Commanderie de Launay-lez-Sens

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines, commune: Thorigny-sur-Oreuse — 89


Commanderie de Launay
Domus Hospitalis Launay

La maison de l'Hôpital de Launay n'était d'abord qu'un membre ou une dépendance de la commanderie de Cerisiers. Elle en fut détachée en 1460, pour être érigée elle-même en chef-lieu de commanderie.

Cette maison, située dans la paroisse de Saint-Marlin-sur-Oreuse, bailliage de Sens, se trouvait placée sur la gauche de la route conduisant de Sens à Nogent-sur-Seine.

On ne trouve plus les titres primordiaux de l'importante terre de Launay. Elle comprenait au XVIIe siècle un beau et spacieux château à pont-levis, entouré de larges fossés, avec chapelle, basse-cour, jardins, moulins, formant un enclos de 35 arpents de terre. Une partie des moulins appartenait déjà aux Hospitaliers à la fin du XIIe siècle.

On possède encore des lettres d'Hervé de Donzy, vers l'année 1190, par lesquelles il approuve et confirme, comme seigneur dominant, la donation qu'Ursus de Launay avait faite à la maison du Temple, de la moitié de ses moulins de Launay, « medietatem molendinorum suorum de Alneto », qui relevaient du fief du dit Hervé.

Les terres qui faisaient partie du domaine de l'Hôpital de Launay, formaient un ensemble de 796 arpents, y compris une grande garenne, un bois appelé la « Ronchiere », et un autre, nommé le « Bois de Plaisance », autrement dit de « la Haye. »

Il y avait en outre, au finage de Launay, au lieu dit « Vauvagis », 400 arpents de bois que divers habitants de BarraultDomus Hospitalis Barrault
Domus Hospitalis Barrault
, tenaient à bail emphytéotique de la commanderie, moyennant la redevance annuelle d'un bichet de blé, d'un bichet d'avoine, et d'un denier par chaque arpent.

Le Commandeur était seigneur et haut-justicier de Launay. Il avait encore la justice foncière sur toutes les maisons et terres du hameau de La Borde, dépendance de Launay, ainsi que sur un territoire, nommé « Cufroid » dans la paroisse de la Chapelle-sur-Oreuse.

Le revenu de la terre de Launay et de ses dépendances, qui était en 1373, de 90 livres, s'élevait en 1664, à 9,500 livres; en 1745, à 13,200 livres; et en 1783, à 19,500 livres.

Les dépendances de Launay étaient la terre et seigneurie de Fleurigny, et l'ancienne maison de Courroy.

 

Domus Hospitalis Fleurigny

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines, commune: La Chapelle-sur-Oreuse — 89


Domus Hospitalis Fleurigny
Domus Hospitalis Fleurigny

La terre de Fleurigny touchait à celle de Launay. Elle avait été acquise au prix de 1,400 livres, de Gérard de Brienne, et de Philippa, fille d'Henri, comte de Troyes, sa femme, en vertu de leurs lettres, datées du mois de janvier 1226. Par ces lettres, Gérard et Philippa avaient, abandonné au profit des frères de l'Hôpital tout ce qu'ils possédaient à Fleurigny, « apud Florigniacum », en terres, justice et seigneurie.

L'abbé de Saint-Denis-en-France jouissait de quelques droits sur le village de Fleurigny, « super villam Floreigni », car nous le voyons y renoncer, à la demande de Blanche, comtesse de Troyes, en faveur des Hospitaliers, qui devaient lui payer en compensation une rente annuelle de 50 sols parisis, comme le constate l'acte d'accord passé en présence de la comtesse Blanche, en février 1227.

A la fin du XIIIe siècle, les chevaliers de l'Hôpital ajoutèrent à leurs domaines de Fleurigny et de Launay, un fief qu'ils achetèrent en 1299, de Philippe, seigneur de Brunay; lequel fief relevait de l'Hôpital, et consistait en 148 arpents de terre arable, au terroir de Fleurigny, tenant à la Haye de Valières, lieu dit « le Perier », 28 arpents à « Laulnoy », lieu dit la « Fontaine-Riant », 7 arpents de pré en « Beschereau », et 8 arpents de terre à la fontaine de Beschereau et à la Haye de Boisseau.

On ignore comment et à quelle époque la terre de Fleurigny sortit du domaine de l'Hôpital; car nous la trouvons en 1377, possédée par un sieur Robert de Fleurigny, qui déclare, dans un aveu, la tenir en fief du Grand-Prieur de France, et lui en devoir foi et hommage, à cause de sa commanderie de Launay.

 

Domus Hospitalis Couroy

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines, commune: Grange-le-Bocage ou Perceneige — 89


Domus Hospitalis Couroy
Domus Hospitalis Couroy

La maison de Courroy était avec sa chapelle un ancien établissement de l'Hôpital. Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem se trouvaient déjà à Courroy, lorsque Henri, comte Palatin de Troyes, leur fit don en 1169, de tout ce qu'il avait en domaine, justice et seigneurie dans les bois nommés « Terre perdue », avec le vieux château de la Turée, « cum veteri Castro de Turrea », la garenne, près de leurs maisons de Courroy, « juxta domos suos de Couroyo », et tout ce qu'il possédait en la terre de Monterlan, près de Thorigny, « in terra de Monterlant juxta Thorigniacum »; le tout tenu en fief des abbé et religieux de Saint-Denis-en-France.

