Maison de l'Hôpital de Lagny-le-Sec

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Nanteuil-le-Haudouin — 60


Hôpital de Lagny-le-Sec
Hôpital de Lagny-le-Sec

La Maison du Temple de Lagny-le-Sec était une ancienne commanderie du Temple, à laquelle celle de l'Hôpital de Senlis fut réunie à la fin du XIVe siècle à cause de sa proximité, et sans doute aussi pour en augmenter les revenus.

Les Templiers avaient acheté en 1209, aux religieux du couvent de la Charité-sur-Loire, tout ce que ceux-ci possédaient en domaine, justice et seigneurie à Lagny-le-Sec, et dans d'autres lieux.

La même année, Théophanie, veuve de Pierre Corbart, par des lettres revêtues du sceau de Guillaume, évêque de Meaux, leur avait vendu la dîme qu'elle avait à Silly (Silly-le-LongHôpital de Silly-le-Long
Hôpital de Silly-le-Long
) et à Lagny-le-Sec, « apud Silliacum et Latiniacum Sicurn »; et qu'elle tenait en fief du Roi. Elle leur avait, en outre, donné vingt arpents de terre à Lagny, mouvant du même fief; le tout du consentement et avec l'approbation de Philippe-Auguste.

Un vidimus d'une charte de Philippe de Nanteuil, du mois d'août 1232, nous fait connaître que ce seigneur, avec l'agrément d'Isabelle, sa femme, venait de donner aux frères de la chevalerie du Temple, la cinquième partie de 83 arpents et demi de bois, situés au TronsayHôpital du Bois du Tronsay
Hôpital du Bois du Tronsay
, « in Trunceio, (le bois du Tronsay, à l'Est de Nanteuil-le-Haudouin) » et de leur vendre les quatre autres cinquièmes pour le prix de 1.042 livres parisis. Philippe se réservait la justice et la gruerie, et défendait aux frères de faire une garenne dans ces bois. (Le bois du Tronsay, finit par appartenir en totalité aux Templiers à la suite des ventes qui leurs ont étés faites en 1237 et 1242, par les chevaliers Philippe et Guiard de Nantheuil et tous leurs droits dans ce bois)

C'est à la suite de ces acquisitions que les Templiers fondèrent une maison à Lagny. Nous la trouvons mentionnée pour la première fois dans des lettres de l'official de Meaux, du mois de mai 1233, par lesquelles il déclare que tous les paroissiens de Silly ont reconnu devant lui, qu'eux et leurs descendants devaient rendre, au mois d'avril de chaque année, aux frères de la chevalerie de la maison du Temple de Lagny-le-Sec, « fratribus militie domus Templi de Lagniaco Sico », quatre deniers par chaque arpent de terre qu'ils possédaient, ou pourraient posséder par la suite, au terroir de Silly, dans le dîmage du Temple.

« Il serait trop long de rapporter ici toutes les acquisitions faites par les Templiers pour leur maison de Lagny, pendant le cours du XIIIe siècle. Nous ne parlerons que de celles qui avaient une certaine importance, ou qui provenaient de seigneurs et de personnages notables des environs de Lagny. »

Nous trouvons d'abord les frères du Temple en procès avec un de leurs voisins, Jean des Barres, seigneur d'Oissery, au sujet de la haute et basse justice qu'ils prétendaient avoir depuis leur maison de Lagny, jusqu'à la rivière, (La Thérouane, petite rivière qui passe près d'Oisserey et Saint-PathusHôpital de Saint-Patus, Thérouane
Hôpital de Saint-Patus, Thérouane
) qui venait de Marchemoret, (paroisse de Marchérmoret) sous Noëfort, (Noëfort, paroisse de Saint-Pathus) « a villa Marchesi Moreti subtus noarn fortem », jusqu'à la première des haies d'Aguillontrou, vers Saint-Pathus, « versus sanctum Pathusium », et même au-delà sur les terres et lieux compris dans la censive du Temple, jusqu'au bois de Noëfort.

Une transaction mit fin au procès en mai 1266. Par cet acte, le seigneur d'Oissery et sa femme renoncèrent à tous leurs droits dans l'objet du litige. De leur côté, les Templiers leur concédèrent la justice qu'ils pouvaient avoir au-delà de la rivière précitée. Le pâturage devait rester commun aux deux parties sur toutes leurs terres.

