre que dans ceux du mas de la Vigne, Aurisset et Cabanette, qui sont unis et exploités par le même fermier, environ 2.000 bêtes à laine et tous les bestiaux de labour, les terres de l'ancienne cabane de Bayan aujourd'hui en herbages étant comprises dans le domaine du dit chef, qui confronte du levant le domaine dotal à Madame la baronne d'Ansouis et celui de la dame veuve Brun, draye Esmeline entre deux, allant au Rhône, du midi le tènement de Saint-Césaire et partie de celui du mas de la Vigne, du couchant le tènement de la Cabanette, et du nord la rivière du Rhône.

Le moulin de Saliers, éloigné du bâtiment du chef d'environ un demi-quart de lieue, est situé près le fleuve du Rhône et bâti au-dessus de la prise de la roubine, l'écluse de cette roubine étant placée au nord des fondements du dit moulin, sur la porte duquel sont les armes du vénérable bailly de Demandols.
A quelques pas de distance du moulin, du côté du levant, se trouve le logement du meunier et du commis au poids de la farine.

La Cabanette, éloignée de son chef d'un quart de lieue, est située dans le terroir d'Arles et tout près du port de Saint-Gilles. Il consiste au bâtiment pour le logement du garde bois, composé d'une cuisine et d'une autre pièce à côté servant d'écurie. Dans la cuisine est un degré en bois par lequel on monte aux deux pièces qui sont sur la cuisine et sur l'écurie. Au-devant du bâtiment est une petite pièce autrefois un volailler, aujourd'hui servant de logement aux terraillons, y ayant au fond une cheminée avec son manteau et tuyau en briques en bon état.

L'Aurisset, dans le terroir d'Arles, éloigné de son chef d'environ trois quarts de lieue, consiste au bâtiment servant de logement aux fermiers, ses valets et pour ses bestiaux.

Le domaine consiste en terres labourables, où l'on peut semer, année commune, environ 70 setiers de blé et 30 setiers seigle ou avoine, et en des herbages, qui sont affermés et confondus avec ceux du chef, dans lequel domaine est compris celui anciennement appelé les Aubettes.
Le tout confronte du levant le tènement de Figarès, du midi herbages, et marais du chef, du couchant le tènement du mas de la Vigne dépendant de la commanderie, et du nord le fleuve du Rhône ; dans ce tènement il y a une vigne d'environ quatre stérées, près du bâtiment et entre lui et la chaussée du Rhône.

Le mas de la Vigne, éloigné d'une demi-lieue de l'Aurisset et d'une lieue de son chef, consiste en un bâtiment assez complet. Le domaine consiste en des terres labourables, où l'on sème environ 100 setiers de blé ou seigle, et confronte d'une part les herbages du mas du Juge, gabin entre deux, d'autre part le fleuve du Rhône, et des deux autres parts les herbages de l'Aurisset et du grand mas de Saliers ; et en une vigne et deux prairies.
Attendu l'heure tardive, les commissaires sont allés prendre retraite au château du Baron, distant d'un quart de lieue dudit membre.

Le lendemain, 16 novembre, ils vont visiter les Jasses du Baron, distant du château d'une petite demi-lieue, et de son chef d'environ une lieue et demie, situé en Camargue, terrain de la ville d'Arles.
Ce membre est possédé, par tiers, par le vénérable commun trésor de l'Ordre, comme ayant été pris en collocation sur M. de Roustargues, seigneur du Baron, pour arrérages de tasque (1) dus à feu le vénérable bailly de Demandols, commandeur de Saliers, comme coseigneur, pour un tiers, du fief de Boismeaux, le second tiers est uni à la commanderie de Saliers par décret du sacré conseil rendu à la poursuite dudit vénérable bailly d'Aups, et est le même sur lequel ledit feu vénérable bailly de Demandols fut colloqué sur les biens dudit seigneur de Roustargues, comme cessionnaire des droits du sieur doyen de Tarascon, autre coseigneur dudit fief de Boismeaux, et le troisième tiers est possédé par les R. P. prêcheurs de ladite ville d'Arles, aussi coseigneurs, pour un tiers, du même fief de Boismeaux et le vénérable bailly d'Aups jouit du tiers du vénérable commun trésor, moyennant une rente de 514 livres, qu'il paie à chaque seconde fête de Pâques. 1. Droit féodal appelé quelquefois douzain ou vingtain.

Ce membre consiste au bâtiment assez complet. Le domaine consiste en un tènement de terres labourables, herbages et petit marais possédé par commun et indivis, comme il y a été dit ci-dessus.
On peut y semer annuellement environ 120 setiers de blé et 10 setiers d'avoine et on y peut nourrir 250 bêtes à laine outre les bestiaux nécessaires au labourage et une vigne de quatre ans de sept stérées.

Ce domaine confronte du levant terres du Baron et du mas du sieur Ranchier, du midi les patis de Grouyère et de la Trinita, du couchant ledit pati de la Trinita et terres du mas d'Alivon, petit chemin entre deux, et du nord le fleuve du Rhône.

Il dépend dudit membre quatre différentes pensions sur ledit corps des chaussées des Jasses du Baron montant en tout 255 livres, et une autre pension sur le domaine de Tages, possédé par M. d'Avignon, de 192 livres, 14 deniers, 2 sols, à chaque quatrième septembre.

Il dépend de ladite commanderie de Saliers, les deux onzièmes du péage du château, terre et seigneurie du Baron, tant par eau que par terre, le restant dudit péage appartenant au sieur marquis de Piquet, possesseur de la dite terre et seigneurie du Baron, et ladite portion de péage concernant ladite commanderie n'est pas actuellement affermée et peut rendre actuellement 90 livres.

Les commissaires visitent les chaussées de Saliers en face des membres de Saliers, la Cabanette, Aurisset et mas de la Vigne, où elles sont entretenues en propre, et les ayant suivies dans toute leur longueur, qui est d'environ deux lieues et demie, ils les ont trouvées dans le meilleur état d'entretien, tous les ouvrages neufs, qui y ont été faits par le vénérable bailly d'Aups depuis sa jouissance, étant entrés en grand nombre tout garnis de pierres de rocher, et même pavées aux endroits, où les tirages de sel passent, tandis qu'avant la jouissance du dit vénérable bailly d'Aups, on ne les garnissait qu'avec du bois de tamaris ; pour faire ces réparations, le commandeur d'Aups a été obligé de faire à la vénérable chambre du commun trésor deux emprunts, l'un de 12.000 livres, dont le remboursement finira cette année, emprunt qui fut demandé dans des circonstances les plus critiques, et le second en pareil cas vient de lui être accordé pour la continuation d'un éperon au-dessus du moulin, pour empêcher l'emportement de ce même moulin et arrêter les dégradations de la rivière, qui menaçait de prendre son cours à travers le domaine de cette commanderie et de le séparer en deux.

Ils ont visité l'éperon qu'on construit du côté du moulin, il est déjà assez avancé et par l'inspection du local ils ont connu la nécessité de cette nouvelle œuvre et on doit s'en promettre le succès qu'on s'est proposé, ledit Me Beuf leur ayant assuré qu'il a une commission particulière adressée à Messieurs les chevaliers de Parade et commandeur de Grille pour direction de cette nouvelle œuvre et pour la distribution des sommes nécessaires jusques à l'entière perfection.

Quant au procès entre le feu sieur commandeur de Grimaldy et les sieurs sindics du corps de la Corrège, il n'y a eu aucune poursuite depuis la mort dudit feu sieur commandeur de Grimaldy, à cause du bon entretien des dites chaussées depuis la nouvelle administration du commandeur d'Aups.

Après cette visite, les commissaires sont retournés à Arles, et le lendemain, 17 novembre, ils vont à la maison située dans cette ville d'Arles, à côté de l'église de l'hôtel prieural. Cette maison confronte du levant et midi deux rues, du couchant ladite église et en partie l'hôtel prieural, et du nord le fleuve du Rhône. Cette maison est affermée à Mr de Loinville, moyennant la rente de 120 livres, l'écurie et grenier à foin par-dessus au dit Me Beuf pour 30 livres, et la grande remise au commandeur de Piolenc moyennant la rente de 75 livres, faisant en tout la somme de 225 livres.

La coseigneurie de Boismeaux dépend de la commanderie de Saliers pour un tiers, les autres deux tiers étant jouis par le seigneur-doyen de Sainte-Marthe de la ville de Tarascon, et par les R. P. prêcheurs d'Arles. Les droits seigneuriaux dudit Boismeaux consistent en la directe universelle de tout le terroir d'Arles et partie dans le terroir de Notre-Dame de la Mer, en la tasque au douzain des blés, autres grains et salicots, sous la déduction de la dîme seulement et au sixain des herbages, lorsque les emphytéotes les vendent.

Il dépend aussi de la même commanderie un fief situé dans le terroir de Notre-Dame de la Mer, qui consiste en la directe sur un terroir appelé le petit Frigoulet, contenant 60 stérées en semence, possédé par Jacques Bénétin et Nicolas Lombard, qui n'ont pas reconnu depuis le 14 septembre 1733, notaire Me Chabert de ladite ville de Notre-Dame de la Mer.

Il dépend encore de la commanderie de Saliers quatre coussouls en Crau, qui ne sont que des pâturages remplis de cailloux, sans terres labourives, plantatives, ni bâtiment, n'y ayant seulement que deux cabanes, que les fermiers se remettent à l'estime des uns aux autres, et en deux puits pour l'abreuvage des bestiaux : le premier appelé Valeignette (1), situé dans le terroir d'Arles, contenant 826 stérées, 36 dextres et demi, dans lequel il y a une cabane et un puits, confronte du levant le coussoul de Valeigne (2) du sieur comte de Biord, du midi celui de la Fossete et la Pisserote, du couchant celui du Cougoul et de bise celui de la Figueirasse, appartenant à M. le conseiller Francony.
1. Aujourd'hui Valignette, coussou en Crau, limite de Foz, commune d'Arles.
2. Aujourd'hui Valigne, coussou en Crau, commune d'Arles.


Le second appelé Menudelle, aussi dans le terroir d'Arles, contenant 807 stérées, 47 dextres, confronte du levant le coussoul de la Brune, du midi ledit coussoul et celui de la Fossete, du couchant celui de Valeigne dudit sieur de Biord, et du nord le coussoul de la Brune du sieur de Faucon ; le troisième appelé les Tapies, situé au terroir de Fos, contenant 474 stérées, 11 dextres, dans lequel il y a une cabane, et confronte de toutes parts le sieur d'Arensac par les coussouls appelés les Tierces, les Tapies de Fos et le pati de Fau.

Le quatrième appelé de Ventillon, situé audit terroir de Fos, contenant 1.418 stérées, 60 dextres et demi, confronte du levant les terres de M. d'Arcussiac, du midi ledit coussoul et le pati de Fos, du couchant terres du Roi, appartenant à M. le marquis d'Alenc, et la Fossete, et de bise ledit coussoul de la Fossete.

Quoique Messieurs les précédents visiteurs n'aient pas jugé à propos de se transporter sur lesdits coussouls par les raisons déduites en leur verbal, les visiteurs d'aujourd'hui ont cru nécessaire d'en faire la visite locale, qu'ils ont renvoyée au lendemain 18 novembre.

Ces coussouls sont distants de la ville d'Arles d'environ quatre lieues et ne consistent qu'en pâturages remplis de cailloux, et sont affermés aux sieurs Pierre et Antoine Peiras frères, négociant, de cette ville d'Arles, pour six années commencées à Saint-Michel dernier et moyennant la rente de 3.800 livres, suivant l'acte du 22 décembre 1762, aux écritures dudit Me Beuf.

Le même jour les visiteurs se sont rendus au village de Fos, qui est éloigné des coussouls d'une lieue, qui consiste aux ruines d'une ancienne chapelle dans le village au quartier appelé le Faubourg, au couchant de laquelle et peu éloigné se trouvent quelques petites maisons, qui sont de la directe de la commanderie, terminées par une croix posée sur une colonne dans une place appelée de Saint-Jean.

Le même jour les commissaires se sont transportés au port de Bouc, où ils sont entrés dans le bateau pour se rendre au Bourdigon de Seguret, dépendant de la commanderie de Saliers, situé entre ledit port de Bouc et l'étang de Caronte, à environ une petite lieue dudit Fos, et y étant arrivés, ledit Me Beuf leur déclare que ledit Bourdigon consiste en un canal dans lequel le vénérable bailly a droit de faire planter des cannes dans l'eau soutenues par des piquets, en certaines saisons de l'année, pour y pêcher le poisson, et qu'il confronte celui de Jean Brillan, celui de Guelesèche.

Il dépend encore dudit Bourdigon un petit bâtiment et une langue de terre au levant et au couchant. Les commissaires, étant rentrés dans leur bateau, ont visité le canal dudit Bourdigon, qui leur a paru avoir peu de profondeur d'eau, au lieu que celui de M. de Villars, qui est tout près de celui-ci, a environ 10 à 12 pans d'eau, ce qui le rend bien plus poissonneux que celui de ladite commanderie.
Le revenu dudit Bourdigon est affermé au sieur Couture, moyennant la rente annuelle de 39 livres.

Les censives du Martigue et son terroir, des lieux de Fos et de Saint-Mitre et son terroir, étaient affermés à Me Amiel, du Martigue, moyennant la rente annuelle de 100 livres.

Toute la commanderie est jouie noblement par l'Ordre, franc et exempt de dîmes, tailles et autres impositions, excepté le domaine des Jasses du Baron, qui paie la dîme, à raison de vingtain, au sieur prieur du Baron. Les commissaires se sont alors retirés en la ville du Martigue, où ils prirent retraite au logis, où pend pour enseigne Sainte-Anne. Le lendemain ils retournèrent en la ville d'Arles, où ils n'ont pas cru nécessaire de faire une enquête sur la vie et mœurs du vénérable bailly d'Aups, attendu qu'il réside au couvent et qu'il n'est pas venu sur sa commanderie depuis qu'il en est pourvu.

Voici le revenu général de la commanderie de Saliers :
Le grand mas de Saliers, ceux de la Cabanette, Aurisset et mas de la Vigne avec le moulin à vent, les pêcheries, palud et facultés en dépendant, sont affermés conjointement aux sieurs Jean et Jacques Armentier frères, de la ville de Saint-Gilles, par contrat du 28 juin 1762, aux écritures de Me Beuf, notaire, à la rente, pour les herbages, de 6.500 livres, en argent et à la moitié des grains qui peuvent rendre, année commune, la somme de cinq mille livres et en tout 11.500 livres.
Les quatre coussouls de Crau sont affermés aux sieurs Pierre et Antoine Peiras frères, négociants, suivant l'acte du 22 décembre 1762, aux écritures de Me Beuf, à la rente de : 3.900 livres.
La rente de 20 setiers blé du fief de Figarès peut rendre année commune : 140 livres.
Les droits seigneuriaux du fief de Boismeaux et des cartons de la Furane non affermés, environ : 200 livres.
Les droits seigneuriaux du Martigue, Fos et Saint-Mitre et dépendances ensemble le Bourdigon de Seguret : 139 livres.
Les deux onzièmes du péage du Baron ne sont point affermés et rendent annuellement : 90 livres.
La partie de la maison d'Arles, qui est louée à M. de Loinville, et l'écurie, grenier à foin et remise, moyennant : 225 livres.
Le revenu des Jasses du Baron consiste en quatre pensions sur le corps des chaussées payables le 5 mai, 1er et 12 octobre et 10 décembre de chaque année 245 livres, dont la moitié pour le tiers réunis à ladite commanderie revient à : 122 livres 10 sols. Pension du domaine de Tages 192 livres, 14 sols, 2 deniers, la moitié est : 96 livres, 7 sols, 1 denier.
Les herbages sont affermés en total aux sieurs Jean et Jacques Orcel, père et fils, par acte du 5 mai 1761, aux écritures dudit Me Beuf, à la rente de : 2.000 livres, le tiers revenant au vénérable bailly est de : 666 livres, 13 sols, 4 deniers.
La récolte peut produire, année commune, 2.000 livres, dont le tiers est de : 800 livres.
Revenant la somme totale du produit de la commanderie à celle de : 17.889 livres, 10 sols, 5 deniers.

Voici les charges de ladite commanderie.
Elle paie au commun trésor pour les charges extraordinaires, savoir :
Responsions : 884 livres, 9 sols, 4 deniers.
Capitation : 365 livres, 11 sols, 5 deniers.
Taxe des vaisseaux : 367 livres, 6 sols, 11 deniers.
Décimes : 438 livres, 16 sols, 18 deniers.
Caisse commune : 35 livres, 0 sol, 8 deniers.
Archivaire : 9 livres.
Totale des dites charges : 2.100 livres, 5 sols.

Pour les charges extraordinaires savoir :
Double capitation : 365 livres, 11 sols, 5 denier.
Vingtième denier : 609 livres, 5 sols, 9 deniers.
Pour le tiers de la nouvelle imposition établie par décret du Conseil d'Etat complet : 1.238 livres, 8 sols, 6 deniers.
Totales des charges extraordinaires : 4.313 livres, 10 sols, 8 deniers.

Pensions à Messieurs les chevaliers :
Brut : 1.070 livres, à M. le chevalier de Blacas Verignon : 716 livres.
Brut : 319 livres, à M. le chevalier Alexandre de Blacas : 702 livres, 18 sols, 4 deniers.
Brut : 200 livres, à M. l'abbé Rayberty : 113 livres, 10 sols, 6 deniers.
Brut : 225 livres, à M. le commandeur de Baumont : 127 livres, 14 sols, 4 denier.
Brut : 285 livres, à M. le chevalier de Glandevès : 161 livres, 15 sols, 4 deniers.
Brut : 160 livres, à M. le chevalier de Charmail : 90 livres, 16 sols, 4 deniers.
Brut : 225 livres, à M. le commandeur de Revel : 125 livres, 14 sols, 4 deniers.
Brut : 150 livres, à M. le chevalier d'Isnard : 85 livres, 2 sols, 10 deniers.
Brut : 250 livres, au frère Grégoire Caslade : 141 livres, 18 sols, 1 deniers.
Brut : 2,884 livres : A reporter : 2.261 livres, 07 sols, 37 deniers.
Brut : 360 L, à M. le chevalier Jacques de Sartoux : 204 L, 6 s. 10 d.
Brut : 150 L, à M. le chevalier de Blain du Poet : 85 L, 2 s. 10 d.
Brut : 150 L, au prêtre Lombard Brut : 85 L, 2 s. 10 d.
Brut : 180 L, à M. le chevalier de Javon Jaze : 102 L, 3 s. 4 d.
Total pensions des chevaliers
Brut : 3.724 Livres. Net : 2.737 Livres, 20 sols, 71 deniers, 5.