Il n'existe pas de titre plus ancien sur le domaine seigneurial de Courroy, dont les frères de l'Hôpital eurent toujours la paisible jouissance, à l'exception toutefois du vieux château de la Turrée et de 200 arpents de bois qui leur furent usurpés pendant plusieurs années, par Jean Briconnet, président à la cour des Comptes à Paris, mais qu'ils récupérèrent en 1552.

Plusieurs difficultés s'élevèrent au XVIe siècle entre eux et le curé de Grange: la première, en 1523, à propos des dîmes de Courroy que ce dernier réclamait, et à qui il fut alloué, par forme de transaction, 20 livres tournois de rente par an, mais à la charge qu'il dirait une messe chaque semaine dans la chapelle de Courroy.

En 1550, le curé de Grange voulait faire enlever de la chapelle les fonts baptismaux qui s'y trouvaient. Il avait obtenu pour cela un mandement de l'évêque de Sens et un arrêt du Parlement de Paris. Que fit le Grand-Prieur de France, qui était alors M. de Lorraine, pour s'opposer à cette mesure ? Il obtint du pape Jules III une bulle qui érigeait la chapelle de Courroy en église paroissiale, sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, avec droit d'y avoir cloches, fonts baptismaux, cimetière, et de nommer à la cure, comme étant seul seigneur temporel et spirituel de Courroy.

Le revenu de la maison de Courroy, confondu avec celui de la maison de Launay, figurait pour un tiers environ dans le chiffre que nous avons donné plus haut.

Au XVe siècle, la commanderie de Launay reçut de notables accroissements. On y ajouta, en 1474, la commanderie du Plessis, dont les biens n'étaient que d'un faible rapport, à cause des guerres qui avaient eu lieu, et ne suffisaient plus pour y entretenir un Commandeur. Quelques années après, et pour les mêmes raisons, on supprima les commanderies de Cerisiers, de Saint-Thomas et de la Madeleine-lez-Joigny; celles de Roussemeau et de Montézat. On en fît des membres de la commanderie de Launay, à laquelle leurs biens furent réunis.

C'est dès ce moment que cette commanderie devint une chambre prieurale, c'est-à-dire qu'elle fut attachée à la dignité de Grand-Prieur de France.

 

Domus Hospitalis Plessis-Saint-Jean

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines — 89


Domus Hospitalis Plessis-Saint-Jean
Domus Hospitalis Plessis-Saint-Jean

L'ancienne commanderie de Plessis devait son origine et sa fondation à Guy, archevêque de Sens, et à un seigneur de Plessis, appelé Hugues l'Eventé, « Hugo Esventatus. » L'archevêque, par ses lettres datées de l'année 1181, concéda à l'Ordre de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem la chapelle de Plessis, « capellam de Plaisseto », avec le droit de paroisse sur les hommes demeurant en ce lieu. Dans ces mêmes lettres, le dit archevêque déclara qu'Hugues l'Eventé avait fait don aux frères de l'Hôpital de 150 arpents, formant une charrue de terre; de huit arpents de pré au-dessus de la Seine, « super Sequanam »; d'un verger et d'une maison pour les frères qui devaient y résider, avec l'usage de son bois de Blimont et la dime qu'il avait à Plessis et à Pailly, « apud Palliacum. » Cette donation fut approuvée et confirmée en 1194, par Nicolas l'Eventé, fils d'Hugues l'Eventé.

Malgré cela, les Hospitaliers ne tardèrent pas à être troublés dans la jouissance de ce qui leur avait été donné. Un sieur Geoffroy de Plessis leur réclama, en 1200, les dimes de Plessis et de Pailly. Mais Thibaut, comte Palatin de Troyes, intervint et emmena à composition Geoffroy de Plessis, lequel abandonna aux frères de l'Hôpital, non-seulement les dîmes dont nous venons de parler, mais encore celles qui pourraient résulter à l'avenir du défrichement de ses bois, entre l'Yonne et la Seine. De plus, il leur fit don d'un bois situé près de la grange de Vaumery, « juxta grangiam de Valmery », et du droit de pâturage pour leurs bestiaux dans toutes ses terres, à partir du chemin passant devant l'église de Pailly, et allant vers le Mée, « a via perante monasterium de Pailly versus Mensum. »

Nicolas l'Eventé était chanoine de Sens au commencement du XIIIe siècle, et avait le droit de prendre par succession d'Hugues, son père, trois muids et demi de grains chaque année, sur la dime de Plessis. Nous le voyons en 1202, par des lettres de Pierre, archevêque de Sens, renoncer à ce droit en faveur de 1a maison de l'Hôpital de Plessis, à qui cette dime appartenait.