Cette transaction est suivie d'une vente faite par les époux Jean des Barres aux frères du Temple, de 45 arpents de terre arable, au lieu dit « aux Essarts ou LessartTerres de l'Hôpital de Lessart
Terres de l'Hôpital de Lessart
(commune de Rouvres-en-Multien) », et de 7 arpents et demi au lieu dit « Heloisfosse », avec toute justice et seigneurie, pour le prix de 700 livres parisis.

Quatre ans plus tard, en 1270, le même seigneur, Jean des Barres céda aux Templiers de la maison de « Latigny-le-Secq », pour 1.600 livres parisis, 100 arpents de terre labourable, situés au chemin d'Oissery, à Saint-Pathus, à la couture du moulin, au chemin du moulin de Rougemont, « de Rubeo monte », sous la Croix de « Gouaache », à la pâture de l'Epine, etc., et dix-sept arpents de pré en trois pièces: la première touchant à la fontaine de Pierreley, « juxta fontem de Petra lata »; la seconde appelée la queue de Saint-Denis, « cauda sancti Dyonisii »; et troisième, près du moulin de Rougemont.

En 1272, nous trouvons encore Jean des Barres, le bienfaiteur du Temple de Lagny, accorder aux frères de cette maison des lettres d'amortissement pour 120 arpents de terre qu'il leur avait permis d'acquérir dans ses fiefs et arrière-fiefs. Il leur en abandonna la moyenne et basse justice, même dans les édifices et clôtures qu'ils pourraient y faire. Il confirma en outre, au mois de mars 1279, comme seigneur dominant, la vente qu'Isabelle, veuve de Guillaume, seigneur de Saint-Pathus et ses enfants avaient faite, au prix de 200 livres parisis, à Jean de Tours, trésorier du Temple à Paris, pour la maison des frères de Lagny-le-Sec, de dix arpents de pré, situés en la prairie de Sain-Pathus, « in praeria de Sancto Pathusio », à la fontaine de Pierreley, contigus au pré de Guillaume Accrochemorre, au lieu dit à la queue de Jonchères, « ad caudam de Joinchieres . »

Robert, évêque de Senlis, voulant témoigner aux Templiers sa gratitude et son admiration pour les services qu'ils rendaient en Terre-Sainte à la religion, leur fit don, par ses lettres du mois de juin 1274, de 40 arpents de terre sur Lagny-le-Sec, qui avaient appartenu précédemment à Gauthier d'Annel, « de Alneto », chantre de l'église de Senlis.

En reconnaissance, le frère Hubert, trésorier du Temple, prêta la même année à l'évêque de Senlis, une somme de 800 livres dont il avait besoin pour faire un voyage à Jérusalem, et qui devait être remboursée en quatre annuités. En sûreté et garantie de ce remboursement, l'évêque engagea ses biens meubles et immeubles, et notamment sa terre de « Cressonessart », (Cressonsacq, 60) avec tout ce qu'il possédait dans la châtellenie de Clermont, et dont le trésorier du Temple devait toucher les revenus aussi longtemps que la dette ne serait pas éteinte.

Des lettres de l'official de Meaux, du mois de juin 1275, contiennent un acte d'achat par les Templiers, de 20 arpents de terre au terroir d'Oissery, « in territorio de Oisseriaco », (Oissery, 77) provenant du seigneur Renaut de Rocquemont, moyennant le prix de 100 livres tournois.

Un autre seigneur, Jean de la Noe ou de la Noue, donna, en décembre 1280, à la maison du Temple de Lagny, la moitié du grand four de Silly avec 20 arpents et demi de terre sur ce territoire, aux lieux dits à la « Muterne, au Boochel », au chemin du Bois, aux Grés, etc., avec toute justice et seigneurie.

Pierre, seigneur de Saint-Pathus, après avoir cédé en 1282 aux frères du Temple de Lagny, pour 80 livres tournois, 42 arpents de terre à Silly, mouvant du fief de Jean des Barres, leur vendit en 1293, au prix de 500 livres tournois, tous les héritages, terres, maisons et autres possessions qu'il tenait à « Saint-Patu », de Guillaume d'Ivry, seigneur d'Oissery, et de Jeanne des Barres, sa femme.