Charges locales :
Au prêtre qui dessert la chapelle de Saliers pour les honoraires dudit service : 120 Livres.
Au garde terres, non compris ce que le fermier de Saliers est tenu de lui donner selon le bail : 120 Livres.
La pension de 40 setiers blé que la dite commanderie fait annuellement à l'archevêque d'Arles évaluée année commune à : 320 Livres.
L'aumône de 5 setiers blé à l'hôpital évaluée : 40 Livres.
L'entretien des chaussées de Saliers peut coûter chaque année environ : 1.800 Livres. Le membre des Jasses du Baron est imposé annuellement aux chaussées dudit quartier pour la portion dudit seigneur bailly : 405 Livres, 11 s. 2 d.
Total des charges locales : 2.805 livres, 11 s. 2 d.

Récapitulation des charges : 9.363 livres, 7 s. 9 d.
Le revenu général s'élève à la somme de : 17.879 livres, 10 s. 5 d.
Les charges générales s'élèvent à la somme de : 9.363 livres, 7 s. 9 d.
Il reste net au commandeur la somme de : 8.516 livres, 2 s. 8 d.

Suivent les ordonnances touchant la visite de la commanderie de Saliers, ainsi que l'avis et clôture signés du sceau des armes du chevalier de Piolenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, et d'Etienne-André Baud, prêtre du diocèse de Nîmes et bénéficier de l'église collégiale de Saint-Gilles, et portant la date du 21 novembre 1763.

Le 9 décembre 1761 (1), le frère Dominique-Gaspard Balthasar de Gaillard, chevalier profès de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Valence, et Joseph Ferrand, prêtre desservant un bénéfice dans l'église collégiale de Saint-Gilles, commissaires et visiteurs généraux de partie des commanderies dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission à eux donnée par frère Henri-Augustin de Piolenc, grand prieur de Saint-Gilles, commandeur de Bordères et Peyrolles, datée d'Arles, le 10 novembre dernier, après avoir, cejourd'hui matin, couché leur verbal de visite des membres de Saint-Jean de Barbentane et Soliech, ont résolu de procéder à celle de la commanderie de Montpellier, possédée à titre d'améliorissement par frère Thomas d'Aurel, chevalier ; et à cet effet, cejourd'hui après-midi, ils font appeler le sieur François Michel, Me chirurgien, habitant de la ville de Montpellier, chargé des affaires dudit sieur commandeur.
l. La différence de date vient de ce que nous avons voulu conserver l'ordre, suivant lequel sont inscrits les procès-verbaux des visites dans le registre second. Archives de la famille Beuf-de-Gorsse mises à notre disposition.

Commanderie de Montpellier Département: Hérault, Arrondissement et Cantons: Montpellier - 34


Domus Hospitalis Montpellier
Domus Hospitalis Montpellier

Ledit Michel leur déclare, après la prestation du serment, que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en chef surnommé le Grand et le Petit Saint-Jean de Montpellier.
Au membre de Lonac (Launac).
Au membre de Saint-Jean d'Esclapas.
Au membre d'Endos.
Au membre de Vauguières.
Au membre de Carnon.
Au membre de Bannières.
Au membre de Lunel.
Au membre du Moulin Bernard.
Et finalement au membre de Massillargues.
Et aux directes de ladite commanderie.

Le chef consiste en une église sous le titre du Petit Saint-Jean de Montpellier, située dans cette ville, rue du Petit Saint-Jean, et desservie par quatre prêtres, l'un desquels a le titre de sacristain. Tous les quatre sont pourvus par le sieur commandeur, qui seul a le droit de leur accorder des provisions avec réserve de pouvoir les destituer, toutes les fois que bon lui semble, le tout suivant et conformément à la fondation faite par frère Girard de Manas, confirmée par le chapitre provincial tenu et célébré au grand prieuré de Saint-Gilles, au mois de mai 1547, et l'arrêt du Parlement de Toulouse du 1er avril 1664, rendu entre le feu sieur commandeur de La Valette et le sacristain et prêtres d'alors. Ils sont reçus à la porte de cette église par messire Jean Daudet, prêtre sacristain, Me Pierre Ratier, Me Joseph Terrier et Me Jean Rouch, tous quatre prêtres et collégiats, desservant ladite église.

Suit l'inventaire de l'église et de la sacristie.
L'obligation des collégiats consiste à célébrer une messe chaque jour dans ladite église et deux chaque dimanche et fête de commandement, de chanter une grande messe avec diacre et sous-diacre le jour et fête de saint Jean-Baptiste, d'exposer, ledit jour, le Très Saint-Sacrement et de fournir le luminaire de ladite église.

Leur rétribution consiste à la somme de 300 livres, imposée sur la trésorerie de la Camargue, terroir d'Arles, jadis possédée par le sieur Percin, de ladite ville, et aujourd'hui par les héritiers de feu Monseigneur de Janson, archevêque d'Arles, laquelle pension leur est aujourd'hui payée par M. Bon, ci-devant premier président en la cour des aides de cette ville.

Plus en une pension de 40 livres, qui était anciennement de 50 livres, payée par le sieur Grégoire, marchand, de Montpellier, suivant l'acte reçu par Me Gardet, notaire dudit Montpellier.
Ils ne jouissent plus de l'enclos du petit Saint-Jean que le sieur commandeur a réuni au domaine de sa commanderie.

Le clerc qu'ils fournissaient autrefois et qu'ils entretenaient, l'est à présent par ledit sieur commandeur. Il se présente devant les commissaires et s'appelle Jacques Questan ; le commandeur lui cède pour ses émoluments les profits du puits, qui est dans l'enclos dudit petit Saint-Jean, c'est-à-dire environ 36 livres, annuellement.

Dans le sanctuaire de l'église, du côté de l'évangile, se trouve le tombeau du frère commandeur de la Valette, et dans la nef, du côté de l'épitre, un marbre noir enchâssé dans le mur avec quelques ornements sculptés et l'épitaphe du feu sieur commandeur de Brullard Janlis.

Me frère Daudet a été pourvu par le sieur commandeur de Garniet, le 13 septembre 1736. Ledit Me Ratier, par Me Beut, procureur de M. le chevalier de Thaon de Revel, receveur et procureur général au grand prieuré de Saint-Gilles, le 16 juillet 1742 ; ledit Me Terrier, par le sieur commandeur de Piolenc, le 17 novembre 1748, et ledit Me Rouch, par le sieur commandeur de Piolenc, le 19 mai 1750.

Le revenu général de la commanderie de Montpellier s'élève à la somme de : 15.900 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 2.547 livres, 1 s. 5 d.
Reste net au commandeur : 13.352 livres, 18 s. 7 d.
Les ordonnances et la conclusion de la visite sont datées de Montpellier du 16 décembre 1761 et scellées du sceau des armes des commissaires visiteurs.

Commanderie de Barbentane

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement: Arles, Canton: Châteaurenard - 13


Domus Hospitalis Barbentane
Domus Hospitalis Barbentane

Le 12 novembre 1761, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Barbentane, en compagnie de Me Pierre Rocquelain, notaire de Saint-Gilles, secrétaire de l'Ordre. Ils se rendent à Bellegarde où ils ont mis pied à terre chez le sieur Bascoul, hôte du logis, où pend pour enseigne Saint-Nicolas ; là, ils mandent le sieur Jacques Barrière, fermier du membre de Saint-Jean de Barbentane, situé dans le terroir dudit Bellegarde.
Celui-ci leur déclare que ladite commanderie consiste :
Premièrement en son chef qui est une métairie appelée Saint-Jean de Barbentane, située près de Bellegarde, Aux deux moulins de Bellegarde. Au membre de Liviers.
Et au membre de Soliech.

Le 30 mai 1763, le frère Chrysostome de Gaillard d'Agoult, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Poët-Laval, et Me Jean-Dominique Luponis, prêtre du diocèse de Glandevès, résidant en la ville d'Arles, commissaires et visiteurs généraux nommés par Henri-Augustin de Piolenc, grand prieur de Saint-Gilles, visitent le mas de Liviers dépendant de la commanderie de Barbentane, jouie à titre d'échevissement par frère Pierre-Paul de Piolenc.
Celui-ci leur déclare que ledit mas de Liviers ne consiste qu'aux bâtiments ou logement du fermier et de ses bestiaux, et en un domaine de terres labourables et quelque peu d'herbages, le tout situé en Languedoc, terroir de Saint-Gilles, le long du petit Rhône.

Après cette déclaration, ils partent de la ville d'Arles le même jour, en compagnie du sieur de Piolenc et de leur secrétaire, et vont prendre retraite à Espeiran, terre dépendante de l'abbaye de Saint-Gilles, pour être plus à portée de faire, le lendemain, la visite dudit membre de Liviers.

Membre. Mas de Liviers

Et le lendemain, 31 mai 1763, ils se rendent au mas de Liviers, distant d'environ trois lieues dudit Espeiran, de quatre de la ville de Saint-Gilles, et d'environ cinq du chef-lieu de ladite commanderie de Barbentane.
Le domaine consiste en un terrain contigu, où l'on sème annuellement 10 salmées blé et où l'on peut nourrir 600 bêtes à laine, et confronte du levant le terroir de Negou-Roumieu, dépendant de la commanderie, de Capette, chemin entre deux, du midi de long en long la rivière du Rhône, du couchant le terroir de la commanderie du plan de la Peyre, draye de Massillargues entre deux, et du nord le terroir de Selve Godesque.
Le revenu général de la commanderie de Barbentane s'élève à la somme de : 6.400 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 538 livres, 1 sols, 1 denier.
Reste net au commandeur : 5.861 livres, 19 sols, 11 deniers.
La conclusion de la visite est datée d'Arles, le 1er juin 1763.

Le 22 janvier 1762, le frère Chrysostome de Gaillard d'Agoult, commandeur de Poët-Laval, et Pierre Moutte, prêtre agrégé de l'église prieurale Saint-Jean d'Aix, sont nommés par le grand prieur de Piolenc pour faire la visite de Saint-Jean d'Aix, possédé par frère Jean-Baptiste de Viguier, prêtre conventuel de l'Ordre. Celui-ci leur déclare que ledit prieuré consiste en général :
Premièrement à l'église prieurale dite de Saint-Jean.
Plus à la maison prieurale attenant ladite église et ses dépendances.
Plus à la chapelle dite de Sainte-Catherine dans l'enceinte de la ville d'Aix.
Plus à une maison joignant, écurie, cave, grenier à foin attenant ladite chapelle.
Plus à un moulin à huile, écurie et grenier à foin.
Plus à neuf maisons et boutiques dans l'enceinte dudit prieuré.
Plus à une tour qui est adossée au derrière du sanctuaire de l'église donnant dans la rue de la porte Saint-Jean.
Plus à la métairie dite de Moissac et ses dépendances dans le terroir d'Aix.
Plus à plusieurs censives et directes, tant en cette ville d'Aix, son terroir, qu'à celui de Berre, en argent et en blé et à des fondations. Le bénéfice est rempli par frère Jean-Louis Giraudenc, conventuel de l'Ordre.
A part l'argenterie qui appartient au prieuré d'Aix, se trouve déposé dans les sacristies du prieuré l'argenterie de l'église et sacristie de Marseille.
Le frère Jean-Baptiste de Viguier a été nommé audit prieuré par le grand maître Emmanuel Pinto, en suite de la démission faite entre ses mains par frère Melchior Alphéran, ainsi qu'appert des bulles à lui expédiées le 28 décembre 1744, en vertu desquelles il fut mis en possession dudit prieuré, le 4 du mois de juin suivant.

La sacristie, dont est pourvu le frère Jean-Louis Guiraudenc, sacristain, est la seconde dignité de l'Eglise et a la collation du sieur commandeur d'Aix. Sur la démission de son prédécesseur, faite entre les mains du grand maître frère, Dom Antoine Manoël de Vilhena, le frère Guiraudenc fut pourvu dudit bénéfice par le même grand maître, le 3 mars 1732, et prit possession le 10 juin 1733.
Le revenu général de cette commanderie Saint-Jean d'Aix s'élève à la somme de : 6 657 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 684 livres, 17 s. 5 d.
Reste net au prieur : 5.972 livres, 2 sols, 8 deniers.
Les ordonnances sont datées du 29 janvier 1762.

Commanderie d'Avignon

Département: Vaucluse, Arrondissement et Cantons: Avignon - 84


Domus Hospitalis Avignon
Domus Hospitalis Avignon

Le 30 novembre 1761, les mêmes commissaires visitent la commanderie d'Avignon possédée par le frère Michel de Montolieu, dont le procureur, Me Pierre-Joseph Cairanne, notaire apostolique, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est à Avignon.
Plus au membre de Graveson.
Plus au membre de Rognonas.
Plus aux membres et fiefs de Tarascon, Châteauneuf-de-Gadagne, Barbentane, Châteaurenard et Maillane.
Plus au membre de la Motte.
Plus au membre d'Orange.
Plus au membre de Lardies.
Plus au membre de l'Hospitalet.
Plus au membre de Filloules, de la Chaux, Saint-Vincent et Céderon.
Plus au prieuré de Montoulieu.
Plus au prieuré de Brantès.
Et finalement au membre de Saint-Maurice, près Saint-Savournin.
Le revenu général de la commanderie d'Avignon s'élève a la somme de : 16.925 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 4.226 livres, 14 s. 5 d.
Reste net au commandeur : 12.697 livres, 05 s. 7 d.
Les ordonnances sont datées de Saint-Savournin, le 21 décembre 1761.

Le 22 décembre 1761, les mêmes commissaires visitent la commanderie de Joucas possédée par frère Jean Porry, conventuel, et située dans la province de Provence, au diocèse d'Apt. Ils arrivent à Apt le même jour, où ils prennent retraite chez un nommé Anselme, au cabaret où pend pour enseigne les trois Maries.

Commanderie de Joucas

Département: Vaucluse, Arrondissement et Canton: Apt - 84


Domus Hospitalis Joucas
Domus Hospitalis Joucas

Ils se rendent à Joucas, éloigné d'Apt d'environ trois lieues. Là, ils trouvent sieur Joachim Raimond, bourgeois de Saint-Martin de Castillon, procureur dudit sieur commandeur Porry.
Celui-ci leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Joucas.
Plus au membre d'Eygalages.
Plus au membre de Saint-Pierre Avesc.
Et finalement au membre de Ribiès et directes de Sisteron et autres lieues.
Le revenu de la commanderie de Joucas s'élève à la somme de : 3.459 livres.
Les charges s'élèvent à la somme de : 718 livres, 7 s. 6 d.
Reste net au commandeur : 2.740 livres, 12 s. 6 d.
Les ordonnances et les conclusions sont datées de Joucas, du 28 décembre 1761.

Commanderie d'Astros

Département: Var, Arrondissement: Draguignan, Canton: Vidauban - 83


Domus Hospitalis Astros
Domus Hospitalis Astros

Le 6 février 1762, les mêmes commissaires visitent la commanderie d'Astros, située dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Provence, et trouvent là Me Pierre Claude Allaman, secrétaire de l'Ordre, procureur de M. le chevalier d'Albert, commandeur de Comps, receveur au grand prieuré de Saint-Gilles, et en cette qualité administrateur de ladite commanderie pendant le mortuaire et vacant par le décès de frère François de Nupies, chevalier de l'Ordre, dernier titulaire de ladite commanderie.
Ledit Alleman déclare que la commanderie d'Astros consiste en général au chef membre qui est Astros, terroir inhabité avec une chapelle dite de Saint-Lambert.
Aux métairies du Pist et de l'Iscle en dépendant.
Le tout situé à une lieue et demie de la ville de Lorgues (Var).
Et en second lieu au membre de Saint-Pierre de Campublic, dans le terroir de Beaucaire, province du Languedoc.
Et aux métairies de Perpresses et de Grenouillères en dépendant.
Revenu de la commanderie d'Astros est de : 3.700 livres.
Charges de ladite commanderie de : 1.397 Livres, 6 s. 5 d.
Reste à l'administrateur : 2.302 Livres, 13 s. 7 d.