En 1224, le seigneur de la Chapelle (Chapelle-sur-Oreuse), Payen, dit le Moine, « dictus Monachus », pour contribuer à l'entretien du luminaire de la chapelle de Plessis, donnait aux frères de l'Hôpital, demeurant au Plessis Gaudefroy l'Eventé, « apud Plesseium Domini Gaudefridi Eventati », une certaine quantité d'huile faite avec les noix, « cum nucibus », qu'il récoltait à la Chapelle-sur-Oreuse. D'un autre côté, chaque habitant de Plessis, Pailly, Cormans, Herchel, et Michery, devait chaque année une pinte d'huile, « afin d'avoir tousiours feu en la lampe de la chapelle. » (Visite de 1471).

Thibaut, roi de Navarre, comte Palatin de Champagne et de Brie, accorda en 1241, aux frères de l'Hôpital, des lettres d'amortissement pour 127 arpents de terre, situés à Pailly, dans la châtellenie de Bray, « in castellaria de Braio », qui leur avaient été donnés par Gaudefroy de Plessis, et mouvant du fief du comte Thibaut.

La maison de Plessis, qui se trouvait près de l'église du village, n'existait plus en 1665. Il restait alors à la commanderie les terres avec des cens, dîmes, et la collation de la cure.

L'ancienne commanderie de Plessis comptait trois membres: Vaumery, Bray-sur-Seine, et Beaumont-lez-Bazoches.

 

Domus Hospitalis Vaumery

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Sergines, commune: Grange-le-Bocage ou Perceneige — 89

C'était un fief situé au finage de Pailly, vers Grange-le-Bocage, et dont le domaine provenait en grande partie des donations faites par les seigneurs de Plessis aux XIIe et XIIIe siècles. Déjà en 1200, les frères de l'Hôpital avaient là une grange pour renfermer leurs dîmes. Ils y ajoutèrent ensuite des bâtiments qui en firent une métairie, avec 300 arpents de terre, affermée en 1484 trois muids de grains: un tiers froment, un tiers seigle, et un tiers d'avoine. En 1604, la métairie n'existait plus; et les terres étaient louées 200 livres.

 

Domus Hospitalis Bray-sur-Seine

Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Bray-sur-Seine — 77


Domus Hospitalis Bray-sur-Seine
Domus Hospitalis Bray-sur-Seine

Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem avaient, au XIIIe siècle, une maison et une chapelle à Bray. Elles se trouvaient en dehors, mais assez près de la porte Saint-Jean, dans un enclos qui comprenait une dizaine d'arpents de terre. Les chevaliers en étaient en possession en 1270, lorsque, par une charte de cette année, Thibaut, comte de Champagne et de Brie, confirma et amortit en faveur des frères de l'Hôpital, des terres dont Jean de Plessis-l'Eventé, chevalier, et Héloïse, sa femme, leur avaient fait don pour la fondation de la chapelle de l'Hôpital à Bray.

La maison et la chapelle furent détruites pendant les guerres du XVe siècle.

 

Domus Hospitalis Beaumont

Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Bray-sur-Seine, commune: Bazoches-lès-Bray — 77


Domus Hospitalis Beaumont
Domus Hospitalis Beaumont

Fief situé près Bray-sur-Seine, dans la paroisse de Bazoches. Il en est fait mention dans une charte de Thibaut, comte de Champagne et de Brie, du mois d'octobre 1263, par laquelle le comte amortit au profit de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, 52 arpents de terre situés au territoire de Beaumont, paroisse de Bazoches, avec une maison bâtie dessus, appelée le Manoir de Beaumont, « cum manerio quod dicitur Beaumont » ; et en outre, 25 arpents de vigne que l'Ordre avait achetés de Jean Ollerius, prévôt de Bray.

En 1295, nous voyons Jean de Bazoches, chevalier, et Pierre de Bazoches, écuyer, son frère, abandonner aux frères de l'Hôpital la haute, moyenne et basse justice sur la maison et fief de Beaumont, moyennant 50 livres.

La maison de Beaumont fut démolie au XVe siècle. Il en dépendait alors 170 arpents de terre. En 1570, ces terres étaient réduites à 110 arpents, situées sur Beaumont, Bray et environ. Elles étaient affermées en 1580, 120 livres; et en 1636, 180 livres.

 

Domus Hospitalis Cerisiers

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89


Domus Hospitalis Cerisiers
Domus Hospitalis Cerisiers

Avant de devenir un membre de la commanderie de Launay, Cerisiers, comme nous l'avons dit, avait été lui-même un chef-lieu de commanderie, comprenant la terre et seigneurie du lieu, le patronage et la collation de la cure.

Le manoir seigneurial touchait à l'église. A peu de distance de là, se trouvait une chapelle appartenant à l'Hôpital; elle était dédiée à sainte Anne. Un peu plus loin, on voyait une espèce d'hôpital, qu'on nommait au XVe siècle Maison Soudet, où se retiraient les frères de l'Ordre atteints de la lèpre. Tout le revenu de la commanderie était consacré à cet hospice, c'est-à-dire « à la substantation de la vie et entretiennement des frères du Grand-Prieuré de France, tombés en maladie de lèpre. » (Visite de 1495.)

