La Commanderie et la Paroisse de Campagnolles

Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Cazouls-lès-Béziers - 34


Commanderie de Campagnolles
Commanderie de Campagnolles

Topographie
Le lieu de Campagnolles, dont il n'existe plus que quelques vestiges, constituait sous l'ancien régime une paroisse de l'archiprêtré de Cazouls-lès-Béziers. Il est compris à ce titre dans l'état officiel, dressé eu 1780, des anciennes paroisses du diocèse de Béziers. (1)
1. Thomas. Dictionnaire topographique de l'Hérault. Carou, Géographie de l'arrondissement de Béziers. Bulletin de la Société archéologique de Béliers, 2 S., III, page 313.

Le nom de Campagnolles figure sur la carte de l'état-major et du ministère de l'Intérieur à la cote d'altitude de 108 mètres, sur la rive droite du ruisseau de la Prade, à proximité du chemin vicinal allant rejoindre directement, de Cazouls, à un point situé entre Maureilhan et Puisserguier, la route nationale d'Agde à Castres. Ce lieu s'élevait donc à peu près au centre d'un triangle ayant pour sommets Maureilhan, Puisserguier et Cazouls, à un quart de lieue de ce dernier.

Au XIIe siècle il existait à Campagnolles une agglomération d'habitants autour d'un château et d'une église. Le château et l'église devinrent la propriété des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui en firent le chef-lieu d'une commanderie.

On trouve, en effet, des ventes consenties à l'ordre de l'Hôpital:
En 1170 — par Guillaume de Lisle, d'un hameaucasal allodial sis dans la juridiction de Campagnolles, confrontant d'autan le mas de Guillaume Coujan, du midi la cave du château, du cers l'honneur (2) de l'hôpital.
2. Synonyme de droits ; expression très souvent employée dans les chartes.

En 1193 — par Dominique Sincery d'un masage avec ses appartenances, sis au même lieu, confrontant du cers chemin public, d'aquilon et d'autan le mur de l'hôpital.
En 1197 — par Guillaume Mogna, de deux masages avec leurs appartenances et tout ce qu'il avait dans les anciens murs de Campagnolles.
En 1213 — par Pierre Landric, de la censive qu'il avait sur le mas d'Agulhan, sis au même lieu, confrontant d'autan et d'aquilon rues, du midi Guilfem Gaillac.
En 1227 — par Guillaume Verloze, d'une maison sise dans la juridiction de Campagnolles, confrontant d'une part le four du dit lieu, d'autre chemin public et des autres parts le tènement du commandeur (3).
3. L'inventaire des archives de Campagnolles déposées aux archives départementales de Toulouse, que nous utilisons pour l'histoire de la commanderie, énuméré 221 chartes, pièces ou dossiers, contenus en 12 liasses et 15 registres de reconnaissances.

Une charte du 15 décembre 1218, intéressante à plusieurs points de vue et dont nous parlerons plus bas, mentionne qu'elle est écrite par Raymond Delmas, curé d'Adeilhan (4) et notaire du castrum de Campagnolles. (Raimundus de Manso capellanus de Adellano et notarius castri de Campaniolis hauc cartam scripsit).
4. De Adeliano Rôle des décimes du diocèse de Béziers, Bulletins, 2 S., IV, 125. Ancienne paroisse voisine de Campagnolles, aujourd'hui Notre-Dame d'Ayde, chapelle rurale, Chan. Carbon. L'antique chapelle de Notre-Dame d'Ayde. Montpellier, 1901.

Or, nous savons que le nom de castrum dans les chartes du moyen-âge désignait, en général, un centre, un bourg, où était le siège du pouvoir seigneurial.
En 1726 — fut rendue une sentence arbitrale entre le commandeur de Campagnolles et les habitants du dit lieu d'une part, et le prieur du monastère de Fontcaude d'autre, par laquelle les dits habitants sont exemptés de payer à l'abbé de Fontcaude la dime des fruits recueillis dans le terroir de Campagnolles, à moins que les fruits ne soient portés dans la paroisse de Campagnolles pour les y dépiquer ou autrement ; que les habitants sont encore exemptés de passer devant la grange de l'abbaye en portant la vendange, le marqueur établi par l'abbé pouvant aller marquer sur les lieux, etc. les autres dispositions intéressant le commandeur.
Enfin, le procès-verbal de la visite prieurale de Campagnolles, faite le 5 mai 1540, dit qu'il y a « église parrochialle à la collation du commandeur », tandis qu'un autre procès-verbal de 1613 relate que l'église servait autrefois d'église paroissiale lorsqu'il y avait un village à Campagnolles « lequel a esté ruyné long temps y a par les guerres passées. »
De tous ces actes et faits, des dimensions et de l'état intérieur de l'église, mesurant 14 cannes de long sur 4 de large dans œuvre, contenant deux autels en plus du maître autel, et des fonts baptismaux, il apparaît bien qu'au XIIe siècle il devait exister un village au lieu de Campagnolles et que ce village subsista jusqu'aux guerres de religion.

 

Fondation de la commanderie — Les commandeurs

Le 7 mai de l'an 1109, Guillaume Pons de Campagnolles, son épouse Ermeirux et Adalais de Pignan, donnent à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem récemment fondé par Gérard, de Martigues, en Provence, l'église de Campagnolles, sous le vocable de Saint-André et l'église voisine de Saint-Pierre de Polignan. Cette donation, qui comprenait tous les droits, prémices et dîmes attachés aux deux églises, fut faite avec l'assentiment d'Arnaud de Levezon, évêque de Béziers, et des chanoines de Saint-Nazaire, son église cathédrale, et acceptée par Raymond de Fendelles, commandeur de l'Hôpital, de Béziers, assisté des autres Hospitaliers de cette maison. (5)
5. Sources: Toulouse, archives de la Haute-Garonne, fonds de Malte, H. layette de Campagnolles, liasse I (copie de 1207). TEXTE: Du Bourg, Histoire du grand prieuré de Toulouse, pièces justificatives, CXII. Bulletin de la société archéologique de Béziers, 2 S., XIII, page 181. Du Bourg donne une date erronée (29 avril 1108 les divers éléments de sa date ne concordent d'ailleurs point le 29 avril 1108 correspondant à un mercredi et non à la VI° férié). Delaville le Roulx, Cartulaire générale des Hospitaliers, 17. Paris, 1907.

Par une bulle donnée à Latran, le 30 novembre 1212, le pape Innocent III confirma en faveur des Hospitaliers la possession des deux églises ci-dessus avec tous leurs droits.
Dès que les Hospitaliers eurent pris pied à Campagnolles, leurs possessions s'agrandirent considérablement par de nombreuses donations et acquisitions. Nous relaterons succinctement les chartes qui nous ont paru les plus intéressantes soit pour la connaissance de lieux-dits anciens, soit parce qu'elles mentionnent le nom du commandeur.
La commanderie se composait de 2 membres celui de Campagnolles, chef-lieu, et celui de Milhau, métairie située à une demi-lieue du chef. (6)
6. Milhau, commune de Puisserguier, domaine appartenant à M. Fayet.

Membre de Campagnolles.
Après avoir donné pour ainsi dire la première pierre de la commanderie, la famille de Campagnolles contribua grandement à son extension. Un des siens, Arnaud de Campagnolles, entré dans l'ordre de l'Hôpital, était commandeur dans les vicomtés de Béziers et d'Agde, en 1190, et plus tard, de Trinquetaille, faubourg d'Arles C'est à sa considération que ses parents firent leurs libéralités, c'est lui qui acceptera pour l'Ordre l'importante donation que va lui faire le vicomte de Béziers, Roger II.

Du Bourg, dans son Histoire du grand prieuré de Toulouse, cite en tête de la liste des commandeurs de Campagnolles et aux dates ci-après :
1109. — Raymond de Fendelles.
1144. — Bernard de Puysuiran ou de Puisubran.
Mais la commanderie n'ayant été, à notre avis, érigée que postérieurement, ces deux chevaliers sont intervenus à un autre titre dans les affaires de Campagnolles.

Nous avons vu que le premier avait accepté la donation de 1109 en qualité de commandeur de Béziers. Le deuxième était issu des seigneurs du Puisubran (7) du diocèse de Toulouse. Après avoir été, croit-on, grand prieur de Saint-Gilles, de 1125 à 1130, il s'appliqua dans la suite à procurer des biens à son Ordre, qui lui fut redevable de plusieurs dons considérables. Cécile de Provence, veuve de Bernard Aton IV, vicomte de Carcassonne et de Béziers et ses trois enfants, Roger de Béziers, Raimond Trencavel et Bernard Aton donnèrent à l'Ordre, au mois de septembre 1134, entre les mains de frère Bernard de Puisubran le lieu de Betse dans les limites de Saint-André de Lesser, comté de Razès (8).
7. Podium-siuranum, Podio-syurano, aujourd'hui Pexiora commune du diocèse de Carcassonne, Histoire e du Languedoc VIII, col. 530, 1475.
8. Histoire des grands prieurs et du prieuré de Saint-Gilles, par Jean Raybaud, avocat et responsable des archives de ce prieuré, publiée par l'abbé C. Nicolas Nîmes 1904.