Membre. Saint-Pierre de Campublic

Le 28 novembre 1763, les mêmes commissaires visitent le membre de Saint-Pierre de Campublic et ses annexes, dépendant de la commanderie d'Astros, jouie par frère Joseph-François-Auguste de Porcelet, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, suivant la commission à eux donnée par le grand prieur Augustin de Piolenc, datée d'Arles, le 24 novembre, dont la teneur suit dans le procès-verbal. A cet effet ils partent d'Arles pour se rendre au membre de Saint-Pierre de Campublic, chef-lieu distant dudit Arles d'environ deux heures et demie, et de la ville de Beaucaire d'une demi-lieue, située dans le terroir de cette dite ville, province du Languedoc, et y étant arrivés ils y trouvent Me Jean-Baptiste Avon, notaire royal et procureur aux juridictions royales dudit Beaucaire, procureur dudit sieur commandeur de Porcelet, qui leur a déclaré que ledit membre consiste en premier lieu :
A une chapelle de dévotion éloignée de trente pas de ladite métairie.
A ladite métairie de Campublic et son tènement.
A celle de Grenouillères et son tènement.
Et enfin à celle de Perpresses et son tènement.
Et tout de suite ils se sont rendus, en compagnie dudit Me Beuf, leur secrétaire, et Me Avon, procureur susdit, à la chapelle, qui est à quelque distance du bâtiment, du côté du levant, dans laquelle ils sont entrés par une porte au couchant fermant avec sa serrure et clef, et s'étant avancés jusques au pied de l'autel, ils y ont fait privément leurs prières et ensuite, ils ont visité ledit autel qu'ils ont trouvé orné de sa pierre sacrée, couverte de trois nappes, un Te Igitur, évangile et lavabo, un crucifix et deux chandeliers loton, le tableau représente Saint-Pierre, Saint-Jean-Baptiste, leur patron, et Saint-Roch avec son cadre peint en blanc, au-dessus duquel il y a un surciel, le devant d'autel est de cuir doré, il y a un marchepied au-devant.
Après quoi ledit Me Avon leur a représenté les ornements suivants qui sont à l'usage de la chapelle :
Premièrement un calice avec sa patène d'argent.
Une chasuble complète d'un satin à fleurs avec sa croix de drap d'or faux garnie de ses galons aussi d'or faux.
Une chasuble, étole, manipule et bourse de légature avec son voile.
Une autre chasuble complète, étoffe de soie rouge à fleurs soie et argent doublée d'une toile verte et ornée de galons de soie. Trois aubes toile commune avec leurs amicts et cordons, quatre nappes, y compris les trois de l'autel.
Quatorze lavabos ou purificatoires.
Trois essuie-mains.
Deux corporaux.
Une vieille lampe d'étain.
Un missel et porte-missel bois noyer tourné.
Une clochette pour l'élévation.
Du côté de l'épître il y a un autre autel sans ornement et sert de table pour l'habillement des prêtres.

La chapelle est couverte d'une charpente à deux égouts, elle a six cannes de long sur trois de large, pavée avec des bards, y ayant des tombeaux, dont un peut-être la sépulture d'un commandeur, puisqu'il est entouré de lettres gothiques et de croix de Malte, elle est éclairée par deux fenêtres, une au couchant et l'autre au midi.
Le sieur commandeur Moderne y fait célébrer la sainte messe, tous les dimanches et fêtes de commandement, depuis la croix de mai jusqu'à celle de septembre, et il donne 90 livres, tous les ans au prêtre qui en fait le service.

Pour raison de ladite église, le commandeur prend la dîme dans un quartier du terroir de Beaucaire, qui s'étend du levant au couchant depuis le jardin de M. de Maillan dans les îles jusques au marais, et de la bise au midi depuis le creux appelé de la Grande Louise des Grands Clauzeaux, faisant divers angles et détours, tels que les désignent les bornes marquées à la croix de l'Ordre dans un D gravé sur elles, et le tout confronte du levant la dimerie Saint-Agricol appartenant au chapitre Saint-Didier d'Avignon, du couchant le marais, de bise la dimerie du chapitre de Notre-Dame de Pommier dudit Beaucaire, celle des Faisses appartenant au chapitre métropolitain d'Arles, celle de Saint-Paul appartenant à Madame l'abbesse de Saint-Sauveur de Beaucaire et ladite dîme de Saint-Agricol, et du midi la dimerie du prieuré de Saint-Denis d'Argence de la nomination de ladite dame abbesse et la dimerie de Nadal appartenant au chapitre de Notre-Dame de Montpellier.
La dîme y est levée suivant l'usage.

Auprès de la chapelle se trouve le reste d'une ancienne tour et château de Saint-Pierre de Campublic, autrefois entouré d'un grand fossé qui est aujourd'hui comblé.
Suit le détail des pièces de la métairie, du puits et du jardin qui est devant la maison entouré de tous côtés, non du côté du midi, le puits à roue est en dehors entre la maison et ledit jardin.
Le domaine consiste en une terre, où sont ladite métairie de Saint-Pierre, l'église, la glacière, les vestiges de l'ancienne tour ou château, les fossés, le jardin, le puits à roue, contenant en tout 33 salmées, 3 émines, 8 picotins, confrontant du levant les hoirs de demoiselle Elisabeth de Reversat et la chaussée du Rhône, du couchant le grand chemin d'Arles, une traverse et sieur Mathieu Tourten, de bise autre traverse, et du midi les hoirs de Raimond Mège et ledit sieur Tourten, les bornes séparent d'avec les voisins.
Plus une terre dite la Gayte.
Plus une autre terre au quartier du Cap de Boeuf.
Plus une autre terre au-dessus la première, où est construite la métairie appelée la Sergente et au quartier de Consac, autre terre appelée la Morte au quartier de la Russe, autre terre appelée le Travers au quartier de la Brassière, deux autres terres au quartier appelé les Iles ou Segonaux au dehors de la chaussée, une vigne au quartier de la Russe, autre terre au quartier de Lavabre, deux autres terres appelées l'extravagante au quartier de Campourial, prés le mas de Montpezat, autre terre appelée la Moissalote située au clos de Lavabre.

Membre. Métairie de Perpresses

Ils visitent ensuite la métairie de Perpresses, annexe du membre de Saint-Pierre de Campublic, éloignée de lui d'environ demi-lieue et de Beaucaire d'une petite lieue, située dans le terroir dudit Beaucaire.
Le domaine se compose de la métairie et de trois autres terres qui confrontent du levant Mr de Beaulieu, le sieur Lafont et les dames religieuses Ursulines, couchant et bise le chemin et ledit sieur Lafont, midi lesdites dames Ursulines.

Membre. La Grenouillères

Ils visitent enfin la métairie dite de Grenouillères, annexe de Saint-Pierre de Campublic, éloignée de Perpresses d'environ demi-lieue, consistant en un bâtiment, en une terre, où ladite métairie est construite, située près l'église de Saujan coupée par divers fossés ; deux autres terres situées au quartier de Saujan, autre terre au quartier des Planes près la métairie de M. Maillan, autre terre au quartier d'Argence, autre terre aux Segonaux de Feragon.
Revenu général du membre de Campublic : 6.990 Livres.
Charges dudit membre : 228 Livres, 15 s. 4 d.
Reste net au commandeur : 6.761 livres, 4 sols, 8 deniers.
Les ordonnances sont datées d'Arles, 30 novembre 1763.

Commanderie de Manosque

Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Cantons: Manosque - 04


Domus Hospitalis Manosque
Domus Hospitalis Manosque

Le 30 décembre 1761,le frère Chrysostome de Gaillard d'Agout, commandeur de Poët-Laval, et Pierre Moutte, prêtre agrégé de l'église prieurale Saint-Jean de la ville d'Aix, suivant la commission donnée par le grand prieur Augustin de Piolenc visitent, en compagnie de Me Antoine Goudoni, neveu, leur secrétaire, le bailliage de Manosque, situé dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Provence, diocèse de Sisteron, possédée par le frère Nicolas Roch de Villages la Salle, chevalier. Me Pierre Antoine Reynes, notaire royal, procureur du bailly, leur dit que le baillage consiste en général :
Premièrement en son chef qui est la ville de Manosque et ses dépendances.
Plus à la chapelle de Saint-Pierre et terres en dépendant.
Plus à la métairie dite du Palais.
Plus au membre et métairie dite de Saint-Etienne et ses dépendances.
Plus au membre de Montagut.
Plus au membre de Valx.
Plus au membre de Saint-Michel.
Plus au membre de la cavalerie de Limaye.
Et finalement au membre de la Madeleine et terres de Grambois.

Dans cette visite, on a surtout remarqué dans la chapelle du château, deux armoires pratiquées, du côté de l'évangile, dans l'épaisseur de la muraille, qui se ferment par deux portes ; dans celle qui est le plus près de l'autel, est conservée une châsse d'argent, du bienheureux Gérard, où est sa figure en buste appuyée sur un piédestal de bois peint en noir, y ayant au-devant de la châsse un rideau toile de coton fleuri et une porte de fer en forme de grille.

Dans l'autre armoire qui est après, sont conservées les reliques du B. Gérard, qu'on a dit aux visiteurs être dans une caisse de plomb, qu'ils n'ont pas pu voir à cause que la clé se trouve déposée aux archives du grand prieuré, y ayant, sur la porte de ladite armoire, ces mots : hic jacent reliquiae sancti Gerardi, avec les armes du feu bailly de Glandevès.

Une note marginale du procès-verbal de cette visite nous apprend que, par délibération prise par l'assemblée provinciale de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au grand prieuré de Saint Gilles, le 5 novembre 1770, les clés de la châsse du B. Gérard ont été remises à M. le commandeur de Gaillard, receveur de l'Ordre au grand prieuré.
Revenu total du baillage : 6.496 livres, 10 sols.
Charge du bailliage : 1.539 livres, 15 s. 6 d.
Reste net au bailly : 4.956 livres, 14 s. 6 d.
Les ordonnances sont datées de Manosque, du 5 janvier 1762.

Commanderie de Puimoisson

Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Forcalquier, Cantons: Riez - 04


Domus Hospitalis Puimoisson
Domus Hospitalis Puimoisson

Le 8 janvier 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Puimoisson, possédée par frère Paul-Augustin de Rolland de Réauville, chevalier, en compagnie de Me Antoine Goudon, neveu, leur secrétaire.
Ils ont trouvé à Puimoisson, située dans la limite du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Provence, diocèse de Riez, sieur Joseph Pui, négociant de la ville de Riez, l'un des fermiers généraux de la dite commanderie, qui consiste, comme il leur a dit :
Premièrement en son chef qui est Puimoisson.
Plus au membre de Saint-Appollinaire.
Plus au membre de Telle et de Mauroue.
Plus au membre de l'Hospitalet.
Plus au membre de Clue ou Courtils d'Entraigues.
Plus au membre de Bresc.
Et finalement au membre de Labaud.
Revenus de la commanderie : 9.000 livres.
Charges de la commanderie : 1.509 livres, 18 s. 3 d.
Reste net au commandeur : 7.490 livres, 1 sol, 3 deniers.
Les ordonnances sont datées de Puimoisson, du 11 janvier 1762.

Commanderie de Marseille

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Marseille - 13


Domus Hospitalis Marseille
Domus Hospitalis Marseille

Le 29 janvier 1762, les mêmes commissaires font, en compagnie de Me Goudon, la visite de la commanderie de Marseille, située dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Provence, possédée par le vénérable bailly frère Jacques Armand de Vachon de Belmont, grand commandeur. M. Salomé, notaire royal de ladite ville, a déclaré que la commanderie de Marseille consiste :
Premièrement en son chef qui est Marseille.
Au moulin de Ravelez et ses dépendances.
A la sacristie dudit Marseille.
Au membre de Bras et métairie de Farnarié.
Au membre de Montfort et ses dépendances.
Au membre de Quinson.
Au membre de Saint-Maurin.
Au membre de Saint-Vincent.
Au membre de Regusse.
Au membre de Ruette, joui par M. le chevalier Joseph de Blacas, de Vérignon, et, en 1786, par Pierre-Casimir de Blacas, d'Aups, chevalier non profès.
Au membre de Salgles.
Au membre de rue d'Empus.
Au membre de Lorgues.
Au membre de Vidauban.
Et finalement au membre de Saint-Maximin.

Il y avait autrefois, à Marseille, une église sous le titre de Saint-Jean-Baptiste, le bénéfice est possédé à présent par frère Pierre-Honoré Raiberty.
Les vases sacrés ont été transportés dans la sacristie du prieuré Saint-Jean-d'Aix.
Revenu de la commanderie de Marseille : 18.771 livres.
Charges : 5.285 livres, 15 s. 3 d.
Reste net au bailly de Belmont : 13.485 livres, 4 sols, 9 deniers.
Les ordonnances sont datées de Brignoles le 17 février 1762.

Commanderie de Beaulieu

Département: Var, Arrondissement: Toulon, Canton: La Crau - 83


Domus Hospitalis Beaulieu
Domus Hospitalis Beaulieu

Le 20 février 1762, les mêmes commissaires, en compagnie de Me Goudon, font la visite de la commanderie de Beaulieu (1), où ils descendent chez le nommé Pierre Eyguier, hôte du logis où pend pour enseigne l'hôtel de France. Cette commanderie est possédée par frère Louis de Laidet Ségoyer, chevalier. Là, le sieur François Mistral, agent dudit commandeur Leidet Ségoyer, leur déclare que la commanderie de Beaulieu consiste :
Premièrement en son chef qui est Beaulieu et ses dépendances, situé sur le terroir de Salliès.
Au membre de Brignoles.
Au membre de Saint-Christophe.
Au membre de Pegreso.
Au membre de Sauvebonne ou le petit Beaulieu.
Au membre d'Hyères.
Au membre de l'hospitalet de Bonnettes.
Au membre des montagnes de Valcros.
Et finalement au membre de Cogolin.
Revenu de la commanderie de Beaulieu : 7.720 Livres.
Charges : 1.550 livres, 10 s. 4 d.
Reste net au commandeur : 6.169 livres, 9 sols, 8 deniers.
1. Les archives des Bouches-du-Rhône possèdent un plan de la commanderie de Beaulieu, levé en 1770 par Auffren Dubois. Ce plan comprend 8 planches, dont :
4 — pour Hyères.
2 — pour Solliers.
1 — pour Cogolin (quartiers : Carrière et Saint-Christophe).
1 — pour Brignolles et Saint-Chistophe.
Ce plan est coté n° 59.
Les ordonnances sont datées d'Hyères, le 2 mars 1762.


Commanderie d'Aix

Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Canton: Aix-en-Provence - 13


Domus Hospitalis Aix
Domus Hospitalis Aix

Le 13 janvier 1762, les mêmes commissaires, en compagnie du même Me Goudon, font la visite générale de la commanderie d'Aix, située dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Provence, distante de Puimoisson, qu'ils viennent de visiter le 11 janvier, de douze lieues, possédée par frère Joseph-Charles de Tressemanes, chevalier et économe au grand prieuré de Saint-Gilles. Celui-ci leur a déclaré que ladite commanderie d'Aix consiste en général :
Premièrement en son chef-lieu qui est Aix.
Au membre de Ginasservis.
Au membre de Vinon.
Au membre de Brauch.
Au membre de Trets.
Au membre de Saint-Paul-les-Durance.
Au membre de Saint-Maximin.
Au membre de Mallemort.
Et finalement au membre d'Alenc.
Revenu de la commanderie d'Aix : 13.000 Livres.
Charges : 3.289 livres, 8 s. 6 d.
Reste net au commandeur : 9.710 livres, 11 sols, 6 deniers.
Les ordonnances sont datées de Ginasservis, le 15 janvier 1762.

Membres. Malemort et d'Alenc

Le 8 mars 1762, les mêmes commissaires font la visite générale des membres de Malemort et d'Alenc, où ils se rendent d'Hyères, d'où ils sont distants de dix-huit lieues et de quatre du chef ; ces deux membres sont jouis à deux vies, savoir : celle de Noble-Auguste de Tressemanes, chevalier, novice de l'Ordre, et de celle de Joseph-Charles de Tressemanes, son frère.
— Le frère Auguste de Tressemanes leur déclare que les deux membres dont il jouit avec son frère, consistent en celui de Malemort et en celui d'Alenc.
Revenu des deux membres : 768 livres.
Charges : 325 livres.
Reste net aux dits sieurs de Tressemanes : 463 livres.
Les ordonnances sont datées de Malemort, le 8 mars 1762.

Commanderie de Saint-Christol

Département: Hérault, Arrondissement: Montpellier, Canton: Lunel - 34


Domus Hospitalis Saint-Christol
Domus Hospitalis Saint-Christol

Le 30 novembre 1761, le frère de Gaillard, commandeur de Valence, et Joseph Ferrand, prêtre desservant une place dans l'église collégiale du grand prieuré de Saint-Gilles, après avoir fait la visite de la Mourade, dépendant de la commanderie de Saint-Christol, partent le même jour de Lunel, après avoir entendu la messe, et se rendent audit Saint-Christol, chef-lieu de ladite commanderie actuellement administrée par l'Ordre pendant l'année du vacant, et emutiée en faveur de frère Charles-Dominique de La Motte d'Orléans, chevalier, où ils ont trouvé le sieur Pierre Auzillion, procureur-fondé des sieurs Alié et Trial, fermiers généraux de ladite commanderie ; celui-ci a déclaré que cette commanderie consiste : Premièrement en son chef qui est Saint-Christol, au moulin à huile et au moulin Bladier.
Au membre de Congénies.
Au membre de Viallar.
A la métairie de la Bruguière.
Au membre de Saint-Jean-de-Ginestet.
Au membre d'Aubais.
Au membre de la Mourade.
Au membre du Noble du Puechcairol.
Au membre d'Arnassan.
Au membre de Saint-Jean-d'Entraigues.
Au membre de Cauvas et la Liquière.
Au membre de Saint-Maurice-de-Cazevieille.
Au membre de Massolargues.
Au membre de Valence.
Au membre du Luc.
Au membre de Dions.
Au membre de Montaren.
Au membre de Bossargues.
Au membre de Bagnols.
Au membre de Pont-d'Avenès.