On ne trouve plus les titres primordiaux concernant l'origine ou la fondation de la commanderie de Cerisiers, qui est une des plus anciennes de l'Hôpital dans le Grand-Prieuré de France. On sait seulement que la plus grande partie des biens qui la composaient provenait de la libéralité de nos rois au XIIe siècle. Louis-le-Gros, par une charte de l'année 1133, donna aux frères de l'Domus Hospitalis Jérusalem l'église de Saint-Martin de TheilDomus Hospitalis Theil
Domus Hospitalis Theil
(Theil-sur-Vanne), avec quatre arpents de terre y tenant; le domaine du Fay, en la forêt d'Othe, avec douze pièces de terre, ensemble les pâturages et bois, pour servir aux hommes qui demeureraient au Fay. La donation royale comprenait, en outre, le moulin de Theil, au territoire de Fossemore, avec le meunier, ses enfants, et le fonds nécessaire pour y bâtir des maisons. Les frères de l'Hôpital devaient jouir de ces biens en toute franchise de droits, comme le roi en jouissait lui-même.

En 1147, Louis VII, dit le Jeune, ajouta à cette donation un privilège, portant que tous ceux qui voudraient moudre au moulin de Fossemore, pourraient le faire en toute sécurité, sans crainte de réclamations ni de dommages et intérêts. Le Roi défendit de bâtir aucun autre moulin, depuis Nouez (Noé) jusqu'à Pont, et voulut que les Hospitaliers et leurs hommes de Cerisiers, de « Cesariis », fussent exempts du droit de gruerie, ainsi que de toutes coutumes à la porte de Sens, comme l'étaient ses hommes de Vaulmore.

Louis VII donna encore en 1152, aux frères de l'Hôpital, les terres et les bois qu'il avait dans la forêt d'Othe, et qui se trouvaient compris entre le chemin de l'Abbé, le bois de Saint-Rémi, le Vaulmorte (Vaumort), le lieu dit Soil de Conin, et la terre de Forget. Il leur abandonna aussi son moulin de Noé, avec le droit de mouture et de chasse dont il jouissait.

Un procès s'éleva à la fin du XIIe siècle, entre les Hospitaliers et les chanoines de Dillo, « Dei loci », au sujet d'un droit d'usage que ces derniers prétendaient avoir dans le bois du Fay, appartenant à l'Hôpital. Guy, archevêque de Sens, intervint pour mettre les parties d'accord; et, par ses lettres des années 1183 et 1188, l'archevêque déclara que les chanoines de Dillo, moyennant une rente annuelle de 40 sols, avaient renoncé à toutes leurs prétentions, en se réservant toutefois la faculté de mener paître leurs porcs au bois pendant la saison des glands.

Les frères de l'Hôpital de Cerisiers avaient pour eux et pour leurs hommes le droit d'usage dans tous les bois du Roi, qui s'étendaient depuis Arces jusqu'à Cerisiers. Philippe-Auguste voulut racheter cette servitude, et céda aux Hospitaliers, en échange de ce droit, 100 arpents de terre à prendre du côté du Fay, « versus Faiatum » ainsi qu'il résulte des lettres royales de l'année 1211, confirmées en 1324, par Charles-le-Bel.

Les habitants de Cerisiers jouissaient de plusieurs privilèges, comme n'étant pas de condition servile ni gens taillables. C'est en cette qualité qu'ils prétendaient, en 1241, ne devoir aucun tonlieu pour tout ce qu'ils pouvaient acheter ou vendre dans la terre de Cerisiers. Ils réclamaient également alors contre la taxe trop élevée des amendes. Le Grand-Prieur de France, qui était alors André Pollin, les dispensa de tous droits de tonlieu, et réduisit les amendes des trois quarts.

Il était d'usage au XVIe siècle de payer au Commandeur, par chaque feu ou maison existant à Cerisiers, une contribution annuelle de six deniers, qui devait servir « à l'entretiennement de deux pointes ou nappes sur le grant autel de l'église de Cériziers, lequel droit pouvoit rapporter cent sols tournois par an. » (Compte de 1525).

C'est à la demande de frère Etienne Robert, administrateur de la commanderie de Cerisiers, que le Roi accorda, en 1508, à la ville de Cerisiers, un marché le jeudi de chaque semaine et quatre foires par an, lesquelles furent fixées aux 24 février, 20 mai, 28 août et 15 octobre de chaque année.

Le domaine de l'Hôpital de Cerisiers comprenait plus de mille arpents, dont un tiers en bois; mais on en aliéna une grande partie, en accordant à cens ou rente perpétuelle un certain nombre de pièces de terre qui étaient situées sur Cerisiers, aux lieux dits « Vaurignard, Heaulot, Marchais-Raoul, au Buisson, à la Folie-Huet, au Marchais-Palus, à la Haute-Borne, à Chaumont, au Pommerat, à la Grange-Rouge, à l'Epinière; puis à la Borde, au Fay, à la Longue-Roie, à Noë, etc. »

Le revenu de la terre et seigneurie de Cerisiers était, en 1495, de 111 livres 10 sols, un muid de froment et un muid d'avoine; il était de 600 livres en 1542, de 2,000 livres en 1624, et de 3,000 livres en 1664.