Le 18 avril 1144. — Bernard de Puisubran prit en engagement de Pierre de Campagnolles, tous les droits qu'il avait dans les dîmeries de Saint-Pierre de Polignan et de la paroisse Saint-André de Campagnolles moyennant 200 sous melgoriens.
Entre temps, l'Ordre avait reçu, dans le courant des années 1133 et 1138, des libéralités de Pierre Malague, de Ricarde, fille de Lauret Campagnolles et de Pierre Majoir, à condition pour ce dernier que le commandeur ferait dire deux messes par an.
1149. — Dame Ricarde Laurette avait donné tous les biens allodiaux lui appartenant dans le lieu de Campagnolles au commandeur pour deux tiers, et à ses neveux pour un tiers, lesquels donataires se les partagèrent dans ces proportions.
Le 25 juillet 1155. — Pons de Rouson donne par son testament, au commandeur de Campagnolles, sa seigneurie du dit lieu et l'honneur qu'il avait à Fontanille et à Canaviar.
1159. — Guillaume de Campagnolles donne sa maison et une séterée de terre attenant au midi avec alleu de l'Hôpital.
1166. — Arnaud Pons de Campagnolles vend un champ mouvant de sa directe, sis dans la juridiction de Corbegon, attenant du midi avec l'honneur de Saint-Aphrodisie, au prix de 440 sols bitarrens et de 260 sous melgoriens. (9)
9. Les sous melgoriens comme les sous bitarrens étaient une monnaie de compte. Il n'y avait comme monnaie réelle que des deniers et des oboles. Le sou valait 12 deniers, le denier 2 oboles.

1173. — Raymond Bedos donne deux pièces de terre, sises dans la juridiction de Caillan, lieudit al cami cros, attenant avec l'honneur de Saint-Jean de Caillan.
1178. — Le commandeur achète de Pierre Gibert un champ au terroir de Caillan, et de Ricard trois pièces de terre au même terroir, lieudit à Combes, confrontant du midi l'honneur de l'Hôpital et du cers l'honneur de Notre-Dame (10), au prix pour le premier de 200 sous melgoriens et pour le deuxième de 60 sous bitarrens.
10. Notre-Dame da Fontcaude, propriétaire de Lussau, dépendance de l'abbaye de Fontcaude et dont le territoire confrontait celui de Saint-Jean de Caillan.

Les Hospitaliers possédaient déjà suffisamment d'intérêts dans le pays pour songer à s'y installer mais n'ayant probablement pas encore de maison convenable à Campagnolles, ils achètent en l'année 1178, de Bonette Raymon, un Maison, métairiemasage dans Cazouls, confrontant d'autan le mas de Lignan, du midi l'ancien mur, du cers le mas de Murviel, au prix de 300 sous melgoriens ; et par le même acte le sieur de Capendu, seigneur directe (11) de Cazouls, abandonna la directe qu'il avait sur ce Maison, métairiemasage, moyennant 200 sous melgoriens.
11. Seigneur de qui relève immédiatement un fief, en reconnaissance duquel il perçoit le cens et le droit de lods et ventes à chaque mutation.

L'année suivante, ils agrandirent leur maison en achetant de leur voisin Lignan une partie de salle contigüe, au prix de 80 sous melgoriens.
L'an 1181. — Raymond de Campagnolles donne au commandeur tout ce qu'il possède dans le château de Campagnolles, consistant en quatre pièces de terre, le quart de quatre différentes vignes, la censive de 2 sous melgoriens qu'il a sur le masage de Guillaume Romieu un autre champ dans la juridiction de Saint-Martin d'Albarède (12) et en plus, il engage la dime de Saint-Pierre de Polignan, moyennant 150 sous melgoriens.
12. Samt-Martin-du-Puy, ancien prieuré (commune de Maraussan) dont la Juridiction est très souvent rappelé.

1183. — Arnaud de Puisubran.
Ce commandeur était le frère du précédent. Il achète, en l'année 1183, de Raymond Campagnolles, toute la portion qu'il a dans la dîmerie de Saint-Pierre de Polignan, au prix de 200 sous melgoriens, et tout ce qu'il possède dans le château de Campagnolles et ses dépendances, consistant en la moitié de la dîme de tous blés, légumes et millets qui s'y recueillent, au prix de 400 sous melgoriens.
La même année, Matheline et Frotard, son mari, donnent à l'Ordre Saint-Jean tous les droits qu'ils ont sur les dîmes de Campagnolles et Polignan en grains, vin, ortalice, carnelage, laine, chanvre et lin.

1190. — Arnaud de Campagnolles.
L'an 1190, Raymond et Pierre de Campagnolles donnèrent à l'Ordre tout ce qu'ils avaient ou pouvaient avoir dans la seigneurie de Campagnolles et dans les juridictions de Milhau, Saint-Pierre de Polignan, Gajan, Caillan, Ramejean, Thezanel, Saint-Sébastien de Savignac, Maureilhan, Estrussiac (13), à la considération d'Arnaud de Campagnolles, commandeur dans les vicomtés d'Agde et de Béziers, leur parent, qui accepta cette donation, au moyen de laquelle Pierre de Campagnolles fut reçu dans l'Ordre.
13. Tous ces noms sont identifiés autant que possible dans la table ci-après.

Donation de Roger II, vicomte de Béziers
Au mois de mai de l'année 1190, Roger, vicomte de Béziers, pour le salut de son âme et de celles de tous les siens, donne à l'Hôpital de Jérusalem, représenté par le dit commandeur Arnaud de Campagnolles, tout ce qu'il possède dans le château et le territoire de Campagnolles et notamment les droits de justice et l'albergue (14) de 20 chevaliers que lui devaient Bernard de Pignan, Pierre de Campagnolles et Alcher, fils de feu Arnaud Pons. Cette donation est ratifiée par la comtesse Adalais, son épouse, et tous deux concèdent à l'Ordre le droit de faire en ce lieu autant de fortifications qu'il voudra.
14. Albergue: droit de gîte converti en rentes perpétuelles payables en nature ou en deniers. L'albergue du chevalier était d'un écu. Nous avons eu l'occasion, étant notaire à Bessan, de passes, de 1887 à 1897, quelques actes de rachat d'albergues de 4 et 5 francs, dues encore à cette époque par quelques particuliers à l'hospice de Bessan.

L'acte est reçu par Bernard Cota, notaire public de Béziers, en présence de Raymond Trencavel, frère du donateur, d'Arnaud Raimond, viguier de Béziers, de Pierre Vassal, de Raimond, leudier, de Guillaume Raimond, écuyer, de Pierre Ermengaud, de Bernard de Caussiniojouls, de Pierre d'Alan, de Fabre, sous-viguier, de Guillaume de Clermont, Pons de Clairac et Guillaume Baron. (15)
15 Texte H. du Languedoc, tome VIII, col. 403. L'an 1174, Bernard, évêque de Béziers, donne le notariat de cette ville à Bernard de Caussiniojouls qui paraît être l'un des témoins de la donation de Roger.

1191. — Arnaud de Caussa vend une terre dans la juridiction de Saint-Martin du Puy, confrontant d'autan le chemin allant de ce lieu à Lussau.
1193. — Pierre, abbé de Fontcaude, arbitre élu par Guillaume de Cazul d'une part et le commandeur d'autre, rend une sentence par laquelle tous les droits de dîme que réclamait Guillaume de Cazul dans la dîmerie de Campagnolles, sont abandonnés par lui à l'Ordre, moyennant une pension viagère de 20 setiers froment et 20 setiers orge.
1200. — Pierre de Castries donne à l'Ordre tout ce qu'il possède dans l'archevêché de Narbonne et dans l'évêché de Béziers et notamment dans le lieu de Campagnolles.
1203. — Frère Imbert, qui se qualifie de commandeur, baille à cens, à Guillaume Maurel deux sétérées de terre dans la juridiction de Campagnolles, à la rivière de la Bize, sous la tasque et la dime des fruits.
1204. — Arnaud de Campagnolles, commandeur, cède en échange à Pierre Raymond Thomas deux terres, l'une au terroir de Saint-Sébastien, l'autre au terroir de Lacune et reçoit en contre-échange de Thomas, quatre terres dans la juridiction de Caillan.

1207. — Bérenger de Campagnolles.
Il était commandeur de Saint-Félix de Sorgues en 1203.
Il cède en échange à Déodat Jalbert six pièces de terre et trois terres en vigne dans la juridiction de Mairan et reçoit en contre échange un champ et la moitié d'un pré dans la juridiction de Saint-Martin du Puy.
1207. — Frère Arnaud baille à cens à Imbert et Bernard Morel une terre dans la juridiction de Campagnolles, sous la charge de 2 tasques.

1216. — Raymond Aymérie.
Le 4 janvier 1216, Raymond Olier se rend homme-lige du commandeur et s'oblige en reconnaissance de son hommage à lui payer 6 deniers bitarrens à chaque fête de saint André.
1217. — Pierre Landric vend à Raymond Ayméric, commandeur de Campagnolles, l'honneur qu'il a dans le dit lieu, consistant en tasques, quarts, usages, foriscapes (16) et autres droits moyennant le prix de 400 sous melgoriens.
16. Redevances en nature ou en espèces. A défaut de convention, la quotité de la corvéetasque, expression souvent employée en Languedoc, était du IIe après perception de la dîme. Tantôt elle tenait lieu de cens, tantôt elle était payée en sus du cens. Voir pour l'explication de tous les termes féodaux les notes données maintes fois dans le Bulletin de la Société et notamment 2e Série, XII pages 369 à 424, XV page III et suivantes, ainsi que le Glossaire de Du Cange.
1218. — Il est rendu une sentence arbitrale sur le différend existant entre frère Raymond Ayméric, commandeur de Saint-Félix et de Campagnolles et Raymond Delmas, curé de l'église d'Adeilhan, à raison des dîmes et prémices des juridictions de Campagnolles, Polignan et Adeilhan. Il est ordonné que le dit curé percevrait les dîmes et prémices dans la paroisse d'Adeilhan, excepté sur une terre affranchie de chargescondamine appelée le Peyrat, que le commandeur céderait la directe qu'il avait sur une terre dans la juridiction d'Adeilhan, et que, par ce moyen, ce dernier demeurerait paisible possesseur des dîmes et prémices de Campagnolles et Polignan.