Les commissaires, en compagnie de Me Rocquelain, leur secrétaire, voulant se transporter à l'église paroissiale de Saint-Christol, le sieur Auzillion leur dit que M. Marseille, qui avait été nommé à la vicairie perpétuelle dudit Saint-Christol par feu Mre le commandeur de Murz, après avoir desservi ladite église pendant cinq ans, ayant pris prétexte que la portion congrue qu'on ne lui payait, disait-il, que sur le pied de 250 livres, n'était pas suffisante pour servir à son entretien, aurait abandonné ladite église paroissiale depuis environ trois mois, laquelle était desservie par le sieur Martin, curé de Vérargues, qui a un bis cantat et qui reste dans sa paroisse éloignée d'environ demi-lieue de Saint-Christol. L'église paroissiale de Saint-Christol est sous le titre de Saint-Christophe, le commandeur en est jus patron et prieur primitif ; suit l'inventaire de l'église et de la sacristie ; il a la juridiction haute, moyenne et basse ; pour marque de cette juridiction il y a, en un coin de la muraille du château, un carcan fer pendant à une chaîne de même attaché contre ladite muraille. Il fait exercer sa juridiction par des officiers qui sont :
Me Gaspard Fautrier, avocat de Montpellier.
Le lieutenant Taque.
Me Jean Sangla, procureur juridictionnel.
Jean Balaguier, de Sommières, sergent.
La juridiction de Saint-Christol confronte du levant la juridiction de Saint-Félix, du midi le terroir de la baronnie de Lunel, du couchant celui de Restenclières et de bise celui de Boisseron.
Suit la description du château, du moulin à huile près du château et du moulin Bladier appelé Bès, éloigné de demi-lieue de son chef et du domaine. Après la visite des membres de La Bruguière et du Viallard, faite le 1er décembre 1761, vient celle du membre d'Aubais, le lendemain, éloigné de son chef d'une demi-lieue et de deux lieues de Lunel.
Ce membre consiste en une maison dans Aubais et en une douzaine de terres ou près.
Le marquis d'Aubais paie une rente de 25 livres, à chaque jour et fête de Saint Michel pour des maisons que l'ordre lui a cédées, et le commandeur jouit d'une directe et censive sur Aubais et son terroir portant lods en cas de vente et transport au cinquième denier, que l'on a commencé à renouveler en 1734 et fini en 1738, par devant Me Guillaume Chrétien, notaire d'Aubais.
A la paroisse de Notre-Dame-de-Congénies, sont situées deux petites pièces de terre affermées, qui dépendent de la commanderie de Saint-Christol.

Le membre du Noble du Puech Cairol consiste au bois et Devès appelé le Noble, situé dans le terroir de Fontanès, contenant 119 stérées, 19 dextres, et suivant le verbal d'arpentement de la maitrise 52 arpents, 26 perches, mesure royale, divisé en 7 coupes de 7 arpents, 46 perches chacune par limites, confrontant du levant le chemin de Sommières à Alais, du midi Jean-Pierre Colomb, Etienne Aubin, Jean-François Bénézet et autres, du couchant Jean Juchés, Antoine Massip et autres, de bise les patis ou vacants de Fontanès ; le tout borné par des limites en pierres de taille marquées d'une croix de l'Ordre à huit pointes.

La visite finie, les commissaires sont allés prendre gîte à Lunel où ils ont couché, n'ayant pu continuer de résider à Saint-Christol, soit à cause de la rigueur de la saison que par rapport à la difficulté du gîte.

Le membre de Bagnols, distant de cinq lieues de Montfrin, consiste en huit pièces de terres, une située à la Roque de Saint-Jean de Jérusalem, où l'on désigne encore certains rochers, les rochers de Saint-Jean de Jérusalem.
Le membre de Saint-Florent-de-Boissargues, distant d'une demi-lieue de Bagnols, consiste en une chapelle et en des terres.
Le membre de Montaren, éloigné de Saint-Christol, son chef, d'environ huit lieues et d'une demi-lieue d'Uzès, sur la route d'Alais, consiste en la cinquième partie de la juridiction haute, moyenne et basse, qui est parérage avec les autres coseigneurs. Il confronte du levant le mandement d'Uzès, ceux de Palliargues, Auveliac et Cerviers, du couchant ceux de Belvezet, Saint-Mediers, Lardaume et dudit Cerviers, de bise ceux de Belvezet et de La Bruguière. Le commandeur a encore à Montaren et son terroir plusieurs censives et directes portant lods en cas de vente et transport dont les reconnaissances ont été faites en 1738 et 1739.
Il possède encore dans le terroir de Montaren une terre appelée l'Aire de l'Hôpital de Saint-Jean.

Le membre de Dions, éloigné de son chef de six lieues, à deux lieues d'Uzès et à pareille distance de la Calmette, consiste au quart de la juridiction, le restant appartenant au seigneur de Dions. L'Ordre y avait autrefois un château et maison seigneuriale qui a été démoli depuis très longtemps, de tout l'emplacement duquel il ne reste plus aujourd'hui qu'un petit coin de terre, qui confronte du levant le chemin de l'église, du midi et couchant les anciens murs d'enceinte dudit château en partie, et de bise le sieur prieur, contenant 8 dextres trois huitièmes.

Le commandeur jouit de plusieurs censives et directes portant lods en cas de vente et d'aliénation, lesquelles ont été pareillement renouvelées en 1738 et 1739 devant Me Robert, notaire de Boucoiran. Il possède quinze terres dont l'une est appelée le parran de Saint-Jean.

Le membre du Luc, situé dans le terroir de Saint-Chaptes, à une lieue de La Calmette, route de Nîmes à Alais, à deux de la route d'Uzès, à six de son chef et à demi-lieue du membre de Dions, consiste en une métairie et en un domaine composé de seize pièces de terres.

Le membre de Massolargues, à trois lieues d'Alais, consiste aux ruines d'un ancien bâtiment ou maison seigneuriale, dont il ne reste autre trace ni vestige qu'une grande quantité de pierres, qui donnent à connaître qu'il y avait eu anciennement un édifice qui contenait 34 cannes ; le domaine consiste en six pièces de terres.

Le membre de Valence, éloigné d'environ sept lieues de son chef et à demi-lieue de Saint-Maurice, consiste en la juridiction haute, moyenne, basse de Valence et de son terroir, jusques à sentence de mort inclusivement, que le commandeur fait exercer par des officiers de la juridiction de Saint-Maurice.

La terre et juridiction de Valence confronte du levant celle de Baron, de Colorgues, du midi celle de Saint-Déséry, du couchant celle de Castelnau étant jointe à celle de Saint-Maurice du côté de la bise. Le commandeur a en outre plusieurs censives et directes portant lods en cas de vente dans ledit lieu de Valence et son terroir renouvelée en 1738 et 1739.

Le membre de Saint Maurice de Cases-Vieilles, éloigné de six lieues de son chef, de demi-lieue de celui de Valence et de deux lieues d'Alais, consiste en la juridiction haute, moyenne et basse dans Saint-Maurice et les hameaux de Massargues, Mallens et Montveil en dépendant, que le commandeur fait exercer par ses officiers qui sont :
Me Jean Nicolas, du lieu de Chalap, avocat-juge.
Me Antoine Jonquet, lieutenant de juge, résidant à Brignon.
Me Jean Félix, procureur juridictionnel de Saint-Maurice.
Me Jean Médard, greffier de Saint-Maurice.
Le sergent manque.
A part tous les droits que le commandeur possède à Saint-Maurice, il a encore plusieurs censives et directes portant lods en cas d'aliénation ou vente, à raison de quatrième et cinquième denier, tant dans ledit lieu de Saint-Maurice et ses dépendances que dans les lieux de Saint-Ambroix, Robiac, Anduze, Boucoiran, Saint-Déséry, Saint-Chaptes, Martillargues, Sainte-Anastasie, Colorgues, Baron, Valeirargues, Saint-Césaire, Cruviers, Brignon, Vézenobres, Moussac, Senilhac, Saint-Quentin, Saint-Aulaire-de-Brethmas, Confis, Saint-Martin, Rousson, Le Pradels, Salindres, Laval, de Rousses, Cardet, Foissac, Saint-Andéol-de-Trouillas, Saint-Bauzile, Saint-Jean-de-Cairargues, Bourdic, Colias, Broussargues, Brusel, Servies, Aigalies, Larnac, Combas, Gayan, Castillon, Saint-Hippolyte, Caton, Notre-Dame-de-Chausses, Massane, Saint-Privat-les-Vieux, Laval, Saint-Jean-de-Serres, Saint-Etienne-de-Celin, Alzon, Lezan, Vie, La Calmette, Savignargues, Chamborigaud, Génolhac, Molezan, Cauvas, Cheyran, Montmiral, Saint-Denis, Valviselles, Saint-Brez, Saint-Florent, Guatiques, Ribaute, Bouisset, Servas, Les Plans, Mérignargues, Saint-Michel, La Roque, Saint-Méric, Uzès, Barousset, Lascours et autres lieux dont les reconnaissances ont été faites en 1738 et 1739.

Dans la place dudit lieu et au-devant du château, les commissaires ont vu un poteau bois auquel est attachée une chaîne fer, d'où pend un carcan aussi fer pour marque de la juridiction.
Le domaine comprend onze pièces de terres.
Le membre de la Mourade, éloigné de son chef de deux lieues et d'une lieue de la ville de Lunel, est situé partie dans le terroir d'Aimargues et partie dans celui du Cailar.
Le membre de Ginestet est situé dans le terroir de Lansargues.
Revenu de la commanderie de Saint-Christol : 10.600 livres.
Charges : 2.107 livres, 0 s. 7 d.
Reste net au commandeur : 8.593 livres, 0 s. 3 d.
Les ordonnances sont datées de Lunel, le 7 décembre 1761.

Commanderie de Pézenas

Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Pézenas - 34


Domus Hospitalis Pézenas
Domus Hospitalis Pézenas

Le 18 décembre 1761, les mêmes commissaires font, en compagnie de Me Rocquelain, notaire à Saint-Gilles, la visite de la commanderie et chambre magistrale de Pézenas, possédée par le bailly frère Jean-Louis de Guérin de Tencin, chevalier, grand-croix de l'Ordre.
Pierre Sale, avocat de Pézenas, leur dit que cette commanderie consiste :
En son chef qui est ledit Pézenas.
Au membre et métairie de l'Estang.
Au membre de Saint-Siméon.
Au membre de Lézignan-La Cèbe.
Au membre d'Usclas et Paulhan.
Au membre de Cazouls.
Au membre d'Abeillan et métairie de Saint-Jean-de-Tougues.
Au membre de Saint-Jean de la Cavalerie.
Au membre de Montagnac et Aulmes.
Et finalement au membre de Magalas.

Suit la description et l'inventaire de l'église collégiale.
— La chapelle avec la sacristie des pénitents blancs est construite dans partie du cimetière et fonds de l'église de Saint-Jean, que le sol leur en a été baillé en emphytéose par acte reçu Me Albert, notaire, sous la censive de 2 sols, 6 deniers, pour la chapelle et 1 deniers, pour la sacristie ; dans le cimetière se trouve une croix de l'Ordre ; ils visitent ensuite les maisons de Pézenas qu'ils possèdent et des autres membres dépendants de la commanderie de Pézenas.
Revenu de ladite commanderie : 22.300 livres.
Charges : 3.868 livres 1 s. 2 d.
Reste net au commandeur : 18.552 livres, 1 s. 2 d.
Les ordonnances sont datées de Pézenas, le 8 décembre 1761.

Commanderie de Béziers

Département: Hérault, Arrondissement et Cantons: Béziers - 34


Domus Hospitalis Béziers
Domus Hospitalis Béziers

Le 28 décembre 1761, les mêmes commissaires, en compagnie de Me Rocquelain, notaire à Saint-Gilles, font la visite de la commanderie de Béziers, possédée, à titre d'améliorissement par frère René de Beaumont, chevalier de l'Ordre, et son procureur et receveur général au grand prieuré de Toulouse ; mais avant d'y procéder ils se transportent au membre de Nébian, dépendant de ladite commanderie de Béziers, comme étant à portée dudit Pézenas, dont il est éloigné d'environ trois lieues et de son chef d'environ huit lieues.
A Béziers, le sieur Mathieu Fabregat, procureur du sieur commandeur, leur déclare que la commanderie de Béziers consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Saint-Jean-de-Béziers.
Au membre de Nébian.
Au membre de Liausson.
Au membre de La Tour de Puech Auger.
Au membre de Canet d'Héraud.
Au membre de Liauron Cabrières.
Au membre de Saint-Jean-de-Libron.
Au membre de Fontseranes.
Au membre de Bresines.
Au membre de Peyries.
Au membre de Celeyran.
Au membre de Saint-Pierre de la Mer.
Au membre de Fleury jadis Perégnan.
Et enfin en une rente de 500 livres, sur le clergé du diocèse de Béziers.
Revenu de la commanderie de Béziers : 15.585 livres.
Charges : 3 058 livres, 2 s. 3 d.
Reste net au commandeur : 12.526 livres, 17 s. 9 d.
Celui-ci réside à Toulouse.
Les ordonnances sont datées de Béziers, le 9 janvier 1762.

Commanderie de Grezans

Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Cazouls-lès-Béziers - 34



Domus Hospitalis

Le 30 octobre 1762, les mêmes commissaires, en compagnie de Me Rocquelain, notaire à Saint-Gilles, font la visite de la commanderie de Grezans, située en Languedoc, possédée à titre de chevissement par frère Pierre de Raymond Modène Pomerols, chevalier.
Ledit sieur Raymond, bourgeois, résidant à Béziers, leur a dit que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Grezans.
Au membre de Fabrègues.
Au membre de Cabreiroles.
Au membre de Conignojouls.
Au membre de Montblanc.
Au membre de Saint-Jean.
Au membre de Marsillan.
Au membre de Capestang.
Au membre de Preissan.
Au membre de Castignan.
Au membre de Saint-Nazaire de Rive d'Aude.
Au membre de Rustique.
Au membre de l'Hospitalet.
Au fief de Carcassonne et ville Moustausson.
Au fief de Valros.
Au fief de Servian.
Au fief de Pézenas.
Au membre et fief de la Madeleine de Clermont ou Sarremejane.
Et finalement en un capital sur la province du Languedoc.
Le commandeur ne réside pas, il est actuellement en couvent employé à exercer la charge de conservateur de l'Ordre.
Revenu général de ladite commanderie : 8.790 livres.
Charges : 2.608 livres, 3 s. 10 d.
Reste net au commandeur : 6.181 livres 16 s. 2 d.
Les ordonnances sont datées de Béziers, le 8 octobre 1762.

Commanderie de Montfrin

Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Redessan - 30



Domus Hospitalis Montfrin

Le 16 novembre 1761, les mêmes commissaires, suivant la commission à eux donnée par le frère Henri-Augustin de Piolenc, grand prieur de Saint-Gilles, datée d'Arles du 10 du courant, enregistrée au commencement du verbal de visite du membre de Saint-Jean de Barbentane, et après avoir fini la visite de la commanderie de Cavalet, auraient résolu de procéder à la visite de la commanderie de Montfrin, possédée par frère Henri de Piolenc, et à cet effet ils seraient partis cejourd'hui de la ville de Saint-Gilles, accompagnés de Me Rocquelain, leur secrétaire, et se seraient rendus audit Montfrin, éloigné dudit Saint-Gilles d'environ cinq lieues, et auraient fait appeler Me Jean Darlhac, avocat, procureur fondé dudit sieur commandeur de Montfrin, qui leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Montfrin.
Au membre et métairie d'Orgnes (1).
Aux jardins de Nîmes.
Et au membre et métairie de Caissargues.
Et au membre du Pin, diocèse d'Uzès.
1. Les archives des Bouches-du-Rhône possèdent un plan du bois d'Orgnes de la commanderie de Montfrin, levé par Georges, géomètre, en 1765. Plan n° 28, collé sur toile.

Le sieur Darlhac les conduit à l'église paroissiale dudit Montfrin, à la porte de laquelle ils sont reçus par frère Antoine Darlhac, prêtre religieux d'obédience de l'Ordre, sacristain de ladite église, qui leur présente l'eau bénite et les conduit processionnellement, les cloches sonnant, et chantant le Veni Creator, jusqu'au pied du maître-autel où le sieur Ferrand, commissaire, aurait donné la bénédiction du Très Saint-Sacrement. Suit la description de l'église ainsi que l'inventaire du mobilier.

Dans le sanctuaire, du côté de l'épitre, il y a une chapelle appartenant au marquis de Montfrin, dédiée à Saint-Antoine de Padoue. L'église est voûtée et pavée, le sanctuaire séparé de la nef par un balustre en pierres de taille et au fond de laquelle au-dessus de la porte d'entrée il y a une tribune en pierres de taille, sur le mur d'appui de laquelle sont sculptées les armes du feu sieur de Barras, lesquelles se trouvent pareillement sculptées sur l'une des clés de la voûte.

Il y a aussi dans la nef deux autels, l'un dédié à Saint-Vincent, martyr, et l'autre à Saint-Eloi, qui sont entretenus décemment par les confréries des vignerons et des maréchaux.
Dans la nef et du côté de l'épître est la chapelle du sieur commandeur, dédiée à Saint-Jean-Baptiste, voûtée, avec un balustre en pierres de taille, l'autel armé de sa pierre sacrée, le tableau représentant le baptême de Notre Seigneur, ayant son cadre bois noyer sculpté ; dans cette chapelle est le tombeau des sieurs commandeurs.
Le tableau qui est sur le maître autel représenté la Sainte-Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux et Saint-Jean-Baptiste.

A côté du maître-autel sont deux autres autels avec leur tableau ; celui du côté de l'évangile, dédié à Notre-Dame du Rosaire et Saint-Dominique, est entretenu par la confrérie du Rosaire, et l'autre, du côté de l'épître, dédié à Saint-Roch, est entretenu par la communauté, et sont l'un et l'autre très bien armés.

Sur le fond de ladite église et à côté est un beau clocher fait en pyramide, à plusieurs ouïes, garni de quatre cloches, fermant par une grande porte à deux battants et à clé ; à côté de l'église et sous le clocher se trouvait le cimetière.

Le commandeur étant prieur primitif dudit lieu et paroisse de Montfrin, a droit de pourvoir et nommer aux bénéfices du sacristain curé et secondaire de ladite église.
Le frère Darlhac, sacristain, a été pourvu de la sacristie par Me Boissière, procureur fondé de M. le commandeur de Sartoux, commandeur de Montfrin, le 19 février 1748.

Suit la description du château ancien qui est une dépendance de la commanderie et plusieurs terres.
Après avoir visité le château, la métairie d'Orgnes, près Montfrin, au-delà du Rhône, et du moulin, les commissaires vont à Nîmes, le 25 novembre 1761, et descendent au logis de l'Orange, où ils trouvent le sieur Joseph Darlhac, procureur du commandeur de Montfrin, Henri de Piolenc, qui leur a dit que le sieur commandeur jouit dans le terroir de la ville de Nîmes, éloignée du chef de trois lieues, et joignant la promenade appelée l'Esplanade, deux jardins, et s'y étant transportés, ils seraient entrés par un grand portail dans le jardin, où est construit le bâtiment servant de logement au fermier, qu'ils ont trouvé composé d'une cuisine avec sa cheminée, et de laquelle cuisine et par un degré en pierres de taille ils sont montés à une chambre pavée en briques et tuiles.