Les membres de la commanderie de Cerisiers étaient, au XIVe siècle, d'après le Livre-Vert, les moulins et forge de Fossemore, la ferme de la Grange-Rouge, la maison du Pommerat, la maison de l'Hôpital à Sens, et celle de Saint-Thomas à Joigny.

 

Domus Hospitalis Grande-Forge

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89


Domus Hospitalis Grande-Forge
Domus Hospitalis Grande-Forge

Nous avons vu que le moulin de Fossemore, situé sur la rivière de Vannes, dans la paroisse de Theil, à une lieue de Cerisiers, avait été donné en 1133, par Louis-le-Gros, aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem.

Au XVe siècle, on avait établi des forges en ce moulin. « Appartient à l'Hospital de Cerisiers, ung molin qui s'appelle Molin de Faulce more, où y a audit molin une forge à fer; lequel molin et forge fut baillié à 99 ans, à un nommé Jean Remi, au canon de 32 livres tournois. » (Visite de 1456).

Plus tard, ce moulin prit le nom de Moulin de la Grande-Forge, et était loué en 1664, avec la maison et quelques prés en dépendant, 880 livres tournois. En 1576, il rapportait à la commanderie chaque année, 450 livres tournois, 500 bottes de foin, douze chapons, quatre plats de poisson et un gâteau le jour des Rois.

 

Métairie de l'Hôpital La Grange-Rouge

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89


Domus Hospitalis Grange-Rouge
Domus Hospitalis Grange-Rouge

C'était une métairie de l'Hôpital, située au territoire de Cerisiers. En 1354, Jehan de Calais, commandeur de Cerisiers, affermait à un frère de l'Ordre, Thomas de la Heuse, moyennant une redevance annuelle de 25 livres tournois, la maison de la Grange-Rouge, avec les terres et vignes en dépendant, « ainsi comme elles se comportent du chemin qui va de Cerisiers au bois du Fay par la vallée, en allant droict audit Fay, au lez devers ladicte grange jusqu'au terrouer de Vaudoire. »

En 1428, la maison n'existait plus; et les terres étaient réunies au domaine de Cerisiers.

 

Maison de l'Hôpital Les Pommerats

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Cerisiers — 89


Hôpital Le Pommerat
Localisation: Hôpital Les Pommerats

La maison de Pommerat, qu'on dirait aujourd'hui Les Pommerats, était, comme celle de la Grange-Rouge, un petit domaine, formé d'une partie des biens donnés ci-devant par nos rois au XIIe siècle. Les Pommerats, dépendance de Cerisiers

La maison fut incendiée au commencement du XVe siècle, et on en réunit les terres à la maison de Cerisiers. La visite prieurale de 1456 mentionne ainsi l'état de ce petit domaine: « un petit labourage qui s'appelle le Pomerat, sis audit lieu de Cerisiers, lequel est en ruyne, dont on ne reçoit rien. »

 

Domus Hospitalis Sens

Département: Yonne, Arrondissement et Cantons: Sens — 89


Domus Hospitalis Sens
Domus Hospitalis Sens

Nous avons vu précédemment que la commanderie de Coulours possédait les anciennes maisons du Temple qui existaient à Sens, et qu'il se trouvait dans la même ville une autre maison provenant de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem qui, après avoir appartenu à la commanderie de Cerisiers, était de venue un membre de celle de Launay.

Cette maison était située rue Saint-Benoît, près des murs de la ville, et provenait d'un legs fait à l'Ordre par un ancien commandeur de Baugy, du nom de Barthélémy Gasteau.

Outre cette maison, la commanderie de Launay avait à Sens, au XVIIe siècle, un fief appelé « le fief du Grand-Verger », situé aussi le long des murs de la ville, et tenant à la rue par laquelle on allait de la rue des Etuves à la porte de Saint-Didier. Ce fief consistait principalement en censives et rentes foncières sur des maisons et héritages, rue Saint-Benoît, rue du Gros-Sureau et rue de la Monnaie-Nouvelle.

 

Domus Hospitalis Saint-Thomas-de-Joigny

Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Joigny — 89


Domus Hospitalis Saint-Thomas-de-Joigny
Domus Hospitalis Saint-Thomas-de-Joigny

Ancienne commanderie de l'Hôpital, dont la maison était située à Joigny, près du pont, et sur le ru de la chaussée. Sa fondation datait de la fin du XIIe siècle. Guillaume, comte de Joigny, par une charte de l'année 1188, fit don aux frères de la sainte maison de l'Hôpital, de tous ses prés de Joigny, à la réserve de ses noues. Il leur abandonna en outre deux champs auprès de Saint-Thomas. Les Hospitaliers, voulant témoigner leur reconnaissance au comte, le reçurent dans leur confraternité, en l'associant aux bienfaits spirituels de leur maison, et s'engagèrent, s'ils bâtissaient sur la terre qui venait de leur être donnée, à ne recevoir dans leurs maisons aucun des sujets du comte, ni à acheter de ses justiciables aucun héritage sans sa permission.