Une soeur de cette dernière, Marguerite des Barres, épouse de Girard Chaboz, chevalier, donna, par ses lettres du mois de mai 1289, aux frères de la chevalerie du Temple en France, « pour la meson de Leingni-le-Sec », tous ses bois que « l'en apele les haies de Saint-Patu , séans entre le Plessis et Saint-Patu, vers Leingni-le-Sec, avec la garene, la chace et segnorie haute et basse, excepté et retenu le paiage et le travers du poisson et des aultres choses passant par le chemin qui est de lez lesdits bois: lequel paiage et travers est cueilli à Saint-Patu ».

Les Templiers avaient dans leur maison, à Lagny, une belle chapelle. Un écuyer, du nom de Guillaume « Escuacol » de Lagny-le-Sec, y fit une fondation à la fin du XIIIe siècle.

Par des lettres délivrées sous le sceau de l'official de Meaux, en l'année 1290, ce personnage fit donation à la maison des frères du Temple de Lagny, d'une dîme avec huit arpents de terre situés à Silly, vers les Ratières, « versus locum qui dicitur Ratieres », à la charge de faire dire tous les jours dans leur chapelle, une messe pour les parents trépassés du donateur. Il est stipulé en outre que, sur les revenus des biens donnés, il sera pris chaque année, deux setiers de blé, dont un pour les frères du Temple qui combattaient en Terre-Sainte, et un autre, pour les personnes qui assisteraient à la messe anniversaire qui devait être célébrée dans la chapelle tous les ans, pour le repos de l'âme de la mère de l'écuyer Escuacol. Celui-ci voulait encore que le revenu de deux arpents de terre de sa donation fût consacré à l'entretien d'une lampe dans la chapelle, et de deux torches allumées pendant les messes de fondation.

Tels sont les principaux titres de la maison du Temple de Lagny-le-Sec, dont le domaine, à l'époque de la chute des Templiers, comptait plus de 900 arpents de terre sur Lagny, Oissery, Silly, Saint-Pathus et lieux circonvoisins, sans y comprendre la terre de Chantemerle dont nous parlerons plus loin.

La maison de la commanderie était située près de l'église de Lagny. Elle comprenait de grands bâtiments à usage de ferme, et une chapelle primitivement dédiée à saint Christophe, mais que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem placèrent ensuite sous le vocable de saint Jean-Baptiste.

Cette chapelle était une des plus belles du Grand-Prieuré de France. Voici comme il en est parlé dans la visite prieurale de la commanderie en 1456: « Audit Lagny le Secq, une moult belle chappelle à quatre croisées de vaultes, couverte de tuilles, voirée moult richement de XIIII penneaux de voirrieres, aornée de vestemens, livres, et de deux calices, lung d'argent doré pesant deux marcs d'argent, et l'aultre d'estaing. »
« Item est adornée ladite chappelle de deux autelz, l'ung grant, et l'aultre petit. Autour du grant, sont VI colombes (colonnes) de cuivre, sur chacune ung angle (ange), et sur ledit grant autel, a une belle table, et sur ladite table, troys ymaiges de pierre pains bien et richement; fung de Notre-Dame, et l'aultre, de Saint Jehan-Baptiste, et l'aultre, de Saint- Christophe. »
« Item ladite chapelle est desservie bien et notablement par le chappelain du curé de ladite ville de Laigny-le-Secq, c'est assavoir de troys messes la sepmainne. »

Le Commandeur était seigneur de Lagny, où il avait la haute, moyenne et basse justice.

« Touchant la maison de la commanderie, est le villaige de Lagny, ou a bien XL habitans, tous hommes de ladite commanderie a toute jurisdicion et justice levée à troys pilliers, prison, poteau et eschelle. » (Visite prieurale de 1495)

Noms des Commandeurs Hospitaliers de Lagny-Le-Sec
1350. Frère Vincent Postel.
1358. Frère Gilles de Lapion.
1363. Frère Jehan d'Attichy.
1372. Frère Jehan de Villers-Saint-Pol.
1402. Frère Jehan Lefebvre.
1436. Frère Pierre Morin.
1441. Frère Jehan Foulon.
1456. Frère Jehan Leroy.
1465. Frère Jehan Simart, prêtre.
1484. Frère Godefroy Le Couturier.
1492. Frère Etienne Bernard, prieur de Saint-Jean-en-l'Ile.
1514. Le chevalier Balthazar d'Aspremont.
1539. Le chevalier Jacques d'Aspremont.
1555. Le chevalier Pierre de Pommereux.
1564. Le chevalier Philibert Lhuillier de Saint-Mesmin.
1586. Le chevalier Louis de Mailloc de Sacquauville.
1594. Le chevalier François de Myee Guesprey.
1622. Le chevalier Jacques de Mesmes Marolles.
1647. Le chevalier François de Rochechouart de Jars.
1672. Le chevalier Alphonse de Miramont Berrieux.
1675. Le chevalier Alphonse-Louis de Lorraine, abbé de Royaumont.
1721. Le chevalier Adrien de La Vieville d'Orville de Wignacourt.
1776. Le chevalier Jacques-Philippe-Gabriel des Barres, chevalier de justice du Grand-Prieuré de Champagne.