Revenus dans ladite cuisine, et à côté droit par une petite porte fort étroite, à la fermeture de laquelle il manque un gond, ils sont entrés dans une pièce servant de cellier, et du côté gauche est une écurie ayant les crèches en pierre, le dessus de ladite écurie servant de grenier à foin, dont le plancher a besoin d'être presque entièrement refait à neuf, le dessus du cellier sert aussi de grenier à foin, y ayant à chacun desdits greniers une fenêtre manquant de fermeture faute de gonds pour les soutenir, vient après une loge à cochon.
Au-devant dudit logement est une petite aire pavée de petites pierres plates, lesquelles manquent en certains endroits, laquelle aire sert à dépiquer les grains.
Ils ont ensuite parcouru ledit jardin qu'ils ont trouvé cultivé et entretenu et clos en partie des murs en très mauvais état, y ayant plusieurs brèches considérables dont quelques-unes viennent presque au rez-de-chaussée.

Ensuite ils sont sortis par le susdit portail dudit jardin, qui fermait à deux battants, dont une partie des fermetures manque et l'autre hors d'état, le jardinier nous ayant déclaré qu'il avait les ferrures qui manquaient à ladite fermeture ; ledit portail étant surmonté de deux créneaux au milieu desquels est une croix de l'Ordre à huit pointes en pierre.

Et étant entrés dans un autre jardin, vis-à-vis le précédent, par un portail, comme celui cy-devant, ils y ont vu un puits à roue en état, qu'il est aussi clos en partie de murs auxquels il y a plusieurs brèches considérables ; le jardinier s'étant plaint aux commissaires visiteurs que par le moyen de ces brèches et faute d'une entière clôture desdits jardins il est continuellement exposé au pillage, attendu la proximité de la ville et que lesdits jardins joignent et confinent immédiatement à l'Esplanade qui est un lieu public.
Le premier desdits jardins confronte du levant et midi le grand chemin, du couchant le sieur Coulomb, dudit couchant et du nord la communauté dudit Nîmes pour ladite Esplanade et contient 11 émines, un boisseau.

Le second contient une salmée, une émine, deux boisseaux et confronte du levant les P. P. capucins, du midi le sieur Ménard, du couchant le grand chemin tendant aux ponts de la rivière du Vistre, et du vent droit l'acquisition faite par la communauté pour agrandir l'Esplanade, lesquels jardins sont jouis et possédés noblement par l'Ordre, francs et exempts de dîmes, tailles et autres charges et impositions quelconques.
Suit la visite de la métairie de Caissargues et du membre du Pin du diocèse d'Uzès.
Revenu de la commanderie de Montfrin : 7.400 livres.
Charges : 2.362 livres.
Reste net au commandeur : 5.038 livres.
Les ordonnances sont datées de Nîmes, le 26 novembre 1761.

Commanderie Poët-Laval

Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Dieulefit - 26


Domus Hospitalis Poët-Laval
Domus Hospitalis Poët-Laval

Le 28 juin 1763, frère Pierre-Paul de Piolenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, et Barthélemy Sylvestre, prêtre du diocèse de Cavaillon dans le Comtat-Venaissin, nommés à Arles, par le grand prieur de Piolenc, le 17 juin 1763, commissaires et visiteurs généraux pour faire la visite générale des commanderies de Valence et de Poët-Laval, commencent par cette dernière. Là Jacques Fedon, conseiller du roi, maire de Dieulefit, procureur de frère Chrysostome de Gaillard d'Agoult, chevalier et commandeur de Poët-Laval, qui leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est le Poët-Laval.
Au membre de Sous Pierre.
Au membre de Châteauneuf de Mazenc.
Au membre de Manas.
Au membre d'Eysaluc.
Au membre de Cléondendron ou Beauvoir.
Au membre de Charols.
Au membre de Salette et Mialaures.
Au membre de Dieulefit.
Au membre d'Estialon.
Au membre de Novezan.
Au membre de Mirabel.
Au membre de Notre-Dame de Beaulieu.
Aux membres de Venterol et Vinsobres.
Au membre de Taulignan.
Au membre de Saint-Gervais.
Le tout dans la province du Dauphiné.
Revenu général de la commanderie de Poët-Laval : 6.705 livres.
Charges : 943 livres, 2 s.
Reste net au commandeur : 5.761 livres, 18 s.
Les ordonnances sont datées de Dieulefit, le 4 juillet 1763.
Signé : GUIRAUD, secrétaire, notaire de Villeneuve-lès-Avignon.


Commanderie de Valence

Département: Drôme, Arrondissement et Cantons: Valence - 26


Domus Hospitalis Valence
Domus Hospitalis Valence

Le 5 juillet 1763, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Valence, possédée par frère Dominique-Gaspard Balthazar de Gaillard, chevalier, qui leur a déclaré que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Valence.
Au domaine de l'Abbaye.
Au domaine de la Ruelle.
Au domaine du Barri.
Au domaine des Routes.
Au prieuré curial de Fiancailles.
Au membre et seigneurie de Saint-Vincent.
Au membre de Saint-Laurent-en-Royans.
Au membre d'Eschirolles.
Au membre de Saint-Maurice en Trieves.
Au membre du Villard Jullien aussi en Trieves.
Au membre de Garason en Vivarès.
Au membre de Montélimar.
Au domaine de Dromettes.
Au domaine de Monboucher.
Aux terres du Puy Saint-Martin et de Charrols.
Au domaine et fief de Bonefac.
Au membre de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Et finalement à plusieurs terriers distincts et séparés de ceux qui sont attachés et dépendants de quelques-uns des membres ci-dessus, tels que le terrier de Monteillers, le terrier d'Alican, Bayanne ou Châteauneuf-d'Isère, le terrier de Chabeuil, le terrier des rentes foraines, le terrier de Valbonnet, le terrier de Bordeaux, Nupiers, Bezodans, et finalement le terrier de Porte.
Revenu général de la commanderie de Valence : 18.393 livres.
Charges : 5.164 livres, 10 s. 9 d.
Reste net au commandeur : 13.228 livres, 9 sols, 3 deniers.
Les ordonnances sont datées de Saint-Vincent, le 9 août 1763.

Commanderie de Gap-Francès

Département: Lozère, Arrondissement: Florac, Canton: Saint-étienne-du-Valdonnez, Commune: Le Pont-de-Montvert - 48


Domus Hospitalis Gap-Francès
Domus Hospitalis Gap-Francès

Le 20 septembre 1763, frère Chrysostome de Gaillard d'Agoult, commandeur de Poët-Laval, et Jean-Baptiste Payan, prêtre, curé de Méjanes, commissaires et visiteurs généraux des commanderies de Jalès, Palliers et Gap-Francès, suivant la commission à eux donnée par le grand prieur Augustin de Piolenc, datée d'Arles, le 10 mai dernier, après avoir fait la visite de la commanderie de Palliers et clôturé aujourd'hui le verbal dans la ville de Marvejols, apprennentque messire Louis-Paul d'Ollivary, neveu et chargé de la procuration de frère Joseph d'Ollivary, chevalier, commandeur de Gap-Francès, résidait dans la présente ville, ils lui demandent le dénombrement général de ladite commanderie. Celui-ci leur déclare que cette commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est appelé l'hôpital de Gap-Francès.
Au membre de Frutgères.
Au membre des Estrets.
Au membre de Saint Laurent-de-Genestoux.
Au membre de Pierre Fiche.
Au membre du Bleymard.
Au membre de Mende.
Au membre de Puech-Banassac.
Au membre de Pauliac.
Au membre d'Altier.
Au membre de Limares dans le Vivarais.
Le 20 septembre, lesdits commissaires en compagnie dudit sieur d'Ollivary, procureur, et de Me Antoine Fuzet, leur secrétaire, visitent le château de Gap-Francès et maison seigneuriale, dont la porte brisée est garnie de ses pentures, de trois verrous et un arcboutant, à côté de laquelle extérieurement est attaché au mur un collier de fer garni de sa chaîne, la basse-cour est fermée de murailles, et au fond se trouve le château, suit sa description.

La chapelle qui était autrefois là où l'on parque le troupeau fut brûlée en 1702.
Suit la description du domaine.
La commanderie est affermée en général à sieur Louis Servière, négociant du Pont-de-Montvert, par acte du 29 septembre 1762, reçu M. François Grégoire, notaire de Marvejols, pour cinq années à raison de 10.000 livres.
Revenu : 10,000 livres.
Charges : 2.070 livres, 12 s. 11 d.
Reste net au commandeur : 7.929 livres, 7 sols, 1 denier.
Les ordonnances sont datées de Marvejols, le 11 octobre 1763.

Commanderie de Palliers mieux Palhers

Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Chirac, Commune: Marvejols - 48


Domus Hospitalis Palhers
Domus Hospitalis Palhers

Le 12 septembre 1763, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Palliers, en compagnie de Me Antoine Fuzet, leur secrétaire, et de Me Dominique-Louis Oahusac, avocat, bailli de la commanderie de Palliers, chargé de la procuration du sieur commandeur.
Palliers est situé dans le Gevaudan, diocèse de Mende, sénéchaussée de Nîmes, éloigné d'une lieue de la ville de Marvejols. La commanderie de Palliers consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Palliers.
En l'église paroissiale de Brugères.
Au membre de la Villate.
Au membre de Recoules.
Au membre de Marchastel dont l'église est dédiée à Saint-Pierre aux liens et qui a pour vicaire perpétuel, depuis 1760, messire Antoine Gerbail.
Revenu général de la commanderie de Palliers : 10.000 livres.
Charges : 3.422 livres, 15 s. 10 d.
Reste net au commandeur : 6.577 livres, 84 sols, 90 deniers.
Les ordonnances sont datées de Marvejols, le 20 septembre 1763.

Commanderie de Jalès

Département, Ardèche, Arrondissement et Canton: Largentière, Commune : Berrias-et-Casteljau - 07


Domus Hospitalis Jalès
Domus Hospitalis Jalès

Le 28 août 1763, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Jalès, possédée par frère Pierre-Emmanuel de Lauberivière, chevalier. Son procureur substitué, Me Antoine Fuzet, déclare que ladite commanderie consiste en général aux membres suivants :
Premièrement en son chef appelé de Jalès.
Au membre, au four Banal, à la vigne de Berrias.
Au moulin de Berre et terres adjacentes.
Au membre de Chandollas.
Au membre de Banne.
Au membre de Peyraube.
Au membre de Peyrolles, Alégré et dépendances.
Au membre d'Alais.
Au membre de Saint-Sauveur-de-Crugierès.
Au membre de Saint-André, nouvellement récupéré.
Au membre de Grospierres et Comps, même mandement.
Au membre de Bessas, nouvellement récupéré.
Au membre de Becdejun, paroisse de Beaulieu.
Au membre de La Blachère.
Au membre de Joyeuse.
Au membre de Planzolles.
Au membre de Rozières.
Au membre d'Aubenas et son mandement.
Au membre de Baissat et Laville-Dieu.
Au membre de Cupiat, mandement d'Entraigues.
Au membre de Berseme en Coyroux.
Au membre de Saint-Vincent-de-Barres, Saint-Bauzile et Chomérac.
Au membre de Rochemaure et-Meysse, sur le bord du Rhône.
Au membre de Salzet, paroisse de Malons.
Au membre de Folcheiran, paroisse de Gravières.
Au membre de Sainte-Marguerite-de-Bornes.
Au membre de Sanilhac et Fayet.
Au membre de Brait.
Au membre de Ponteils, nouvelle découverte.
Au membre de Villefort ou Vieil-Vic.
Au membre de Pranllac et la Veyrune.
Au membre de Grosfau.
Au membre de Chazaux, Grosvillard et Belvezet.
Au membre de Laubies et Sallèles.
Au membre de Pelouze.
Au membre de Saint-Laurent-Ies-Bains et Petit-Paris.
Au membre de Saint-Romain-le-Désert.
Au membre de Saint-Jean-de-Trignan, jadis chef-lieu de la commanderie de ce nom.
Au membre de Trignan.
Au membre de Bidon.
Au membre de Rieu-Morenc.
Au membre de Sobeyradel.
Au membre de Saint-Remeze.
Au membre de Gras.
Au membre de Saint-Marcel-d'Ardèche.
Au membre de Bourg-Saint-Andéol.
Au membre de Bourdellet.
Au membre de Saint-Just et Pont-d'Ardèche.
Au membre de Barjac, nouvelle découverte.
Au membre de Vallons, nouvelle découverte.
Suit la description du château de Jalès.

Le commandeur a nommé pour rendre la justice ses officiers, qui sont :
Me Antoine Channac, gradué du lieu des Tournaires, juge.
Me Paul Toulouze, gradué, habitant au château de la Selve, paroisse de Comps, lieutenant de juge.
Me Simon Combalusier, du lieu de Pleus, paroisse de Beaulieu, procureur fiscal pourvu, après le décès de Me La Forest.
Me François Malignon, de Berrias, greffier.
Jean Auzepi, huissier, habitant de Chazalis, paroisse de Beaulieu.
Joseph Tastevin, concierge des prisons.

Membres. Peyrolles et Alègre

Le membre de Peyrolles et Alègre a plusieurs directes et censives portant lods au cinquième denier sur les villages de Boisson, Potellières, Rivière, Auzon, Arlendes et autres lieues.

Membre. Alais

Le membre d'Alais consiste en la directe, seigneurie sur quelques terres dans les prairies hautes et basses, Brésis, l'Homme-Mort, etc. Le tout terroir dudit Alais dont les reconnaissances furent commencées depuis 1744 y inclus 1749, actes reçus, Me Ribot, notaire d'Alais.
Revenu général de la commanderie de Jalès : 19.212 livres, 5 s. 6 d.
Charges : 5.582 livres, 19 s. 3 d.
Reste net au commandeur : 13.479 livres, 6 sols. 3 deniers.
Les ordonnances sont datées du château de Jalès, le 7 septembre 1763.

Membre. Peyrolles

Le 10 juin 1761, les frères Paul-Augustin de Rolland de Rouville, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Puimoisson, et Joseph-Antoine Raybaud, prêtre conventuel du même ordre et archivaire du prieuré de Saint-Gilles, commissaires et visiteurs généraux nommés et députés par le vénérable chapitre tenu et célébré à Arles, le 5 de mai dernier, aux fins de procéder à la visite du grand prieuré de Saint-Gilles et commanderie ou membre de Peyrolles, certifient qu'après avoir fini ladite visite du grand prieuré et l'enregistrassions des écritures de cette visite, ils sont partis de la ville d'Arles, lieu de leur domicile, en compagnie du sieur Jean Peyret, procureur du vénérable grand prieur de Piolenc, et de Me Mathieu Beuf, leur secrétaire, et étant arrivés le même jour à Uzès, ils auraient requis le sieur Peyret de leur dire en quoi consiste ledit membre de Peyrolles dépendant de la commanderie de Jalès jouie, à titre de récupération, par ledit vénérable grand prieur frère Henri-Augustin de Piolenc.
Et tout de suite le sieur Peyret leur a déclaré que ledit membre de Peyrolles consiste en une métairie éloignée d'Uzès d'environ cinq lieues, en un domaine en dépendant, un moulin et plusieurs censives et directes seigneuriaux.
Au-devant de la porte d'entrée du château se trouve un carcan pour marque de la juridiction.
La juridiction est exercée par les officiers suivants :
M. de Lambal, juge.
Me Lacroix de Saint-Ambroix, procureur fiscal.
M. Rousset d'Arlende, greffier.

Le grand prieur de Piolenc, commandeur de Peyrolles, réside à Arles, dans son hôtel prieural, mais on l'a vu souvent audit Peyrolles pour y ordonner plusieurs réparations et plantations, et faire travailler au recouvrement des directes dépendantes dudit membre, qui a été récupéré par ses soins et qu'il administre en bon père de famille ; cependant les enquêteurs leur disent que Etienne Blain, fermier actuel, s'était approprié, à ce qu'ils avaient oui dire, une contenance de terre herme à gauche du chemin d'Uzès, au pont d'Auzon, où il a fait planter des mûriers et dont il jouit sous quelque redevance en faveur de ladite commanderie. Cette usurpation s'est faite à l'insu du grand prieur de Piolenc et on y avisera.
Les conclusions sont datées d'Alais, le 12 juin 1761.

Commanderie de Comps

Département, Ardèche, Arrondissement et Canton: Largentière, Commune : Chandolas - 07


Domus Hospitalis Comps
Domus Hospitalis Comps

Le 9 avril 1762, le frère Joseph de Raimond d'Eaulx, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur des commanderies de Villeneuve, Taurenc, La Gaude et Boudrac, et messire Jean Gay, prêtre, curé du lieu de Comps, chef-lieu de la commanderie de ce nom, commissaires et visiteurs généraux des parties des commanderies dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission à eux adressée par le grand prieur Augustin de Piolenc, donnée à Arles, le 1er du courant, procèdent en compagnie de Me Beuf, leur secrétaire, et de messire Joseph-Ignace Attanoux, prêtre, curé de Roquebrune, procureur général du sieur frère Jean-Joseph d'Albert, commandeur de Comps, procureur général et receveur pour l'Ordre au grand prieuré de Saint-Gilles.
Comps est situé dans le comté de Provence, diocèse de Fréjus, distant d'Eaulx d'environ deux lieues.
Ledit Attanoux leur déclare que ladite commanderie consiste savoir :
Au membre de Comps qui est le chef et pension de 100 livres, sur la commanderie de Nice.
Au membre de Broves.
Aux directes de Barjemont.
Au membre d'Espérel.
Au membre de Saint-Maime.
Au membre de la Roque-d'Esclapon.
Au membre de Saint-Jean-de-l'Esterel.
Au membre de Roquebrune.
Au membre de Draguignan.
Et aux directes de Colmar et Beauvesel.
Le commandeur de Comps, d'Albert, fait sa résidence à Marseille pour mieux surveiller les affaires de sa commanderie et vit en bon religieux.
Revenu de la commanderie de Comps : 7.075 livres.
Charges : 1.776 livres.
Reste net au commandeur : 5.299 livres.
Les ordonnances sont datées de Roquebrune, le 27 août 1762.

