La Commanderie de Paris Ou l'enclos du Temple

Île-de-France, Paris, 75003 Paris

L'époque où les Templiers vinrent s'établir à Paris n'est pas bien précisément connue. On croit généralement que c'est sur des terrains qui leur furent donnés par un de nos rois ou par quelque puissant seigneur, qu'ils fondèrent cette célèbre Maison désignée autrefois sons le nom du Temple.

Jacquemin, archiviste du Grand-Prieuré de France, dans une notice historique qu'il lit en 1743 sur la commanderie du Temple et qu'il dédia à Monseigneur le duc d'Orléans, alors Grand-Prieur, déclare que les titres primordiaux relatifs à cette fondation n'existaient plus. II donne à entendre que ces titres auraient été brûlés par les Templiers, au moment de leur arrestation. Cela est peu vraisemblable. Pourquoi les Templiers les auraient-ils jetés au feu ?
N'était-ce pas assez de s'y voir jeter eux-mêmes ?
Non, si ces titres ont été brûlés, ils n'ont pu l'être que par ceux qui avaient juré la perte de l'Ordre. Ceux-là ont pu s'en servir pour allumer les bûchers qui devaient consumer leurs victimes.

Quoi qu'il en soit, les historiens qui ont voulu rechercher l'origine de la maison du Temple à Paris, Sauval et Piganiol avouent qu'ils n'ont rien découvert à ce sujet. L'abbé Lebeuf se borne à dire que cette Maison fut fondée dans le cours du XIIe siècle et H. Cocheris suppose avec raison qu'elle existait déjà, lorsque Mathieu de Beaumont donna en 1152 aux Templiers une partie de la terre et seigneurie de Reuilly, alors hors des murs de Paris. Une des premières possessions du Temple dans la capitale fut un moulin situé sous le Grand-Pont, avec une maison au-dessus, que légua à l'Ordre une noble dame nommée Gente ou La Gente. Comme ce moulin se trouvait dans la censive du chapitre de Notre-Dame, les chanoines désiraient beaucoup en l'aire l'acquisition. Cependant ils y renoncèrent pour en laisser la libre possession aux Templiers, moyennant trente livres, une fois payées, et à la charge du cens dont la dame Gente s'acquittait précédemment chaque année envers le chapitre.

L'acte qui constate cet accord ne porte point de date, mais il paraît avoir été rédigé vers 1172. II est passé en présence de Maurice, évêque de Paris, de frère Godefroy Fouquier, maître du Temple en deçà des mers, de frère Eustache Le Chien, qui sous le frère Godefroy était maître du Temple en France, de frère Bernard Le Changeur, « Cambitoris » et de frère Jean, commandeur à Paris, « preceptoris Parisius. »

Si les Templiers avaient alors un commandeur à Paris, ils devaient y posséder également une maison de leur Ordre; laquelle est d'ailleurs mentionnée, quelques années après, dans des lettres d'Isambart, prieur de l'église de Saint-Eloi, à Paris. Par ces lettres, qui datent de l'année 1175, le prieur donna, avec l'assentiment de ses religieux, à la maison du Temple de Paris et aux frères y demeurant, « domui Templi Parisius et fratibus ibidem commorantibus », tout ce que les Templiers tenaient de l'église Saint-Eloi, sous le cens et les coutumes d'usage.

Mais un document beaucoup plus ancien, trouvé parmi les titres de la commanderie d'Eterpigny, révèle l'existence d'une maison du Temple à Paris, avant l'époque dont nous venons de parler. C'est une charte de Simon, évêque de Noyon, concédant aux Templiers l'église de Tracy-Le-Val. Cette charte, datée du Temple de Paris où le Commandeur et les Chevaliers étaient réunis, porte le millésime de 1146; elle se termine ainsi : « Actum Parisius in Templo presente Magistro et conventu Militum anno ab incarnatione Domini M C XL VI. (mille cent quarante six)

Cette maison a dû exister avant celle qu'on appelait, au siècle dernier, la Tour du Temple, si l'on en juge d'après une note insérée dans un des registres du chapitre du Grand-Prieuré de France, au XVIe siècle, ainsi conçue : « En l'an 1222 le 29 mars trespassa frère Hubert trésorier de la religion des Templiers et fut enterré en l'esglise du Temple de Paris devant le crucify; lequel tresorier fist faire la tour et les logis du Temple et aultres édiffices, comme il appert en l'épitaphe dessous sa tumbe. »

On peut conclure de là que le Temple, ouvrage du frère Hubert, aurait été bâti au commencement du XIIIe, siècle, ou à la fin du XIIe. Mais cette construction s'est-elle élevée sur l'emplacement de l'ancien Temple, c'est-à-dire de celui qui existait en 1146 ? C'est ce qu'on ne dit pas et qu'il serait fort difficile de savoir.

Nous n'énumérerons pas ici toutes les acquisitions que les Templiers firent à Paris pendant le cours du XIIIe siècle, ni les privilèges et exemptions de toutes sortes que nos rois se plurent à leur accorder; ces détails nous entraîneraient trop loin et nous feraient dépasser les limites que nous nous sommes tracées. Nous dirons seulement que l'Ordre, au moment de sa chute, avait fait de la maison du Temple de Paris le chef-lieu d'un domaine seigneurial des plus importants.

Les Hospitaliers qui en prirent ensuite possession, y transférèrent à la fin du XIVe siècle le siège de leur Grand-Prieuré de France. L'état de leurs finances ne leur avait pas permis d'opérer plus tôt cette translation, à cause des réparations et des changements considérables qu'il fallait faire au Temple et qui ne furent entièrement terminés qu'au XVe siècle par les soins d'Emery d'Amboise alors Grand-Prieur.

Voici comment la maison du Temple est décrite dans un procès verbal de visite prieurale de 1495.

« La maison est fort grant edifice et sumptueux, et au milieu d'icelle a une grosse tour de pierre de taille quarée et à chascun quanton une tornelle de mesmes, prinse de pié jusques au feste, et toutes cinq couvertez de plombz et crousées de quatre estaiges; et dedens icelle a puys, cave, four, molin et chappelle : lesquelles tours souloyent estre environnéez de fossés à fons de cuve, pleins d'iauwe, et à pont levis qui estoit forte chose; mais on a esté contrainct, du temps des Templiers, de les combler et à présent n'y a point. »

« Le circuit de la maison est fort grant de massonnement, refroistoir, maison d'officiers, logis pour les prieurs d'Aquitaine et de Champagne et plusieurs aultres edifices. »

« En outre Monseigneur de France (Emery d'Amboise Grand-Prieur) a faict faire ung corps de maison tout de neuf ouquel a plusieurs bonnes chambres et salles, arriere-chambres et comptoirs, bien garnit, moeubléz de bois et de cuisine tant pour son estat comme pour celluy du courrant. »

Pour bien comprendre ces dernières lignes, il faut savoir que jusqu'à la fin du XVe siècle, le Grand-Prieur logeait au couvent des religieux. Mais Emery d'Amboise jugea alors plus convenable d'avoir, pour lui et ses successeurs, une habitation séparée. Il fit donc bâtir un hôtel prieural où se trouvaient une chapelle et une grande salle qu'on nommait la salle du chapitre. C'était dans cette salle que se réunissaient chaque année au jour de saint Barnabé les commandeurs du Grand-Prieuré de France, pour rendre compte de leur administration et verser au trésor commun leur responsion, c'est-à-dire la taxe proportionnelle imposée tous les ans à chaque commanderie pour les besoins de l'Ordre. Cette assemblée, qui durait plusieurs jours et à laquelle les commandeurs étaient tenus d'assister, sauf empêchement légitime, s'ouvrait avec un certain cérémonial; elle était précédée d'une messe du Saint-Esprit dans l'église du Temple et les commandeurs s'y rendaient en procession de la salle du chapitre, portant d'une main un cierge et de l'autre tenant un sac où se trouvait l'argent de leur responsion, qu'ils levaient et agitaient en marchant, en signe d'obéissance et de soumission.