 

Maison de l'Hôpital de Chantemerle

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Nanteuil-le-Haudouin, commune: Rouvres — 60


Hôpital de Chantemerle
Hôpital de Chantemerle

La maison de Chantemerle et les terres en dépendant, était un fief qui relevait au commandeur du XIIIe siècle, partie des chevaliers du Temple, partie du seigneur Hugues de Pomponne.
Il appartenait alors à Simon de Poissy, « de Pissiaco », qui en fit l'abandon au mois de juin 1232, à l'Ordre du Temple. Des lettres de cette année, de Guillaume, évêque de Paris, portent que devant lui, Simon de Marolles ou de Mareuil, « de Marolio », chanoine de Meaux, a confirmé et ratifié la vente faite aux frères de la chevalerie du Temple, par Simon de Poissy et Isabelle, sa femme, d'une maison appelée Chantemerle, « de domo que dicitur Chantemelle », sur laquelle Simon de Marolles, sa mère et ses frères avaient des rentes.

Le même jour que Simon de Poissy cédait sa maison aux Templiers, Jean de Nanteuil, chevalier, et Marguerite, sa femme, leur abandonnaient tout ce qu'ils possédaient à Chantemerle, « apud Cantumerulam. »

On lit dans le procès-verbal de la visite prieurale de 1456: « Y a appartenant à la commanderie de Lagny-le-Secq, ung membre appelé Chantemalle, lequel est en ruyne du temps des guerres; auquel membre appartient CCC arpens de terre, dont la pluspart est en ruyne; lequel membre est affermé neuf escus d'or, qui valent XII livres VII sols VI deniers. »

Nous ignorons si cette maison fut rétablie. Ce que nous savons, c'est qu'elle n'existait plus au siècle dernier. Les terres, au nombre de 480 arpents, avaient été réunies au domaine de Lagny-le-Sec.

 

Fief de l'Hôpital de Belleville

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Nanteuil-le-Haudouin, commune: Lagny-le-Sec — 60


Hôpital de Belleville
Hôpital de Belleville

Belleville, c'était un fief que les Templiers acquirent vers le milieu du XIIIe siècle, d'un seigneur, nommé Potel « de Aucivalle. » Celui-ci, par ses lettres du 1er mai 1266, déclare avoir vendu, pour le prix de 378 livres et 40 sols parisis, aux frères du Temple en France, pour leur maison de Lagny-le-Sec, « ad opus Domus de Latigniaco sico », sa maison appelée Belleville, « villam que vulgariter vocatur Bella villa », située entre Lagny-le-Sec et le Plessis-le-Vicomte, et « Pleisetum vice comitis », avec 17 arpents de terre arable et toute la justice qu'il y avait. Cette vente est approuvée et confirmée, la même année, par Raoul d'Ermenonville et Mathieu de Dammartin, de qui relevait ce domaine.

Le fief de Belleville, dont la maison n'existait plus au XVe siècle, fut réuni, comme Chantemerle, à la commanderie de Lagny-le-Sec.

 

Maison de l'Hôpital de Sennevières

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Nanteuil-le-Haudouin — 60


Hôpital de Sennevières
Hôpital de Sennevières

Il y avait à Sennevières, au commencement du XIIIe siècle, un établissement ou une petite commanderie du Temple, comme nous le voyons par des lettres de l'official de Meaux, du mois d'août 1234, par lesquelles Gilles de Sennevières, et Adeline, sa femme, reconnaissaient avoir donné aux frères de la chevalerie du Temple de Sennevières, « fratribus militie Templi de Saneveriis », six arpents de terre arable, sous réserve d'usufruit.

Quelques années auparavant, les Templiers avaient reçu en donation de Freberge, veuve de Robert de Nanteuil, de Jean et Eudes, ses fils, une grange et des terres qui en dépendaient, situées à Sennevières, « apud Seneverias », au diocèse de Meaux, et qu'ils tenaient de l'église de Saint-Faron de Meaux.