Commanderie de Nice

Département: Alpes-Maritimes, Arrondissement et Cantons: Nice - 06


Domus Hospitalis Nice
Domus Hospitalis Nice

Le 15 novembre 1762, le frère Chrysostome de Gaillard d'Agoult, commandeur de Poët-Laval, et Jean-Dominique Luponis, prêtre du diocèse de Glandevès, habitant à Arles, commissaires et visiteurs généraux députés par le grand prieur Augustin de Piolenc, suivant la commission à eux donnée, à Arles, par ledit grand prieur de Saint-Gilles, le 16 mai 1762, vont faire la visite générale de la commanderie de Nice, possédée par frère Louis de Franc Mongey, chevalier, et jouie par frère Joseph-Gabriel d'Ollivary, administrateur à vie, en compagnie de Me Gondon, leur secrétaire. Ils se rendent au lieu de Biot, en France, un des membres dépendant de la commanderie de Nice, distant du chef de trois lieues, où ils trouvent ledit frère Joseph-Gabriel d'Ollivary, administrateur à vie de ladite commanderie, qui leur a déclaré qu'elle consiste en général :
Premièrement au chef qui est Nice, situé dans le duché de Savoie, dans le comté de Nice.
Au membre de Grasse.
Aux membres de Vence et La Gaude omis dans la dernière visite.
Au membre de Mujoux.
Au membre du Biot.
Au membre du Broc.
Au membre de Pugnafort.
Au membre de Saint-Auban, tous situés en France.
Au membre de Vintimille, Camporosse, Borguette et Valcrose, situé dans le comté de Vintimille.
Au membre de Saint-Léger.
Au membre du Castellet-des-Sausses.
Au membre de la Croix.
Au membre de Pierlos.
Au membre de Roquebellières, tous situés dans le comté de Nice.
Et finalement en trois maisons et un jardin situés dans l'île de Malte et l'île Valette. Il compte que partie des membres qui composent la commanderie de Nice sont situés dans le comté dudit Nice où les commissaires ne peuvent accéder, pour faire légalement leurs opérations, qu'après avoir obtenu au préalable l'exequatur royal, conformément au décret de S. A. E. M. le grand maître et sacré conseil en date du 17 avril 1755, dument enregistré aux actes du registre de la vénérable assemblée du grand prieuré de Saint-Gilles, le 10 novembre suivant, dont extrait en forme est mis au bas du verbal de la précédente visite ; ils se sont tout de suite pourvus, selon l'usage, pour obtenir ladite permission.
Revenu de la commanderie de Nice : 2.941 livres.
Charges : 587 livres, 13 s. 11 d.
Reste net au commandeur : 2.353 livres, 12 sols, 1 deniers.
Les ordonnances sont datées de Nice, le 14 décembre 1762.

Commanderie de Lusseran mieux Lucéram

Département: Alpes-Maritimes, Arrondissement: Nice, Canton: Contes, Commune:


Domus Hospitalis Lucéram
Domus Hospitalis Lucéram

Le 30 novembre 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Sainte-Marguerite-de-Lusseran, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Jean-Baptiste Thaon de Revel, et fondée par son E. Mgr le grand maître de Lascaris, et requièrent Me Jean-Baptiste Jacobi, notaire public, et un des secrétaires de l'Ordre résidant en la ville de Nice, procureur constitué dudit frère Jean-Baptiste Thaon de Revel, par acte du 24 avril 1761, par devant Me Salomé, notaire de la ville de Marseille en Provence.
Ledit Me Jacobi, procureur, leur déclare que ladite commanderie de Lusseran ne consiste qu'au dit membre de Lusseran et en particulier à deux fours situés dans le village de Lusseran, à quatre moulins à grains et trois moulins à huile.
Revenu de la commanderie de Lusseran : 2.448 livres.
Charges : 408 livres.
Reste net au commandeur : 2.040 livres.
Les ordonnances sont datées de Nice, le 15 décembre 1762.

Monastère et hôpital de Beaulieu

Département: Lot, Arrondissement: Figeac, Canton: Gramat, Commune: Issendolus - 46
Le 17 mai 1762, le frère Dominique-Gaspard Balthazar de Gaillard d'Agoult, chevalier, commandeur de Valence, et Joseph Ferrand, prêtre desservant un bénéfice dans l'église de Saint-Jean de Saint-Gilles, commissaires et visiteurs généraux nommés par le grand prieur de Saint-Gilles, frère Augustin de Piolenc, suivant la commission à eux donnée, enregistrée au commencement des verbaux de visite et datée du 15 mars dernier, aux fins de visiter partie des commanderies dudit grand prieuré et particulièrement la présente maison, monastère et hôpital de Beaulieu d'Issendolus, s'étaient rendus, le 15 du courant, au dit monastère de Beaulieu, la soirée étant déjà avancée, après avoir fait la visite du membre de l'Hospitalet, dépendant de la commanderie de Grézans, le présent hôpital de Beaulieu situé au diocèse de Cahors, distant de la ville de ce nom d'environ treize heures de chemin, et malgré qu'ils eussent résolu, selon leurs louables coutumes, de vaquer ce jourd'hui par respect pour le saint jour du dimanche, cependant après avoir entendu la sainte messe dans l'église dudit monastère où ils avaient été reçus dès le moment de leur arrivée, ils se seraient rendus au parloir de ladite grande prieure qui, s'étant trouvée derrière la double grille avec toute sa communauté composée de dix-neuf sœurs de justice, onze sœurs d'office et neuf sœurs donates ou soit sœurs converses, ces dernières portant la demi-croix, et quatre donates laïques ; après lui avoir présenté leurs devoirs ainsi qu'à toute la communauté, ils lui auraient communiqué le motif de notre arrivée, ainsi que notre commission. Et le lendemain matin arrivés de nouveau à la grille du parloir, ils demandent à la grande prieure à quelle époque elle a été élevée à cette dignité. Celle-ci répond que ce fut en l'année 1749, après le décès de la vénérable sœur de Saint-Projet, et par le vénérable bailly de Belmont comme lieutenant de feu vénérable bailli de Galéan, grand prieur de Saint-Gilles, ayant droit, aux termes des constitutions dudit monastère et hôpital, de vider les débats en cas que les suffrages et scrutin ne puissent s'accorder pour la moitié sur un sujet, ce qui arriva pour lors, qu'ensuite de ladite élection qui fut approuvée par ledit feu grand prieur, elle fut installée et mise en possession par le sr chevalier de Montgey, qu'il députa et commit à cet effet.
La grande prieure Françoise de Baroncelli-Javon leur exprima le regret de ne pouvoir leur ouvrir les portes de sa maison, ce qui lui fut interdit par deux arrêts du conseil de 1678 et 1703, lesquels arrêts donnent droit de visite à l'évêque de Cahors.
Dans leur conclusion les commissaires sont d'avis d'exhorter le grand prieur de Saint-Gilles de vouloir prendre les moyens nécessaires pour faire cesser la dépendance équivoque dudit hôpital et monastère de Beaulieu, cela lui sera d'autant plus facile que les arrêts cy-devant énoncés ont été rendus sans l'intervention des vénérables grands prieurs de Saint-Gilles, ses prédécesseurs.
Ledit hôpital a été bâti environ l'an 1220 par les seigneurs de Themines, ledit établissement fut confirmé en 1253 par Guibert de Themines et Egline sa femme, avec donation dudit hôpital et toutes ses appartenances à leur Ordre, pour être possédé par les frères et sœurs d'icelui avec toute subjection., obéissance, tout droit de visite, correction, réformation et destitution de la part des supérieurs dudit Ordre, et que le commandeur de Quercy, le grand maître ou le grand prieur de Saint-Gilles en puissent disposer et ordonner comme bon leur semblerait, ainsi qu'ils pouvaient le faire dans les autres maisons de l'Ordre, ce que dessus en date du 28 juillet 1259.
Ensuite de quoi et le 24 mars 1298, le grand maître Guillaume de Villaret étant au château de la Tronquière fit un règlement pour la conduite et discipline de la prieure et religieuse de l'hôpital, dont il fixa le nombre à 39, élut pour prieure Aygline de Themines, fille du fondateur, les soumit à l'obéissance, habit, correction, visitation et règle de l'Ordre sous la dépendance du grand prieur de Saint-Giles, fixa les responsions dudit monastère à un marc d'argent, confirma les donations qu'il lui avait faites lui-même, pendant qu'il était grand prieur de Saint-Gilles, tout quoi fut reçu et approuvé par lesdites prieures et religieuses, le 27 mai 1298.
Les susdites donations et règlements furent acceptés et ratifiés par les chapitres généraux tenus en l'île de Chypre, le 5 novembre 1300 et le 22 octobre 1301.
Les visiteurs généraux de l'Ordre ont accédé audit hôpital et monastère, où ils ont consommé leurs commissions, en faisant la visite générale en avril 1613, février 1620, avril 1649, mars 1657, mars 1668, juin 1669, et février 1674.
Le grand prieur de Saint-Gilles, d'Arpagon, confirma et approuva, à peu près sous la dernière date cy-devant, les règles et constitutions dudit hôpital ; d'où il résulte que l'Ordre et le grand prieur de Saint-Gilles sont très bien fondés à réclamer l'entière exécution des termes des fondations dudit hôpital, contre la teneur de deux arrêts, dont l'un est rendu par défaut et l'autre simplement sur requêtes, n'étant ni juste, ni décent qu'ils soient privés d'une juridiction légitimement acquise par le concours mutuel de la volonté des fondateurs et celle de l'Ordre et dudit monastère et hôpital et constamment exercé dans tout son entier jusqu'à l'année 1678, d'autant que lesdits arrêts ont conservé à l'Ordre, conformément aux titres et à l'usage, la nomination dans certains cas, et la mise en possession et installation de la vénérable grande prieure, ainsi qu'un droit de visite quelconque audit hôpital et maison. La grande prieure de Baroncelli-Javon le requiert de se charger de cinq extraits en forme des procès-verbaux des preuves de noblesse, légitimité et filiation de cinq des sœurs dudit monastère, pour les remettre, selon l'usage et coutume, au grand prieur de Saint-Gilles.
Premièrement celui des preuves de sœur Françoise de Tresse de Lansac, faites par frère Joseph de Rolland de Réauviile, commandeur du Bastit, closes ou soit signées et scellées le 20 octobre 1750, attendu qu'elles ne sont pas closes.
Plus celles de sœur Jeanne de Filollie, faites par frère Jean de Félines de la Renaudie, chevalier, commandeur de Pauliac et Daulois, signées et scellées le 24 janvier 1753.
Plus celles de sœur Marie-Louise Bonaventure du Guaric duzech, faites par frère Philippe de Crussi Marcilhac, chevalier, commandeur de Boudrac, signées et scellées le 3 juillet 1757.
Plus celles de sœur Antoinette-Eléonore de la Garde de Saigner et de Solinhac, faites par frère Louis-Nicolas de Rolat de Marcay, commandeur de Charriens, et Charles-Joseph de Félines de la Renaudie, chevalier de l'Ordre, signées et scellées le 20 juin 1758.
Et finalement celles de sœur Madeleine-Charlotte de Bonal, faites par frères Jean-François de Bosredon de Vilvoisin, commandeur de la Vinadière, et Charles de Félines de la Renaudie, chevaliers de l'Ordre, signées et scellées le 28 septembre 1758.
Lesdits commissaires ont jugé à propos de faire mention, en leur présent procès-verbal, de la rémission qui leur a été faite des susdites preuves de la part de la vénérable grande prieure, sœur Françoise de Baroncelli-Javon ; pour faire conster d'autant plus de la soumission et dépendance particulière dudit monastère envers le grand prieur de Saint-Gilles, et ils ont fait le procès-verbal audit monastère et l'ont signé et scellé du cachet de leurs armes.
Signé: Le chevalier DE GAILLARD, commandeur de Valence ; FERRAND, prêtre, et ROCQUELAIN, secrétaire (1). 1. Archives particulières de la famille Beuf-de-Gorsse. Visites du grand prieuré de Saint-Gilles, tome Ier, volume in-folio, à la fin du volume.
Nous devons faire observer ici que le mas de Lanac-le-Viel, dont parle M. de Grasset, dans son Essai sur le grand prieuré de Saint-Gilles, pages 16 et 17, sans indiquer sa position topographique, était situé dans le département du Lot, chef-lieu Cahors, et qu'il est indiqué dans un inventaire du grand prieuré de Saint-Gilles, aux archives des Bouches-du-Rhône, comme une dépendance du monastère de Beaulieu, en Quercy. Il y est dit, sous la rubrique du monastère de Beaulieu, fondé en 1298, que non loin de là se trouve un « affar (2) ou mas de Ladnacle-Viel ou Lunac-le-Vielh » Ce mas était un membre qui dépendait, comme le monastère de Beaulieu, du grand prieuré de Saint-Gilles. 2. Le mot offar signifie genre de propriété.


Commanderie de Durbans

Département: Lot, Arrondissement: Figeac, Canton: Gramat, Commune: Flaujac-Gare - 46


Domus Hospitalis Durbans
Domus Hospitalis Durbans

Le 18 mai 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Durbans, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée, à titre d'améliorissement, par frère Paul de Baroncelli-Javon, chevalier. Pour cela, après avoir fini celle de l'hôpital de Beaulieu, ils se transportent en compagnie de Me Pierre Rocquelain, leur secrétaire, au château de Durbans, chef de la commanderie de ce nom, situé au diocèse de Cahors et distant dudit monastère d'environ deux heures de chemin.
Ils ont trouvé là sr Antoine Moizen, fils d'autre Antoine Moizen, fermier, lequel, en son absence et se trouvant chargé de les accompagner, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit Durbans et aux métairies de La Salle, Plaguebens, Tartabelle et La Clède en dépendants.
Au membre et prieuré d'Espédaillac.
Au membre et prieuré de Grezes, annexe de celui d'Espédaillac.
Et finalement au membre de Soulomes et métairie de Lourmède en dépendante.
Revenu de la commanderie de Durbans : 10.800 livres.
Charges : 3.042 livres, 19 sols, 2 deniers.
Reste net au commandeur : 7.757 livres, 0 sols, 10 deniers.
Les ordonnances sont datées de Cahors, le 27 mai 1762.


Commanderie de Lacapelle-Livron

Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82


Domus Hospitalis Lacapelle-Livron
Domus Hospitalis Lacapelle-Livron

Après avoir fini le verbal de la visite de Durbans à la ville de Cahors, les commissaires partirent le lendemain matin, 28 mai, pour se rendre à celle de La Capelle-Livron, située au pays de Quercy, diocèse de Cahors, possédée, à titre de grâce magistrale, par frère Henri-François de Guiran la Brillanne, et, chemin faisant, ils trouvèrent au lieu de Trebais, membre en dépendant,Me Jean-Louis-Meric Duclaux, avocat en parlement, résidant à la ville de Caylus, audit pays de Quercy, procureur fondé dudit sieur commandeur, qui leur déclara que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est La Capelle.
Au membre de Carnac.
Au membre de Trebais.
Au membre de Jambleusse.
Au membre de Lozes.
Au membre de Salliagol, annexe du précédent.
Au membre de Crouselles.
Au membre de Saint-Amans.
Au membre de Cas.
Au membre de Puidauson.
Au:membre de Mouillac.
Au membre de Saint-Peyronis.
Au membre de Brame-Loup.
A la métairie du Juge.
A la métairie de Lespinassière.
Au membre de Genouillac.
Au membre de Saint-Laurens et Paillerols, ce dernier dans la juridiction de Caylus.
Et finalement au membre de Puy-La Garde.
Revenu de la commanderie de La Capelle-Livron : 29.450 livres.
Charges : 10.614 livres, 16 sols, 2 deniers.
Reste net au commandeur : 18.835 livres, 3 sols, 10 deniers.
Les ordonnances sont datées de Caylus, le 28 juin 1762.

Commanderie d'Espalion

Département: Aveyron, Arrondissement: Rodez, Canton: Lot et Truyère - 12


Domus Hospitalis Espalion
Domus Hospitalis Espalion

Le 6 octobre 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie d'Espalion, possédée, à titre de grâce magistrale, par frère Joseph-Gabriel de Lordat Bram, située au pays de Rouergue, diocèse de Rodez, et Me Jean-Antoine Franques, notaire de la ville de Rodez, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit Espalion.
Au membre d'Anglas.
Au membre d'Albignac.
Au membre de Saint-Jean-de-Rodez.
Au membre de Limoure.
Au membre de Saint-Martin, annexe du précédent.
Au membre Delpas.
Au membre de Saint-Stremony.
Au membre des Landes.
Et finalement au membre d'Auzits.
La commanderie d'Espalion est affermée en général 13.600 livres.
A distraire les charges : 2.165 livres.
Reste net au commandeur : 11.435 livres.
Les ordonnances sont datées d'Espalion, le 10 septembre 1762.