La maison du Temple comptait au XIVe siècle douze religieux, savoir : un gouverneur de la baillie ou de la commanderie, sept prêtres, deux servants d'armes et deux clercs donnés. Plus tard ce nombre fut réduit à sept, un prieur, cinq prêtres et un clerc. Tous les religieux, y compris le prieur, étaient à la nomination du Grand-Prieur qui pouvait les changer à sa volonté; c'était lui également qui devait pourvoir à leur nourriture et à leur entretien. Nous avons trouvé ce que lui coûtait cette charge en 1441.

« Pitance de chair et poisson pour ses religieux à raison de 7 sols 6 deniers par jour — 436 livres 40 sols tournois.
« Pour leur revestiaire à raison de 8 livres chascun — 48 livres »
« Au clerc de l'esglise par an pour ses gaiges — 6 livres »
« A la chambriere par an — 6 livres 46 sols tounois »
« Pour la lessive du linge des religieux — 1 livres »
« A la veuve Louffart barbière qui sert les frères du couvent, par an pour ses gaiges — 3 livres »
« Somme — 499 livres 6 sols tournois »
La même dépense s'élevait, en 1786, à 4800 livres.

Les religieux du Temple desservaient leur église où ils acquittaient un grand nombre de fondations faites par d'anciens Grands-Prieurs. Ils y célébraient chaque jour les offices avec le cérémonial observé pour un chapitre de chanoines.

Une chapelle du nom de Jésus, qui se trouvait dans l'église à droite du maitre-autel, avait été fondée en 1529 par un Grand-Prieur, le chevalier de Villiers l'Isle Adam, devenu ensuite Grand-Maître de l'Ordre. C'était dans cette chapelle qu'on avait coutume d'enterrer les Commandeurs. Le coeur du fondateur y reposait sous une magnifique sépulture en marbre blanc, représentant l'illustre défunt à genoux devant le baptême du Christ dans le Jourdain (Procès-verbal d'améliorassements de 1664).

Du même côté on voyait une autre chapelle, remarquable par sa richesse, dans laquelle les Grands-Prieurs de Bois-Baudran, de Haudessen-Desclozeaux et de Boissy, avaient fondé plusieurs messes qui se disaient à certains jours de la semaine. Cette chapelle, dédiée à Notre-Dame de Lorette, était entretenue par une confrérie de bourgeois les plus notables de Paris. Près de la chapelle était un caveau qui figurait un Saint-Sépulcre, fait sur le même modèle que celui de Jérusalem. Ce remarquable ouvrage était dû à la piété d'Emery d'Amboise qui, après avoir été Grand-Prieur de France, devint au commencement du XVIe siècle Grand-Maitre de l'Ordre. Un grand concours de fidèles venait, chaque année au jour de Pâques, visiter le Sépulcre, à l'entrée duquel se dressait une colonne surmontée d'anneaux de fer, qui rappelait la potence de la flagellation de Jésus-Christ.

A gauche de la nef, en face de la chapelle de N.-D. de Lorette, on trouvait une troisième chapelle dédiée à saint Pantaléon, fondée par Pierre de Cluys, ancien Grand-Prieur, qui y avait sa sépulture.

Au bas de l'église il y avait encore deux chapelles, l'une à droite, dédiée à saint Aimé, était entretenue aux frais de la corporation des voituriers de Paris ; l'autre à gauche, qu'on nommait la chapelle de sainte Claude, était entretenue par les marchands de pain d'épice de la capitale (Procès-verbal d'améliorissements de 1664).

Parmi les tableaux qui décoraient l'église, on remarquait au XVIIe siècle deux belles toiles représentant le siège de Malte et placées dans le choeur. On voyait rangés dans la nef les portraits de tous les Grands-Prieurs.

De précieux reliquaires ajoutaient encore à la richesse de l'église. Plusieurs avaient été envoyés de Rhodes par De Villiers l'Isle Adam. L'un était une grande croix en vermeil doré renfermant un morceau de la vraie croix; l'autre, une châsse d'argent contenant la chemise de Jésus-Christ, soutenue par deux anges; un troisième, la statue de saint Jacques, en argent et en vermeil doré. On remarquait encore un reliquaire de saint Fiacre, un autre où étaient le bras et la main de sainte Anne ; mais le plus précieux était la grande châsse reposant sur le maitre-autel et qui renfermait le corps d'une des onze mille Vierges martyres (Procès-verbal d'améliorissements de 1664.)

Il y avait aussi des fonts baptismaux d'un très-beau travail ; car il faut savoir que l'enclos du Temple formait une petite paroisse, dont le prieur du couvent était le curé et où l'on baptisait et enterrait comme dans les autres églises de Paris.

Les commissaires préposés à la visite prieurale de 1664 avaient remarqué que depuis un certain temps les inhumations ne se faisaient plus conformément aux statuts de l'Ordre, qui voulaient que les sépultures des religieux fussent séparées de celles des séculiers. Pour assigner à chacun une place selon son état et son rang, ils ordonnèrent que désormais les Grands-Prieurs et Baillis seraient inhumés dans le choeur de l'église; les prieurs conventuels derrière le maître-autel; les commandeurs et les frères chevaliers dans la chapelle du nom de Jésus; les prêtres et frères d'obédience dans celle de saint Pantaléon, en laissant la nef pour y enterrer les paroissiens séculiers (Procès-verbal d'améliorissements de 1664).

Au-dessus du porche de l'église, on trouvait une grande salle qui servait de chartrier ou de dépôt aux archives. Jusqu'à 1664, ces archives étaient restées dans la maison de l'Hôpital. Le Grand-Prieur en fit faire alors la translation au Temple et ordonna à tous les commandeurs d'y rapporter les titres qu'eux ou leurs hommes d'affaires avaient entre leurs mains.

Cependant il ne fut pas possible de faire rentrer les titres des commanderies de Flandre (On appelait ainsi les commanderies du nord de la France et de la Belgique), à cause de la guerre qui existait dans le pays. En 1669, le Grand-Prieur en réclama de nouveau la réintégration ; mais alors on lui fit observer qu'en Flandre, dans les procédures qui étaient à courts délais, il fallait représenter les titres originaux, qu'on n'aurait pu produire à temps, si on avait dû les faire, venir de Paris (La plupart des anciens titres des commanderies de Slype (Flandre) et du Pieton (Hainaut) sont aujourd'hui aux archives de l'État à Mons).

Malgré tous les soins qu'on mit à réorganiser les archives et à y rétablir l'ordre, nous voyons qu'il s'y glissa encore bien des abus, faute d'une surveillance suffisante. Ainsi en 1723, on découvrit dans plusieurs registres des lacérations et de nombreuses ratures. Le Grand-Prieur voulut alors que chaque commandeur eût la clef de l'armoire ou de la case qui renfermait ses titres et que personne autre que lui ne pût y toucher. Félicitons-nous néanmoins de trouver encore ces documents généralement en bon état. Aujourd'hui qu'ils reposent en lieu sûr, aux Archives nationales, on n'a plus rien à craindre pour leur conservation.

Nous avons dit que la maison du Temple était le chef-lieu d'une juridiction seigneuriale fort importante qui, dès l'origine, se trouvai comme la maison même, en dehors des murs de Paris. Cette juridiction s'étendit peu à peu dans l'intérieur de la capitale, et finit par amener des conflits entre les officiers de justice du Roi et ceux Temple.

Pour y porter remède, Philippe le Hardi fit un accord avec le Grand Maître des Templiers. Par ses lettres-patentes de l'année 1279, le Roi reconnut à l'Ordre l'entière et libre disposition de ses biens avec la haute, moyenne et basse justice, pour toutes ses possessions en dehors de Paris : « depuis la porte ou poterne vulgairement nommée Barbette, comme les murs s'étendent jusqu'à la porte de la rue du Temple, jusqu'au fossé nommé vulgairement le fossé de Boucelle qui s'étend entre les Saulsoys de la rue du Temple et la terre de Unfroy Nuflle et de là, comme le fossé s'étend, jusqu'au coin de la Courtille Barbette, du coté des champs et de suivant là le chemin de Mesnil-Mautemps, jusqu'à la poterne Barbette.