1218. — Guillaume de Beaupuy
Il était commandeur de Nébian en 1215. Le 15 décembre 1218, Pierre Boniza et sa femme Garsinde se donnent en aumône avec tous leurs descendants, jusqu'à la fin des siècles, à l'Hôpital de Campagnolles, en la personne de son commandeur Guillaume de Beaupuy, et s'engagent à donner pour hommage, chaque année à la Saint-André et à première réquisition une livre de poivre et une journée de bœuf et d'âne, s'ils ont des bêtes pour faire ce service. Ils sont reçus de l'Hôpital par le dit Guillaume de Beaupuy, par frère Arnaud de Millau et par frère Pierre Gérald du conseil et de l'avis des autres frères et sœurs de la maison (17).
17. Archives des Bouches-du-Rhône. Pièce justificative I.

1224. — Raymond de Rodemul
Frère Raymond de Rodemul, commandeur de Campagnolles baille à cens à Hermesen de Hugues et à Guillaume Hugon deux terres, dans le vignoble de Gajan, sous la tasque au quint des fruits.

1227. — Raymond Bailly
Son nom figure dans une sentence rendue en 1622 entre Pons, abbé de Saint-Gilles, et le grand prieur Manuel, par l'archevêque d'Arles. 1227. — Il transige avec l'évêque de Béziers sur les contestations qui s'étaient élevées entre eux, à raison des dîmes et autres droits ecclésiastiques, dépendant des églises de Campagnolles et de Polignan et la dîme ayant appartenu à Pierre Landric dans la juridiction de Saint-Martin il demeure convenu que l'évêque jouirait d'un tiers de la dîme de Pierre Landric et le commandeur de tous les autres droits.
La même année, sentence arbitrale entre le commandeur et Ricarde de Villespassans le commandeur est maintenu en possession de la censive de 30 fours d'oignons et d'une émine d'huile, à lui donnée par Bernard sur deux jardins et un champ à Campagnolles, à la condition de payer à Ricarde 13 sous melgoriens.
1232. — Bérenger de Puisserguier donne quatre pièces de terre dans la juridiction d'Estrussiac et une autre dans celle de Gajan, Il se rend donné de l'Ordre et, à sa mort, en 1240, il fut inhumé dans le cimetière de la commanderie (18).
18. Histoire du Languedoc tome VI, page 737.

La même année, Hugues de Pater vend les fiefs qu'il possède dans les juridictions de Campagnolles, Saint-Martin du Puy, Caillan, Corbegon et Lussau et le commandeur lui paye 160 sous melgoriens.

1233. — Frère Sennoret
Ce commandeur était originaire de Tarascon. Ses mérites attirèrent sur lui l'attention du grand maître, qui lui conféra le grand prieuré de Saint-Gilles en 1203. Il cessa ses fonctions l'année suivante Il paraît avoir été l'un des témoins du traité de paix, fait en 1206, entre le roi d'Aragon et les habitants de Montpellier (19). Le 10 juillet 1233, il assiste en qualité de commandeur de Campagnolles au chapitre général du grand prieuré, à Saint-Gilles.
19. Histoire du Languedoc tome VIII col. 537.

1234. — Il échange avec Pierre Bertrand, chanoine, de Saint-Pons, une terre au tènement de Sainte Foy contre un pré au terroir de Saint-Martin del Pech.
1239. — Guillaume de Villespassans, frère sans doute de Ricarde, déjà nommée, donne à l'Hôpital tous ses droits sur un pré et un jardin dans la juridiction de Bizan, faisant de cens 30 fours d'oignons et une éminée d'huile et confrontant d'autan le rec de Bize, du cers l'honneur du prieur de Bizan (Saint-Martin du Puy, prieuré).
La même année, Guillaume de Corneilhau vend la ensemble des terres appartenant à un seigneurdirecte et autres droits sur cinq pièces de terre, dont quatre dans la juridiction de Corbégon et la cinquième dans celle de Caillan.

1240. — Guillaume de Castries
Commandeur d'Omps en 1233, de Campagnolles en 1240, de Saint-Félix de Sorguesen 1246 (20).
Par une charte ci-après relatée, en date du 24 avril 1240, Guillaume Quercy de Puisserguier donne à la commanderie de Campagnolles, représentée par son commandeur Guillaume de Castries, le lieu et la viguerie de Milhau.
20. Aix-en-Provence. Bibliothèque Méjanes: preuves ms de l'histoire du grand prieuré de Saint-Gilles, par Raybaud.

1246. — Raimond Guillem
Il assiste, en qualité de commandeur de Campagnolles au chapitre général, tenu à Saint-Gilles, le 15 juillet 1246, sous la présidence du grand prieur Féraud de Barras, et comme commandeur de Béziers, au chapitre tenu à Toulouse, le 30 avril 1273, par le grand prieur Guillaume de Villaret (21). 21. Aix-en-Provence. Bibliothèque Méjanes: preuves ms de l'histoire du grand prieuré de Saint-Gilles, par Raybaud.

1249. — Pierre Cabanes
Son nom ne paraît que dans un acte d'inféodation, consenti en 1249, en faveur de Jean Portel, de Maureilhan, d'une terre sise à Lussau, sous le cens de trois émines d'orge, mesure de Campagnolles.

1283. — Pons de Saint-Marcel
L'an 1253, fut rendue une sentence arbitrale entre frère Pons de Saint-Marcel, commandeur de Campagnolles, et l'abbé du monastère de Fontcaude:
décidant que le canal de dérivation, bief de moulinbéal et l'écluse (pansieiro) du ruisseau de Corbegon seraient faits à frais communs. Par une autre sentence survenue en 1276, il fut décidé que l'abbé ne pourrait empêcher le commandeur d'user de l'eau de ce ruisseau pour arroser ses prés et abreuver ses bestiaux, pendant quatre jours et quatre nuits de suite de la semaine, au temps de l'arrosage.

1258. — Pierre Roger
Il approuve l'acquisition (lausime) faite par Bernard Gaillard d'une vigne à Campagnolles sous réserve de la cinquième partie des fruits, et transige sur les journées dues par un nommé Jean de Saint-Pons qui ne devra plus qu'une journée de bœuf pour diviser la gerbe et une autre pour labourer et semer, chaque année.

1262. — Pierre de Beauvoisin
Il assiste au chapitre sus-énoncé de 1262. La même année, la dame Brancat lui donne un champ allodial dans la juridiction de Saint-Martin du Puy, au terroir appelé Bize, confrontant d'une part le chemin de Maureilhan à Cazouls.
En 1269. — Pierre de Beauvoisin est commandeur de Saint-Gilles, où mourut le grand prieur Féraud de Barras, d'un certain poison que lui avaient donné quelques frères qu'il avait voulu corriger (22)
22. Raybaud rapporte que Féraud de Barras, dans le mois d'octobre 1252, donne commission Pierre de Cayranue, commandeur de Campagnolles, de terminer un différend que l'Ordre avait avec Pons de Saint-Just, évêque de Béziers, pour la maison des Brégines. Mais cet évêque n'étant monté sur le siège épiscopal de Béziers qu'au mois de juin 1261, il y a là un anachronisme qui ne permet pas de faire état de ce commandeur, qualifié de prieur de Toulouse au chapitre de 1262 et de qui l'on ne trouve aucun acte dans les archives de Campagnolles.

1278. — Guillaume de Barras
Fils de Barras de Barras et de Louise de Puget et frère du dit grand prieur Féraud de Barras, mort tragiquement. Il appartenait à une des plus anciennes familles de Provence, ayant tiré son nom de la terre de Barras dans la viguerie de Digne et connue dès le XIe siècle, où l'on trouve un Barras se croiser avec distinction pour la conquête de la Terre Sainte. (De la Chesnaye-Desbois. Dictionnaire de la noblesse).
1279. — Frère Guillaume de Barras baille à cens à Michel de Parait, une terre, au terroir de Milhau, sous la tasque des fruits au cinquième partie dans quelque sommequint.
Il était commandeur de Puimoisson en 1284, au chapitre tenu à Trinquetaille.

1283. — Jourdain de Chaudeyrac ou Chaldeyrac.
Le village de Chaudeyrac en Gévaudan, avait donné le nom à sa famille qui en possédait la seigneurie. Il assiste aux chapitres tenus par le grand prieur Guillaume de Villaret à Trinquetaille, en 1283, et à Toulouse, en 1284.
1287. — Il baille à cens à Pierre Médici deux journaux de terre sous la censive d'un setier d'orge, payable à la fête de saint Nazaire.
1290. — Bernard de Pignan confirme la donation faite par son frère, de toute la dîme qu'il avait dans le lieu de Campagnolles et de tout ce qu'il possédait depuis le fleuve Hérault (Arauris) jusqu'au fleuve Aude (Atax).

1293. — Pons Rogier
Lausime de la vente d'une terre sise dans la juridiction de Milhau, lieudit Font-Namourière, sous la tasque des fruits.
1297. — Raymond Eliard vieux, Jean Rivière et Jean Aicredi consentent, en sa faveur, reconnaissances de terres dans la juridiction de Campagnolles, sous le cens d'un denier malgoire et de quatre deniers tournois.
1300. — Pons Rogier transige avec Bérenger III de Frédol, évêque de Béziers, à raison des contestations qui s'étaient élevées entre eux sur la division et la plantation des bornes des juridictions de Campagnolles, de Cazouls et de Ramejean cette transaction contenant une ample énumération des bornes plantées.
1305. — Il est consenti en sa faveur 29 reconnaissances féodales devant M. Azémar, notaire.