La maison de Saint-Thomas avait sa chapelle, et possédait en domaine au XVe siècle, une centaine d'arpents de terre, situés en plusieurs pièces, aux lieux dits la Fosse-aux-Preux, la Fosse-aux-Berges, au Marcoul, à l'Orme-Fleury, et aux finages de « Longueron, Peschoeses Champlay », etc. Elle jouissait aussi de quelques cens et rentes seigneuriales, avec les droits d'une foire ainsi mentionnés dans une déclaration de 1463: « Devant l'église Saint-Thomas, au finage de Joigny, au lieu dit « Chaussessat », appelé le Champ-de-Foire, contenant environ sept arpents, tenant au grand chemin, aboutant au préau où sont les butes de Joigny, par le congié de frère Thomas Dengloz, commandeur dudit Saint-Thomas, auquel préau on tient la foire le jour de Sainte-Croix, en septembre, et sont et appartiennent les deniers de la place de ceulx qui vendent ledit jour de leurs denrées et le minage et aultres amolumens quelconques, et le marrien des saulces qui sont audit préau, au commandeur dudit Saint Thomas. »

La commanderie de Saint-Thomas cessa d'exister en 1430, par l'adjonction qu'on fit de ses biens à la commanderie de Cerisiers, puis à celle de Launay en 1470.

Au siècle dernier, il ne restait plus de Saint-Thomas que la chapelle, la maison ayant été détruite au XVe siècle.

 

Domus Hospitalis La Madeleine-lez-Joigny

Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Joigny — 89


Domus Hospitalis Madeleine-lez-Joigny
Domus Hospitalis La Madeleine-lez-Joigny

La Madeleine c'était dès l'origine, une commanderie du Temple, dont la maison et la chapelle étaient situées à Joigny, hors de la porte « Prexil » sur la route de Troyes. Il dépendait de cette maison, 120 arpents environ de terre à labour et en pré.

Si l'on devait juger de l'époque de la fondation de cet établissement d'après celle de sa chapelle, il faudrait la faire remonter au commencement du XIIIe siècle. Il nous reste encore une charte de Pierre, comte de Joigny, de l'année 1219, par laquelle il reconnaît avoir donné aux frères du Temple, établis à Joigny, 15 livres de rente, pour faire une chapelle dans leur maison, et y faire dire la messe tous les jours.

Des lettres de la reine de Navarre, comtesse de Champagne, de l'année 1255, confirment celles de Guillaume, comte de Joigny, par lesquelles celui-ci avait reconnu que le Commandeur et les frères du Temple lui avaient payé une somme de 500 livres tournois pour leurs acquêts, tant en fiefs, domaines, qu'en censives dans tout le comté de Joigny.

Le revenu de la Madeleine, avec celui de Saint-Thomas, portait, en 1456, 65 livres tournois; en 1519, 160 livres, y compris le rapport de la terre de Jaulges que nous verrons ci-après. Le même revenu s'élevait, en 1664, à 1,600 livres; et en 1777, à 3,000 livres.

 

Domus Hospitalis Jaulges

Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Saint-Florentin — 89


Domus Hospitalis Jaulges
Domus Hospitalis Jaulges

Les Hospitaliers, en possession de la commanderie du Temple de la Madeleine, en augmentèrent les revenus en 1332, par l'adjonction du fief de Jaulges qu'ils avaient acheté la même année d'un seigneur, nommé Jean de Frolois, pour le prix de 1773 livres 8 sols tournois.

Ce fief consistait en une maison à usage de ferme, dans la grande rue du village, et en 60 arpents de terre affermés avec les droits seigneuriaux, en 1582, 100 livres tournois; en 1685, 150 livres; en 1750, 350 livres.

 

Domus Hospitalis Roussemeau

Département: Marne, Arrondissement: Épernay, Canton: Anglure, commune de Marsangis — 51


Domus Hospitalis Roussemeau
Domus Hospitalis Roussemeau

La terre et seigneurie de Roussemeau appartenait, vers le milieu du XIIe siècle, à Pierre, comte de Nevers. Par ses lettres datées de l'année 1150, Pierre, pour obtenir le salut de son âme et de celles de ses parents, fit don aux frères de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, de sa maison de Roussemeau, « villam nostram de Roussemello », avec la justice et les dîmes, tant de Roussemeau que de Marsangis, « de Marsangiaco. » A la suite de cette donation, le comte de Nevers régla les droits et coutumes dont devaient jouir à l'avenir les hommes de Roussemeau.

A quiconque voudrait venir demeurer à Roussemeau, toute liberté et sécurité étaient promises. Les habitants qui désireraient demeurer ailleurs, pouvaient s'en aller, avec le droit d'emporter leurs meubles.

Le possesseur d'une maison à Roussemeau devait payer à l'Hôpital deux sols chaque année, pour droit de bourgeoisie, avec en outre quatre sols de cens, une mine d'avoine et une poule de coutume.

Ceux qui avaient des chevaux ou des bœufs, étaient tenus envers l'Hôpital à deux corvées de charrue par an, et à lui fournir un moissonneur.

Les habitants qui n'avaient ni chevaux ni bœufs, devaient seulement deux journées de travail.

Les plus fortes amendes étaient fixées à 60 sols; et les moindres, à 15 sols.