Les maisons situées dans la terre du Temple étaient en 1360 au nombre de 170, qui se répartissaient ainsi dans ces limites étaient comprises, ainsi que l'indique un cueilloir de rentes de l'année 1362, « la rue du Temple, la rue Rohard des Poullies, la rue Pastorelle, la rue du Noyer, la rue Jehan Luillier la rue des Bouchiers, la rue du Chaume avec le chantier, la rue aux IIII fils Hémon, la rue Barbette, et la rue de Paradis, qui formaient ce qu'on appelait alors la terre du Temple.
53 maisons dans la rue du Temple;
10 maisons dans la rue des Poullies;
10 maisons dans la rue Pastourelle;
4 maisons dans la rue du Noyer;
12 maisons dans la rue Jean Lhuillier;
10 maisons dans la rue des Bouchers;
10 maisons dans la rue du Chaume;
21 maisons dans la rue du Chantier;
11 maisons dans la rue des Quatre Fils Aymond;
22 maisons dans la rue Barbette;
et
7 maisons dans la rue de Paradis.

Dans ce nombre on comptait :
2 forges;
2 étaux de bouchers à tailler chair;
2 étuves à femmes ou lavoirs.

Quant aux possessions des Templiers dans l'intérieur de Paris, Philippe le Hardi ne leur accorda que le droit de cens et celui de basse justice. Ces droits s'exerçaient au XIVe siècle sur des maisons et héritages situés outre la porte du Temple jusqu'à la barre du Bec, en la rue aux deux portes, en la vieille Truanderie, en la rue du Plâtre, en la Bretonnerie, vers le bout Tibourc, en la rue du Puis, en la rue des Singes, en la rue des Blancs Manteaux, en la rue vieille du Temple, en la rue des Rosiers, en la rue des Escouffes, en la rue au Roy de Sicile, en Marivaux, au chevet Saint Gervais, en la rue Guernier dessus l'eaue, en la Mortelerie, devant les moulins, Soubz Saint Jean en Grève, devant la pierre au Lait, à La Porte Saint Denis, es Halles, à la porte de Paris, au bout du grand Pont, au marché Pallu, en la rue neuve Notre-Dame, outre le petit pont, en Sac Alie, en la rue aux escripvins, en la rue Saint Jacques, au Palais de Termes. « Cueilloir de 1360. — Au XVIIe siècle le nombre de cens ou de renies foncières appartenant à la maison du Temple était tellement grand, qu'il faudrait pour les désigner, nommer presque toutes les rues et places de Paris. »

En 1362, le principal revenu de la maison du Temple était celui des cinq moulins qu'elle possédait à Paris, c'est-à-dire des trois moulins de Grève, du moulin du Grand-Pont et de celui vers le Palais. Ils étaient loués alors 469 livres 12 sols.

A la même époque on ne retirait que 38 livres 45 sols par an de la location de cinquante arpents de pré et de marais qui se trouvaient derrière les murs du Temple. Une partie de ce terrain, comprise entre ces murs et les remparts de la ville, fut aliénée en 1608, moyennant un cens annuel de 600 livres, à la ville de Paris, pour y bâtir des maisons, et l'on vit bientôt s'y former des rues nouvelles auxquelles on donna les noms d'Orléans, de Berry et d'Angoumois.

Quant à l'autre partie de terrain qu'on appelait le Marais du Temple, située à la Courtille, au-delà des remparts, aboutissant au chemin de Ménilmontant, sa contenance était de 23 arpents, qu'on proposa en 1778 de concéder, par bail emphytéotique de 99 ans, à tous ceux qui voudraient y bâtir, moyennant une redevance annuelle de vingt sols par toise.

Cette concession fut approuvée par le grand Conseil de l'Ordre à Malte, avec d'autant plus d'empressement, qu'on allait obtenir dix-huit mille livres de revenu de ce qui ne rapportait alors que trois mille cinq cents livres.

Le Grand-Prieur s'entendit avec la ville pour tracer une place et des rues sur le terrain concédé. Le roi par ses lettres du 13 octobre 1781, en approuva le plan. La place fut nommée place d'Angoulême, du nom du Grand-Prieur qui était alors le duc d'Angoulême, et les rues furent appelées rue d'Angoulême, rue de Crussol, rue de Malte, rue du Grand-Prieuré et rue de la Tour.

La grande faveur dont les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem jouissaient à la cour, sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, était de nature à faciliter toutes leurs entreprises et à servir leurs intérêts. Cette faveur, ils la devaient en grande partie à l'influence de leurs Grands-Prieurs qui étaient presque toujours des princes de sang royal. Il n'en était pas de même sous les règnes précédents, où l'on montrait pour eux moins de bienveillance. Nous avons vu souvent au XVIe siècle les officiers de la couronne et ceux du Châtelet de Paris leur susciter des difficultés dans l'exercice de leurs droits et privilèges. Tantôt c'était un receveur du trésor royal qui faisait saisir leur fief, sous prétexte qu'ils n'avaient pas fourni au roi les déclarations de leur temporel; tantôt c'étaient les notaires de Paris qui poursuivaient le greffier de l'Hôpital à Reuilly, qu'ils accusaient de faire des actes, réservés uniquement à leur ministère. D'autres fois (et cela se renouvelait souvent) les officiers du Châtelet venaient faire des exploits de justice jusque dans les maisons de l'enclos du Temple; ce qui était hors de leur compétence. Il arriva aussi que leurs sergents voulaient assister à leurs processions, et que, pour les en empêcher, les Hospitaliers étaient obligés de tenir leurs portes fermées pendant tout le temps de la cérémonie.

Sous le règne de Louis XIV, on était encore au Châtelet si envieux et si jaloux des droits et privilèges de l'Hôpital, qu'on cherchait tous les moyens d'y porter atteinte. On crut un jour qu'ils allaient être entièrement abolis, lorsqu'en 1676, on obtint du roi un édit pour la création d'un nouveau Châtelet, qui devait incorporer toutes les seigneuries existantes encore dans Paris et par conséquent celles du Temple, de l'Hôpital et de Reuilly.

On peut se figurer l'émoi qu'une pareille nouvelle causa aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ils coururent se plaindre au roi du grave préjudice et même de la ruine dont ils étaient menacés. Louis XIV écouta leurs doléances, et consentit à leur laisser la haute justice dans l'enclos du Temple et dans celui de l'Hôpital, avec le droit de percevoir dans Paris et la banlieue les cens et rentes qui pouvaient leur appartenir. A cette occasion, le roi les dispensa du paiement de certaines contributions auxquelles ils étaient tenus, et entre autres, d'une somme de quinze cents livres, qu'ils donnaient chaque année pour l'entretien et la subsistance des enfants trouvés.

Les lettres du roi sont du 28 janvier 1678. Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem les présentèrent le 20 mars suivant à l'homologation du parlement. Les officiers du Châtelet voulurent s'opposer à cette formalité, mais la Cour, sans tenir compte de leur mauvais vouloir, ordonna l'enregistrement de ces lettres par arrêt du 7 septembre de la même année.

Dès ce moment les conflits s'apaisèrent; ils avaient entièrement cessé lorsque Louis XV en montant sur le trône vint confirmer de nouveau les privilèges de l'Hôpital.

Après avoir dit ce qu'était la seigneurie de la maison du Temple à Paris, nous parlerons maintenant des membres qui composaient sa commanderie. Au temps des Templiers, cette commanderie comprenait plusieurs maisons qui étaient des succursales de celle de Paris. Ces maisons étaient situées à des distances plus ou moins rapprochées de la capitale, à Reuilly, à Clichy en l'Aunois, à Montmorency, à Gonesse, à Sarcelles, à Rubelles, à Cernay, au Château de Mail, à Belloy, à Jouy-le-Comte, à Moisy-le-Temple, à Santeny, à Fromont, à Orangis et à Balisy.