Commanderie du Bastit

Département: Lot, Arrondissement: Gourdon, Canton: Gramat - 46


Domus Hospitalis le Bastit
Domus Hospitalis le Bastit

Le 5 juin 1760, frère Charles-Philippe de Crucy Marcillac, commandeur de Vaours, et frère Jean Valette, prêtre et vicaire perpétuel de La Capelle-Livron, commissaires et visiteurs généraux nommés par le grand prieur de Saint-Gilles, Augustin de Piolenc, suivant la commission à eux remise par le sieur Antoine Massot, datée d'Arles, le 5 mai 1760, font la visite de la commanderie du Bastit, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Pierre-Paul de Piolenc. A cet effet, ils partent de Villefranche en Rouergue, en compagnie du sieur Bernard Reynier, leur secrétaire, pour se rendre au membre de Lavaur, éloigné dudit Villefranche d'environ deux lieues, où, étant arrivés, ils y ont trouvé le sieur Pégorié, fermier dudit membre de Lavaur, qui leur a dit qu'il ne pouvait pas leur donner le dénombrement général de la commanderie du Bastit, parce qu'il ne la connaissait pas assez parfaitement, mais qu'il offrait de leur donner au juste le dénombrement du présent membre et qu'ensuite ils trouveraient, à la ville de Figeac, Me Mejescases, juge de ladite commanderie et chargé des affaires de M. le chevalier commandeur du Bastit, qui lui avait mandé de s'y rendre dans la journée de demain. Il leur fait visiter le château, le four et domaine, et le lendemain, 8 mai, ils arrivent à Figeac où ledit Me Majescases leur déclare que la commanderie du Bastit consiste en général :
Premièrement au membre du Bastit, chef-lieu de la commanderie.
A l'église d'Asié.
Au membre de Lavaur déjà visité.
Au membre de Cras.
Au membre de Nadailhac.
La chapelle de Saint-Jullien.
Au membre de Saint-Thomas de Las Lauzettes.
Au membre du Temple de Martel.
Au membre de Courbons et Farguettes.
Au membre de Comburat.
Au membre du prieuré de Cazilhac.
Au membre de Saint-Vézian.
Revenu de la commanderie du Bastit : 9.593 livres, 10 sols.
Charges : 2.590 livres, 0 s. 10 d.
Reste net au commandeur : 6.995 livres, 9 sols, 2 deniers.
Les ordonnances sont datées de Figeac, le 16 juin 1760.

Commanderie de la Tronquière

Département: Lot, Arrondissement: Figeac, Canton: Lacapelle-Marival - 46


Domus Hospitalis Tronquière
Domus Hospitalis Tronquière

Le 17 juin 1760, les mêmes commissaires se rendent au lieu de Druille, membre dépendant de La Tronquière, où ils trouvent le frère Louis-Hippolyte de Varagne Cartouch, commandeur dudit La Tronquière, dont ils vont faire la visite. Celui-ci leur déclare que ladite commanderie de La Tronquière consiste en général en quatre membres principaux, avec leurs dépendances, qui sont :
Le membre de La Tronquière, chef-lieu.
Le membre de Gorse d'où dépend la chapelle de Verdale.
Le membre de Bouxsal.
Et le membre de Druille avec ses dépendances.
Revenu de la commanderie de La Tronquière : 13.080 livres.
Charges : 2.723 livres, 17 sols, 10 deniers.
Reste net au commandeur : 10.356 livres, 2 sols, 2 deniers.
Les ordonnances sont datées de La Tronquière, le 23 juin 1760.

Commanderie de Millau

Département: Aveyron, Arrondissement et Cantons : Millau - 12


Domus Hospitalis Millau
Domus Hospitalis Millau

Le 7 juillet 1762, le frère Dominique-Gaspard Balthazar de Gaillard d'Agoult, commandeur de Valence, et Joseph Ferrand, prêtre desservant un bénéfice de l'église collégiale de Saint-Jean de Saint-Gilles, font la visite de la commanderie de Millau, possédée par frère Gaspard de Raimond d'Eaulx, chevalier. Après avoir fait celle de la maison située à la ville de Rodez, dépendante de la commanderie d'Espalion, ils se rendent, le matin, à la paroisse de Saint-Germain, dépendante de la commanderie de Millau, située au pays de Rouergue, diocèse de Rodez, où le sieur François Boyer, fermier moderne de la commanderie, leur déclare qu'elle consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Millau.
Au membre de Saint-Germain.
Au membre de La Boriette ou la Grangette.
Au membre des Fonds-du-Joug.
Au membre de Castelmus.
Au membre de Servillières.
Et finalement au membre de Meyrueis.
Revenu de la commanderie de Millau : 11.800 livres.
Charges : 4.188 livres, 13 sols, 11 deniers.
Reste net au commandeur : 7.611 livres, 6 sols.
Les ordonnances sont datées de Millau, le 14 juillet 1762.

Commanderie de Reyssac

Département: Tarn, Arrondissement et Cantos: Albi, Commune: Puygouzon - 81


Domus Hospitalis Reyssac
Domus Hospitalis Reyssac

Le 7 juillet 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Reyssac, dépendante du prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Jean-François de Palavicini. En se rendant à Reyssac, ils visitent, chemin faisant, le membre et paroisse de Cambon-du-Temple en dépendant ; ladite commanderie de Reyssac est située au pays d'Albigeois, diocèse d'Alby. En l'absence du sieur Pratviel, procureur fondé dudit sr Moderne, commandeur, le sieur Jean Juery, fermier du chef, leur dit que la commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Reyssac, et aux métairies de La Bonal, de La Pale, La Ramesie, maison et domaine de Cambon en dépendant.
A la métairie de Lanel.
Au membre de Saint-Geniest-de-Puech-Goujon.
Au membre de Saint-Antonin-de-La-Calm.
Au membre du Cambon-du-Temple.
Au membre de Saint-Pierre-de-Combejac et chapelle de Montfranc.
Au membre de Barre.
Au membre de Saint-Pierre-de-Git.
Au membre de la Capelle-de-Segala et Notre-Dame d'Haussevaisse.
Au membre de Gaillac.
Au membre de Saint-Pierre-des-Portset Grauliet.
Au moulin et métairies de Quittalens, diocèse de Lavaur.
Au membre de Saint-Cirgues et de Saint-Benoît-de-Gourgues.
Au membre de Carlat.
Au membre de Carmenel et Alban.
Au membre de Saint-Jean-de-Linas ou de La Salvetat.
Au membre de Saint-Jean-de-Malmontade et Cinq-Fraire.
Au membre de Sainte-Superie-de-Montant.
Et finalement au membre de Saint-Jean-de-La Nouvelle et Saint-Salvy-de-Serail, au diocèse de Castres.
Revenu de la commanderie de Reyssac : 15.438 livres.
Charges : 4.624 livres, 3 sols, 9 deniers.
Reste net au commandeur : 10.813 livres, 16 sols, 3 deniers.
Les ordonnances sont datées de Lanel, le 10 juillet 1762.

Commanderie de Saint-Félix

Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Saint-Affrique - 12


Domus Hospitalis Saint-Félix
Domus Hospitalis Saint-Félix

Le 2 avril 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Saint-Félix, dépendante du prieuré de Saint-Gilles, possédée, à titre de grâce magistrale, par frère François Ignace de Tondut de Malijac.
Me Mathieu Fabrégat, son procureur fondé, résidant à Béziers, leur déclare que ladite commanderie, en Rouergue, diocèse de Vabres, réside en général :
Premièrement aux deux membres qui sont à portée de Béziers, savoir :
Au membre de Campagnolles, diocèse de Béziers.
Au membre de Milhau et dimerie de Paulignan, diocèse de Béziers.
Au membre de Saint-Félix-de-Sorgues, Saint-Caprasi et Versols, chef-lieu, diocèse de Vabres.
Au membre de Mascourbes, diocèse de Vabres.
Au membre de Mombre de Moussac.
Au membre de Roquefort.
Au membre de La Bastide-Pradines et Saint-Pierre de Gourgas.
Au membre de Prugnes.
Au membre de Faragons.
Au membre de Carnus.
Au membre de Saint-Jean-de -Nogairolles et Blanc.
Au membre de Martrin.
Au membre de Saint-Clément.
Au membre de Saint-Laurent.
Au membre de Fereiroles et Notre-Dame-de Salut.
Au membre de Montagnols.
Et finalement au membre de Saint-Amans-de-Lieurac, près Saint-Affrique.
Revenu général de la commanderie de Saint-Félix : 22.767 livres.
Charges : 7.930 livres, 3 sols, 4 deniers.
Reste net au commandeur : 14.836 livres, 16 sols, 8 deniers.
Les ordonnances sont datées de Saint-Félix, le 20 octobre 1762.

Commanderie de Saint-Jean-de-Narbonne

Département: Aude, Arrondissement et Cantons: Narbonne - 11


Domus Hospitalis Narbonne
Domus Hospitalis Narbonne

Le 5 avril 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Saint-Jean-de-Narbonne, possédée par frère Joseph Grégoire, prêtre conventuel de l'Ordre. Son procureur fondé, sieur Jean Pailhiers, féodiste, habitant dudit Narbonne, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Narbonne, et en son église occupée par les pénitents blancs.
Au membre de Saint-Vincent-des-Olargues.
Au membre de Saint-Jean de Las Bessières.
Au membre de La Vinzelle.
Et au membre de Nigreserres.
Revenu de la commanderie de Narbonne : 4.618 livres.
Charges : 596 livres, 12 sols, 11 deniers.
Reste net au commandeur : 4.021 livres, 17 sols, 1 deniers.
Les ordonnances dont Me Rocquelain, leur secrétaire, a remis un extrait à M. Flory, notaire royal de Mouryou, fermier de Las Bessières et La Vinzelle, pour le commandeur, sont datées dudit Mourjou, où ils ont été obligés de se retirer, comme étant le gite le plus voisin et le plus à portée de ladite commanderie, et à la réquisition dudit sieur Flory, le 2 septembre 1762.

Commanderie d'Homps

Département: Aude, Arrondissement: Narbonne, Canton: Lézignan-Corbières - 11

Domus Hospitalis Homps
Domus Hospitalis Homps

Le 15 avril 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie d'Homps, située dans la province de Languedoc, diocèse de Narbonne, possédée, à titre d'améliorissement, par frère Louis de Lépine du Poët, chevalier. En son absence, sr Jean Palhiers, féodiste de Narbonne, particulièrement chargé, par lettre missive du sr Blanc, procureur fondé du commandeur, datée de Toulouse du 1er courant, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Homps, diocèse de Narbonne.
Au membre de La Garde-Roland, diocèse de Narbonne.
Au membre de Coustouges, diocèse de Narbonne.
Au membre de Jonquiéres, diocèse de Narbonne.
Au membre d'Albas, diocèse de Narbonne.
Aux membres de La Roque-de-Fa, de Carcassès, Félines, Aveyzan et Montgaillard, diocèse de Narbonne.
Au membre de Massac, diocèse de Narbonne.
Au membre de Pruniane, diocèse d'Alet.
Au membre de Rouairoux, à présent Caylus, diocèse de Castres.
Au membre de La Cabarède, diocèse de Castres.
Au membre de Notre-Dame-de-Sales, situé dans la montagne de Pomerols, diocèse de Castres.
Au membre de Roquefort, diocèse de Narbonne.
Et finalement aux fiefs de Cyran, Cesseras, Pépieux, Olonzac, Asille, Lesguerdes, Saint-Arnac, Cassllgnes, Puech-de Toulouse, Pésilhac, Prats, Tournefort, La Tour-de-France, Pieux, Lourniac, Corbons et Puech-de-Galbe.
Revenu de la commanderie d'Homps : 10.360 livres.
Charges : 3.113 livres, 5 s. 10 d.
Reste net au commandeur : 7.246 livres, 14 s. 2 d.
Les ordonnances sont datées de Sigean, distant d'une lieue de Roquefort, denier membre visité de la commanderie, le 26 avril 1762.

Commanderie de Douzains

Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Trèbes - 11

Domus Hospitalis Douzens
Domus Hospitalis Douzens

Le 27 avril 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Douzains, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Jean-Sébastien de Varagne Belesta, située en Languedoc, diocèse de Carcassonne. En l'absence du commandeur, le sieur Jacinte Alcouffe leur a déclaré que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit Douzains.
Au membre et métairie de Cabriac.
Au membre de Peiremale, diocèse de Carcassonne.
Au membre de Saint-Jean-de-Moulières, diocèse de Carcassonne.
Au membre de Campagne, diocèse d'Alet.
Au membre de Magrie, diocèse de Narbonne.
Au membre de Fajac, diocèse de Carcassonne.
Au membre de Sales et fiefs de Limoux, diocèse de Narbonne.
Au membre de Saint-Jean-de-Brucafel, diocèse de Carcassonne.
Et finalement au membre de Peyriac, diocèse de Narbonne.
Revenu de la commanderie de Douzains : 9.280 livres.
Charges : 1.731 livres, 2 sols, 1 denier.
Reste net au commandeur : 7.548 livres, 17 sols, 11 deniers.
Les ordonnances sont datées de Limoux, le 8 mai 1762.

Commanderie de La Selve

Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Monts du Réquistanais - 12

Domus Hospitalis La Selve
Domus Hospitalis La Selve

Le 14 juillet 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de La Selve, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée, à titre d'améliorissement par frère Joseph d'Albert du Chaine, chevalier.
Le sr Jean Rouvellat, fermier général de ladite commanderie, leur déclare qu'elle consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit La Selve.
Au membre de Lacombe, diocèse de Rodez.
Au membre de Faussergues, diocèse d'Alby.
Au membre de Saint-Jean-de-Rezon, annexe du chef, diocèse de Rodez.
Au membre de Saint-Laurent-de-Rullac, diocèse de Rodez.
Au membre de Lautrec et métairie de Ragas, diocèse de Castres.
Au membre de Meut et Serayet, diocèse d'Albi.
Au membre de Clameux, diocèse d'Albi.
Au membre de Lesperlenc-du-Temple, diocèse de Rodez.
Au membre de Sauganettes, diocèse de Rodez.
Au membre de Cusomouls, diocèse de Rodez.
Au membre de Broquiès et Ayssenes, diocèse de Rodez.
Au membre de Rouet, diocèse de Rodez.
Et finalement au membre des Montagnes, diocèse de Rodez.
Revenu de la commanderie de La Selve : 12.000 livres.
Charges : 1.702 livres, 16 sols, 5 deniers.
Reste net au commandeur : 10.297 livres, 3 sols, 7 deniers.
Les ordonnances sont datées de La Selve, le 18 août 1762.

Commanderie de Canebières

Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Rodez, commune: Salles-Curan - 12

Domus Hospitalis Canebières
Domus Hospitalis Canabières

Le 21 août 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Canebières, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, située au diocèse de Rodez, possédée, à titre de chevissement, par frère Louis-François de Raimond Modène, chevalier. Me Jean Sorin, avocat, résidant au lieu de Salecuran, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit Canebières.
Au membre de Baissures.
Au membre de Canet, ces deux faisant partie du chef, ainsi que celui de l'hôpital de Bellegarde situé sur la paroisse de Conac, diocèse de Rodez, sénéchaussée de Villefranche.
Au membre de Saint-Jean-de-Bouloc.
Au membre de Boutthac, paroisse d'Istalan, diocèse de Rodez.
Au membre de La Clau, diocèse de Rodez.
Au membre d'Abouil, diocèse de Rodez.
Au membre de Tauriac, diocèse de Rodez.
Au membre de Saint-Martial, diocèse de Rodez.
Et finalement à un droit de fief.
Revenu de la commanderie de Canebières : 8.210 livres.
Charges : 1.929 livres, 12 sols, 9 deniers.
Reste net au commandeur : 6.280 livres, 7 sols, 3 deniers.
Les ordonnances sont datées d'Espalion, le 15 septembre 1762.

Commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon

Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Nant - 12

Domus Hospitalis Sainte-Eulalie
Domus Hospitalis Sainte-Eulalie

Le 20 septembre 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Sainte-Eulalie, dépendante, du grand prieuré de Saint Gilles, possédée, à titre de grâce magistrale, par le vénérable bailli, frère Jean-Louis de Guérin de Tencin, chevalier, grand-croix de l'Ordre, située en pays de Rouergue, diocèse de Vabres. Me François Salle, gradué en droit, citoyen de la ville de Pézenas, procureur fondé dudit commandeur de Tencin, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement à son chef qui est ledit Sainte-Eulalie, diocèse de Vabres.
Au membre de la Cavalerie, diocèse de Vabres.
Au membre de la Salvage, diocèse de Vabres.
Au membre de Saint-Sernin, diocèse de Vabres.
Au membre de Monteils, diocèse de Vabres.
Au membre de Vialar-de-Pas-de-joux, diocèse de Vabres.
Au membre de la Couvertoirade, diocèse de Vabres.
Au membre du Luc, diocèse d'Alais, sénéchaussée de Nîmes.
Au membre de Saint-Paul-de-Fonds.
Au membre de Mayonettes, diocèse de Béziers.
Au membre de Saint-Martin-des-Hubertes.
Au membre de Saint-Georges.
Au membre de Vialette.
Et finalement au membre de Lodève.
Dans une des salles du château de Sainte-Eulalie se trouve un grand cabinet à bois blanc, en bon état, qui renferme les papiers des archives en assez grand nombre, dont le procès-verbal donne l'inventaire. Que sont devenus ces papiers ? Sont-ils conservés encore dans les archives de Sainte-Eulalie, ou bien ont-ils été transférés aux archives d'Arles ou de Marseille ? C'est ce que nous ne saurions dire.

Le membre de Lodève, en Languedoc, consiste en censives directes et rentes foncières, portant lods au douzième denier, ou soit au sixième tant à la ville de Lodève et son terroir, qu'aux masages de Sarreméjane, où il a la justice haute, moyenne, basse, ce qui résulte d'une transaction passée en 1604 entre frère Antoine de Paule, lors commandeur de Sainte Eulalie et successivement grand maître de l'Ordre, et les nommés Aimeras, tenanciers dudit masage, lesquels leur produisent annuellement deux setiers un quart froment, deux setiers un quart avoine.
Revenu de la commanderie de Sainte-Eulalie : 36.093 livres.
Charges : 7.872 livres, 17 sols, 6 deniers.
Reste net au commandeur : 28.220 livres, 2 sols, 6 deniers.
Les ordonnances sont datées de Sainte-Eulalie, le 4 octobre 1762.