Etait-ce cette grange qui fut l'origine de la maison du Temple de Sennevières ? Ou ne doit-on pas plutôt faire remonter celle-ci à une époque antérieure, peut-être en 1209, lorsque les religieux de la Charité-sur-Loire comprirent dans la cession de leurs biens aux Templiers tout ce qu'ils possédaient à Sennevières ?

Cette maison eut le même sort que celles de Chantemerle et de Belleville. Après sa destruction, le restant du domaine fut réuni à celui de Lagny-le-Sec.

Le revenu de la commanderie et de ses membres, qui était en 1456 de 226 livres 8 sols, s'élevait en 1757, à 18.550 livres, et en 1783, à 28.710 livres, y compris les dîmes de Lagny, du Plessis-Belleville et d'autres encore, qui étaient considérables.

 

Commanderie de l'Hôpital de Senlis

Département: Oise, Arrondissement et Canton: Senlis — 60


Hôpital de Senlis
Hôpital de Senlis

Les guerres du XVe siècle avaient tellement diminué les revenus de la commanderie de l'Hôpital de Senlis, qu'il ne restait plus de quoi entretenir et faire vivre son commandeur. C'est pourquoi l'Ordre jugea à propos de supprimer cette commanderie, et de faire de la maison de Senlis un membre de celle de Lagny-le-Sec.

C'est en 1180, que les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vinrent s'établir à Senlis, dans une maison que leur donna Guy d'Ermenonville, boutillier du Roi, avec trois muids de mouture et un muid d'hivernage à prendre tous les ans dans le moulin de l'Etang, « in molendino de Stagno », plus un pré, nommé le Pré de La Bretonnerie, « pratum de Britonia », et un droit d'usage dans le bois du Chenay-d'Orry, « in nemore de Chesneio de Ory (commune d'Ory-la-Ville) », consistant en une charretée de bois à un cheval chaque jour, et une autre par semaine qu'ils pouvaient vendre, et dont le prix servait à entretenir et à réparer la charrette et la ferrure du cheval, « equi ferratura. » La charte de donation est datée d'Ermenonville, « apud Ermenonvillam », l'an 1180.

Une autre donation faite en 1194, par Pierre Choisel, sous le sceau de Gaudefroy, évêque de Senlis, porte que ce seigneur, pour le salut de son père et de sa mère, et aussi pour célébrer leur anniversaire, a accordé à la maison de l'Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem, située dans le faubourg ou la banlieue de Senlis, « in suburbio Silvanectensi », un cens de dix sols et de trois chapons, avec les droits de justice sur une maison qui avait appartenu à Bernier Fournier, « Furnarius », et sur une autre à Roger Lefebvre, « Faber », contigue à celle de l'Hôpital de Senlis. Le donateur fit observer que, aussi longtemps que l'Hôpital n'aurait point de moulin ni de four, ceux qui habiteraient ces maisons devraient faire moudre leur blé et cuire leur pain au moulin et au four de Pierre Choisel, sous le cens d'usage.

Par d'autres lettres du même évêque et de la même année, Simon de Malgeneste, « de Malagenesta (à une lieue de Senlis, près d'Ognon, carte de Cassini) », concéda aux frères de l'Hôpital de Jérusalem à Senlis, un bois, nommé le Bois-Renaut, « nemus Benoldi », comme aussi Robert de Garlande leur confirma la donation à eux faite par son père, de dix arpents de terre, au Sablon de Senlis, « in Sabulo Silvanectensi », à la charge de lui payer une rente de cinq sols parisis. Cette charte de confirmation est datée de l'année 1197, au temps, y est-il dit, où l'Hôpital de Senlis avait pour commandeur, magister, un frère, nommé Pierre Pilot.