Les maisons der Clichy, de Cernay, de Moisy et de Balisy avaient été elles-mêmes précédemment des chefs-lieux de commanderie.

Les Hospitaliers, en succédant aux Templiers dans leurs possessions, ne changèrent rien à la commanderie du Temple. Ils y ajoutèrent seulement quelques maisons qui leur appartenaient, la maison de Mesy près Créteil et celle des Bordes près Corbeil.

La commanderie continua de s'appeler commanderie du Temple, mais plus souvent commanderie du Grand-Prieuré de France, parce qu'elle se trouvait attachée à la dignité de Grand-Prieur. En 1631 il fut question de la démembrer et d'en remanier la composition. Voici à quelle occasion. Il y avait alors dans le Grand-Prieuré de France quatre chambres prieurales, c'est-à-dire quatre commanderies dont le Grand-Prieur jouissait pour subvenir aux grandes dépenses que ses fonctions lui imposaient. C'étaient les commanderies du Temple et de l'Hôpital à Paris, la commanderie de Choisy-le-Temple et celle de Launay-lez-Sens. Ces commanderies étaient d'un très-bon revenu qui augmentait encore tous les jours. La commanderie du Temple surtout avait triplé le sien depuis vingt ans, à partir du jour qu'on avait commencé à bâtir sur les terrains arrentés en 1608.

Le conseil général de l'Ordre à Malte avait décidé qu'on retrancherait des trois commanderies du Temple, de l'Hôpital et de Choisy, des biens jusqu'à concurrence d'un revenu de douze mille livres, pour former deux nouvelles commanderies, celles de Moisy et de Louvières. Par suite de cela, la commanderie du Temple devait perdre plusieurs de ses membres, d'abord la maison de Moisy-le-Temple, qui devenait un chef-lieu de nouvelle commanderie, puis celles de Cernay, Rubelles, Belloy et Jouy-le-Comte. Le même conseil avait en outre arrêté que la commanderie de Corbeil ou le prieuré de Saint-Jean-en-l'Île-lez-Corbeil, serait désormais attaché aux fonctions de Grand-Trésorier de l'Ordre, et que la commanderie de l'Hôpital serait retirée au Grand-Prieur pour être donnée au Bailli de la Morée, en remplacement des biens que lui et ses successeurs avaient perdus dans ce pays-là, par suite de l'invasion des Turcs.

Mais tous ces changements ne devaient avoir lieu qu'à la mort des titulaires de ces diverses commanderies. Le décès du dernier d'eux, d'Amador de La Porte, commandeur de l'Hôpital, étant arrivé en 1644, le Bailli de la Morée et les Chevaliers pourvus des nouvelles commanderies, se disposaient à entrer en fonctions, lorsqu'ils en furent empêchés, par un arrêt du Conseil d'Etat, du 10 janvier 1645, qui s'opposait à l'exécution de la décision du Grand-Conseil de Malte, comme étant préjudiciable aux intérêts du Roi et à ceux des Chevaliers de la langue de France.

On essaya, mais inutilement, auprès du Roi et de ses Ministres, de faire rapporter cet arrêt. Comme on ne pouvait y parvenir, les Chevaliers de la langue de France s'assemblèrent le 24 avril 1646, et décidèrent qu'il serait accordé à celui qui pourrait obtenir l'agrément du Roi au démembrement projeté, la jouissance viagère de la commanderie de l'Hôpital à Paris, ainsi que de celles de Moisy et de Louvières, à la charge de remettre chaque année huit mille livres au Bailli de la Morée et six mille livres à chacun des titulaires des deux nouvelles commanderies.

Le chevalier d'Elbène, receveur du commun trésor, fut chargé de la conduite de cette affaire. Il pensa que celui qui pouvait mieux la mener à bonne fin, était le chevalier Jacques de Souvré, alors ambassadeur de l'Ordre près de la cour de France. Mais le chevalier était absent. Il se trouvait en Italie et faisait partie d'une expédition qui venait de réduire sous l'obéissance du Roi les forts de Porté-longon et de Piembino. A son retour, le chevalier d'Elbène lui soumit la proposition de la langue de France. M. de Souvré l'accepta, et après bien des démarches et des instances, il obtint que l'affaire reviendrait au Conseil d'État. Elle y fut portée le 10 avril 1647. A la demande de l'ambassadeur, l'arrêt de 1645 fut annulé et l'Ordre put mettre à exécution les changements qu'il désirait faire.

Après le démembrement et les retranchements qu'elle dut alors subir, la commanderie du Temple ne conserva plus que les maisons de Reuilly de Clichy (Clichy-sous-Bois, autrefois Clichy-en-Launoy), de Gonesse, de Montmorency, du Château de Mail (L'ancien château de Mail, entre Argenteuil et Franconville), de Mesy (Mesly, commune de Créteil), de Balisy (commune de Longjumeau), d'Orangis (Ris-Orangis), de Fromont (Ris-Orangis), des Bordes (près de Corbeil) et celle de Santeny, échangée plus tard contre le domaine du Plessis-Pommeraie.

 

Domus Hospitalis Reuilly

Île-de-France, Paris, 75012 Paris


Domus Hospitalis Reuilly
Domus Hospitalis Reuilly

Cette maison de Reuilly, située au faubourg Saint Antoine, près de l'ancienne abbaye de Saint Antoine des Champs (1), était, comme nous l'avons dit, dès l'origine, en dehors des murs de Paris. Il reste peu de titres sur cet ancien domaine des Templiers, un des premiers qu'ils aient possédés aux environs de la capitale, et qui leur fut donné en partie au XIIe siècle, par Mathieu de Beaumont, grand-chambellan du Roi de France. En effet par ses lettres, datées de l'an 1152, ce seigneur déclare faire donation aux frères du Temple de Salomon, d'un four qu'il avait devant la porte de Paris, d'un cens de quarante sols et de dix-sept setiers, une mine d'avoine avec des poules, le tout à prendre dans la terre de Reuilly. Il leur abandonne en outre la maison de Frogier Lasnier, située devant les barres, avec la justice et le port touchant à la maison. « Frogier Lasnier; a donné son nom à la rue depuis appelée : rue Geoffroy Lasnier. »
1. Le quartier tire son nom de l'abbaye de Saint-Antoine-des-Champs fondée au XIIe siècle, implantée à l'emplacement de l'actuel hôpital Saint-Antoine. Au XVe siècle, ce riche couvent de femmes bénéficia d'un privilège rare. Le roi libéra les artisans travaillant sur son territoire de la tutelle des corporations. Les artisans purent ainsi échapper à leur réglementation tatillonne et développer de nouvelles techniques comme la marqueterie pour les ébénistes.

Certains titres du XIIIe siècle mentionnent l'acquisition faite par les Templiers, de quelques terres à Reuilly; mais ces acquisitions sont insignifiantes, comparativement au domaine qu'ils laissèrent là aux Chevaliers de l'Hôpital-Saint-Jean-de-Jérusalem et qui comprenait, au moment où ceux-ci en prirent possession, près de trois cents arpents de terre.
Une des descendantes de Mathieu de Beaumont, la veuve de Robert d'Artois, habitait en 1362, la maison de Reuilly.

Jusqu'au XIIe siècle, l'actuel emplacement de l'hôpital Saint-Antoine n'est que fourrés et marais. Seule une antique voie romaine, reliant le centre de Paris à Meaux et Melun, traverse l'endroit, baigné par les ruisseaux qui descendent des collines de Ménilmontant ou de Belleville.

En 1198, Foulques de Neuilly, curé de Saint-Baudile (à Neuilly-sur-Marne), prédicateur des IVe Croisades pour le compte du Pape Innocent III, fit construire un petit ermitage pour femmes dépravées au milieu des marécages.