Outre la seigneurie de Roussemeau, les Hospitaliers possédaient, au XIIIe siècle, la prévôté de Marsangis, qu'ils avaient achetée de Guillaume de Roussemeau, et la terre de Chaulme, « terra de Calma », à Roussemeau, avec des vignes et des terres arables dans le Val-Julien, « in valle Juliani », qui leur avaient été données par un nommé Trubalde Bochu.

En 1261, nous voyons Philippe de Eglis, Grand-Prieur de France, échanger la prévôté de Marsangis et la terre de Chaulme, contre une grange ou ferme, appelée « Hurtebise », avec des terres, prés, vignes et censives que lui céda alors le dit Guillaume de Roussemeau.

A la fin du XVe siècle, la commanderie de Roussemeau commençait à se relever des pertes et des dommages que les guerres lui avaient causés. La maison et la chapelle avaient été rebâties, et on tâchait de cultiver les terres qui étaient restées pendant si longtemps incultes. Durant ces temps de calamité, les habitants de Roussemeau avaient aussi beaucoup souffert, comme l'atteste le rapport de la visite prieurale de 1495: « Audit lieu, a ung villaige nommé Roussemeau, de XV XXV habitans, reffaict nouvellement, où la commanderie a toute jurisdicion, et y a terres de domaine qui estoient en friche, et le Commandeur les faict labourer, qui donnent de prouffict I muid froment, et I muid avoinne. »

Plusieurs fiefs relevaient de la maison de Roussemeau: d'abord la terre et seigneurie de Bracy, au nord de Marsangis, qui appartenait en 1462, à Louis Broehel; et en 1786, à Maximilien-Roch-Louis Robert de Marsangis;

La terre seigneuriale de Bourienne ou Borienne, sur le chemin de Marsangis à Rousson, qui appartenait au XIVe siècle à Pierre Payen, chevalier, seigneur de Monceaux; et en 1755, à M. Savinin Fauvelet de Charbonnière;

Et la moitié de la seigneurie de Marsangis, dont l'autre moitié appartenait aux Hospitaliers. M. Maximilien de Marsangis était, en 1786, copropriétaire avec l'Hôpital de cette dernière seigneurie. Pour éviter les inconvénients d'une possession commune, M. de Marsangis proposa au Grand- Prieur de France un échange, par lequel il lui céderait sa terre de Bracy, moyennant l'abandon par l'Hôpital de tous ses droits dans la seigneurie de Marsangis. Cette proposition fut agréée et réalisée par un acte notarié, qui porte la date du 29 juillet 1787.

Par cet acte, il fut convenu que la terre et seigneurie de Marsangis, n'ayant plus qu'un seul propriétaire, relèverait, par un seul hommage, du commandeur de Roussemeau; que la terre de Borienne et les fiefs de la Motte et des Simonets, situés au finage de Marsangis, relèveraient de la seigneurie de Marsangis, et en arrière-fiefs de l'Hôpital de Roussemeau.

Le revenu de Roussemeau était, en 1537, de 400 livres; et en 1664, de 1,900 livres. Le domaine comprenait alors plus de 400 arpents de terre de diverses natures.

 

Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Villeneuve-sur-Yonne — 89


Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi
Domus Hospitalis Villeneuve-le-Roi

Il dépendait de la commanderie de Roussemeau une maison, sise à Villeneuve, près de la porte de Joigny. On l'appelait vulgairement la Croix-Blanche, et aussi la Commanderie. C'était là où descendait le commandeur de Roussemeau, lorsqu'il venait à Villeneuve. Quelques arpents de vigne dépendaient de cette maison que nous trouvons louée en 1528, 9 livres tournois, mais sous la réserve faite par le Grand-Prieur de France de pouvoir, quand il le voudrait, en faire sortir le locataire, pour y placer un frère de l'Ordre.

 

Domus Hospitalis Montezat

Département: Yonne, Arrondissement: Sens, Canton: Villeneuve-l'Archevêque, Commune: Courgenay — 89


Hôpital de Montezat
Domus Hospitalis Montezat

Ancienne commanderie de l'Hôpital. On ne trouve point de titre qui pourrait nous faire remonter à l'origine de cet établissement. Nous savons seulement qu'il existait à la fin du XIIe siècle. Jacquemart, qui était, au siècle dernier, archiviste du Grand-Prieuré de France, prétendait que la terre seigneuriale de Montézat provenait, comme celle de Roussemeau, des libéralités des comtes de Nevers, en faveur des chevaliers de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem. Nous avons encore des lettres de frère Oger, Grand-Prieur de France, de l'année 1194, par lesquelles il affranchit de la taille quinze hommes, que le comte de Nevers avait donnés à la maison de l'Hôpital de Montézat, « domui Hospitalis de Monte Tesardi », à la charge de payer à la saint Remi de chaque année un cens sur chacune de leurs maisons.