1313. — Raymond d'Olargues.
Issu probablement des seigneurs d'Olargues, il figure au chapitre de 1284, à Toulouse, en qualité de commandeur de Magrian. Nommé lieutenant du grand-maître, dans le prieuré de Saint-Gilles, après la mort du grand prieur Dragonet de Mondragon, il alla faire sa résidence à Avignon auprès du pape, à cause du grand intérêt que l'ordre avait dans l'affaire des Templiers. Il obtint le 4 mai 1313 d'Aiméry du Cros, sénéchal de Carcassonne et de Béziers, des lettres pour mettre l'Ordre en possession des biens que les Templiers possédaient dans cette sénéchaussée.
Robert de la Guêtre, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, sur présentation des lettres du roi, donna l'investiture à l'Ordre des commanderies situées dans sa sénéchaussée, en passant une bague d'or au doigt du commandeur d'Olargues. Il ne fut pas oublié dans la distribution des biens des Templiers ses services lui valurent l'importante commanderie de Sainte-Eulalie dans l'Aveyron (23).
1313. — Il approuve la vente faite à Raymond Eliard, sous le cens de 5 deniers tournois.
23. Aix-en-Provence. Bibliothèque Méjanes: preuves ms de l'histoire du grand prieuré de Saint-Gilles, par Raybaud.

1321. — Guillaume de Savignac
Des seigneurs de Savignac, à une demi-lieue de Villefranche-de-Rouergue. Il assiste comme commandeur de Campagnolles au chapitre de 1322 à Avignon. L'année suivante, il approuve la vente consentie en faveur de Raymond et Guillaume Roger d'une terre à Cazouls, sous le cens d'un quartaut d'orge, mesure de Cazouls.
1328. — Il transige avec le vicomte de Narbonne, seigneur de Puisserguier, sur les difficultés soulevées par le droit de dépaissance. (24) Ils conviennent de planter des bornes pour diviser les juridictions de Puisserguier et de ces privilèges trop étendus. Aussi furent ils contestés en d'autres lieux et les Hospitaliers contraints de les restreindre par la suite à leurs réelles possessions.
24. Par des chartes de 1177, 1184, et par son testament (1218), Raymond VI, comte de Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence, avait concédé aux Hospitaliers le droit de dépaissance dans tous ses états et d'autres privilèges ou libéralités. (Voir ces chattes dans l'Histoire du Languedoc tome VIII). Mais le droit de propriété individuelle, se consolidant de plus en plus, devait faira échec à Campagnolles et que chacun d'eux ferait paître ses bestiaux dans les limites de sa juridiction.

1329. — Pierre de Caylus.
Issu, ainsi que le suivant, d'une ancienne famille du Languedoc Coseigneurs d'Olargues et seigneurs de Colombières-sur-Orb (25).
25. Dictionnaire topographique de l'arrondissement de Saint-Pons.

Le 10 mars 1329, — le grand prieur Aiméry de Tury, étant à Cazouls, près Pezenas, commet Pierre de Caylus, commandeur de Campagnolles, à l'effet de terminer le différend existant entre le commandeur de Saint-Pierre de la Mer et la communauté de Narbonne, au sujet de certains terroirs litigieux entre eux.
En 1330. — Le grand maître Hélion de Villeneuve tint un chapitre général à Montpellier, dans lequel il fit approuver l'échange qu'il se proposait de faire avec le neveu du pape Jean XXII, Arnaud d'Euse, de la seigneurie de Montricoux en Quercy, contre le lieu de Peyriac, moyennant une soulte de 5000 florins d'or en faveur de l'Ordre, et parmi les commandeurs qui l'assistaient, lorsqu'il passa cet échange l'année suivante à Avignon, se trouvait Pierre de Caylus, commandeur de Campagnolles.
1341. — Il est consenti en sa faveur des reconnaissances féodales de Campagnolles, devant M. Rodier, notaire.

1346. — Austorge de Caylus.
Le 20 juin 1346, le grand-maître Adéodat de Gozon envoie une ambassade comptant parmi ses membres Austorge de Caylus, commandeur de Campagnolles, au pape Clément VI, (26) à Avignon, pour lui faire part de son élection et lui en demander confirmation. On lui donna la commanderie de Sainte-Eulalie et, vers 1349, le grand prieuré de Navarre.
26. Raybaud dit Innocent VI encore un anachronisme.

1351. — Fouques de Chaudeyrac. (En latin: Fulco de Chaldeyraco)
Commandeur de Reissac en 1346, il assiste à l'assemblée générale du grand prieuré qui eut lieu à Béziers, au mois d'octobre de cette année Commandeur de Campagnolles et de Béziers en 1351, il est chargé par le grand-maître de Gozon de retirer les responsions (27) des prieurés de France, l'argent monnayé et la vaisselle des frères décédés. Guillaume de Cornillan, grand prieur de Saint-Gilles, le prend pour lieutenant. Il reçut sa patente à Campagnolles au mois d'avril 1358.
27. Responsio — Sponsio caution (An 1329 mediœ et infimœ latinitatis). Somme annuelle payée par les chevaliers de Malte pour servir aux besoins de l'Ordre.

Le grand prieur de Cornillan, ayant été élu grand-maître le 8 décembre 1353 confie à Foulques de Chaudeyrac la lieutenance du prieuré pendant la vacance et au mois de septembre de 1355, le grand-maître Roger de Pins lui confère le grand prieuré de Saint-Gilles, vacant par son élection, et lui donne pour chambres Saint-Gilles et Montpellier. De Chaudeyrac mourut à Rhodes l'année suivante.

1371. — Nicolas de Solier.
Après la mort de Foulques de Chaudeyrac, la commanderie de Campagnolles fut conférée à Nicolas de Solier, prieur de l'église du couvent des Hospitaliers à Rhodes.
Nous trouvons ses deux qualités dans une bulle donnée à Rhodes le 18 mars 1371, et transcrite sur le registre des bulles du prieuré de Saint-Gilles, par laquelle le grand maître Raymond Bérenger assigne au frère Bernard le Comte pour toute sa vie, avec ordre aux commandeurs présent et futurs de le pourvoir du nécessaire, la résidence de Campagnolles où il a longtemps séjourné à la satisfaction des commandeurs, et cela de l'avis et consentement de Nicolas de Solier, prieur de l'église du couvent de Rhodes et commandeur de Campagnolles.
1371. — Il est consenti en faveur de Nicolas de Solier, devant M. Azémar, notaire, 47 reconnaissances féodales de Campagnolles.
Ce commandeur parait avoir quitté Rhodes, où le retenaient d'ailleurs ses fonctions, très rarement, car dans la liste des commandeurs présents ou excusés au chapitre tenu à Montfrin, le 8 mai 1384, et dont les délibérations sont écrites, cette fois, en langue vulgaire, on lit « Lo comandayre de Campanholas fuu dich qu'era en Rhodas. »

1390. — Raymond de Cazillac.
Issu des seigneurs de Cazillac en Quercy, dont la terre était réputée la seconde baronnie de France. (28)
28. Cazillac, commune du canton de Martel (Lot)

1390. — Il baille à cens à Jean Vlgnogolli une terre située à Cazouls, lieu-dit Fontazinière, moyennant 3 setiers d'orge pur an, portables.
1393. — Lettres du sénéchal de Carcassonne, contenant aveu et dénombrement fait par le commandeur des possessions qu'il a dans les juridictions de Campagnolles, Corbegon, Ramejan, Savignac, Maureilhan et Capestang. Le grand-maître de Hérédia conféra de l'avis de son conseil le grand prieuré de Saint-Gilles, à frère Raymond de Cazillac, au mois d'octobre 1394, alors qu'il était encore commandeur de Campagnolles et de Canabières. On lui donna pour chambres: Saint-Gilles, Sainte-Eulalie et Nébian. Il mourut à Sainte-Eulalie au mois de février 1402.
Dans l'inventaire de sa dépouille, ordonné par M. de la Gleizes (29) et dressé le 3 mars, on trouve entre autres choses « en aur XL escutz, lo sagel prioral am sa cadena et una bloca d'argent, un esparuier obrat et brodat am las armas de Moussu Ramon de Caseillic. »
29. De la même famille que les Gleizes de la Blanque, juge-mage de Béziers une branche de la famille s'établit à Saint Sernin-sur-Rance dont dépendait Sainte-Eulalie.

1395. — Pierre de Capluc.
1395. — Il proteste contre les prétentions de Barthélémy de Montcalve, évêque de Béziers, d'avoir quelques droits sur l'église de Campagnolles et lui déclare qu'il en appelle au pape.
Il assiste aux chapitres tenus à Montpellier en 1396 et au mois de juin 1422, ce dernier par Bertrand d'Arpajon, grand prieur, où il est qualifié: « Petrus de Capluc de Campagnolis et Sancti-Maurisi (30) »
30. Saint-Maurice de Cazevieille (Gard)

1412. — Reconnaissances consenties en sa faveur, par Raymond Mercadier, d'une vigne et d'un champ à Puisserguier, sous le cens de 3 éminées d'orge, mesure de Puisserguier par les nommés Rivière, Jean Alfred et Bernard Feuillan, de champs et vignes à Campagnolles, sous le cens de I setier d'orge même mesure, 1 éminée froment et sous la tasque des fruits (31).
31. La mesure de Puisserguier pour les céréales était la même que celle de Cazouls et de Béziers. Nous la donnons une fois pour toutes le setter, divisé en 4 quartes, la quarte en 4 pugnères ou boisseaux, vaut 65 litres 59 centilitres.
L'éminée est la moitié du setier ou 8 pugnères.


1425. — Pierre d'Orgnac.
Les habitants de Béziers n'ayant pas satisfait à l'obligation que Charles de Bourbon, comte de Clermont, leur avait imposée, de rétablir la maison de la commanderie qu'ils avaient détruite, en vue de se fortifier contre son entreprise d'occuper la ville (32), le chapitre de l'année 1425, qui se tint à Montfrin, donna pouvoir aux commandeurs Hugues Ricard, de Montpellier, Guillaume Prunet, de Peyriès, Guillaume de Montels, de Saint-Nazaire, et Pierre d'Orgnac, de Béziers et Ruissac, de traiter avec eux sur le dédommagement qu'ils devaient à l'Ordre.
L'indemnité fut fixée à 326 moutons d'or (33).
32. Confirmation A. Soucaille, Consulat de Béziers, Bulletin 3e Série, pages 290 et suivantes.
33. Confirmation Bulletin 1e Série I, Registre consulaire, page 239.