Commanderies de Gabres et Capoulet

Département: Ariège, Arrondissement: Foix, Canton: Sabarthès, Commune: Capoulet-et-Junac - 09


Domus Hospitalis Capoulet
Domus Hospitalis Capoulet
Domus Hospitalis Gabre
Domus Hospitalis Gabre

Le 8 juin 1762, les mêmes commissaires font la visite du membre de Saint-Hugues, situé au pays de Quercy, diocèse de Cahors, juridiction de Puit-Laroque, dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles, dépendant de la commanderie de Gabres et Capoulet, du grand prieuré de Toulouse, possédée par frère François d'Honorat, prêtre conventuel de l'Ordre. Le sieur Pierre Pradal, ancien fermier et père de sieur Jean Pradal, moderne fermier du présent membre et métairie de Saint-Hugues, leur déclare que ledit membre consiste tout seulement à la métairie appelée de Saint-Hugues, située au présent lieu et paroisse, distante d'environ 2.000 pas.
Le fermier paie une rente annuelle de 1.020 livres.
Les conclusions sont datées du Puit-Laroque, le 8 juin 1762.

Commanderie de Saint-Hugues

Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82

Domus Hospitalis Saint-Hugues
Domus Hospitalis Saint-Hugues

Le 8 juin 1762, les mêmes commissaires font la visite du membre de Saint-Hugues, situé au pays de Quercy, diocèse de Cahors, juridiction de Puylaroque, dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles, dépendant de la commanderie de Gabres et Capoulet, du grand prieuré de Toulouse, possédée par frère François d'Honorat, prêtre conventuel de l'Ordre. Le sieur Pierre Pradal, ancien fermier et père de sieur Jean Pradal, moderne fermier du présent membre et métairie de Saint-Hugues, leur déclare que ledit membre consiste tout seulement à la métairie appelée de Saint-Hugues, située au présent lieu et paroisse, distante d'environ 2.000 pas.
Le fermier paie une rente annuelle de 1.020 livres.
Les conclusions sont datées du Puylaroque, le 8 juin 1762.

Commanderie d'Espinas

Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Quercy-Rouergue - 82

Domus Hospitalis Espinas
Domus Hospitalis Espinas

Le 17 juin 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie d'Espinas, située au pays de Rouergue, diocèse de Rodez, juridiction de Cailus en Quercy, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Louis Turc, servant d'armes, de l'Ordre. Sr Béteille, marchand, fermier moderne de la commanderie, leur déclare qu'elle consiste en général :
Premièrement en son chef qui est ledit Espinas.
Au membre de Salvetat, diocêse de Rodez.
Et finalement au membre de Saint-Sernin-d'Ambres, diocèse de Castres.
Revenu de la commanderie d'Espinas : 1.900 livres.
Charges : 451 livres, 10 sols, 7 deniers.
Reste net au commandeur : 1.448 livres, 9 sols, 5 deniers.
Les ordonnances sont datées de Lavaur, le 27 juillet 1762.

Commanderie de Vaours

Département: Tarn, Arrondissement et Cantons: Albi - 81

Domus Hospitalis Vaour
Domus Hospitalis Vaour

Le 22 juin 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Vaours, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, située au pays d'Albigeois, diocèse d'Albi, possédée, à titre d'améliorissement, par frère Philippe-Charles de Crusi Marcillac, chevalier, qu'ils ont trouvé en personne à la ville de Caussade, où il s'était rendu à l'effet de les accompagner dans leur visite. Celui-ci leur déclare que ladite commanderie de Vaours consiste en général :
Premièrement en son chef qui est Vaours.
Au membre de Saint-Aman.
Au membre de Saint-Simon.
Au membre de Saint-Laurent.
Au membre de Saint-Benoît, diocèse de Cahors.
Au membre de Montricoux, diocèse de Cahors.
Au membre de La Madeleine.
Au membre de Lautin et métairie en dépendante de Jaussens, diocèse d'Albi.
Au membre de Saint-Jean-de-Rivière-Les Montcul, diocèse de Cahors.
Au membre de Bioulès, dont les R. P. Chartreux de Beaucaire perçoivent une partie de la dîme.
Au membre de La Francaise.
Et finalement au membre de Vaire-Vigne, Delfran, de Saint-Michel et Saint-Pantaléon.
Et en outre au membre de Saint-Maurice, diocèse de Montauban.
Revenu de la commanderie de Vaours : 16.000 livres.
Charges : 4.268 livres, 6 sols, 3 deniers.
Reste net au commandeur : 11.731 livres, 13 sols, 7 deniers.
Les ordonnances sont datées de Villefranche de Rouergue, le 26 juin 1762.

Commanderie de Lugan

Département: Aveyron, Arrondissement: et Canton: Villefranche-de-Rouergue - 12

Domus Hospitalis Lugan
Domus Hospitalis Lugan

Le 27 juin 1762, les mêmes commissaires font la visite de la commanderie de Lugan, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par vénérable bailli frère Antoine Apollinaire de Moreton Chabrillant, chevalier, grand-croix de l'Ordre, située au pays de Rouergue, sénéchaussée de Villefranche, où sr Bernard Cavaignac, moderne fermier de la commanderie, chargé de la leurfaire voir, leur déclare qu'elle consiste :
Premièrement en son chef qui est ledit Lugan.
Au membre de Rulhes, diocèse de Rodez.
Au membre de Narrines, diocèse de Rodez.
Au membre de Malleville.
Et finalement au membre appelé Le Plantier, situé dans les limites du grand prieuré de Toulouse, mais, comme l'assure ledit Cavaignac, dépendant encore de la commanderie de Lugan, mais hors de leur juridiction.
Revenu de la commanderie de Lugan : 3.700 livres.
Charges : 1.179 livres, 2 sols, 10 deniers.
Reste net au commandeur : 2.520 livres, 17 sols, 2 deniers.
Les ordonnances sont datées de Lugan, le 2 juillet 1762.

Commanderie de Valdrôme

Département: Drôme, Arrondissement: Die, Canton: Le Diois - 26

Domus Hospitalis Valdrôme
Domus Hospitalis Valdrôme

Le 21 juin 1762, les mêmes commissaires font, avec Me Antoine Gondon, neveu, leur secrétaire, la visite de la commanderie de Valdrôme, située dans les limites du grand prieuré de Saint-Gilles et dans la province de Dauphiné, diocèse de Die, possédée par frère Christophe Constant, prêtre conventuel de l'Ordre. Messire Louis-Laurens Salette, prêtre, procureur fondé dudit commandeur, suivant l'acte passé à Malte, le 18 juin 1769, reçu Me Joachim Sauvon, leur déclare que ladite commanderie consiste en général :
Premièrement à son chef qui est Valdrôme.
Au membre des Preds, diocèse de Die.
Au membre de La Batie-des-Fonds, diocèse de Die.
Au membre de Roquebeau, diocêse de Die.
Au membre de L'hôpital-de-Boule, diocèse de Die.
Et finalement au membre de La Caire-en-Lux, diocèse de Die.
Revenu de la commanderie de Valdrôme : 3.260 livres.
Charges : 1.153 livres, 1 sols, 5 deniers.
Reste net au commandeur : 2.106 livres, 18 sols, 7 deniers.
Les ordonnances sont datées de Valdrôme, le 28 juin 1762.

Commanderie de Gap

Département: Hautes-Alpes, Arrondissement et Cantons: Gap - 05

Domus Hospitalis Gap
Domus Hospitalis Gap

Le 2 juin 1762, les mêmes commissaires accompagnés du sr Gondon, neveu, leur secrétaire, font la visite de la commanderie de Gap, dépendante du grand prieuré de Saint-Gilles, possédée par frère Nicolas de Cabre de Roquevaire, chevalier. Me Jean-Antoine Delmas, notaire royal, et procureur dudit sieur commandeur, leur déclare que ladite commanderie consiste :
Premièrement en son chef qui est Gap.
Au membre d'Authon.
Au membre de la Caule de Dromon.
Au membre de Nibles.
Au membre de Vaumeilh.
Au membre de Claret.
Au membre de la Saulce.
Au membre de Valansac.
Au membre de Lardiès.
Au membre de la montagne des Piles.
Au membre de Fouillouse.
Au membre de Roumoulon.
Au membre de Saint-Jean de Pinaudier.
Au membre de l'Arche en Terre neuve.
Au membre de Savine.
Au membre d'Embrun, diocèse d'Embrun.
Au membre des Orres, diocèse d'Embrun.
Au membre de Largentière, diocèse d'Embrun.
Au membre de la Freissinouse.
Au membre de Manteyer.
Au membre de Peillotier.
Au membre de la Roche-des-Arnaud.
Au membre de la Batie Monsauléon.
Et finalement au membre de Moidans, diocèse de Gap.
Revenu de la commanderie de Gap : 7.100 livres.
Charges : 2.568 livres, 11 sols, 10 deniers.
Reste net au commandeur : 7.100 livres.
Les ordonnances sont datées de Moidans, le 19 juin 1762. (1)
1. Les 20 dernières visites des commanderies, dépendantes du grand prieuré de Saint-Gilles, dont nous avons donné le résumé succinct, sont renfermées dans le tome II des visites de 1762, appartenant à Me Mathieu Beut, notaire royal et secrétaire de l'Ordre de Malte. — Archives particulières de la famille Beuf-de-Gorsse, héritière des papiers dudit Mathieu Beuf.

En 1766, il fut procédé à l'arpentement, division et bornage de tous les différents membres qui composent le grand prieuré de Saint-Gilles et cela en juridiction gracieuse, séparément et successivement, membre par membre.
Les opérations se terminèrent par celles qui ont été faites sur la Selve Godesque.
Le 13 février 1766, le frère François Gabriel de Jarente Labruyère, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, receveur et procureur général dudit Ordre au grand prieuré de Saint-Gilles, demeurant ordinairement en son hôtel en la ville de Marseille, demande à Monsieur le lieutenant général en la sénéchaussée de la ville d'Arles, commissaire en cette partie, député par arrêt du grand conseil du roi du 11 mai 1764, que tous les verbaux de transcription des différents rapports qui se sont faits pour l'exécution de l'arrêt dudit grand conseil et pour remplir la commission portée par lui, qui ont été remis et se trouvent au pouvoir de Me Etienne-Antoine Roboly, greffier subrogé à Me Jean Estrangin, soient déposés dans les archives de l'Ordre de Malte en cette ville d'Arles pour le grand prieuré de Saint-Gilles.

Le 10 mars suivant, le lieutenant général répondit favorablement au frère de Jarente en ces termes : « Vû la présente requête, notre décret du 13 février dernier, l'exploit du 19 et la recharge, avons permis le dépôt et l'injonction relative, le tout aux fins requises et à la charge par l'archivaire de l'Ordre de Malte de représenter les pièces déposées quand et toutes les fois qu'il sera dit et ordonné. « A Arles, le 10 mars 1766. ROGER L. »

Signification est donnée par voie d'huissier, Me Jean Graudet, à Me Etienne-Antoine Roboly, greffier subrogé, qui a dit qu'il y satisfaira. Déjà, le 21 août 1762, un rapport d'estime des terres laborives et vigne d'Aurisset, dépendantes de la commanderie de Saliers, avait été fait par Mrs Pierre Auphan et Louis Bourdelou de la ville d'Arles, experts amiablement et verbalement commis et nommés par Me Beuf, notaire royal de cette même ville, procureur de ladite commanderie de Saliers d'une part, et par sr Jean Jalaguier, fermier de ladite commanderie.

En 1766 Louis Seguin, géomètre et géographe de la ville de Tarascon, fut commis et nommé pour procéder à l'arpentement et levée de plan géométrique et figuratif de tous les biens appartenant à l'ordre de Malte, situés dans le corps des chaussées du grand prieuré de Saint-Gilles et commanderie du démembrement, suivant la délibération dudit corps du 30 mai dernier. Il fut encore amiablement convenu entre Monsieur le vénérable grand prieur de Saint-Gilles, Henri-Augustin de Piolenc, commandeur du Bastit et de Barbentane, et Messieurs les collégiats de Saint-Gilles, tous trois voisins limitrophes de la commanderie de Capette, et frère messire Joseph de Veynes dudit Ordre, commandeur de Capette, suivant leurs conventions du 12 décembre 1765, que le même Louis Seguin procéderait à l'arpentement, et reconnaissance de bornes de ladite commanderie de Capette, telles qu'elles furent plantées ensuite du rapport du 20 septembre 1740, avec pouvoir de redresser celles abattues, ou de planter des nouvelles aux endroits où il pourrait en manquer, et, avec pouvoir encore de procéder, soit en l'absence ou en présence des parties, qui ont dispensé ledit Louis Seguin du serment et assignation et de toute autre formalité de police. Requis par le sieur commandeur de Veynes, d'exécuter sa commission, Louis Seguin avertit Monsieurle grand prieur Augustin de Piolenc qu'il commencera de procéder le 3 février 1766 ; il avertit aussi Me Beuf, régisseur des biens de la collégiale, et Me Pierre-Joseph-François Guiraud, notaire royal de la ville de Villeneuve-lès-Avignon, procureur de M. le commandeur Pierre-Paul de Piolenc, pour que chacune des parties se trouvent, ou fassent trouver quelqu'un pour son intérêt, lorsqu'il procédera sur les lieux.

Le 3 février 1766, ledit Louis Seguin, s'étant rendu sur la commanderie de Capette, en compagnie du sieur Antoine Mauriset, bourgeois de la ville d'Arles, procureur dudit sieur commandeur de Veynes, attendit jusqu'à deux heures après-midi pour savoir s'il se présenterait quelqu'un de la part dudit seigneur grand prieur Augustin de Piolenc, dudit sieur commandeur Paul de Piolenc, et des frères collégiats, pour lesquels personne n'ayant paru, il aurait procédé à l'exécution de ladite commission.
— Suit le rapport détaillé que nous possédons in extenso dans nos archives particulières. Toutes les contenances de la commanderie de Capette, ensemble tant des terres labourées, prés, bois, ségonauds, sol de chaussée, sol du bâtiment, palus et herbages, contiennent 1.875 salmées, 1 éminée, 37 dextres.
Le commandeur de Capette, Joseph de Veynes, paya à Louis Seguin, géomètre, 360 livres pour ses peines et vacations.
Le rapport est daté de Saint-Gilles, le 18 mars 1766, signé par Seguin, géomètre juré et contrôlé à Fourques, le 22 mars 1766, par Mouret qui a reçu 13 sols.

En 1767, la commanderie de Capette était possédée par frère Joseph-Guillaume-François-Gabriel de Lestang Parade, né le 14 janvier 1715. Celle de Sainte-Eulalie était possédée par frère Jean-Antoine-Joseph Charles de Riquety Mirabeau, né le 8 octobre 1717.
Cette commanderie est affermée : 46.093 livres.
Total des charges : 7.872 livres, 17 sols, 6 deniers.
Produit net : 38.220 livres, 2 sols, 6 deniers (2)
2. Bibliothèque Méjanes d'Aix, manuscrit n° 843, Provence, Recueil K.

Au commencement de la même année 1767, il se fit une nouvelle répartition dans le corps des chaussées du grand prieuré de Saint-Gilles et commanderies du démembrement. Pour cela on fit une expertise de la valeur de chaque commanderie. Il nous est tombé sous la main le procès-verbal de l'expertise de la commanderie de La Vernède que nous donnons ici in extenso :
« L'an mil sept cent soixante-sept et le vingt-septième jour du mois de février, par-devant nous frères Paul-Augustin de Rolland de Réauville, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur d'Aix, et Nicolas de Cabre de Roquevaire, chevalier dudit Ordre, commandeur de Millau, commissaires nommés pour la nouvelle répartition à faire dans le corps des chaussées du grand prieuré de Saint-Gilles et commanderies du démembrement, et pour incorporer et déterminer la cotisation de la commanderie de La Vernède, et membre de Liviers dépendant de la commanderie de Barbentane, sont comparus sieurs Henri Mazer, bourgeois de la ville de Saint-Gilles, et Jacques Pillier-Carles, bourgeois de la ville d'Arles, lesquels interrogés par nous sur la valeur de la commanderie de La Vernède, ont dit et déposé avec vérité que ladite commanderie est composée de trois différents corps :
L'un appelé La Vernède, l'autre Le Clamador et l'autre La Cavalière ; qu'ils étaient autrefois joints et contigus, et que le premier est aujourd'hui séparé des deux autres par la Brassière ou canal de transport des sels de Peccais, qu'il n'y a que le premier corps dit de La Vernède qui puisse être inondé par l'emportement ou subversement des eaux, des chaussées du corps, et que les deux autres en sont à couvert par les digues dudit canal qui les défendent, que la valeur desdits herbages du Clamador et de la Cavalière, comparée à la valeur totale de la commanderie sur le pied de la ferme actuelle de 4,750 livres, peut être considérée comme produisant annuellement environ 1,000 livres, eu égard à ce que ces herbages peuvent contenir environ 500 bêtes de Vassieu et 100 bêtes bovines avec la faculté que l'on a d'aller dépaitre dans La Pinède de l'Abbé, qui en est limitrophe.
Lecture faite de leur déclaration, y ont persisté et se sont soussignés avec nous et Me Mathieu Beuf, notre secrétaire.
Ont signé : H. Mazer, Pillier-Carles, le chevalier de Rolland-Reauville, le chevalier de Cabre et Beuf, secrétaire.

« Du même jour par devant nous dits commissaires est encore comparu sieur Pierre Vernet, bourgeois de cette ville d'Arles, lequel interrogé par nous sur la valeur des herbages du Clamador et de La Cavalière, et sur leur portée, nous a dit et déclaré sous le serment que ces mêmes herbages peuvent nourrir, année commune, 500 bêtes de Vassieu et 100 bêtes bovines et qu'ils peuvent produire, comparaison faite du revenu actuel de la commanderie en total, un prix particulier tout au plus de 1.000 livres, à ce compris la faculté d'aller dépaître dans La Pinède qui est attenante, en foi de quoy il s'est soussigné avec nous et notre secrétaire.
« Signé : VERNET. » (1)
1. Archives particulières de la famille Beuf-de-Gorsse, feuille Volante.
Pour bien se rendre compte de la valeur de la commanderie de Capette, il faut bien connaître les titres de cette commanderie. Me Antoine Raybaud, secrétaire de l'Ordre du grand prieuré de Saint-Gilles, nous en a laissé un inventaire général que nous transcrivons in extenso.
Sources: C. Nicolas, abbé et Raybaud, Jean. Histoire des grands prieurs et du prieuré de Saint-Gilles. Tome 3, Nîmes 1906 - BNF