En 1204, le couvent est transformé en Abbaye d'obédience cistercienne, il est fortifié et l'eau des fossés est amenée de la Seine par des canaux. Des hommes d'armes assurent sa défense sous les ordres directs de l'abbesse, que l'on surnomme « La Dame du Faubourg ». Son église est consacrée à saint Antoine. De style gothique, sa nef est flanquée de bas-côtés et d'un chevet et surmontée d'une flèche.

 

Domus Hospitalis Clichy

Département: Seine-Saint-Denis, Arrondissement et Canton: Le Raincy — 93


Domus Hospitalis Clichy
Domus Hospitalis Clichy

C'était sous les Templiers un chef-lieu de commanderie. La maison se trouvait sur le chemin qui descendait de Clichy-sous-Bois à l'abbaye de Livry. Il en dépendait une seigneurie assez importante en terres, cens, rentes, avec la haute, moyenne et basse justice, tant à Clichy que dans les environs.

L'abbé Lebeuf parle des Templiers comme seigneurs de Clichy, à la fin du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe. Nous n'avons trouvé aucun titre qui les concerne avant 1261. C'est 1a vente à eux faite, cette année-là, par Eudes de Rosay et André de Clichy, du fief de Rosay, « feodum de Roseto », situé à Clichy en Launois, « apud Cliciacum in Alneto », aujourd'hui Clichy-sous-Bois, avec des terres, des vignes et censives à Chaconin, Montfermeil et Livry, du consentement du comte de Grandpré qui, la même année, leur accordait l'amortissement de ce fief, relevant de lui.

Mais la terre et seigneurie de Clichy n'acquit quelque importance, que lorsque Henri de Grandpré, seigneur de Livry, et Laure de Montfort, son épouse, eurent donné, en septembre 1267, aux Chevaliers du Temple de Paris, 380 arpents de bois, appelés le Bois du Roi, entre Bondy et Livry, franc et exempt de gruerie, avec tout ce qu'ils possédaient à Clichy, en fiefs, arrière-fiefs, pressurages de vins et autres droits seigneuriaux.

C'est alors que les Templiers fondèrent leur maison de Clichy. Le premier titre qui en fait mention, est une vente faite au mois d'avril 1270, par Jean Boileau, « Johanes Bidens aquam » et Marguerite, sa femme, aux Templiers de Paris, pour les besoins de la maison de Clichy, « ad opus domus Clichiaco », de cinq arpents de terre pour le prix de dix livres parisis.

En 1277, Philippe le hardi accorda aux hommes du Temple, demeurant à Clichy, le même droit d'usage qu'il avait déjà accordé aux habitants de Livry, dans ses bois de Livry, pour le pâturage de leurs bestiaux et pour y prendre le bois de chauffage, dont ils avaient besoin.

Les Templiers firent encore en 1284, de Jean et de Pierre de Clacy, écuyers, fils de Jean de Clacy, chevalier, une acquisition de soixante-deux arpents de bois, entre Livry et Bondy, près du chemin de Paris à Meaux, pour le prix de 200 livres et 15 sols parisis.

Mais nous voyons en 1290, une grave contestation s'élever entre les Chevaliers du Temple et le seigneur de Livry, qui était alors Pierre de Chambly. Celui-ci prétendait que la haute, moyenne et basse justice de Clichy lui appartenait avec les garennes. Les Templiers soutenaient que tout cela était à eux, comme ayant été compris dans la, donation faite par le comte de Grandpré, en 1267. Une transaction mit fin à ce débat. On délimita par des bornes la seigneurie des Templiers, où ils conservèrent la haute, moyenne et basse justice, moyennant une indemnité de 800 livres tournois, qu'ils payèrent à Pierre de Chambly. De plus, ce dernier eut le droit exclusif de chasser la grosse bête dans toute la terre de Clichy, et dans les bois du Temple, qui provenaient du comte de Grandpré; les Templiers ne devant avoir que « la garenne et la chace au lièvre, au counin, au goupil, et à toutes les aultres bestes au pié clos. »

Il dépendait de la maison de Clichy, au XIIIe siècle, la terre et seigneurie de Gagny, qui avait été donnée en 1272 aux Templiers de Paris, par Pierre, seigneur de Gagny, sous la condition de lui accorder sa sépulture dans leur église.

Le domaine de Clichy comprenait 650 arpents de terre, dont les cinq sixièmes environ étaient en bois :
Le bois Notre-Dame, 43 arpents;
Le bois aux Fontenelles, 22 arpents;
Le bois au Martel, 50 arpents;
Le bois de la Butte, 15 arpents;
Le bois de la Croix-Gautier, 399 arpents;
Le bois du Château Gobillon, 14 arpents;
Total : 543 arpents de bois.

Son revenu était en 1733 de 1700 livres. Il avait été affermé en 1491, trente livres tournois, sans y comprendre toutefois les bois de Bondy et quelques prés à Chelles et en outre à la charge de dépenser par le fermier, en réparations de la maison, cent écus d'or.

 

Domus Hospitalis Gonesse

Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Gonesse — 95


Domus Hospitalis Gonesse
Domus Hospitalis Gonesse

Le Temple de Gonesse était, dès l'origine, un petit domaine qui appartenait au XIIIe siècle à une dame, du nom de Pétronille Du Change, « De Scambio », et que celle-ci donna en 1284 aux Templiers de Paris, à la condition qu'elle profiterait, pendant sa vie, de la moitié de la récolte des terres, dont les frais de culture seraient entièrement à la charge des donataires.

La maison était située à Gonesse, rue des Forges ; elle était toute en ruines en 1448. Le Grand-Prieur la donna alors à un frère de l'Ordre, nommé Nicole Saint-Homme, pour en jouir durant sa vie, moyennant une redevance de trente-deux sols par an, mais à la charge de rebâtir la maison.

En 1465, la guerre avec les Bourguignons ayant étendu ses ravages jusque dans les villages environnant Paris, le frère Nicole obtint du Grand-Prieur l'exemption de payer sa redevance annuelle, attendu que les ennemis avaient détruit ses récoltes et enlevé la couverture de sa maison pour faire du feu.

Il ne paraît pas que cette maison ait été rétablie; car dans un bail fait en 1482 du domaine de Gonesse, il n'est question que de trente-six arpents de terre « où soloit jadis avoir une maison appelée le : Temple de Gonesse. »

 

Domus Hospitalis Stains

Département: Seine-Saint-Denis, Arrondissement: Saint-Denis, Canton: Stains — 93


Domus Hospitalis Stains
Domus Hospitalis Stains

La terre et seigneurie de Stains, village près de Gonesse, relevait de la commanderie. La mouvance de ce fief avait été cédée aux Templiers, en janvier 1239, par Gervais de Chaumont, du consentement de Guillaume de Flaucourt, seigneur dominant, pour le prix de douze livres parisis.

 

Domus Hospitalis Montmorency

Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Montmorency — 95


Domus Hospitalis Montmorency
Domus Hospitalis Montmorency

Les Templiers de Paris formèrent leur maison de Montmorency au moyen des donations que leur firent en grande partie les seigneurs du lieu. La première chose qu'ils en reçurent fut une rente de deux setiers de châtaignes que Bouchard de Montmorency leur accorda en 1192, à prendre chaque année dans ses bois.

D'autres seigneurs, Nicolas de Mahaut, en 1263, et Bauduin Des Fossés, en 1266, leur firent également des donations, pour obtenir, après leur mort, leur anniversaire dans l'église du Temple à Paris.

En 1269, Mathieu, seigneur de Montmorency, leur octroya des lettres d'amortissement pour tous les biens qu'ils possédaient audit lieu, sans réserve d'aucun droit de justice ou de seigneurie, mais sous la condition expresse qu'ils ne pourraient jamais y élever aucune tour ni forteresse. Cette charte énumère toutes leurs possessions, et particulièrement leur maison située à Montmorency, près de la Fontaine, dans la rue de l'Étang, « subtus fontana in vico de Stanno », ainsi qu'une autre voisine, qui servait de pressoir pour faire leurs vins.