Le 26 mai 1429, le grand prieur Bertrand d'Arpajon assigne pour résidence au frère chapelain, Raymond du Puy, précédemment à Olargues et dont les syndics et les habitants de ce lieu se plaignent qu'il détruit tout (destruando penitus locum), la maison de Campagnoles du consentement de Pierre d'Orgnac, commandeur de cette maison. (34)
34. Pièce justificative 4.

1439-1448. — Raymond Ricard.
L'an 1439, frère Raymond Ricard baille à cens à Raymond Calvet une terre, au terroir de Ventadour, lieu-dit Al pilar, moyennant une éminée d'orge payable à Saint-Nazaire.
1445 — Bail à cens pour une éminée de froment à Marguerite Rouge, de 5 séterées dans la juridiction de Milhau, lieu-dit à la Cadenède. Dans l'année 1447, il eut un procès avec l'évêque de Béziers et les habitants de Cazouls, à raison du devès de Bizan qui lui était contesté par ces derniers et en possession duquel il fut maintenu.
1449. — Etant commandeur de Saint-Félix, on confère à Ricard la grande commanderie et le 19 octobre le grand prieuré de Saint-Gilles, devenu vacant par la mort de Jean Romieu, de Cavaillon.
Il eut pour ses chambres Saint-Gilles, Sainte-Eulalie et Saint-Félix de Sorgue, dans le Rouergue, et Gap-Francès (35) dans le Gévaudan.
35. Pour ne pas multiplier les notes et voulant cependant nous rendre utile, nous avons pris le parti d'identifier tous les noms de lieux dans une table onomastique.

Par un décret du conseil de l'Ordre, rendu entre 1450 et 1460 et dont il ne nous a pas été possible de trouver la transcription, le grand prieur Ricard fit unir la commanderie de Campagnoles à celle de Saint-Félix de Sorgues. A partir de cette époque, Campagnoles cessa donc d'être chef-lieu de commanderie.
Mais le grand prieur Ricard et son successeur au grand prieuré, qui eut aussi Saint-Félix parmi ses chambres, continuèrent à pourvoir le membre de Campagnoles d'un commandeur spécial moyennant une responsion annuelle. L'étendue de leurs possessions, qui comprenaient 5 commanderies, leur permettait de gratifier certains chevaliers de leur famille d'un ou plusieurs membres de leurs commanderies. Plus tard, les grands prieurs ne purent retenir pour leurs chambres plus de 3 commanderies.
Le décret d'union ne fut mis en vigueur qu'après le décès du commandeur suivant à qui la commanderie avait été conférée avant sa publication.

1448. — Pierre Bousquet, frère chapelain.
Il assiste en qualité de commandeur de Campagnoles et de Marseillan à l'assemblée générale du grand prieuré, convoquée dans la maison du Temple à Montpellier, le 17 décembre 1448, par frère Guillaume de Lastic, commandeur de Lyon, neveu du grand maître et son lieutenant général en France.
1454. — Acquisition par Pierre Bousquet d'une olivette appartenant à Jean Pignan, dans la juridiction de Campagnoles, au prix de 20 livres tournois.
1456. — Echange avec Pierre Valès qui lui cède une terre contiguë à la précédente.
1457. — Pierre Bousquet accepte le délaissement d'un plantier que tenait à cens Guillaume Grimaud et achète au prix de deux écus d'or un autre plantier à Jean Pignan.
1458 — Il est consenti 13 reconnaissances féodales relatives à Campagnoles, en faveur de frère Pierre Bousquet, devant M. Gibelin, notaire.
Le 11 août 1458. — frère Pierre Bousquet est arbitre et amiable compositeur, élu par le commandeur de Béziers, Sicard Sobeyran, pour régler le différend survenu entre ce dernier et les consuls de Béziers, au sujet des dépaissances. La transaction fut confirmée par le chapitre tenu à Montpellier le 10 octobre 1459.
Il mourut en 1460.

1461. — Guillaume Lobieyra. Jean Ricard, frères conventuels.
Dans le chapitre tenu à Montpellier le 1er dimanche de mai de 1461, Raymond Ricard donne pour subsistance à un bon serviteur de sa commanderie de Sainte-Eulalie, nommé Guillaume Lobieyra, la chapellenie de Saint-Pierre-de-Polignan et confère la commanderie de Campagnoles, membre de celle de Saint-Félix, à Jean Ricard, frère conventuel, moyennant une redevance annuelle de 100 florins, chaque florin valant 15 sous tournois.

1467. — Pierre Ricard.
Le 8 mai 1467, la commanderie de Campagnoles est donnée, sous la même redevance, pendant le chapitre tenu à Montfrin, diocèse d'Uzès, à frère Pierre Ricard, neveu du grand prieur, déjà commandeur de la Clau et du Viala-du-pas-de-Jaux, membres de la commanderie de Canabières, au diocèse de Rodez (36). Il est installé à Campagnoles par frère Sicard Sobeyran, commandeur de Peyriès, le 1er décembre de la dite année, en vertu d'une commission à lui donnée, le même jour, dans la maison de la commanderie, par le grand prieur qui vint assister à cette installation en compagnie de son secrétaire, de son maître d'hôtel et de plusieurs autres serviteurs.
36. Château de la Clau, commune de Samt-Jean-du-Bruel Viala-du-pas-de-Jaux commune du canton de Cornus.

La mise en possession se fait par la remise du verrou de la porte principale et de celle de l'église, par l'entrée et la sortie par les mêmes portes, par la remise d'un certain missel existant sur l'autel et par la sonnerie des cloches. Assistent encore à la cérémonie le dit Guillaume Lobieyra, régisseurde la commanderie et André N.... frère servant (37).
37. Le nom manque dans la pièce probablement, André Crozillac, qui figure dans l'acte d'acquisition de 1474 et que Du Bourg porte comme commandeur en la dite année, en faisant précéder son nom de la particule, ainsi qu'il l'a fait à tort pour d'autres.

1474. — Guillem Cathala vend au commandeur de Campagnoles, représenté par frère André Crozillac, un plantier sis dans ladite juridiction, faisant de cens 2 setiers d'orge au prix de 8 écus d'or.
1479 — Cinq quittances faites par le fermier du domaine à frère Pierre Ricard, commandeur de Campagnoles, de 2 livres de poivre par lui dues de censive à sa Majesté.

8 mai 1488. — Elzéar de Glandevès.
Son oncle, Cellion de Demandols, grand prieur de Saint-Gilles, lui conféra la commanderie de Campagnoles, le 8 mai 1488, dans le chapitre présidé par lui à Trinquetaille sous la responsion annuelle de 110 florins de chapitre (CX flonnorum de capitulo) et 2 charges d'huile, mesure de Béziers (38).
38. La charge d'huile, mesure de Béziers et de Cazouls, se divisait en 9 mesures et la mesure en 35 fioles. La mesure, unité des mesures de capacité pour l'huile, valait 20 litres 20 centilitres.

Il était fils d'Antoine de Glandevès, seigneur de Cuges et de Briande de Demandols, sœur du grand prieur. Elzéar parvint à la dignité de bailli de Manosque et mérita, par la réputation qu'il s'acquit, d'être surnommé le Grand, dit la Chronique de Provence. Sa famille, issue de la vallée de Glandevès, dans le diocèse de Senez, était de noblesse très ancienne. Dans son contrat de mariage avec Esméniarde d'Agoult, Isnard 1er, est qualifié de Nobilis et potens vir dominus Isnardus Féraud de Glandevès (1317) ; son fils, Guillaume, de magnificus et patens vir Guillelmus de Glandevès filius magnifici et potentissimi viri domini Isardi (1359) (39).
39. Bibliothèque nationale Dossier bleu 8089, folio 7. Revue historique de Provence année 1890, n° 1, page 170, où l'on peut lire la belle généalogie de cette famille.

1491. — Douze reconnaissances féodales de Campagnoles sont consenties en faveur d'Elzéar de Glandevès, commandeur du dit lieu, devant M. Courlade, notaire.
Après la mort du grand prieur Demandols, arrivée à Saint-Gilles, au mois de septembre 1496, la commanderie de Saint-Félix de Sorgues passa aux mains de Tristan de Salles qui administra directement, ainsi que ses successeurs, le membre de Campagnoles par bail à ferme.
Nous relaterons les actes intéressant Campagnoles sous le nom des commandeurs de Saint-Félix, dont nous donnerons ci-après la liste complète, depuis l'union de Campagnoles à cette commanderie jusqu'à la Révolution.

Donation du lieu et de la viguerie de Milhau
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Cazouls-lès-Béziers - 34



Domus hospitalis Milhau

Le 24 avril 1240, — Guilhaume Quercy, de Puisserguier, chevalier, donne à la maison de l'Hôpital de Saint-Jean de Campagnoles, représentée par Guilhaume de Castries, son commandeur, et pour celui-ci demandant et recevant cette donation, frère Guilhaume Brunel, son chapelain, le lieu et la viguerie de Milhau avec tous les droits et revenus y afférents.
L'investiture en est immédiatement donnée à frère Guilhaume Brunel, en présence de frère Guilhaume de Peyriac, de la maison de Capestang, Raymond Gadaria, acolyte, Bertrand de Peyra, Raymond de Laurets et Pierre de Poalz. (Pierre Ramond, notaire de Capestang, passe l'acte) (1. Pièce justificative 2).
Il s'agit là évidemment d'un de ces offices de justice appelés vigueries, à l'instar des offices royaux, que les seigneurs du moyen âge créaient sur leurs domaines avec l'autorisation du roi ou de leur propre autorité. Car bien qu'en principe toute juridiction vînt du roi et retournât au roi, à qui seul appartenait la justice (ius fluxus et refluxus) (40), il n'en restait pas moins que beaucoup de seigneurs faisaient sur leurs terres ce que le roi faisait sur son royaume et qu'en certains cas l'institution durait, plus forte que les lois et que les hommes. Celle-ci, par exemple, existait encore à la Révolution.
40. A Principe tanquan a fonte omnes Jurisdictionum rivule stve jura manant ; et in Gallia Junsdictionem habere nemo potest, nisi ex permissione vel concessione Principis. Ferrière, Dictionnaire de droit, v° justice.