Les donations et les cessions se succédèrent dans le XIIIe siècle, au profit des frères de l'Hôpital:
C'étaient l'abandon en 1212, par Pierre, seigneur de « Chauerci (commune de Trumilly) », de 52 sols de cens sur des maisons à Senlis, devant l'église de Sainte-Geneviève;
La donation en 1214, par Pierre, seigneur de Rocquemont, d'autres cens au dit Senlis;
La cession dans la même année, par Pierre, seigneur d'Oignon, d'un bois, près d'Ognon;
Le don en 1215, par Richard d'Angicourt, « de Angicuria », d'une maison, près le Pont-Perrin, « juxta pontem Petrinum (le Pont-Perrin était près de Senlis) »;
L'acquisition faite en 1217, d'Enguerran, seigneur de Sery, « de Seriaco », d'une rente de seize muids de blé, qu'il tenait du Roi, sur le moulin de « Sery (Sery-Maigneval) »;
Celle faite en 1219, de Guy de Borret, de tous ses héritages au dit lieu;
La cession en 1220, par Roger, seigneur de Ris (peut-être Rieux) et d'Asceline, sa femme, de tous leurs acquêts de communauté;
L'abandon dans la même année par Guillaume, seigneur de Vaux, « de Vallibus », de toute sa terre à Morancy, « apud Moranciacum (MorancyTerres de l'Hôpital à Morancy
Terres de l'Hôpital à Morancy
commune de Precy-sur-Oise) »

Une charte de Garin, évêque de Senlis, du mois de mai 1220, porte qu'un nommé Simon, fils de Guibert, s'était présenté devant son officiai, à qui il avait déclaré que, avec l'assentiment de son père qui l'avait émancipé, il abandonnait tout ce qu'il pouvait donner de son héritage à la maison de l'Hôpital de Jérusalem, établie à Senlis, en lui vendant le reste pour 80 livres parisis, qui devaient servir à payer ses dettes.

La même charte mentionne en outre que le dit Simon, avec le consentement des frères de l'Hôpital, a accordé à sa soeur la moitié de son héritage, bien que d'après la loi elle n'en put avoir que le tiers, « licet de consuetudine régis Francie non debet habere nisi tertiam partem. » Toutefois cette donation devait être déclarée nulle et non avenue, si la soeur voulait empêcher l'ordination de son frère; et, dans ce cas, les biens donnés devaient revenir à l'Hôpital.

En 1222, une noble dame, nommée Elisabeth, veuve de Guy, autrefois boutillier de Senlis, donna aux Hospitaliers de Senlis et aux frères de la chevalerie du Temple, la moitié du moulin de Chantilly, « de Chantilliaco » dans la terre de Saint-Leu-d'EsserentHôpital de Saint-Leu-d'Esserent
Hôpital de Saint-Leu-d'Esserent
, « in terra sancti Lupi de Escerento », et aussi la moitié du moulin de l'Aunay ou de Launette, « de Alneto », situé au territoire d'Ermenonville, « in territorio de Ermenovilla. » Cette donation faite sous le sceau de l'officiai de Senlis, est datée d'Ermenonville, au mois de février 1222.

D'après un censier de l'année 1304, nous voyons que l'Hôpital de Saint-Jean de Senlis possédait un grand nombre de cens et de rentes foncières sur des maisons dans la ville:
En la Place aux Charons;
Au Marché au Samedi;
En la rue de la Hésete;
En la rue de la Congnié;
Au Clos-Hérouart;
En la rue au Lyon;
En la Hérengerie;
En la rue Pié-de-Buef;
Autour Saint-Vincent;
A la Porte-au-Pain;
Derrière Lescanges;
En la Poissonnerie;
En la rue Haubergière;
En rue Parisie;
En Faigne;
De lez La Blan-cloche ou Bancloche;
Au Pont-Perrin;
En la Claie;
A la Croix-Saint-Gilles;
Rue Sainte-Geneviève;
Devant la Halle.

Et sur des terres ou héritages dans la banlieue ou aux environs de Senlis:
A La Victoire;
A Villemetrie;
A La Bretonnerie;
Aux Abuvrouers;
Au Pont-Gemer;
A Sotemont;
A la Croutte-Henri;
Au bois de La Saussoie;
A la fontaine Saint-Riule de lez la Croute-Henri;
En la Champaigne;
Au Boutonnier;
Au Buat;
Au Buisson de Barbery;
Au Pommeret;
A la Folie-Riquedon;
A la Croix-Renouart;
A l'Epinette;
A la Voie de Balagny;
Aux terroirs d'Ognon;
Plailly;
Borest;
A Trumilly;
A Cornefroy;
A Montepilloy;
Mont Eppelouer, etc., etc.