Quelques années après que les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem eurent pris possession du Temple de Montmorency, c'est-à-dire en 1318, le seigneur du lieu, qui était alors Jean de Montmorency, fit saisir féodalement leur domaine, sous prétexte qu'il n'avait pas été amorti par lui et ses prédécesseurs. Pour éviter un procès avec un aussi puissant seigneur, Simon Le Rat, alors Grand-Prieur, jugea à propos de transiger et de payer une somme de seize cents livres parisis, pour obtenir la libre possession de ses biens.

A partir de ce moment, on voit les Chevaliers prendre en dégoût leur maison de Montmorency. Ils cédèrent à cens ou rente perpétuelle presque toutes leurs terres. Ils ne conservèrent que la maison qu'ils convertirent en cellier avec cinq à six arpents de vigne et un bois de douze arpents, au chantier de la Fontaine Bourdonné, appelé le Bois du Temple.

Duchesne, dans son histoire des seigneurs de Montmorency, ne fait mention que d'un seul titre ayant rapport aux Templiers, c'est une donation à eux faite, en 1221, par Mathieu de Montmorency, d'une partie de la dime de Deuil et de Montmagni.

 

Le Château de Mail, domaine de l'Hôpital

Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Pontoise, Canton: Franconville — 95


Château de Mail
Château de Mail

Ancien domaine seigneurial dont il ne restait plus au XVe siècle qu'une grange, appelée La Grange l'Auxerroise, servant à renfermer les récoltes des terres et le produit des dîmes qui appartenaient à la commanderie.


Domus Hospitalis Sannois
Domus Hospitalis Sannois

C'est probablement de nos jours le lieu La Commanderie à Sannois 95
On ne trouve aucun titre qui puisse faire connaître l'origine de ce domaine qui, depuis le XIVe siècle, a toujours fait partie du Grand-Prieuré de France. « Ce lieu n'est indiqué sur aucune ancienne carte ; mais d'après un titre de 1478, on voit que le château de Mail était situé entre Argenteuil et Franconville. »
Peut-être pourions-nous le situer au lieu-dit May, sur la carte de Cassini ?

Dans un procès-verbal de visite, en 1456, des maisons de la commanderie, on lit : « La granche aucerroise où souloit avoir le Chateau de May qui est détruit par la guerre depuis quarante ans, avec une grant quantitez de terre qui à present sont en désert, et aucune quantité de menuz cens, lesquelz sont perduz pour ce que nul y demeure. »

Pour remettre les terres en bon état de culture, le Grand Prieur, Bertrand de Cluys, les avait données en viage à un frère de l'Ordre, Josse Delaporte. Ce religieux en avait fait un bail, en 1478, à un nommé Mercier, demeurant, est-il dit dans l'acte, audit lieu du Château de Mailg, assis entre Argenteuil et Franconville. Le bail comprenait, outre les terres, un moulin, sans la justice du lieu et les droits seigneuriaux, que le bailleur se réservait. Le fermage était fixé à cent sols parisis, mais le preneur devait faire bâtir à ses frais sur l'emplacement de l'ancien château une maison avec grange, écuries, étables, etc., et défricher soixante arpents de terre par année.

Au siècle dernier, il ne restait plus de cet ancien domaine qu'une chapelle et 450 arpents de terre, affermés avec quelques rentes seigneuriales, 400 livres.

 

Domus Hospitalis Mesy près de Mesly

Département: Val-de-Marne, Arrondissement et Canton: Créteil — 94


Domus Hospitalis Mesy
Domus Hospitalis Mesy

Ancienne maison de l'Hôpital. Elle était située, comme nous l'avons dit, à Mesly, commune de Créteil. Elle est indiquée sur la carte de Cassini, à gauche de la route de Maisons à Villeneuve-Saint-Georges. C'était un domaine seigneurial, consistant en une ferme et terres en dépendant, avec haute, moyenne et basse justice, cens et rentes, tant à Mesly que dans les lieux circonvoisins. Il y avait près de la ferme une chapelle appartenant à la commanderie et qui servait d'église paroissiale aux gens du domaine.

L'Hôpital possédait déjà des biens à Mesy, lorsque Guillaume de Cornillon, premier seigneur du lieu, accorda par ses lettres de l'an 1198, aux frères de l'Hôpital de Paris, tout amortissement pour la justice et la seigneurie de la terre qu'ils possédaient à Mesy près Mesly, « apud Mesiacum juxta Melliacum », et cela à la demande et sur les instances de Gaudefroy, chevalier, son homme de fief.

Plus tard, ce même Gaudefroy, dit de Mesnil-Frogier, « de Menillo Forgerii », Ozanne, sa mère, et Henri Des Granches, mari de cette dernière, firent donation, suivant une charte de l'évêque de Paris, datée du mois de septembre 1229, à la maison de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, de la grange qu'ils avaient à Mesy, près Mesly, avec des terres, des prés, et en outre des cens à Sucy (Sucy-en-Brie), « Suciaco », à Limeil (Limeil-Brévannes), « Limolio », à Créteil, « Cristolio », et à Valenton, « Vaienthuno », à la charge de leur rendre chaque année vingt-et-un setiers de blé.

Cette grange devint plus tard une belle ferme et le chef-lieu d'un fief assez important, par la réunion que les Hospitaliers firent à leur domaine, d'une terre qu'ils achetèrent en 1293, au prix de seize cents livres, de Jean de Choisy, écuyer, du consentement de Pierre de Bombiez, de qui relevait cette terre et avec l'agrément du roi Philippe le Bel, qui en confirma la vente.

En 1446, la terre et seigneurie de Mesy rapportait 425 livres tournois, avec la charge de faire desservir la chapelle où l'on disait trois messes par semaine. Son revenu était en 1756 de 1800 livres. Les terres du domaine comprenaient 257 arpents.

 

Maison du Temple de Balisy

Département: Essonne, Arrondissement: Palaiseau, Canton: Longjumeau — 91


Temple de Balisy
Maison du Temple de Balisy

C'était au temps des Templiers une petite commanderie. La terre et seigneurie de Balisy appartenait, au XIIIe, siècle, à un chevalier, du nom de Guillaume Bataille qui, par ses lettres du mois de juin 1288, en fit la vente à frère Jehan de Tour, trésorier de la maison du Temple, à Paris, pour le prix de 1400 livres parisis. Comme cette terre relevait directement de la couronne, Philippe le Bel en approuva et confirma la vente par une charte, datée du mois de juin 1289.

Le domaine consistait en une maison seigneuriale, bâtie en forme de pavillon, dans la Grande rue de Balisy, et en cent dix arpents de terre au terroir dudit lieu, avec haute, moyenne et basse justice, four banal et autres droits seigneuriaux. Le commandeur avait droit de pêche dans la rivière d'Yvette, depuis le gril de la prairie de Balisy, jusqu'au moulin de Gravigny.
Il avait également un droit de pâturage à La Jonchère, sur la montagne d'Epinay et au Roullon.
Il possédait en outre des cens à Balisy, ainsi qu'à LongjumeauDomus Hospitalis Longjumeau
Domus Hospitalis Longjumeau
, GravignyDomus Hospitalis Gravigny
Domus Hospitalis Gravigny
, BallainvilliersDomus Hospitalis Ballainvilliers
Domus Hospitalis Ballainvilliers
, Hozay, Lay et lieux circonvoisins.

La maison de Balisy avait sa chapelle qui était desservie en 1456, par un religieux de l'Hôpital, frère Regnault Gouré, à qui le Grand-Prieur avait donné, en récompense de ses services, la jouissance viagère du domaine de Balisy, à la charge de lui payer, chaque année, une maille d'or valant 25 sols tournois.