La constitution du domaine que les Hospitaliers possédaient au lieu de Milhau se fit, comme celle de Campagnoles, par donations et acquisitions diverses. Les Hospitaliers consentirent aussi des inféodations de biens, tant à Milhau qu'à Cazouls, lesquelles leur donnèrent dans la suite, par la perception des droits de lods et ventes, autrement dit des droits de mutation à chaque aliénation, d'importants revenus (41). 41. Les lods et ventes (du bas-Lit, laudare, consentir, ou du german load, charge) se percevaient au sixième denier. Dans les cahiers de doléances de 1789, on réclamait la suppression des lods sur les échanges et peut-être faut-il voir dans ces doléances l'origine de l'abaissement sur les échanges du taux des droits de mutation substitués aux droits féodaux.

Nous jugeons superflu d'énumérer toutes les chartes, qu'il nous suffise d'en citer quelques-unes:
1192. — Pons de Campagnoles donne à l'Hôpital de Milhau tous ses droits sur les lieux et juridictions de Campagnoles, Saint-Pierre-de-Polignan, Milhau, Gajan, Caillan, Essanet (Thezanel), Savignac, Maureilhan, Estrussiac.
1213. — Bernard Raymond de Capendu donne au commandeur de Campagnoles tout ce qu'il possède à Milhau, Gajan et Estrussiac et dans leurs appartenances.
1194. — Donation par autre Bernard Raymond, notaire, d'une terre de deux séterées, dans la juridiction de Milhau, confrontant du midi le commandeur, du cers terre de Notre-Dame-de-Gajan, d'aquilon chemin public et d'aquilon terre de Saint-Paul-de-Narbonne.
1227. — Bérengère de Capendu donne au commandeur la censive et autres droits seigneuriaux qu'elle a sur une terre et olivette, possédées par Pierre Cayron, dans la juridiction de Cazouls, consistant pour la terre en un demi-quartaut d'huile et pour l'olivette en deux quartauts d'huile, sous l'obligation que le commandeur tiendra une lampe allumée devant l'autel Notre-Dame, de Campagnoles.
1232-1296. — Donation et acquisitions de fiefs et de terres dans la juridiction de Milhau, lieux dits Comairoles, Somairoles et Pomairoles.
1362. — Inféodation en faveur de Raymond Cordan et de Raymond Saint-Pons jeune, des deux maisons de Cazouls, sous le cens de deux deniers melgoriens chacun.
1521. — Le seigneur de Cazul donne au commandeur tous les droits qu'il peut avoir dans les limites de Milhau, en quoi qu'ils consistent.
1196. — Acquisition de Raymond Feston et de Raymonde, sa femme, d'une terre dans la juridiction de Caillan, confrontant d'aquilon l'honneur de l'église, au prix de 24 sous bitarrens.
1198. — Guillem Marcoirolle donne la directe que Guillem d'Olargues prenait sur les habitants de Caillan, de trois piles d'avoine et quelques gélines.
1291. — Acquisition par le commandeur, de Raymond Lafont, de la cense d'une obole et autres droits de directe sur certains biens, sis au dîmaire de Caillan.
Nous mentionnons pour mémoire deux donations faites à l'Hôpital et attribuées par les auteurs de l'Histoire de Languedoc et par Raybaud, dans son inventaire des archives, à la commanderie de Campagnoles.
L'une est de Pons de Saint-Gogato qui se fait recevoir dans l'Ordre par Raimond Scribe, commandeur de Béziers et d'Agde et qui lui assigne le château de Mèze pour résidence (l'acte paraît être passé à Marseillan).
L'autre, plus importante, est de Guillaume de Minerve : elle est faite à Narbonne entre les mains de Martin d'Andos, prieur de Saint-Gilles, lequel le reçoit comme donné et confrère (l'acte est passé à Narbonne).
La teneur de ces chartes, qui se sont glissées dans la layette de Campagnoles, publiées dans l'Histoire de Languedoc (42), ne permet pas d'attribuer ces donations à la commanderie de Campagnoles.
42. Histoire de Languedoc tome VIII, col. 387 et 663.

Saint-Félix-de-Sorgues
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Saint-Affrique - 12


Commanderie Saint-Félix-de-Sorgues
Commanderie Saint-Félix-de-Sorgues

Commandeurs de Saint-Félix-de-Sorgues depuis l'union à cette commanderie, de Campagnoles et Milhau, jusqu'à la Révolution.
1449-1483. — Raymond Ricard. Déjà nommé au rang des commandeurs de Campagnoles. Il était sorti des seigneurs de Montfleur et de Saint-Genest de Berte-Grand en Rouergue. Etant à Rome au mois de février 1467, à la mort du grand-maître Zarosta, le pape Paul II le créa lieutenant du magistère ; et lors de l'élection du nouveau grand-maître, le grand prieur de Rome Jean-Baptiste Orsini, qui fut élu, ne l'emporta sur Ricard que d'une voix.
Le frère Mathieu de Goussancourt, religieux célestin, dans son Martyrologe (43), cite le grand prieur Ricard comme tué au siège mémorable de Rhodes en 1480, tandis qu'au dire de Raybaud, le grand âge de Ricard l'aurait empêché d'obtempérer au décret de Pierre d'Aubusson, ordonnant à un certain nombre de chevaliers de se rendre à Rhodes pour la défense de l'île, menacée par les Turcs.
Raybaud ajoute: « Le grand prieur Ricard mourut à Saint-Gilles le 20 d'octobre de cette année », c'est-à-dire de 1489, si l'on prend le millésime écrit immédiatement au-dessus, ou de 1482, si c'est le millésime précédent, ou de 1483, si l'on se réfère à l'avènement de Charles VIII, duquel il parle entre les deux millésimes. Nous adoptons cette dernière date et la leçon de Raybaud, quant au lieu du décès.
43. Martyrologe des chevaliers de Saint-Jean-de-Hiérusalem, dits de Malte, Paris 1643, tome 2, page 155.

Le frère de Goussancourt aura confondu le grand prieur Ricard avec son frère, le grand commandeur Ricard, que les deux auteurs citent parmi les défenseurs de Rhodes et duquel Raybaud porte la mort en l'année du siège (1480), car un autre historien de l'Ordre, Baudoin (44), dans un chapitre où il est question de l'état des affaires après le siège de Rhodes et de plusieurs braves hommes qui y moururent.... et des chrestiens morts en cette guerre, cite parmi les plus remarquables Guillaume Ricard, grand commandeur, Baptiste Grimaud, commandeur de Marseille, etc., il n'eut pas manqué de relever le nom du grand prieur de Saint-Gilles, ancien lieutenant du magistère, l'un des administrateurs du trésor de l'Ordre, s'il se fut trouvé au nombre des morts (45).
44. I. Baudoin: Histoire des Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean-de-Hiérusalem, dernière édition, Paris 1643, volume I, page 174.
45. Dans la chronologie des grands prieurs de Saint-Gilles, qui termine l'Histoire de Raybaud, Raymond Ricard est porté de 1449 à 1489 et son successeur, Cellion de Demandols, de 1489 à 1496. C'est, sans contredit, une erreur, car celui-ci, pourvu du grand prieuré, pendant qu'il était à Rhodes, préside à Montpellier en sa dite qualité, le chapitre provincial de 1484, ainsi qu'en témoignent les délibérations contenues dans le vol. III, de la série Chap., faisant partie du fonds de Malte des archives des Bouches-du-Rhône.


1483-1496. — Cellion de Demandols.
Il était sorti des seigneurs de Demandols, au diocèse de Senez. Sa famille possédait cette seigneurie depuis quatre siècles et donna plus de trente chevaliers à l'Ordre de Malte.
Le château de Demandols, bâti sur un sommet très élevé, a donné lieu à ce dicton populaire « De ce château, on voit voler les aigles par le dos » Sa mère était de l'ancienne maison de Balbes et dans les armoiries de Cellion figuraient celles de cette maison un bélier saillant de sable, accolé d'argent.
Il assista au siège de Rhodes de 1480, en qualité de Grand-Croix et de bailli de Manosque. Elevé à la dignité de grand commandeur, avec l'expectative sur les prieurés de Saint-Gilles et de Toulouse, au premier vacant, il fut pourvu du grand prieuré de Saint-Gilles, à la mort de Ricard, et des mêmes chambres que celui-ci jouissait.
Nous avons vu qu'il conféra le membre de Campagnoles à son neveu, Elzéar de Glandevès, le 8 mai 1488.
Le chapitre général de 1493, tenu sous sa présidence, décida de faire procéder à la visite de toutes les commanderies de la Langue de Provence, par des commissaires spécialement nommés à cet effet.
Demandols mourut à Saint-Gilles, au mois de septembre 1496 et laissa une riche dépouille.

1497-1522. — Tristan de Sales.
Issu des seigneurs de Lescure, en Rouergue, fils de Bergon de Sales et de Jacquette de Montméjan Il fut tué au second siège de Rhodes en 1522.

1523. — Gaillard de Sales.
Neveu du précédent, fils de Pierre de Sales et de Benoite Bernardine d'Elbe de Provence.