Le domaine de l'Hôpital se composait de la maison avec la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, bâtie sur un arpent de terre clos de murs dans la grande rue, à Senlis, vis-à-vis le beffroi; d'une grange, appelée la Grange de l'Hôpital, hors de la ville, avec une cinquantaine d'arpents de terre; d'autres terres encore sur les territoires d'Ognon, Barbery, Mont-l'Evêque, Rully, Sacy, Abilly, Troisy, comprenant plus de 150 arpents; et enfin d'environ 40 arpents de bois dans la forêt d'Halatte avec le moulin du Thiery, sur la rivière de Launette. Son revenu, qui était de 142 livres en 1495, montait à 2.300 livres en 1757; et à 3.000 livres en 1782.

N'oublions pas de mentionner ici que les Hospitaliers de Senlis possédaient, au XIIIe siècle, dans le Valois, plusieurs domaines: celui de la Chapelle-Notre-Dame ou de Bourg-Fontaine, et la terre et seigneurie de Bérogne.

Anciens Commandeurs de Senlis
1197. Pierre Pilot, hospitalis silvanectensis magister.
1302. Frère François Guoit.
1304. Frère Jehan de Pringy.
1309. Frère Jehan du Maroel.
1364. Frère Jacques de Rampillon.
1371. Frère Hue Le Parquier.
1380. Frère Simon de Hesdin.
1409. Frère Richard Bernard.

 

Hôpital La Chapelle-Notre-Dame

Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Villers-Cotterêts, Commune: Silly-la-Poterie — 02


Hôpital de Bourg-Fontaine
Hôpital de Bourg-Fontaine

C'était le nom donné à un ancien établissement de l'Hôpital, situé à Bourg-Fontaine (Pisseleux, il existe une rue de ce nom à Villers-Cotterêts) composé d'une maison avec des terres, et d'une chapelle dédiée à la sainte Vierge. Charles de Valois, qui avait le projet en 1315, de fonder en ce lieu une Chartreuse, proposa aux Hospitaliers de faire l'acquisition de la Chapelle-Notre-Dame et de ses dépendances, dont le revenu était alors de 600 livres. Il leur offrit en échange de ce domaine, de les libérer d'une rente de 1.200 livres qu'ils lui devaient chaque année. Cette proposition fut acceptée, et le pape Jean XXII, sollicité d'y donner son adhésion, approuva et confirma cette cession par une bulle du mois de septembre 1316.

 

Hôpital de Bérogne

Département: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Attichy, comune: Chelles — 60


Hôpital de Bérogne
Hôpital de Bérogne

La terre et seigneurie de l' Hôpital de Bérogne appartenait, au commencement du XIIIe siècle, aux frères de l'Hôpital de Senlis. Guarnot, seigneur de Bérogne, et Marie, sa femme, par diverses lettres délivrées sous le sceau de Garin, évêque de Senlis, et de son official en 1215 et 1224, avaient donné au dit Hôpital, pour n'en jouir toutefois qu'après leur mort, 34 arpents de terre, puis leur maison et leur grange de Berogne, « domum suam et granchiam de Berrone », avec des cens et des rentes seigneuriales, à la condition que les Hospitaliers recevraient le seigneur Guarnot et sa femme dans leur confraternité, en leur accordant l'habit de la religion et la sépulture dans la chapelle de l'Hôpital de Senlis, lorsqu'ils viendraient à mourir.

Mais en 1478, Jean Foulon, commandeur de Senlis, voyant l'état de ruine où se trouvait la maison de Bérogne, à cause des guerres qui avaient eu lieu, accorda en arrentement perpétuel à un nommé Flumart-Lulli, « la masure appelée l'Hospital, où souloit avoir deux maisons, séans à Berron, tenant à la rue de Triere, pardevant et parderriere à la rue des Rosieres, d'un costé à l'église de Barron, au canon annuel de huict sous parisis. »

Il n'est pas question des terres et des revenus seigneuriaux qui auront été sans doute aussi aliénés, car aucun terrier ni censier n'en fait mention à partir du XVIe siècle.

Comme les Hospitaliers, les Templiers possédaient des établissements dans le Valois. Nous en avons trouvé à Senlis, à Barbery, à Verberie et à Pont-Sainte-Maxence.

A Senlis, ils avaient une maison. Elle est mentionnée dans une charte du mois de janvier 1258, par laquelle frère Barthélemy, commandeur du Temple à Paris, céda à Pierre de Boucel, commandeur de Lagny-le-Sec, outre des cens qu'il possédait à Senlis et à Barbery, un bois « Aulmont (Aumont) », et une maison dans la ville de Senlis tenant, y est-il dit, à celle des frères du Temple.