Le revenu de Balisy était de trente livres en 1529, de 100 livres en 1571, de 800 livres en 1635, de 1400 en 1643, et de 4000 livres en 1757.

L'ancienne commanderie de Balisy avait pour membre une maison à Nozay, autrefois « Noray Nogaretum »; laquelle avait été donnée aux Templiers avec une soixantaine d'arpents de terre, par un nommé Hébert le Maistre de Montlhéry, ainsi qu'il résulte des lettres de l'official de Paris, du mois de juillet 1246.

La maison de Nozay n'était plus, au siècle dernier, qu'une pauvre masure, privée de ses terres depuis longtemps usurpées par des seigneurs voisins.

Il y avait encore non loin de Balisy un fief qui relevait de la commanderie du Temple à Paris. C'était la terre et seigneurie de Chilly, (Chilly-Mazarin) qui appartenait, en 1386, à Nicolas Basele de Meudon, écuyer.

 

Domaine du Temple d'Orangis

Département: Essonne, Arrondissement: Evry, Canton: Ris-Orangis — 91


Domaine du Temple d'Orangis
Domaine du Temple de Ris-Orangis

L'ancien domaine des seigneurs d'Orangis devint, au XIIe siècle, la propriété du Temple, comme nous l'apprend une charte d'Alix, reine de France, portant en 1194, confirmation et amortissement du don fait à la maison de la Chevalerie du Temple, par Fouques d'Orangis et Rognant, son frère, de soixante arpents de terre qu'ils avaient à Orangis, en chargeant Bauduin d'Orangis, leur autre frère, de tenir désormais des Chevaliers du Temple, à douze deniers de cens par an, leur maison d'Orangis « domun de Orengiaco », avec le pourpris, ensemble la terre, le bois et le pré en dépendant.

Les Templiers ne tardèrent pas à entrer en jouissance de cette maison, par la mort de Bauduin qui arriva quelques années après.

La terre d'Orangis, où le Grand-Prieur avait toute justice ; contenait 140 arpents. Son revenu était en 1558 de 80 livres, en 1666 de 600 livres, et en 1733 de 800 livres.

 

Domaine du Temple de Fromont

Département: Essonne, Arrondissement: Evry, Canton: Ris-Orangis — 91


Domaine du Temple de Fromont
Domaine du Temple de Fromont

On ignore comment, et à quelle époque les Templiers acquirent le domaine seigneurial de Fromont, qui se composait d'un château, avec basse-cour et terres en dépendant, de la haute, moyenne et basse justice du lieu et de plusieurs rentes et redevances, tant à Fromont, qu'à Crosne, Ris, Evry, Misery.

Tout ce que l'on sait, c'est que l'Ordre du Temple possédait déjà des biens à Fromont en 1173. Des lettres de cette date de Maurice, évêque de Paris, portent que Gaudry de Savigny, en prenant l'habit de la religion du Temple, a donné à l'Ordre tout ce qu'il possédait à Fromont, « apud Fortem montem. »

Jusqu'en 1246, les acquisitions de terres sur Fromont son faites au nom des Templiers de Paris ; mais après, elles se font pour le compte de ceux de la maison de Fromont. Nous trouvons cette maison mentionnée pour la première fois dans des lettres de l'official de Paris, du mois de janvier 1250, par lesquelles Léger de Crouselhes et Alpedis, sa femme, ont vendu aux frères de la Chevalerie du Temple de Fromont, "fratribus militie Templi de Forti monte", un demi arpent de terre arable, tenant à la terre des Templiers, pour le prix de trente sols parisis.

Passée en la possession des Hospitaliers, la maison de Fromont fut longtemps administrée par des frères de l'Ordre qu'y plaçait le Grand-Prieur de France. Mais cette administration plus ou moins bien dirigée, coûtait beaucoup et absorbait souvent le revenu qu'on pouvait en tirer. C'est ce qui décida le Grand-Prieur à affermer Fromont, en 1564, à M. de Thou, conseiller du Roi et premier président du Parlement de Paris, moyennant un fermage de cent livres.

Le bail étant expiré en 1574, M. de Thou, dans le désir de conserver cette terre, proposa à Pierre de La Fontaine, alors Grand-Prieur, de l'acheter pour une rente perpétuelle, double du fermage qu'il payait. Après avoir pris l'avis du Grand-Maître de l'Ordre et de son conseil, le Grand-Prieur accéda à la demande de M. de Thou et lui vendit le domaine seigneurial de Fromont, moyennant une rente foncière et non rachetable de deux cents livres par an.

En 1625, le Grand-Prieur, messire Alexandre de Vandosme, voulut faire annuler cette vente, comme ayant été faite contrairement aux statuts de l'Ordre. Un procès s'engagea avec le propriétaire de la terre de Fromont, qui était alors M. Arnould de Nouveau, maître de la chambre aux deniers du Roi. Mais le Grand-Prieur fut débouté de sa demande, devant la Chambre des requêtes du Palais, comme devant le Parlement où il avait appelé.

Après la famille de Nouveau, Philippe de Lorraine posséda la terre de Fromont, et la vendit en 1704, à la marquise de Clérambaut. Elle appartenait, en 1733, au seigneur Julliot, secrétaire du Roi.

 

Domus Hospitalis Santeny

Département: Val-de-Marne, Arrondissement: Créteil, Canton: Villecresnes — 94


Domaines du Temple de Santenay
Domus Hospitalis Santeny

C'est vers la fin du XIIIe siècle que les Templiers achetèrent le domaine de Santeny. Jeanne, comtesse de Blois et de Brie, par ses lettres dit mois de mars 1290, avait autorisé les frères du Temple d'acquérir et de tenir en mainmorte les fiefs qui relevaient d'elle à Santeny, et alors possédés par le chevalier Guillaume, dit Bataille, seigneur de Villemenon.

En vertu de cette autorisation, que la comtesse disait donner pour le salut de son âme, quoiqu'elle la fit payer mille livres aux Templiers, ceux-ci achetèrent du chevalier Bataille, en 1292, au prix de 690 livres parisis, sa maison seigneuriale de Santeny, entourée de fossés, avec 94 arpents de terres, droits de justice et de cens qui en dépendaient.

Domus Hospitalis Ormoy Département: Essonne, Arrondissement: Evry, Canton: Mennecy — 91


Domus Hospitalis Ormoy
Domus Hospitalis Ormoy

Dans cette vente étaient compris plusieurs fiefs relevant de la seigneurie, le fief d'Ormoy, le fief de Cocigny appartenant à Jean de Brie, le fief d'Adam Du Ban, le fief tenu par le chevalier Pollo et d'autres encore.

Les Templiers augmentèrent leur domaine par des acquisitions successives. En 1295, le même chevalier Bataille leur vendit encore dix-neuf arpents de bois à Santeny, au chêne Gaillard, pour le prix de 33 livres parisis.

Le château de Santeny était au XVe siècle une véritable forteresse, avec tours, fossés, pont-levis. Il fut ensuite presque tout démoli; il n'en restait plus au siècle dernier qu'une partie, avec la basse-cour, cent arpents de terre labourable et 300 arpents de bois, le tout d'un revenu de 1800 livres par an.
En 1730, M. Chauvelin, garde des sceaux, ministre d'Etat et président à mortier au Parlement, conçut le projet de réunir à sa seigneurie de Villecresnes celle de Santeny qui y touchait. Pour cela il offrit à Monseigneur le duc d'Orléans, alors Grand-Prieur de France, de lui donner sa terre du Plessis-PommerayeDomus Hospitalis Plessis-Pommeraye
Domus Hospitalis Plessis-Pommeraye
et son fief de Beaulieu, en échange du domaine de Santeny. Le Grand-Prieur, après avoir pris l'avis du Grand-Maître de l'Ordre et de son conseil, consentit à l'échange proposé, sous condition que M. Chauvelin donnerait en outre deux maisons, hors du faubourg Saint-Antoine, au lieu dit la Grande-Pinte, d'un revenu annuel de 500 livres ; ce qui fut accordé et réalisé par acte notarié du 18 janvier 1733.