1532. — Pierre de Grasse.
Reçu chevalier de justice en 1488, sous le parrainage d'Elzéar de Glandevès, de Campagnoles et Jean d'Agoût ; grand commandeur en 1537, grand prieur de Toulouse en 1538.
En 1532, des reconnaissances de fiefs de Campagnoles sont consenties en sa faveur, devant Me Boisset, notaire.

1538-1551. — Antoine Gonin de Pènes.
Fils de François Gonin, seigneur de Pènes, dans le Bas-Dauphiné, et de Marguerite de Béranger ; reçu chevalier en 1517 ; grand commandeur le 19 novembre 1549 ; il mourut en 1551.
Le 5 mai 1540, le membre de Campagnoles reçoit la visite prieurale. On constate qu'il y a église paroissiale à la collation du commandeur et droit de juridiction qui demeure pour le gage des officiers. Chaque nature de revenus est très détaillée.
Il renouvelle dans l'année 1543 une partie du terrier de Campagnoles et Millau, devant Me Boisset, notaire.

1552-1566. — Guillot de Sales.
De la même famille, sans doute, que les de Sales déjà nommés. Reçu chevalier en 1513, grand commandeur le 7 avril 1562, décédé en 1566 au château de Martrin, résidence habituelle du commandeur de Saint-Félix.

1566-1578. — Etienne d'Arzac.
D'une famille originaire du Rouergue.

1578-1589. — Gérard de Berton, dit Crillon.
C'était le quatrième fils de Berton II, seigneur de Crillon, d'Avignon, et de Jeanne de Grillet de Brissac, qui eurent de leur mariage 12 enfants. Le sixième fut Louis, surnommé le Brave, celui à qui Henri IV écrivait « Pends-toi Crillon ! Etc. »
Gérard fut reçu chevalier de Malte eu 1560, en même temps que Louis, lequel ne fit pas profession. Après avoir été blessé à la bataille de Lépanthe (1571), Gérard fut nommé ambassadeur de son Ordre à la Cour de France.
1589. — Renouvellement du terrier de Campagnoles, en faveur du commandeur Berton de Crillon, devant Me Criston, notaire à Cazouls.

1611-1624. — Philippe de Soubiran d'Arifat.
Issu des seigneurs d'Arifat en Rouergue. Il était lieutenant de la générale au service du roi, à Marseille, lors de la visite prieurale de sa commanderie en 1613. Anthoine Nitholon, de Béziers, son procureur fondé, fit visiter le membre de Campagnoles où l'on constate qu'il y a juge, procureur et greffier, sans les nommer.
Il fit rebâtir l'église de Saint-Félix, démolie en 1578 par les religionnaires.
1620. — Antoine Martel, de Cazouls, reconnaît en faveur du commandeur d'Arifat un champ d'une séterée, au lieu de Campagnoles, sous la censive de demi-pugnère d'orge. (Criston, notaire).
1620. — Renouvellement de reconnaissances féodales en sa faveur, devant le dit Me Criston.

1624-1649. — Jacques de Glandevès-Cuges.
De la même famille qu'Elzéar de Glandevès, son grand-oncle, déjà nommé. Fils de François de Glandevès, seigneur de Cuges et de Diane de Forbin-Janson. Un de ses frères, Toussaint, évêque de Sisteron de 1606 à 1648, eut un épiscopat brillant.
Reçu chevalier de Malte le 22 décembre 1593, élu lieutenant du grand prieuré en 1625, après la mort du grand prieur d'Agout, il avait le titre (jus quœsitum) du grand prieuré, dont le grand prieur de Forbin s'était démis à la suite de sa nomination de gouverneur des îles d'Hyères, en 1647.
Le 8 mars 1632, Messire François de Donnet, abbé de Fontcaude, agissant comme personne privée et non pas au nom de la dite abbaye, reconnaît en faveur du commandeur de Campagnoles une métairie et des terres, dans la juridiction de Campagnoles, aux lieux dits Al pignas, Corbegon, Padelnève, Cabanial et la Combe de Caillan, d'une contenance ensemble de 28 séterées éminée, sous le cens de 6 pugnères et demie d'orge, 5 pugnères et demie de froment et pour II séterées sous la tasque des fruits au 11eme et au 12eme. (46)
46. La sèterée de Cazouls de 625 cannes carrées, divisée en 4 quartes, la quarte subdivisée en 4 boisseaux, vaut 24 ares 69 centiares.

Le commandeur de Glandevès eut un long procès avec les habitants de Puisserguier, au sujet du droit de justice à Milhau et à Gajan et du droit de dépaissance, lequel commença en 1627 par une procédure d'appointement, devant la chambre des requêtes de Toulouse, et se termina le 21 décembre 1645 par une sentence arbitrale analysée plus bas.
Le 13 mars 1635, visite prieurale. Edouard Fabre, fermier, de Valros, accompagne les visiteurs dans le membre de Campagnoles.
Me Raymond Bertuel, avocat en parlement à Béziers, procureur fondé du commandeur, remplit les fonctions de juge, avec 6 setiers de blé pour gage.
Me Anthoine Criston, notaire, de Cazouls, celles de viguier, aux gages de 4 setiers de blé et 2 setiers d'orge. Me Anthoine Criston, de Cazouls, celles de procureur juridictionnel, aux gages de 3 setiers de blé.
Me François Criston, greffier, aux gages de 3 setiers de blé.
Le 16 juillet 1647, le commandeur de Glandevès-Cuges donne des lettres de provision à Jacques Criston, prêtre, de Cazouls, à l'effet de desservir, à titre de vicaire perpétuel, l'église de Campagnoles, devenue depuis les guerres de religion, chapelle de dévotion à l'usage du commandeur et des fermiers. Il lui alloue une pension de 100 livres et 25 setiers de blé.

1650-1682. — Jean-Paul de Lascaris-Castélar, bailli.
Issu des comtes de Vintimille, descendants des anciens empereurs de Constantinople ; petit-neveu du grand-maître du même nom, décédé à l'âge de 97 ans, le 14 août 1657.
Le 4 février 1657, frère François de Ratte-Cambours, commandeur de Gap Francès, et Pierre Chaillan, prêtre, religieux conventuel, capiscol de la collégiale Saint-Jean de Saint-Gilles, en vertu de la commission à eux octroyée par illustrissime frère Pol-Albert de Forbin Bonneval, grand prieur, visitent le membre de Campagnoles, où ils sont accompagnés par Bertholain et Guillaume Combes cousins, de Cazouls, fermiers.
Il a pour officiers de justice les mêmes que précédemment, à l'exception du viguier remplacé par le suivant.
1669. — Nouvelle visite : les officiers de justice sont Me Jacques de Bertuel, de Béziers, avocat-juge.
Me Raymond Criston, notaire, viguier.
Me Michel Crès d'Anduze, procureur juridictionnel.
Me Jean Criston, greffier.
1673. — Autre visite. Guillaume Fadat, de Portiragnes, fermier, accompagne les commissaires. Les officiers de justice sont :
Me Raymond Bertuel, de Béziers, avocat-juge, aux gages de 8 setiers froment.
Me Gérome Grenier, de Béziers, viguier, aux mêmes gages.
Me Michel Crès d'Anduze, procureur juridictionnel, 3 setiers froment.
Me Pierre Fournier, notaire, greffier, même gage.
De l'enquête faite sur le commandeur de Lascaris, il résulte que celui-ci réside à Carpentras et va peu souvent à Campagnoles.
Me Anthoine Gineste, prêtre, de Cazouls, fait le service de l'église en l'absence du titulaire Jacques Criston.
5 janvier 1682. ... Nouvelle visite: les officiers de justice sont :
Me Pierre Guy, avocat à Béziers, juge.
Me Pierre Bord, notaire royal à Cazouls, viguier.
Me Jeau Paul Revel, de Béziers, procureur d'office.
Me Louis Valadon, de Béziers, greffier.
1668. — Renouvellement de terrier pour Cazouls et Campagnoles en faveur du commandeurde Lascaris, devant Me Rousset, notaire.
1669. — Renouvellement des reconnaissances féodales de Gajan, Puisserguier et Cazouls, devant le même notaire.
Le 1e novembre 1672, collation par le bailli de Lascaris, de la vicairie de Campagnoles, en faveur du dit Antoine Gineste pension, 200 livres.

1683-1688. — Vincens-Anne de Forbin-la-Fare.
Fils de François de Forbin, seigneur de la Fare, conseiller en la cour des comptes de Provence, et de Lucrèce de Barthelemy, dame de Sainte-Croix.
En 1672, grand commandeur ; le 17 mai 1688, il fut pourvu du grand prieuré de Toulouse ; décédé le 5 décembre suivant.
Le 16 novembre 1688, les commissaires du grand prieuré visitent le membre de Campagnoles, dépendant de Saint-Félix, dont le commandeur est : « Illustrissime Monsieur frère Vincens-Anne de Fourbin-Lafare, grand prieur de Tholoze. » Ils sont reçus par Antoine Granier, balli royal, de Bassan, caution du fermier Jacques Bendit.
Il y a pour officiers de justice :
Me Pierre Guy, avocat, de Béziers, juge.
Viguier, procureur et greffier, Mes Bord, Revel et Valadon, susnommés.

1689-1711. — Laurens de Villeneuve-Maurens, chevalier.
23 décembre 1696. — Visite de Campagnoles. Le commandeur a pour procureur fondé, Jean Laurens Duchemin, associé à la fermne, et pour officiers de justice Me Louis Lebrun, avocat, de Béziers, juge, aux gages de 6 setiers blé.
Viguier, le dit Duchemin, 6 setiers.
Me Jean Amiel, notaire, de Béziers, procureur, 3 setiers.
Me Valadon Louis, greffier, 3 setiers.
L'enquête faite par les commissaires sur leur probité révèle qu'ils sont « honnêtes gens, fore intelligents et capables de remplir leurs fonctions »
30 octobre 1700. — Collation de la vicairie de Campagnoles en faveur de François Gineste, prêtre, avec pension de 200 livres.