La chapelle de Montézat, dédiée à saint Jean-Baptiste, fut établie en 1269, par un chevalier, du nom de Milon de Galetas, ainsi qu'il résulte de la charte de fondation datée de cette même année, où il est dit que le seigneur Milon a donné à la maison de l'Hôpital de Jérusalem en France, sise à Montézat, « apud Montem Ysardi », pour y bâtir une chapelle, une rente annuelle de vingt livres à prendre sur le tonlieu de Courgenay et sur le four du dit lieu; et en cas d'insuffisance, sur les cens et revenus qu'il avait à Domats, « Domaco. »

Bauduin, empereur des Romains, approuva et confirma cette fondation; ce qui ne l'empêcha pas la même année de tracasser de plusieurs façons les Hospitaliers. Il leur contesta la haute justice qu'ils avaient dans le marché et la foire de la saint Barthélémy à Montézat, et se refusa au paiement de cent sols de rente qu'il avait coutume de leur payer sur la prévôté de Courgenay. On finit pourtant par s'entendre; et une transaction eut lieu, par laquelle le seigneur de Courgenay se reconnaissait débiteur de cette rente; tandis que de leur côté, les Hospitaliers renonçaient à leurs droits de justice sur la foire de Montézat, à la condition qu'il leur en serait rendu d'autres ailleurs. Cette transaction fut approuvée par le roi saint Louis.

La maison de Montézat et sa chapelle étaient situées sur la route de Courgenay à Sens. Il en dépendait 200 arpents environ de terre divisés en deux métairies, nommées l'une « la Grange du Bois », et l'autre, « l'Heurtebise », dont les bâtiments avaient disparu à la fin du XVe siècle. Il y avait aussi des bois: le bois de l'Hôpital, contenant 80 arpents vers Domats; et un autre moins grand, vers Piffonds.

Un grand nombre de petites borderies dépendaient de la maison de Montézat, dans la paroisse de Courgenay. Chaque borderie contenait dix à douze arpents de terre; et ceux qui en étaient détenteurs devaient payer chaque année au Commandeur douze deniers par chaque arpent de terre et dix sols, un pain, une poule et deux boisseaux d'avoine pour chaque maison.

Voici les noms de ces borderies d'après un terrier de 1525: la Chiquardière, près de la commanderie, le Petit-Hôpital, la Mère-Dieu, la Potagénie, la Blanchetierre, la Vannerie, la Garnerie, la Buscerie, la Gobinière, l'Archérate, la Brulacière, la Truyerie, le Monceau, la Bordelière, la Masure de l'Orme, l'Auxaudière, la Foreterie, la Masure aux Rogers, la Sebillière, la Musolière, la Masure du Bois, la Masure de la Meule, les Rogiers, la Péotière, la Coulonnière, le Champ-Pillet, les Bouveries, la Gilleberdière, la Masure d'Ormoy, la Guynardière, la, Godinière, la Masure Bouchepault, la Masure aux Quines, la Masure aux Lombards, la Masure Moissy, la Masure du Ferreux, la Masure de Migny, la Giraudière, la Regnardière, la Godefroidière, la Guillaumière, la Masure Saint-Fremin, la Génestoy, la Vallonnière, le Boullay de Montcorbon, la Masure du Pin Couvert, les Chierpuis Dourdon, le Clos du Noyer Dourdon, les Patouilliz Dourdon, la Masure de Thiers, le Clos Paillon, la Raffauderie, la Pillardière, la Masure de la Fontaine, la Noé de Beaugis, la Petite-Pierre, et la Blondelière de Montcorbon.

Le revenu de Montézat avec les droits seigneuriaux était, en 1522, de 105 livres tournois; en 1571, de 150 livres; en 1594, de 60 écus d'or.

La commanderie de Launay-lez-Sens présentait un revenu de 2,166 écus d'or en 1580, sans y comprendre les bois; en 1619, de 4,200 livres tournois; en 1624, de 5,200 livres tournois; en 1657, de 12,000 livres; en 1745, de 20,000 livres; et en 1783, de 37,000 livres.

 

Commandeurs de Launay

Cette commanderie ayant toujours été une chambre prieurale, ses Commandeurs furent, par conséquent, les Grands-Prieurs de France.

Anciens commandeurs de Cerisiers
1354. Frère Jehan de Calais.
1370. Fr. Jehan Le Roy.
1381. Fr. Guillaume d'Achères.
1391. Fr.. Jehan de la Viscongne.
1416. Fr. Gilles Blondel.
1419. Fr. Gilles Potier.
1420. Fr. Jacques Revelart.
1423. Fr. Pierre Lamant.
1457. Fr. Thomas Dengloz.

Anciens commandeurs de Roussemeau
1355. Fr. Pierre Penet.
1420. Fr. Palamede d'Orléans.
1422. Fr. Oudot Justot.
1457. Fr. André Leroy.

Anciens commandeurs de Montézat
1355. Fr. Pierre Doutrelaine.
1420. Fr. Palamede d'Orléans.
1422. Fr. Oudot Justot.

Anciens commandeurs de La Madeleune-lez-Joigny
1355. Fr. Guillaume de Mailg, Grand-Prieur.
1390. Fr. Richard Lecamus.
1465. Fr. Jehan Morand.

Anciens commandeurs de Saint-Thomas de Joigny
1372. Fr. Adam de la Glacie.
1389. Fr. Jehan Leroy.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)