La terre du Plessis-Pommeraie consistait en un château avec basse-cour et 240 arpents de terre, affermés alors avec les droits de justice et de seigneurie 1900 livres. Le fief de Beaulieu, réuni au domaine du Plessis, formait le complément de cette seigneurie.

 

Domus Hospitalis Les Bordes

Département: Essonne, Arrondissement et Canton: Evry, Commune: Bondoufle — 91


Domus Hospitalis des Bordes
Domus Hospitalis des Bordes

Nous avons vu que le chevalier de Villiers L'Isle-Adam, ancien Grand-Prieur de France, avait fondé en 1529, dans l'église du Temple, une chapelle du nom de Jésus. Il avait donné pour cette fondation une somme de 4000 livres, qui fut employée à acheter une maison appelée l'Hôtel de la Barre, rue du Temple, à Paris, et une ferme avec 90 arpents de terre, située aux Bordes, près Corbeil, dans la censive du prieuré de Saint-Jean en l'Ile. Cette ferme rapportait en 1757, 1200 livres.

Le revenu de la commanderie du Temple a varié, selon les temps et les circonstances. Les guerres des XIVe et XVe siècles, l'avaient toujours empêché de s'élever au-dessus, de 2000 livres; il était de 7500 livres en 1583, de 30 mille livres en 1664, et de 96 mille livres en 1786.

Ce dernier chiffre pouvait être triplé, en y ajoutant celui du revenu des autres chambres prieurales ou commanderies, dont jouissait le Grand-Prieur de France. C'étaient, avant 1633, les commanderies de l'Hôpital à Paris, de Choisy-le-Temple et de Launay-lez-Sens, et depuis lors celles de Choisy et de Launay seulement.

En 1786, la commanderie du Temple, autrement dite du Grand-Prieuré de France, avec ses deux autres chambres prieurales, rapportait 272 mille livres. Les charges s'élevaient à 80 mille livres environ, et une somme de 132 mille livres, en moyenne par année, servait aux réparations et aux ameliorissements des maisons des commanderies. Il restait au Grand-Prieur environ 60 mille livres.

 

Domus Hospitalis Puiseux-en-France

Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Luzarches, Commune: Marly-la-Ville — 95


Domus Hospitalis Puiseux-en-France
Domus Hospitalis Puiseux-en-France

Le Temple de Puisieux, était une annexe de la commanderie du temple de paris.
Le Temple de Puiseux était d'abord un membre de la chambre prieurale de Choisy. Les Grands-Prieurs l'en détachèrent ensuite, pour en faire une petite commanderie, dont ils disposaient souvent en faveur de frères qu'ils avaient à secourir ou à récompenser pour de grands services rendus à l'Ordre.

Si l'on veut remonter à l'origine de l'établissement de Puiseux, on trouvera que ce n'était d'abord qu'une simple grange, que les Templiers avaient bâtie là, pour renfermer leurs dîmes. Par ses lettres du mois de mai 1233, Bernold de Puiseux, chevalier, et Cécile, sa femme, vendirent, moyennant 1300 livres, aux frères de la maison du Temple de Paris, toute la dime de Puiseux, « totam décimam de Pusellis », avec un arpent de terre dans le village, pour y construire une grange.

Plus tard, Philippe de Puiseux, chevalier, engagea aux frères du Temple tout le champart qu'il avait au territoire de Puiseux, pour cent livres parisis qu'il avait reçu d'eux, à titre de prêt, ainsi qu'il résulte des lettres de l'official de Paris du mois de mars 1247.

En janvier 1255, Raoul de Puiseux, en vertu d'autres lettres du même official, leur fit donation du quint de plusieurs pièces de terre qui lui appartenaient au village de Puiseux, près Louvres, sous Chatenay; « apud villam de Puteolis juxta Lupas subtus Castenatum », aux lieux dits la fosse Cacavere, la couture du Moulin, la couture des Épines, « de Spinis », la couture du petit Orme, la couture des fosses à Harviler, etc.

Par un autre acte du mois de février 1260, le même seigneur Raoul donna aux Templiers tout le quint de son manoir, avec ses dépendances, sis à Puiseux, entre Marly et Fontenay, « inter Malliacum et Fontanetum (Marly-la-Ville) », de tout son bois appelé le bois du CoudrayLe bois du Coudray
Le bois du Coudray
, « nemoris de Coudreio (Le bois du Coudray au midi de Puiseux, carte de Cassini) », entre Louvres et Puiseux, « inter Lupas et Puteolos », de deux prés, dont l'un situé entre Fosses et Bellefontaine « inter Fossas et Bellam Fontem », et l'autre entre Chatenay et le bois de Jagny, « inter Castanetum et nemus de Jehengni (Le bois de JagnyLe bois de Jagny
Le bois de Jagny
au nord de Châtenay, carte de Cassini) », d'une vigne près du bois du Coudray, de la moitié du four de Puiseux avec la maison. Il leur abandonna en outre la cinquième partie des hostices et de la justice dans la ville de Puiseux, ainsi que d'un moulin et des fiefs ou arrière-fiefs tenus dudit Raoul.

D'autres acquisitions faites par les Templiers, et après eux, par les frères de l'Hôpital, augmentèrent encore le domaine de Puiseux, qui comptait en 1456, 220 arpents de terre, rapportant alors six muids de froment et trois muids d'avoine.
La maison de Puiseux était située sur le chemin conduisant à Marly.

 

Domus Hospitalis Fontenay-en-Parisis

Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Luzarches, Commune: Fontenay-en-Parisis — 95


Domus Hospitalis Fontenay-en-Parisis
Domus Hospitalis Fontenay-en-Parisis

Il y avait à Fontenay, (il est nommé sur la carte de Cassini, Fontenay-les-Louvres, de nos jours, il porte le nom de Fontenay-en-Parisis, près Le Mesnil-Aubry) une maison qui dépendait de la commanderie de Puiseux. C'était une ferme qui avec des terres, des droits de cens et de dime, était affermée, en 1389, trente-deux livres parisis par an.

Mais la maison fut détruite pendant les guerres du XVe siècle, comme nous l'apprend le procès-verbal de la visite prieurale de 1456.
« En ung villaige appellé Fontenay, proche de Puisieux, souloit avoir une maison, granche et estables lesquelles sont du temps des guerres démolies et n'y a rien que menues parties des masures et y a qui appartient audit hostel environ XXXII arpens de terre et aucunes parties de menues censives qui souloient valoir six livres ou environ et à présent tout est baillié a ferme pour troys muys et deux septiers de grain (XXVIII de froment et VIII d'avoine). »
Les terres et censives de Fontenay furent ensuite réunies à la maison de Puiseux.

Le commandeur avait la haute, moyenne et basse justice, dans sa terre de Puiseux, dont relevait un fief à Bellefontaine, appelé le fief de Boissonnet. Ce fief appartenait en 1735 à M. André de Pommereu, chevalier, conseillé du Roi en son Parlement de Paris, à cause de la dame de Gourgue, sa femme. Il consistait en une vingtaine d'arpents de terre.
La terre et seigneurie de Puiseux rapportait, en 1757, 5880 livres, en 1783, 8000 livres.

 

Commandeurs Hospitaliers de Puisieux-en-Parisis

1374 Frère Pierre Courtier.
1421 Frère Laurent Langlois.
1553 Frère Guillaume Viart.
1601 Le chevalier Charles Belotte.
1613 Le chevalier Guillaume de La Rivière.
1661 Le chevalier Charles de Mahaut.
1688 Le chevalier Nicolas de Godechart de Bachevillers.
1734 Le chevalier Guillaume de la Salle.
1742 Le chevalier Alexandre Blotefin de Vauchelles
1785 Le chevalier Jean Constant de Campion-Montpoignant.
Sources : les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)