La maison du Temple de Senlis, devenue plus tard la propriété de l'Hôpital, fut donnée avec d'autres maisons, en arrentement perpétuel. Elle est désignée dans un censier de 1495, « par la maison qui fet le coing de la rue du Temple en rue Parisie. »

 

Moulin de l'Hôpital et Maisons à Barbery

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Senlis — 60


Hôpital de Barbery
Hôpital et Maisons à Barbery

Les Templiers avaient à Barbery un moulin avec une maison et des hôtes. C'était une de leurs premières possessions dans le Valois. Sur la demande d'Adèle, abbesse de Montmartre, ils en firent la cession à son couvent vers le milieu du XIIe siècle, moyennant une redevance de dix muids de froment par an. (L'acte de cession ne porte pas de date; mais il a dû être passé de 1154 à 1174, temps durant lequel Adèle a été abbesse de Montmartre).

Cette rente se payait d'abord au commandeur du Temple à Paris. Celui-ci la céda en 1258, au commandeur de Lagny-le-Sec, qui ne la reçut pas toujours d'une manière bien exacte. Nous avons trouvé un jugement du 13 septembre 1437, qui condamnait l'abbesse de Montmartre à payer à la commanderie de Lagny des arrérages de cette rente, qui montaient à 50 livres tournois.

 

Maison de l'Hôpital de Verberie

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Pont-Sainte-Maxence — 60


Hôpital de Verberie
Hôpital de Verberie

L'ancienne maison ou commanderie du Temple de Verberie existait au commencement du XIIIe siècle. Des lettres de Guy de Briançon, Grand-Maître de la chevalerie du Temple, datées à Paris, de l'année 1201, nous font connaître que ce grand dignitaire de l'Ordre céda, moyennant une rente de 40 sols parisis, à Roger de Senlis, « de Silvanecto », à Mathieu de Vaux, « de Vallibus », et autres, les possessions et héritages qu'avait légués aux Templiers Pierre de Ruis, comprenant une maison près de celle du Temple, située sous la voie, « sub via », et une grande prairie à RuysHôpital de Ruis
Hôpital de Rhuis
, « apud Ruis (à l'ouest de Verberie). » Il est convenu que la rente devra être payée exactement au terme de saint Remi, chaque année, aux frères du Temple de Verberie, « fratribus Templi de Verbria. »

C'est le seul titre où cette maison est mentionnée.

 

Maisons de l'Hôpital à Pont-Sainte-Maxence

Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Pont-Sainte-Maxence — 60


Hôpital à Pont-Sainte-Maxence
Hôpital à Pont-Sainte-Maxence

Les Templiers avaient plusieurs maisons à Pont, qui paraissaient dépendre de celle de Verberie. Ils en avaient acheté une en février 1244, des religieux de Gouvieux, « de Gaudii valle », qui la leur avaient cédée avec 40 arpents de pré, situés près de Pont-Sainte-Maxence-en-Ajeux, « prope Pontem Sancte Maxentie in Aiou. » Les prés avaient été donnés aux religieux, par Barthélémy de Roye, chambellan du roi de France, à la charge d'un cens de dix sols payable chaque année au comte de Boulogne et à l'abbaye de Saint-Denis.

Cette maison qu'on appelait sous les Hospitaliers, au XIVe siècle, Maison de Larchier, était louée en 1376, douze francs d'or. Mais elle n'existait plus au XVe siècle.
« Les maisons du Temple d'Acy et de Morte-Fontaine faisaient partie, au siècle dernier, de la Commanderie du Mont-de-Soissons. »

Une autre maison, appelée « La Corne de Cerf », fut aliénée en 1357, par les Hospitaliers, moyennant une rente perpétuelle de 50 sols parisis.

Maldrac, dans son histoire du duché de Valois, cite Acy-en-Multien, La Ferté-Milon et Vivières, comme ayant possédé autrefois des établissements du Temple. L'auteur confond sans doute Acy-en-Multien avec Acy, près de Soissons, où les Templiers avaient une maison. Peut-être une confusion semblable a-t-elle eu lieu pour La Ferté-Milon; quant au Temple de Vivières, c'est le même établissement que le Temple de Morte-Fontaine, village voisin, lequel a été désigné autrefois sous ces deux noms.

Le revenu général de la commanderie de Lagny-le-Sec et de celle de Senlis était, en 1583, de 4.200 livres; en 1734, de 17.837 livres; en 1757, de 21.895 livres; et en 1788, de 37.851 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France — Eugène Mannier — Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)