1711-1713. — Toussaint de Forbin-Janson, cardinal.
La maison de Forbin est essentiellement marseillaise et a fourni à la France plusieurs hommes illustres.
De son mariage avec Claire de Libertat, sa seconde femme, Gaspard de Forbin, marquis de Janson, seigneur de Mane, etc., viguier de Marseille, décédé à Béziers le 4 février 1642, au retour d'une campagne en Espagne, eut pour troisième enfant, Toussaint, baptisé à Mane le 30 décembre 1629, chevalier de Malte le 22 décembre 1635, suivant bref portant dispense de minorité du grand-maître Antoine de Paule, entré dans les ordres en 1653. Coadjuteur de Digne, avec le titre d'évêque de Philadelphie, par bulles du 5 juillet 1655, sacré à Marseille, il harangua Louis XIV, à son entrée à Tarascon, le 13 janvier 1660 évêque de Marseille, ambassadeur de Louis XIV en Toscane, en Hollande et à la diète de Pologne. Il fut évêque-pair de Beauvais en 1679, commandeur du Saint-Esprit en 1689, créé cardinal prêtre du titre de Sainte-Agnès extra mœtria, le 13 février 1690, etc.
« Quoiqu'il dût être satisfait de tant de grands honneurs dit Raybaud, il forma cependant le dessein d'avoir encore les biens et les dignités de l'Ordre Saint-Jean, dans lequel il n'avait pourtant fait aucun service » Un bref du pape Innocent XII le rétablit dans l'Ordre avec son rang d'ancienneté, sans qu'il fût obligé d'y faire profession un autre bref du pape Clément XI confirma le précédent et le dispensa de faire ses preuves de noblesse, celles de son frère Melchior, mort bailli de Manosque, devant servir pour lui et le conseil de l'Ordre ayant admis ces brefs, il fut pourvu de la commanderie d'Avignon, élevé à la dignité de grand commandeur dès qu'elle devint vacante et à la mort de Laurens de Villeneuve (1711), on lui conféra, en outre, la commanderie de Saint-Félix-de-Sorgues En cette dernière qualité, il pourvut en 1712 Me François Maurel de la cure de l'église Sainte Marie-Madeleine de Prugnes, au diocèse de Vabre.
Le cardinal de Janson mourut à Paris le 24 mars 1713.

1713-1720. — Jacques François de Privat Fontanille.
De Beitrand sieur de Fontanille, citoyen de Tarascon de Suzanne de Varadier.
Elevé à la dignité de grand commandeur le 28 mai 1720, Jacques François de Privat de Fontanille, commandeur de Saint Félix, est pourvu le lendemain du grand prieuré de Toulouse, par le conseil qui avait reçu la veille la nouvelle de la mort du grand prieur Bargène.
1719. — Il est renouvelé à son profit le terrier de Campagnoles et de Cazouls, devant Me Mouton, notaire à Béziers.

1726-1745. — Jean Charles de Romieu, bailli, grand-croix.
Il appartenait à une très ancienne famille d'Arles, noble de sang et d'origine, ayant produit neuf chevaliers de 1549 à 1693 (manuscrits 809 de la Méjanes à Aix).
Né à Arles le 27 juillet 1672, de Paul Antoine et de Renée de Guillen de Monjustin de Sala, pourvu de la commanderie de Saint-Félix le 1 mai 1726, décédé le 19 mars 1745.
Il séjourna longtemps à Malte, où il remplit différents emplois auprès du Grand-Maître.
1734. — Renouvellement du terrier de Gajan, Puisserguier et Cazouls, consenti devant Me Antoine Hérail, notaire à Béziers, en faveur de frère Charles de Romieu.
1735. — Reconnaissances consenties en sa faveur, devant le même notaire, par divers tenanciers de fiefs à Campagnoles.
1740. — Collation de la vicairie en faveur de Louis Guiraud pension 200 livres.
Le 29 juin 1743, il reçut la visite prieurale. Il y a pour officiers de justice à Campagnoles :
Me Jean Pierre de Lautrec, de Béziers, avocat en parlement, juge.
Me Jean Chavernac, procureur juridictionnel.
Me Pierre Hérail, de Béziers, greffier.
Une épitaphe très elogieuse est dédiée à Romieu dans l'église Saint-Jean, à la Valette de Malte, grande nef, IIe ligne. On y mentionne sa qualité de commandeur de Saint-Félix. Elle est ainsi conçue:
D. O M.
BAJULVIO FR. JOHANNI CAROLO DE ROMIEU
SAC. ORD. CENSUUM DE ST-FELIX, ET DE BURGAUD COMMENDATORIO,
QUI TORMENTIS BELLICIS, AC NAVALI PRÆFUIT :
EXCUBIARUM COHORTIS A MM. PERELLOS INSTITUTÆ
IMPERATOR CREATUS EST :
MM. MANOEL PALATIJ PrÆFECTUM EGIT
PLERAQUE ALIA ORDINIS SUI MUNERA OBIVIT
VIR ANIMI, DOTIB MUNIFICENTIA IN EGENOS,
ET AMICORUM CULTURA COMMANDABILIS.
DECESSIT XIV CAL. APRIL. AN. MDCCXLV
ÆTATIS SUÆ LXXII. RELIGIONIS LIX.

1751-1777. — François Ignace Tonduti de Malijac.
Né en 1715 de Joseph Pierre François, baron de Malijac et de Beauregard, seigneur de Saint Léger, viguier, premier consul d'Avignon, syndic de la noblesse du Comtat-Venaissin en 1732, et de Louise Marie de Clémens.
Reçu chevalier en 1729 ; enseigne des galères du roi en 1735 ; pourvu de la commanderie de Saint-Félix par grâce magistrale, après avoir commandé une des galères de la Religion en 1751 ; en résidence à Malte.
Sa commanderie est visitée en 1754 et 1762.
M. Mathieu Fabrégat, bourgeois, de Béziers, son procureur fondé, reçoit les commissaires.
Il a pour officiers de justice à Campagnoles :
Me Pierre Antoine de Mainy, avocat en parlement, de Béziers, juge.
Me Mathieu Fabrégat, procureur juridictionnel.
Me Louis Hérail, greffier.
Son procureur fondé afferme le membre de Campagnoles à Jean Pierre Tindel, suivant acte du 10 novembre 1751, reçu par Passebosc, notaire à Béziers, moyennant 5325 livres de rente.
Le 6 mars 1751, il pourvoit de la vicairie François Rebellat et, après lui, Jean Anglade.
Le 9 septembre 1777, nouvelle visite. A cette date, les officiers de justice sont :
Me Louis Joseph de Mainy, avocat-juge.
Me Jean Louis Fabrégat, procureur juridictionnel.
Me Louis Hérail, greffier.
Pierre Planès, sergent garde-terre.

1778-1784. — Nicolas de Cabre-Roquevaire, bailli.
Il était commandeur d'Aix en 1772, où il résidait, Fils de Pierre et de Gabrielle de Gautier-la-Molle.
Baptisé à Marseille le 25 mars 1709, reçu chevalier le 16 décembre 1713, balli de Manosque en 1783, décédé le 30 janvier 1784. Epitaphe dans la chapelle Saint-Michel, de l'église de Malte.
Ses fonctions de commandeur n'y sont pas rappelées.
1784-1792. — Gaspard François de la Croix de Chevrières de Sayve, bailli de Manosque, dernier commandeur de Saint-Félix.
Né le 14 juillet 1714 à Grenoble, où il fit sa résidence, de Jean Dominique de la Croix-Chevrières, comte de Sayve, marquis d'Ornacieu, président à mortier au parlement de Grenoble, et de Marie Anne de la Poype.
Le terre et seigneurie de Chevrières, en Dauphiné, diocèse de Vienne, avait été acquise en avril 1560 de la célèbre Diane de Poitiers, par un de ses aïeux, Félix de la Croix, conseiller d'Etat et seul maître des requêtes du Dauphiné.
Son procureur fondé Jean Louis Fabrégat, bourgeois, de Béziers, présente à la vicairie de Campagnols, Me Jean Séguier, de Villeneuvette.
Jean Louis Fabrégat fait visiter le membre de Campagnoles le 23 août 1786 à frère Antoine Godefroy d'Isarn de Freissinet, chevalier, et Joseph Loubers, prêtre, délégués à cet effet par le grand prieur de Lestang Parade.
Les officiers de justice sont :
Me Joseph Fournier, de Béziers, avocat-juge.
Me Louis Barthélémy Mathieu Fabrégat, procureur juridictionnel.
Me Jean Pierre Gabriel Requirand, greffier.
Bezombes, sergent garde-terre.
On pourrait encore ajouter à la longue liste des commandeurs de Saint-Félix le nom des chevaliers de Beauregard, qu'il faudrait placer entre le cardinal de Janson et Privat de Fontanille ; de Village, entre Glandevès-Cuges et de Lascaris-Castelar ; Pierre d'Albertas de Samt-Mayme, bailli de Manosque en 1741 ; Antoine Dauphin de Saint-Mayme, neveu du précédent, 1750 ; Arnaud d'Estuard, dont le nom doit être identifié avec celui d'Astoaud, d'après la liste dressée par M. de Grasset, des chevaliers reçus dans le grand prieuré de Saint-Gilles de 1436 à 1791, laquelle ne contient d'ailleurs aucun Astoaud, portant le prénom d'Arnaud.
Mais en admettant que tous ces chevaliers aient été plus ou moins longtemps commandeurs de Saint-Félix, nous ne trouvons aucune trace de leur passage dans les actes intéressant la commanderie et particulièrement le membre de Campagnoles. Nous les mentionnons donc simplement pour mémoire, afin d'être aussi complet que possible.
Sources: P. P. Cassan. Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers, page 5, troisième série, tome IX, volume XLI de la collection. Béziers 1911 - Bnf